Cavités et plis-sillons
Nous ne connaissons aucun genre dont toutes les espèces présentent exclusivement cette réunion d’ornemens, signalée partiellement dans plusieurs. Nous citerons d’abord les Illaenus, dans lesquels elle a été originairement annoncée. Elle est constatée dans trois espèces: El. crassicauda, III. (Bum.) Barriensis et El. ( Bum .) Bouchardi.
Parmi les Asaphus , nous n’avons pu la reconnaître que sur As. expansus. Le Profit. Burmeister observe, que les points creux manquent totalement dans le pygidium parfaitement conservé de As. extenuatus? dont nous avons déjà cité la description. Ainsi, la combinaison qui nous occupe, est accidentelle dans ce genre, comme dans le précédent.
Les Bronteus de Bohême nous offrent trois espèces ornées de stries et cavités, savoir: Br. Brongniarti, tenellus, Partschi. Mais nous devons faire remarquer, que dans les deux dernières, la combinaison des deux sortes d’ornemens n’a lieu que sur quelques parties du corps , tandisqu'elle est générale dans la première.
Surfaces articulaires. Nous comprenons sous ce nom toutes les parties de la paroi externe du test dorsal, qui sont alternativement couvertes ou à découvert, suivant que l’animal est étendu ou enroulé. Elles se trouvent, soit sur les anneaux de l’axe (genou) , soit sur les parties externes des plèvres, soit au bord antérieur du pygidium (biseau, facette).
Dans l’étendue de nos observations, ces surfaces articulaires présentent ordinairement la même nature d’ornemens que le reste de la paroi dorsale, ou bien elles sont lisses. Peu de Trilobites font exception sous ce rapport. Si nous considérons d’abord les genres à granulation exclusive, ci-dessus nommés, (p. 2è>8) nous trouvons, que la paroi articulaire des anneaux de laxe est lisse dans toutes les espèces, tandisque les facettes de la plèvre et du pygidium sont tantôt complètement lisses, comme dans les Calymene, tantôt couvertes d’une fine granulation, comme dans la plupart de nos Phacops et Dalmania. Nous n’avons reconnu des stries sur les surfaces articulaires d’aucun des Trilobites de ce groupe. Il en est de même, le plus fréquemment, dans les espèces qui sont ornées soit de granulation et de cavités combinées, soit de cavités seules. Nous citerons parmi les premières les Cheirurus, et parmi les secondes les Harpes, dont le genou articulaire est constamment lisse.
Au contraire, toutes les fois qu’il existe sur la paroi principale , des stries soit seules , soit combinées avec des grains ou avec des cavités, nous observons constamment que les surfaces d’articulation sont striées. Nous citerons comme exemples, Asaphus expansus, As. gigas, Illaen. Barriensis, III. crassicauda, Bront. Brongniarti, &c. &c.
On pourrait dire en général , que dans chaque espèce, les parois articulaires reproduisent avec une moindre intensité, l’ornementation de la surface dont elles font partie. Nous voyons cette distinction très-marquée parmi les Proetus , car dans le groupe des espèces granulées, nous n’apercevons que des articulations lisses ou un peu rugueuses, tandisque dans les espèces striées comme Pr. sculptus, Pr. striatus et Pr. intermedius, les facettes des plèvres portant aussi des stries bien marquées. (Pl. 15 à 17. J
L’exception que nous avons à signaler sous ce rapport, nous est offerte par quelques Bronteus. Il est tout naturel, que les espèces de ce genre qui ont des stries parmi leurs ornemens, aient aussi les surfaces d’articulation striées , selon l’observation générale que nous venons de faire. , Mais nous trouvons également des stries sur le genou articulaire des espèces uniquement granulées, comme Bront. tardas, et de celles qui sont complètement lisses, comme Br. caelebs et Br. thysanopeltis. C’est le seul type qui nous ait présenté cette anomalie.