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C. La doublure du test sous le pygidium

A. Origine des côtes et sillons sur les lobes latéraux du pygidium.

Lorsque la segmentation est visible, la soudure des plevres par leurs bords contigus, produit sur la surface du pygidium une suite de côtes séparées 1 une de 1 autre par des sillons plus ou moins profonds, que nous nommerons sillons intercostaux ou rainures intercostales. L’origine de ces côtes et sillons n’est pas toujours la même, et pour la concevoir dans tous les cas, nous avons besoin de considérer séparément le pygidium des Trilobites dont la plèvre suit le type à sillon, ou le type à bourrelet.

/. Côtes et sillons du pygidium dans le type de la plèvre à sillon.

Le pygidium des Trilobites appartenant à ce type nous montre presque toujours les deux caractères suivans :

1. Il existe sur le bord antérieur, contigu au thorax, une demi-côte, qui se distingue des côtes complètes par l’absence de tout sillon suturai sur sa surface, et généralement par une moindre largeur. Elle a d’ailleurs un relief égal à celui de la côte suivante, dont elle est séparée par la rainure intercostale toujours la plus prononcée. Cette demi-côte représente la bande antérieure de la première plèvre du pygidium. Elle conserve ordinairement une forme très-rapprochée de celle qu’on voit dans le thorax, et elle porte aussi le biseau sur lequel repose la dernière plèvre thoracique. Nous désignerons cet élément par le nom de demi-côte articulaire, d après la fonction qu’elle remplit; mais nous ne la comprendrons jamais dans le nombre des côtes du pygidium.

2. La surface supérieure plane ou arrondie de chacune des côtes , porte un léger sillon longitudinal, indiquant la suture des deux bandes contiguës dont elle est formée. Nous le nommons , sillon suturai. Il est plus ou moins profond , et plus ou moins prolongé , suivant les espèces. Lorsque les bandes soudées ont dans les plèvres une largeur égalé, il est placé au milieu de la côte; sa position varie par conséquent, en raison de leur inégalité. Par l’effet d’une soudure plus intime, le sillon suturai disparaît dans quelques espèces, ou du moins, il est très-peu marqué, comme dans Phac. breviceps, Ph. cephalotes fc.

ELÉMENS DU PYGIDIUM.

Il est clair, que dans le cas qui nous occupe, la rainure intercostale représente le sillon de la plèvre thoracique, et participe aussi de sa nature, dans chaque espèce. Elle offre donc une profondeur et une largeur analogues.

Les genres dans lesquels cette conformation existe, sont ceux que nous avons indiqués cidessus (p. 168), comme suivant le type de la plèvre à sillon. Nous croyons inutile de répéter ici leurs noms. Nous ferons seulement observer, que parmi eux se trouvent les Paradoxides qui forment une exception, résultant de la disparition des lobes latéraux déjà mentionnée dans quelques espèces.

II. Côtes et sillons du pygidium dans le type de la plèvre à bourrelet.

La conformation du pygidium des Trilobites appartenant à ce type donne lieu à la distinction

de deux groupes, selon la forme de la partie externe de la plèvre, que nous avons étudiée

ci-dessus, (p. 175).

P.r. groupe. Lorsque la plèvre conserve dans sa partie externe la même largeur, à peu-près, que dans la partie interne, il existe un biseau ou facette plus ou moins considérable, le long de son bord antérieur. Alors nous retrouvons sur le bord du pygidium la facette articulaire, qui sert à la jonction de cette partie du corps avec le thorax. Les genres qui nous montrent cette conformation sont: Zethus , Amphion, Êncrinurus et Crornus. Cependant, elle est très-peu sensible dans diverses espèces , dont la facette est très-exigue , comme dans Crom. intercostatus.

Ces quatre genres se rapprochent donc de la catégorie des Trilobites qui ont la plèvre à sillon, et on pourrait les considérer comme offrant sous ce rapport, une sorte de passage entre

les deux types. Mais ce groupe se rattache d’une manière bien plus marquée au type à bour¬

relet, par ce fait, que les côtes du pygidium représentent les bourrelets des plèvres, comme dans le groupe suivant, qui nous donnera 1 occasion de développer davantage ce caractère commun de leur conformation.

2T. groupe. Tous les autres Trilobites appartenant au type de la plèvre à bourrelet, ont la partie , externe de leur plèvre amincie à partir du coude, et offrant la forme, soit d’un coutelas, soit dune pointe cylindroide. Dans ces deux cas, leur pygidium montre les deux caractères suivans:

1. Il n existe aucune demi-côte, ni facette articulaire sur le bord antérieur, qui par conséquent, ne peut pas être recouvert par la dernière plèvre thoracique. Le bord du pygidium porte^ cependant la bande antérieure de la plèvre, très-distincte, dans plusieurs genres, comme les Cheirurus. Mais cette bande étant relevée, surtout vers son extrémité, ne peut pas se prêter à un recouvrement articulaire, ainsi que nous l’avons déjà fait observer pour les plèvres du thorax à l’occasion de la faculté d’enroulement, (p. 204.)

2. La surface supérieure des côtes sur les lobes latéraux du pygidium, ne présente un sillon, que dans le cas ou ce sillon accessoire existe sur la surface du bourrelet des plèvres thoraciques.

Les genres compris dans ce groupe, sont:

Acidaspis. . Murch.

Bronteus. Goldf.

Cheirurus. Beyr.

Dindymene. Cord.

Placoparia. Cord.

Sphaerexochus. Beyr.

Stauroeephalus. Barr.

Il est important, de remarquer, que dans le pygidium de ces genres, comme dans celui des genres du premier groupe, les côtes . représentent toujours les bourrelets des plèvres, ce qu’on peut aisément reconnaître par leur aspect. Le fond des sillons intercostaux est formé par la réunion des bandes qui bordent de. chaque côté le bourrelet, et ont toujours un niveau inférieur, par rapport à la surface de celui-ci. Cette conformation est justement inverse de celle que nous avons analysée dans. le pygidium du type à. sillon, où les bandes dominant par leur relief, constituent en se réunissant les côtes saillantes, tandisque le sillon pleural se transforme en rainure intercostale.

Pour ne laisser aucun doute sur l’origine des côtes et sillons intercostaux, dans le pygidium du type à bourrelet, la nature nous offre dans quelques espèces, la trace la plus évidente de la manière dont la soudure des plèvres contiguës a eu lieu. Àu fond des rainures intercostales de Crom-us inter costatus, (PL 43) on aperçoit un petit filet, à peu-près médian, qui représente la suture. Ce filet doit sa saillie à cette circonstance, déjà plusieurs fois notée, que les bandes des plèvres se relèvent ordinairement dans le type à bourrelet. Les plus grands individus de Encrin. punctatus d’Angleterre nous présentent le même filet très-distinct, au fond du sillon intercostal. Cette forme de soudure contraste avec celle que nous voyons indiquée par la rainure suturale dans le pygidium des Trilobites suivant le type à sillon. On observera, que ces deux traces d apparence opposée , disparaissent également dans beaucoup de Trilobites , par une fusion plus intime des

segmens contigus. ,

Si on examine les côtes du pygidium , dans les Trilobites des deux groupes distingues , on verra aisément, que chacune reproduit le bourrelet de la plèvre correspondante, avec ses formes caractéristiques, suivant chaque espèce. C’est une étude très-intéressante dans les Cheirurus, dont la plèvre thoracique subit tant de variations figurées sur notre planche 6. Le premier segment du pygidium n’étant presque pas modifié, peut toujours donner une idée, exacte de la forme des segmens du thorax, dans les cas très-fréquens , où celui-ci est inconnu. C’est une observation déjà faite par Ml. le Prof,!. Beyrich, et appliquée par lui au genre Sphaerexochus, dont il avait très-bien présumé, d’après le pygidium, que la plèvre thoracique pouvait différer de celle des Cheirurus. Le fait a parfaitement confirmé la prévision, car cette plèvre ne montre jamais aucune trace de sillon, dans l’espèce Bohème considérée. (Ub. Bohm. Trilob. p. 21 J.

D’après ce que nous venons de dire, lorsque les côtes du pygidium portent un sillon dans le type à bourrelet, c’est simplement le sillon accessoire du bourrelet lui-même. Il diffère donc par sa nature, de la rainure suturale qui se trouve sur le sommet des côtes, dans le type à sillon.

Parmi les genres appartenant au type à bourrelet, il n’y en a que deux : Cheirurus et Zethus dont le pygidium présente ordinairement un sillon sur ses côtes. La faible rainure que nous remarquons sur le bourrelet des plèvres thoraciques de certains Br ont eus , tels que Br. porosus et Br. Edwardsi, ne se reproduit pas d’une manière sensible, dans les côtes de leur pygidium.

B. Nombre des segmens des lobes latéraux du pygidium.

I. Constance théorique de ce nombre dans l’espèce, et variation dans le genre.

Nous n’observons un nombre constant de segmens dans les lobes latéraux du pygidium, que dans le cas où il y a très-peu de segmens, c. à d. dans les Trilobites qui nous présentent le minimum de deux, comme Sao, Arionellus, Ellipsocephalus, Paradoxides, et plusieurs Olenus. On peut adjoindre à cette catégorie les Lichas, dont les lobes latéraux ont invariablement trois plèvres, Sphaerexochus qui en a aussi trois; les Cheirurus qui en ont tantôt trois, tantôt quatre, suivant les espèces, et les Bronteus qui ont aussi à tous les âges un même nombre de côtes et sillons, caractérisant chaque forme spécifique. Ces Trilobites sont à peu-près les seuls dans lesquels on puisse admettre en fait, la constance du nombre des plèvres du pygidium, pour tous les individus d’une même espèce. Dans presque tous les autres, nous voyons ce nombre varier suivant les individus, . entre des iimites plus ou moins éloignées. On pourrait en divers cas, attribuer les différences à un défaut de netteté dans la partie extrême du corps, mais le plus souvent la variation est trop marquée, pour être ainsi interprétée. Il faut alors admettre un état de développement graduel, si l’on veut maintenir le principe théorique de la constance du nombre , des segmens dans une même espèce. Cette interprétation est aussi confirmée le plus souvent, par la taille relative des individus, qui présentent les différences signalées. Nous citerons les Dalmania, Proetus, Cromus, &c. comme offrant des exemples assez fréquens de la variation du chiffre des plèvres, dans le pygidium d’une même forme spécifique. Nous sommes persuade, que la comparaison de beaucoup d’individus confirmerait le même fait, dans la plupart des autres genres. Cette variation est d’ailleurs en parfaite harmonie avec celle qu’on observe sur l’axe.

ELÉMENS DU PYGIDIUM.

Si Ion peut admettre au moins en théorie, que le nombre des plèvres du pygidium est constant dans une même espèce, il est de fait qu’il éprouve de très-fortes variations parmi les espèces d un même genre. Ces variations constituent un caractère spécifique si général , que nous ne saurions citer aucun genre, dans lequel toutes les espèces portent le même nombre de segmens sur les lobes latéraux du pygidium. Il est clair, que plus ce nombre est petit dans le genre, et moins il peut varier. Ainsi, dans les Cheirurus , il n’oscille qu’entre 3 et 4. Parmi les Proetus, il s’élève de 3 à 7, et parmi les Dalmania, de 4- à 1S.

II. Rapport entre le nombre des plèvres des lobes latéraux et celui des anneaux de l’axe du pygidium.

Il est très-rare parmi les Trilobites, que les lobes latéraux du pygidium montrent autant de segmens que l’axe. Nous remarquons cependant cette égalité, dans la plupart des cas où le nombre des articulations est très-petit dans cette partie du corps. Nous citerons comme exemples: Soto hirsute., Arionellus ceticephalus , Olenus micrurus Sait. &c. qui portent deux segmens aussi distincts sur les lobes latéraux que sur l’axe. A mesure que le nombre total des articulations augmente dans le pygidium, on observe une différence de plus en plus considérable, entre les nombres des anneaux et des plèvres. Celles-ci sont toujours moins nombreuses , par suite dune soudure ou fusion plus complète. On peut aussi concevoir, que ces parties accessoires du segment s évanouissent entièrement, tandisque la partie principale, l’anneau de l’axe, conserve encore une existence rudimentaire. Cette derniere manière de voir est confirmée par ce qui arrive dans Parad. Bohémiens , qui porte jusqu’à cinq articulations sur l’axe, sans montrer d’autre trace des plèvres, qu une sorte de limbe étroit autour du lobe médian. Nous voyons aussi dans les Cheirurus , tantôt trois et tantôt quatre plèvres sur les lobes latéraux, tandisque l’axe montre invariablement quatre segmens. Parmi les Lichas, le chiffre de trois plèvres est constant, dans toutes les espèces connues , et l’axe présente trois articulations fort inégales , dans la plupart d’entr’elles. Mais on compte six segmens très-prononcés, sur l’axe de Licli. laxatus Mac Coy. (Dec.. 2. pi. 8. fig. 5). On peut aussi remarquer dans presque toutes les espèces , que l’articulation extrême de 1 axe a une longueur démesurée par rapport aux deux premières, ordinairement très - courtes. Cette longueur contraste avec la réduction à l’état rudimentaire du dernier segment, dans presque tous les Trilobites. Enfin, on observe sur le pygidium de Licli. Haueri, L. ambigua, L. heteroclyta, L. (Arg.) armata, (PL 28) comme aussi sur celui de L. hirsuta Fletcher , que les tubercules ornant la partie de l’axe considérée comme son troisième anneau, sont disposés en lignes régulières transverses, paraissant figurer autant d’articulations. La disposition des tubercules étant irrégulière sur tout le reste de la surface, leur apparence sur laxe ajoute quelque vraisemblance à la supposition d’un nombre d’anneaux supérieur à

celui qui a été admis comme constant jusqu’à ce jour. Ces faits nous portent donc à croire,

que la plèvre des derniers segmens de l’axe n’est nullement représentée dans le pygidium dé divers Trilobites. Nous avons énoncé la même opinion pour la glabelle (p. 183).

A mesure que le nombre des anneaux de l’axe augmente, celui des plèvres ne paraît pas s élever dans la même proportion. Il reste toujours inférieur, sans que nous puissions reconnaître aucune loi qui règle leur différence. Nous citerons comme exemple des plus grands contrastes, Dionide formosa qui a 23 anneaux et 16 plèvres. Nous trouvons parmi les Dalmania

des différences toujours très-considérables.

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