‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 12 sur 469 · quelles sont les lacunes à remplir · texte numérisé non relu

quelles sont les lacunes à remplir

3. quels sont les meilleurs moyens d’atteindre le but &c. &c.

1785. Deux mémoires en réponse à ces questions furent couronnés l’année suivante par la société. L’un a pour titre :

Versuch einer Beantwortung der von der bôhm. Gesellsch. auf das Jalir 4784 aufgegebenen , die Naturgeschichte Bohmens betrejfenden Preisaufgabe. Von Cari von Sandberg.

Il se trouve dans le recueil intitulé: Abhandl. der Bôhm. Gesellsch. der Wissenschaft. (Vol. 1. p. 1 à 43.) Prag.

L’autre mémoire est intitulé ; Adaukt Voigts aus den frommen Schulen Abhandlung über die Naturgeschichte Bohmens. (même volume, p. 43 à 107.)

Chacun de ces auteurs a énuméré les écrits relatifs à la géologie et à la pétréfactologie qui avaient été publiés jusqu’à cette époque. Leurs indications se réduisent aux travaux de Zeno, Kinsky et Born, que nous avons déjà analysés. Nous traduisons le passage suivant de Sandberg, (p. 32).

•Mayer a très-bien dit que ses compatriotes (les Bohèmes) ne s’étaient guère occupés de déterminer le gisement, et le lieu d’origine des pierres précieuses. Il en est de même des autres

■ fossiles; Ferber, Born, Erlacher ont donné seulement des listes régulières de minéraux. La pétré-

• factologie, quelque importante qu’elle soit lorsqu’on la cultive dans l’intérêt de la géographie phy-

• sique, et de l’histoire des révolutions éprouvées par les contrées où se trouvent les pétrifications,

• n’a attiré l’attention que de très-peu de personnes. Zeno, Kinsky et Born dans son Index, nous

• otit transmis tout ce que nous possédons sur ce sujet, quoique les contrées autour de Prague, les

■ cercles entiers de Béraun, Rakonitz, Chrudim, et une partie des cercles de Koniggrâtz, Bunzlau et «~C z a si a u soient occupés par des chaînes de montagnes de calcaire et de schistes, qui paraissent

• être uniquement composés de corps pétrifiés. Les bords mêmes des rivières contiennent les osse-

• mens pétrifiés d’animaux inconnus, qui ont été décrits par Mayer, et bien que la Bohême n exige

■ pas les recherches minutieuses des Walcli et des Schroter, elle a cependant un besoin incontestable d’observateurs sérieux, dans une partie si importante de la lithologie.

Ce passage suffit pour constater que nous n’avons passé sous silence aucun des auteurs qui ont écrit sur le sujet qui nous occupe, jusqu’à l’année 1785.

1786. Versuch über die Naturgeschichte einiger im Berauner Kreise gelegenen Kameral-Herrschaften, besonders: Zbirow, Tocznïk und Kôrdgshof, und der anliegenden im Pilsner Kreise gelegenen Herrschaften: Mirôschau und Vossek. — Von dem Landesingenieur Irasek mit einer Charte dieser Gegenden.

Abhandl. der Bohmischen Gesellsch. der Wissensch. (Vol. III. p. 60.) Prag.

L’auteur de ce mémoire a embrassé dans sa description toutes les branches de 1 histoire naturelle : Géologie, Zoologie et Botanique. Les détails qu’il donne sur la surface du terrain prouvent qu’il l’a réellement visité, du moins en partie. Malheureusement il s’est borné à constater la nature minéralogique des roches, dans chaque localité, sans avoir l’idée d’établir entre elles aucun rapport de gisement, stratification ou subordination. Dominé par des notions incomplètes de minéralogie, il établit entre les roches de très-nombreuses distinctions fondées sur de simples variations dans leur apparence ou leur composition. Il ne remarque même pas le passage graduel entre les diverses formes d’une même roche, qu’il désigne par des noms spéciaux. La carte qui accompagne le mémoire étant coloriée d’après ce système, présente un grand nombre de parcelles indépendantes les unes des autres, et dont les contours d’ailleurs inexactement déterminés, montrent que Irasek n’a reconnu ni la régularité ni la direction, ni l’étendue des formations qui occupent 1 espace de terrain qu’il a parcouru. Mais si l’on abandonne le point de vue minéralogique de cet auteur, et si l’on réduit le nombre des roches en identifiant celles qui pour le géologue présentent seule-

ment des variations d’un même type, on peut très-bien reconnaître sur cette carte les masses principales qui constituent le terrain de ces contrées, savoir:

1. Porphyr et Hornschiefer réunis forment la masse porphyroide qui s’étend dans la direction d’Ostrowetz vers Drahno-Augezd.

2. Le Thonschiefer, Thon und Leimen, Breccia, Petrosilex, Quartz, Sandstein, &c. &c. occupant la majeure partie de la surface, sont les divers membres qui composent notre étage des quartzites D. Les Breccia très-développées au midi de la seigneurie de Zbirow, ne sont autre chose que les conglomérats siliceux qui dans cette région forment la base de cet étage.

3. Une petite surface de calcaire se voit à l’extrémité sud-ouest de la seigneurie de Konigshof. Irasek observe la présence de cette roche sur les montagnes Kosow et Kaukolowa Hora , mais il ne fait aucune mention quelconque des pétrifications, dans ces localités.

En résumé, sous le rapport géologique, le mémoire de Irasek ne contient aucune observation scientifique qui mérite d’être notée. La manière toute superficielle dont l’auteur a traité ce sujet a donné lieu plus tard à un sévère critique de la part du docteur Fr. Ambr. Reuss qui a décrit une partie des mêmes contrées. (Voir ci-après année 1798.)

Sous le rapport paléontologique, nous trouvons deux observations à constater.

1. • Irasek dit: que près du village Sira, non loin de la montagne nommée Hundsberg , on ■trouve des pierres composées d’argile durcie, dans l’intérieur desquelles on rencontre des vides

■ et diverses empreintes. Ces pierres ont la forme d’un noyau de pêche, et sont quelquefois grosses

■ comme le poing, ou même davantage, (p. 65.)

Ce village Sira est situé entre Czerhowitz et Mauth, au nord-ouest de la chaussée. Nous avons fait de vains efforts pour découvir la localité dont il est ici question, et nous doutons de l’exactitude de Irasek dans les indications qu’il donne à ce sujet, sans doute d’après des oui-dire.

2. Dans un autre passage, en décrivant la partie nord de la seigneurie de Zbirow, Irasek

dit: »La montagne Plana Hora est composée en partie d’un schiste argileux durci comme celui

■ de Ginetz, où se trouvent les Entomolithus paradoxus pétrifiés; c’est le schiste argileux qui çà

■ et là se présente en couches mêlées avec le porphyre.*

Le texte original est: Plana Hora hat zum Theil einen verhdrteten Thonschiefer so wie Ginez, wo die Entomolithi par ado xi versteinert gefunden werden : das ist der Thonschiefer, welcher hin und her flotzweise mit Porphyr vermengt ist.

La première partie de cette phrase peut aisément donner lieu à une double interprétation. La latitude accordée à la construction grammaticale allemande permet de rapporter cette proposition : où se trouvent les entomolithus paradoxus à Plana Hora, ou bien à Ginetz. Le premier sens a été adopté par quelques personnes.

Mais cette interprétation n’est nullement fondée, car les couches schisteuses qui constituent une partie de la montagne dite Plana Hora, sont entièrement dépourvues de toute trace organique quelconque. Les recherches multipliées que nous avons faites dans cette localité, et celles qui ont été tentées par d’autres personnes, n’ont jamais conduit à la moindre découverte.

Nous remarquerons en outre, qu’en 1833, c. à. d. longues années après le mémoire de Irasek, le C1,? Sternberg écrivait la phrase suivante sur les gisemens alors connus des Trilobites de Bohême: Tous les Trilobites de Bohême se trouvent dans les formations de Transition du cercle de Béraun mais seulement dans sa partie sud, à gauche de la chaussée qui conduit de Prague à Pilsen. (Verhandl. des vaterl. Mus. 1 833. p. 54.) Or Plana Hora est située dans le cercle de Rakonitz, et à droite de la chaussée. Cette montagne n’était donc pas considérée par Sternberg comme un gîte de Trilobites.

1786. Untersuchung der Steinart von Kuchel. — Von Dr. Johann Mayer.

Neuere Abhandlungen der h. Bohin. Gesellsch. der Wissensch. III. p. 252. Prag.

L’auteur de ce travail donne une analyse chimique des Trapps de Kuchel, aux environs de Prague, et il indique en même-temps les minéraux dont ils sont composés. Cette analyse fait

partie d’un mémoire plus étendu sur la composition de diverses autres roches qui n’ont aucun rapport avec le terrain paléozoique.

1787. Über die Steinart von Kuchel. — Von Prof:,. Joseph Mayer.

Neue Abhandl. der k. Bôhm. Gesellsch. der Wissensch. IV. p. 268. Prag.

L’analyse chimique des Trapps de Kuchel fait partie d’un mémoire qui comprend des observations du même genre, sur divers minéraux. L’auteur présente quelques considérations sur la position qu’occupent les Trapps aux environs de Prague, et sur les élémens minéraux qui paraissent constituer leur substance.

1791- Mineralgeschichte von Mies. — Von J. Th. Lindacker.

Neuere Abhandlung der k. bôhm. Gesellschaft der Wissenschaften. (Vol. 1. p. 129. Prag.)

Dans l’introduction de ce mémoire purement minéralogique, l’auteur décrit en une page les schistes dans lesquels se trouvent les fdons exploités dans la région de Mies. Nous traduisons ce passage:

•Les montagnes aux environs de Mies sont composées d’un Tlionschiefer gris mêlé de quartz.

• Le quartz forme des veines; rarement les couches supérieures sont mêlées de Mica; vers Klat- •terau on voit souvent des endroits où elles en sont chargées. Dans beaucoup de couches le

• quartz est intimément uni avec le Tlionschiefer qui devient très-dur, et passe au Hornschiefer.

• Sur quoi repose le Thonschiefer , et quelle est sa puissance, nous l’ignorons; mais je pourrais

• dire que probablement et presque certainement, le granit forme sa base. On peut voir dans la

• tourbe, près de Mies, que le Thonschiefer repose sur le granit, car le Schiefer s’appuye sur lui,

• mais plus il s’approche du granit, plus il est modifié, et pour ainsi dire granitoide (granitartig).

• Les hautes montagnes de granit du voisinage fournissent encore une preuve, ainsi que les pics

■ de granit qui percent le Thonschiefer aux environs de Klatterau.

•Les travaux des mines de Mies n’ont pas encore démontré la puissance du Thonschiefer. •En beaucoup d’endroits on voit reposer sur le Thonschiefer un grès à grains très-grossiers,

■ composés de fragmens de Thonschiefer, et de silex de diverses sortes, et de diverses couleurs.

• Des traces de houille se montrent souvent, et sont comme d’ordinaire, couvertes de roches

• d’une origine plus récente, telles que le grès. Seulement près Wiikischen ils sont recouverts •par un granit décomposé (. zerstôrter Granit J qui provient des montagnes granitiques situées au

• dessus de Klatterau*.

Tout le reste de ce travail a rapport à l’exploitation des mines, ou à la nature minéralogique des minerais..

1791. Beobachtung über einige Steinkohlenlager . des Pilsner Kreises. — Von Johann Thadddus Lindacker.

Ce mémoire qui n’occupe que deux pages a été inséré dans le recueil intitulé:

Mayer s f Boctl . Johann ) Sammlung physikalischer Aufsâtze fyc. (Vol. I. Dresden 1791, p. 9.)

Les observations de l’auteur s’étendent aux mines de Nemitz, Chotieschau, Merklin, Tschimin, Oesel et Themnin. Il donne une coupe des couches qui composent le terrain houiller dans la dernière de ces localités. La présence d’impressions végétales dans les schistes le porte à contredire l’opinion énoncée auparavant par Ferber, que cette formation pouvait être une continuation des schistes de Mies. Lindacker reconnaît que les couches sédimentaires qui renferment la houille reposent sur le Thonschiefer dont les couches ne sont pas horizontales comme à Mies, mais presque verticales. Suivant lui toute la contrée serait le fond d’un ancien lac, où la houille se serait déposée, et aurait été recouverte de couches de sable et d’argile dues à la décomposition des montagnes granitiques voisines.

INTRODUCTION HISTORIQUE

Dans le même volume nous trouvons un autre mémoire de Lindacker: Über die Holzsteine in der Tschiminer Gegend (p. 11 et 12). Ce savant donne des détails sur les bois pétrifiés qu’on rencontre à la surface du sol, dans cette contrée, mais il n’expose à ce sujet aucune vue géologique qui mérite l’attention.

Un troisième mémoire de Lindacker dans le même volume porte le litre de: Mineralogische Bemerkungen über die Vulcanitàt des Wolfsberges im Pilsner Kreise.

Ce travail contient une description minéralogique et géologique du Wolfsberg, près de Czernoschin. C’est une montagne formée par une masse de Basalte et de laves qui ont soulevé et percé les schistes argileux qui constituent le sol de la contrée. Après avoir énuméré les roches et en avoir indiqué la position relative, Lindacker recherche quelle a été la cause de ce volcan. La rupture du Thonschiefer et la présence de fragmens d’argile dans la lave ne lui paraissent explicables que par l’inflammation des pyrites que le schiste contient en grande quantité. La combustion des houilles qui pouvaient exister à la surface de la formation schisteuse, est admise comme une autre cause secondaire, qui aurait contribué à transformer les Basaltes en laves.

Quant au Basalte, Lindacker admet qu’il était en place avant Faction du volcan, et qu’il a été modifié à divers degrés par Faction du feu, de manière à produire les laves de diverse apparence que présente cette localité.

Un , quatrième mémoire du même auteur publié dans le même volume, a rapport à la géologie à la paléontologie des environs de Prague.

Beschreibung einer noch nicht bekannten Kàfermuschel. (P. 37.)

Nous croyons devoir donner la traduction littérale de l’introduction géologique de ce mémoire, pour montrer quel était à cette époque l’état de la science en Bohême!

■Les montagnes des environs de Prague sont presque toutes d’une origine assez récente, et

■ elles portent toujours le caractère de la formation aqueuse. C’est ce qu’on reconnaît soit à leur «hauteur peu considérable, soit à leurs roches homogènes, simples et composées ; mais les nombreuses ■pétrifications qu’elles renferment fournissent leur caractère le plus tranché. Il y a presque toujours des

■ couches alternantes, soit de diverses roches comme le Grünstein, le calcaire et le grès, ou bien ce sont

■ des bancs distincts d’une seule et même roche, telle que le calcaire tantôt plus fin, tantôt plus grossier; ou «bien encore ce sont des couches de pétrifications soit mêlées en petite quantité à la roche, soit

■ tellement entassées, qu’elles paraissent constituer à elles seules des bancs entiers. La plupart

■ de ces bancs sont remplis de pétrifications de même forme, par exemple, d’Orthocératites ; tandis- *que dans d’autres on rencontre diverses espèces mêlées. Je veux essayer de décrire 'les plus ■remarquables de ces pétrifications, mais je me bornerai ici à celles que l’on trouve dans le grès.

Lindacker indique d’abord sous le nom de Entomolithus paradoxus = Kàfermuschel, les fragmens de Trilobites qu’on trouve aux environs de Prague, dans diverses roches, savoir: calcaire, schiste et grès. Il s’attache à décrire en particulier une forme provenant des grès et qu’il distingue par le nom très-significatif de: Gegitterte Kàfermuschel. Sa description fait reconnaître aisément un Trinucleus, et probablement celui qui a reçu plus tard le nom de Tr. ornatus. Le limbe avec les pointes qui le terminent, les trois protubérances de la tête ; la trilobation du corps, et sa division en anneaux, sont très-clairement indiqués. Lindacker constate que l’animal se trouve tantôt étendu, tantôt roulé en boule. Les localités qui lui ont fourni ce fossile sont au nombre de trois. 1. Le ^voisinage de Mariahilfsschanze , près de Prague, le long de la Moldau, c. à. d. le côteau qui s’étend sur la rive gauche de la rivière, entre la Bruska et le Belvédère. 2 Sur le chemin avant d’arriver à la grotte de St. Procope, à droite. 3. Le village de Wraz sur la route de Prague à Béraun.

Nons avons retrouvé la première et la dernière de ces localités, mais il nous a été impossible de reconnaître la seconde. Ces localités appartiennent d’ailleurs aux formations qui constituent notre étage des quartzites D, et à ce sujet nous croyons devoir constater deux observations de Lindacker .qui concordent avec celles qui ont provoqué nos divisions géologiques. Il remarque

d’abord que le fossile décrit sous le nom de gegitterte Kàfermuschel n’a pu être trouvé que dans les grès et jamais dans les calcaires voisins, quelque peine qu’il se soit donné à ce sujet. En second lieu, il termine son mémoire en disant que le grès lui paraît beauconp plus ancien que le calcaire, parceque cette dernière roche repose constamment sur la première.

Outre le fossile décrit dans ce mémoire, l’auteur annonce avoir trouvé deux autres formes qui l’accompagnaient: Il réserve la description de l’une pour son travail sur le calcaire; et malheureusement ce travail n’a jamais été publié, ou du moins, nous n’en avons jamais découvert aucune trace. Quant à la seconde espèce, Lindacker dit seulement: que la partie supérieure est peu bombée, et montre vers chacun des bords latéraux une protubérance en forme de verrue. Ces indications nous semblent se rapporter à la tête de Phac. proævus, qui accompagne les Trinucleus dans les localités mentionnées.

1792. Mineralogische Bemerkungen auf einer Reise von Prag bis Georgenthal Spc. fc. — Von Cari Anl. Rôssler, k. bohm. Bergrath und Bergwerksinspector.

Mayer’s Samml. phystk. Aufs. (Vol. II. p. 60. Dresden.)

L’auteur se dirigeant à partir de Prague vers Brandeis constate que le Zizkaberg et les collines au dessus de Lieben sont formées d’un schiste argileux décomposé à la surface, et dans lequel on trouve çà et là, des rognons d’une roche argileuse. Il indique l’exploitation des schistes alunifères dans le voisinage de Hlaupietin, puis il ajoute qu’à partir de la Moldau vers lEst, le terrain est composé de schiste argileux ( Thonschiefer ) qui renferme quelques couches de Hornschiefer, et constitue un plateau, traversé par quelques vallons. Cette formation schisteuse s etend jusqu’à Winarz où commence le grès. ( Quadersandstein .)

Parvenu sur le sol crétacé, Rôssler ne fait plus aucune mention du terrain de Transition.

1793. Beobachtungen über Gegenstànde der Natur auf einer Reise durch den Bôhmerwald, im Sommer 1791. — Von J. D. Preysler, J. Th. Lindacker und J. K. Poser.

Mayer s Samml. physik. Aufs. (Vol. III. p. 135. Dresden.)

La partie géologique de ce mémoire est due à Lindacker, et comme le but du voyage était l’exploration de la chaîne du Bôhmerwald, ce savant jette seulement un coup d’oeil sur le terrain de Transition qu’il traverse. Cependant nous croyons devoir citer celles de ses observations qui peuvent présenter quelque intérêt.

La route suivie par les voyageurs en sortant de Prague par Béraun, Zditz, Zebrak et Rokitzan jusqu’à Pilsen, est tracée presque toute entière sur la tranche des formations composées de grès ancien (quartzite) et de schistes divers formant passage entre ce grès et le schiste argileux. C’est ce que reconnaît très-bien Lindacker, et il caractérise les principales formes sous lesquelles se présentent ces roches, par les noms de Sandstein, schieferiger Sandstein, Sandschiefer, thoniger Sandschiefer. Il cite comme appartenant à ces roches les pétrifications décrites par lui dans le mémoire, publié en 1791, et que nous avons analysé ci-dessus.

Il reconnaît que ces formations servent de base à d’autres dépôts plus récens caractérisés aussi par des fossiles, ammonites kc. — Ces dépôts couronnant les hauteurs aux environs de Prague, ont depuis lors reçu les noms de Quadersandstein et de Plànerkalk.

Vers Mottol Lindacker remarque que les masses nommées auparavant Grünstein par le profil. Mayer et par Kronstedt, sont analogues aux Wakes et ont toujours pour base une substance argileuse qui souvent résulte de la décomposition de 1 amphibole f HornblendeJ . Suivant lui le Grünstein alterne avec les grès déjà observés, ou bien, ce qui est plus vraisemblable, perce à travers leurs couches. A Vraz le grès devient schisteux et présente les pétrifications déjà mentionnées ailleurs; à Béraun, il prend une forme encore plus schisteuse.

INTRODUCTION HISTORIQUE. |3

A Zditz se présente une Wake que Lindacker décrit sans mentionner de nouveau son affinité précédemment indiquée avec le Grünstein de Mottol.

En s avançant vers Zebrak, ce géologue remarque la grande quantité de morceaux roulés de Kieselschiefer, et à cette occasion il relève justement l’erreur de Irasek qui avait classé parmi les Jaspes la masse de Kieselschiefer sur laquelle est bâti le château de Zbirow. Nous citerons littéralement les lignes qui suivent: >Je serai en état de démontrer plus loin que le Kieselschiefer ■ et le Thonschiefer sont une seule et même roche, ou du moins des roches extrêmement rapprochées.» Cette observation coincide parfaitement avec les convictions que nous avons acquises par l’étude des mêmes localités, un demi-siècle après Lindacker, et sans avoir aucune connaissance de son travail.

Auprès de Zebrak, le géologue que nous suivons observe un petit bassin houiller qu’il considère comme se liant avec ceux de Wilkischen, Chotieschau et Merklin sur lesquels il avait écrit en 1791 le mémoire analysé ci-dessus. A ce sujet il reproduit son idée relative à la formation de cette houille, par le dépôt de substances végétales au fond d’un lac.

L’attention du savant voyageur est principalement attirée par les mines de fer exploitées aux environs de Rokitzan et de Pilsen, dans les masses de schiste argileux, qu’il considère comme identique à celui de Mies. Il décrit en grand détail le gisement des minerais ferrugineux de Wossek, et il énumère tous les minéraux qui s’y trouvent.

En continuant sa route au delà de Pilsen, par Ruppau et Kronporitschen, il constate les fréquentes alternances du Thonschiefer et du Kieselschiefer qui couvrent toute cette contrée jusqu’aux environs de Klattau, où paraît la Syénite, offrant la réunion de l’amphibole et du mica parmi ses élémens. Cette roche perdant peu à peu son amphibole passe au Granit.

Au delà de ce point le géologue n’a plus occasion d’observer aucun fait relatif au terrain de Transition.

Nous ne terminerons pas cette analyse sans constater un fait: c’est que Lindacker en allant de Réraun à Zditz a dû nécessairement traverser la seigneurie de Kônigshof. Cependant le nom de cette localité n’est pas même cité dans son travail, et il ne fait aucune mention de la formation calcaire qui existe aux environs, et que Irasek avait déjà signalée. Nous aurons occasion d’invoquer ci-après ce fait que nous recommandons à l’attention du lecteur.

1794. Geognostische Bemerkunqen auf einer Reise durch einen Theil des Pilsner Kreises.

Sammlung naturhistorischer Aufsàtze von Fr. Ambr. Reuss. 1796. Prag.

Après des détails sur chaque localité visitée dans l’étendue des trois seigneuries : Stiahlau, Nebilau et Kostenitz, l’auteur expose quelques observations générales (p. 155).

»I1 résulte de ce qui précède, que les roches dominantes sont le Thonschiefer et Kieselschiefer «mais je veux indiquer toutes les roches qui s’y trouvent, d’après l’âge de leur apparition.-

1. Granit. Forme la majeure partie de la seigneurie de Nebilau, et sa surface présente un plateau, ou de petites collines arrondies.

2. Syenit. Semble former le passage entre le granit et le Thonschiefer. Elle est en amas dans le granit. Mais sur la colline de Hlawa à l’Est de Nebilau, on voit la syénite en couches de 5 à 6 pieds d'épaisseur, alternant avec des couches de 5 à 6 pouces de granit. De même, elle présente à l’Est de Nebilau une forte masse intercalée dans le Thonschiefer, ayant la direction et l’inclinaison de celui-ci. Cette Syénite a une stratification évidente comme le Thonschiefer, quoique ses couches soient beaucoup plus puissantes.

La Syénite dans le Thonschiefer doit être contemporaine avec lui, et ne diffère de celle qui est intercalée dans le granit, que parcequ’elle est plus ferrugineuse, plus facile à décomposer, et plus riche en mica, là ou elle s’approche du Thonschiefer.

3. Syenitschiefer. Roche du Holy Wrch sur la seigneurie de Kostenitz, observée en gros morceaux épars; semble en couches, mais n’a pas été vue en place.

4. Thonschiefer. Forme la masse du sol, et les hautes montagnes des seigneuries décrites. Sa couleur varie: gris-noir, quelque fois gris-bleu et gris-vert. Sa cassure est plus ou moins schisteuse, rarement compacte, quelque fois ondulée. Il renferme accidentellement du mica, et du Feldspath cristallisé en rhombes plus ou moins gros. Le quartz est en grains, ou en veines faibles. Le Kalkspatk se montre çà et là, en mince filon.

5. Calcaire compacte en gisement dans le Thonschiefer, paraît appartenir aux roches de Transition, et former passage aux roches de sédiment. Près Jarowa on le voit passer à la Grauwacke par l’intermédiaire du Grauwackenschiefer, et par la Grauwacke au grès.

6. Grauwackenschiefer. Se distingue de la Grauwacke qui suit, par plus d’argile, des grains

de quartz plus petits et plus rares, et par sa cassure plus ou moins feuilletée. Il sert de passage

entre le Thonschiefer et la Grauwacke, et ce passage est très-insensible.

7. Grauwacke. Se voit rarement bien distincte, mais on la rencontre sur le côteau oriental du ruisseau Uslawa. La substance jaunâtregris foncé du Thonschiefer lie les petits grains de Quartz blancs et gris, avec les fragmens plus gros de Thonschiefer dont la roche est composée. Le mica y est parsemé en très-nombreuses paillettes, très-petites.

8. Kieselschiefer. Se présente sous deux formes. 1. Il constitue les collines les plus élevées,

telles que Rattinp, &c. &c. on y distingue la stratification, quoique souvent obscurcie par d’innombrables fissures. Il passe quelquefois à la pierre Lydienne. Il est traversé par beaucoup de veines de Quartz. 2. Plus rarement il paraît intercalé dans le Thonschiefer, comme près Sedlitz et Plse-

netz, et aussi près Chwalenitz. Il offre des couches de 3 à 4 pieds d’épaisseur, ayant la même

direction et inclinaison que celles du Thonschiefer. — Cette seconde apparition du Kieselschiefer montre son origine contemporaine avec cette dernière roche.

Le Kieselschiefer a donné naissance à une immense quantité de galets roulés, dont l’origine était problématique tant qu’on ne savait pas qu’il forme des montagnes entières.

9. Quarzporphyr. La roche est composée de Quartz dans lequel sont épars des grains de Quartz qui ont une tendance à la forme cristalline. Par la décomposition elle devient poreuse et percillée. On la rencontre dans l’Est de la seigneurie de Stiahlau, au Gemeindeberg , Posada , et Gemeindebusch de Lhota.

10. Sandstein: au Kotel, Nauzowa Wrch et Holuby Kaut paraît un grès qui semble former le passage à la Grauwacke. Le ciment est la substance gris-noire du Thonschiefer unissant les grains de Quartz, les galets roulés de Thonschiefer et Kieselschiefer, et quelques masses de Speckstein.

11. Laimland. Remplit toutes les parties basses des seigneuries, et atteint plusieurs toises de hauteur. Ce dépôt paraît le résultat de la décomposition graduelle du Thonschiefer. Il renferme beaucoup de galets roulés et des fragmens anguleux de minerai de fer argileux, et de Brauneisenstein.

Les mêmes localités ont été visitées environ 40 ans plus tard par T. E. Gumprecht dont nous indiquerons ci-après le mémoire publié en 1835. Ce dernier savant ne s’accorde pas en tout point avec celui dont nous venons d’analyser le travail.

1794. Beitrage zur Miner algeschichte Bôhmens. — Von DT„. Fr. Ambr. Beuss.

I. Einige mineralogische Bemerkungen über die Gegend von Prag.

Mayer s Saminl. physik. Aufs. Vol. IV. p. 339. Dresden.

Ce travail paraît être le résultat d’un petit nombre d’excursions, car l’auteur parle seulement de deux courses faites dans la partie du terrain qui a fourni la principale matière à ses observations. En tenant compte de cette précipitation et de l’état encore peu avancé de la science, nous concevons comment ce savant a été entraîné à l’opinion qu’il exprime sur la constitution

INTRODUCTION HISTORIQUE

géologique du terrain des environs de Prague. Il reconnaît d’abord très-justement que la base générale du sol est formée par le Thonschiefer, plus ou moins recouvert par des roches sédimentaires, telles que le calcaire, le grès, et la marne. Il désigne par ces noms ce que nous nommons aujourd’hui calcaire Silurien, Quadersandstein, et Pldnerkalk. Une partie de ces dépôts supérieurs ayant été enlevée par les eaux, le schiste argileux a été partiellement mis à nû. Cette roche renferme le Kïeselschiefer en couches subordonnées, et passant quelquefois à la pierre Lydienne-. Jusque là tout est très-exact, mais le Ut. Reuss ajoute que le Thonschiefer se transforme souvent en Sandschiefer et forme ainsi le passage vers les roches de sédiment, (p. 345.) Cette opinion est développée dans les pages suivantes, où nous voyons l’auteur admettre que par des modifications successives le Sandschiefer (quartzite plus ou moins impure) se transforme en grès ordinaire sur le Laurenziberg, le Weissenberg, &c. Or ce grès ordinaire très-bien défini, n’est autre chose que le Quadersandstein, qui repose en couches horizontales sur la tranche du Thonschiefer. L’auteur admet une transformation analogue du Thonschiefer en Schiefertlion renfermant une couche charbonneuse et des substances alunifères exploitées près de Wisocan et de Hlaupietin. Ce Schieferthon, constitue quelques bancs argileux, horizontaux, formant aux environs de Prague la base constante du Quadersandstein. Nous sommes d’autant plus étonné de voir de semblables passages admis par le Ut. Reuss, qu’il a très-bien reconnu que le Thonschiefer dans toute son étendue, présente une inclinaison constante, presque verticale, vers le sud, et par conséquent se trouve en complète discordance avec les formations horizontales qui le couvrent. Il avait d’ailleurs sous les yeux le mémoire ci-dessus analysé, de Lindacker (p. 11.) qui a très-bien reconnu et clairement exprimé la différence d’âge et de nature de ces dépôts superposés.

En continuant sa description, Reuss ajoute, comme pour confirmer son opinion: de même que le Thonschiefer passe peu à peu au grès, il se transforme de la même manière en calcaire sédimentaire ( Flotzkalkstein ) que j’ai eu l'occasion d’observer dans la contrée de Ginonitz. Cette roche est le calcaire de Iransition dont l’auteur reconnaît bien la direction et l’inclinaison identiques à celles du Thonschiefer. Les caractères minéralogiques de ce calcaire sont parfaitement décrits, et puis vient l’énumération des pétrifications observées dans les deux excursions mentionnées.

1. Dents de poisson pétrifiées ( GlossopeternJ nous ignorons quel est le fossile ainsi indiqué par le Ut. Reuss qui ne l’a pas trouvé lui-même, mais qui le cite d’après le ChevL de Born.

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