‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 143 sur 469 · Ordre d' apparition des Trilobites en Bohême · texte numérisé non relu

Ordre d' apparition des Trilobites en Bohême

Dans l’esquisse géologique, placée au commencement de ce volume, nous avons déjà indiqué pour chaque étage, parmi les caractères paléontologiques, les variations qu’a éprouvées la tribu des Trilobites. Nous pensons que le lecteur ne sera pas fâché de retrouver toutes ces données réunies, de manière à pouvoir les embrasser d’un seul coup d’oeil. Dans ce but, nous avons établi le tableau suivant, indiquant l’ordre d’apparition successive de chaque genre, ainsi que le développement et la décroissance du nombre de ses espèces, pendant toute la durée de son existence en Bohême. Grâce aux distinctions géognostiques qui existent, soit entre nos étages considérés comme unités, soit aussi entre les formations diverses qui constituent certains d’entr’eux, nous pouvons signaler exactement l’ apparition de divers groupes de genres, dans notre bassin Silurien. Dans la colonne relative à chacun des étages fossilifères, nous avons indiqué pour chaque genre, le nombre des espèces par lesquelles il y est représenté. Une des colonnes donne le total des especes distinctes , pour chaque type générique, en Bohême. Ce total représente donc la somme des chiffres de la rangée horizontale correspondante, après déduction faite des espèces communes à divers étages. Ces espèces sont énumérées dans les deux dernières colonnes à droite, ainsi que les étages traversés par chacune d’elles.

Nta. La Planche 50 reproduit graphiquement le tableau de la distribution des genres.

Apparition et Distribution verticale des Trilobites > dans les formations Siluriennes de la Bohême.

Genres groupés suivant

Nombre des espèces représentant chaque genre dans les divers

espèces

re.

Observations.

Etages

l’ordre de leur

elages.

!» « « bX)

Espèces communes à

apparition successive.

traversés.

Divis. inférieure

Divis. supérieure.

plusieurs étages.

Faune primordiale.

(azoi-

ques.)

Ier- Groupe.

Apparaissant simultanément, dans les schistes argileux de l’étage C.

Paradoxides . Brongn.

Il n’existe aucune es-

Conocephalites Zenk.

pèce commune entre la

Ellipsocephalus Zenk.

Faune primordiale et les

Hydrocephalus Barr.

Faunes des autres étages

Sao. Barr.

du bassin Silurien de la

Arionellus. Barr.

Bohême.

Agnostus. Brongn.

Genres groupés suivant

Nombre des espèces représentant

chaque genre dans les divers

Etages

l’ordre de leur

apparition successive.

etages.

m ai

03 b JD nS

Espèces communes à

traversés.

Vj

Divis. inférieure

Divis. supérieure.

le 5

plusieurs étages.

Faune seconde.

IIe- Groupe.

Apparition isolée dans la bande schisteuse <1. 1.

vers la base de l’étage D près Komarow, au Sud- Est de l’ axe du bassin.

Amphion Pand.

Na. Toutes les espèces in-

Placoparia Cord.

diquées comme communes aux étages D. E , apparti-

IIIe- Groupe.

ennent exclusivement aux

Apparition simultanée

colonies de l’étage D, et ne font pas partie de sa Faune

dans la bande des quart-

normale, ou Faune se-

zites des Mts. Drabow d. 2. Etage D.

conde.

Homalonotus Kôn.

Asaphus Brongn.

Trinucleus Lhwyd.

ïllaenus Daim.

[Ac. Hoernesi. Barr.

Acidaspis Murch.

<Ac. Leonhardi. Barr.

(Ac. radiata. Goldf.

Calymene Brongn.

(Cal. Blumenb. Brongn.

(Cal. interjecta. Cord.

Dalmanites Emmr.

Daim, rugosa. Cord.

fCh. insignis. Beyr.

Cheirurus Beyr.

lCh. gibbus. Beyr.

ICh. Sternbergi. Boeck.sp.

(Ch. pauper. Barr.

IIre- Groupe.

Apparition dans la bande des schistes noirs feuilletés d. 3. Etage D.

Aeglina Barr.

Dionide Barr.

Ve- Groupe.

Apparition dans la bande des schistes très-micacés d. 4. Etage D.

Telephus Barr.

DISTRIBUTION VERTICALE DES TRILOB1TES EN BOHÈME

Genres groupés suivant

Nombre des espèces représentan chaque genre dans les divers

ce

OJ

Su •

ce o

CJ

Etages

l’ordre de leur

elages.

ce <x>

Espèces communes à

apparition successive.

PG

traversés.

Divis. inférieure! Divis. supérieure.

co ®

plusieurs étages.

VIe- Groupe.

Apparition transitoire

Le VIe- groupe comprend

dans les colonies encla-

des espèces étrangères à

vées au milieu des schis-

la Faune de l’étage D. et

tes très-micacés d. 4.

qui caractérisent l’étage E.

Etage D.

(voir pp. 72 et 73).

Arelhusina Barr.

Areth. Konincki. Barr.

Sphaerexochus Beyr.

Sphaer. mirus. Beyr.

Cyphaspis Burm.

( Cypli . Burmeisteri. Barr.

(Cyph. Barrandei. Cord.

Liclias Daim.

(Lich. palmata. Barr.

ILich. scabra. Beyr.

I^Lich. Haueri. Barr.

tPhac. Glockeri. Barr.

Phacops Emmr.

jPhac. Boecki. Cord.

iPhac. fecundus. Barr.

IPhac. Bronni. Barr.

VIIe Groupe.

Apparition dans la bande des schistes gris-jaunâtres d. 5. Etage D.

Dindymene Cord.

Remopleurides Portl.

Phillipsia Portl.

Ampyx Daim.

Faune troisième frc.

VIIIe- Groupe.

Apparition à la base de l’étage calcaire inférieur E.

Cromus Barr.

Deiphon Barr.

Staurocephalus Barr.

Harpes Goldf.

Harp. venulosus. Cord.

Bronteus Goldf.

iBront. Brongniarti. Barr.

/Bront. pustulatus. Barr.

Proetus Stein.

^Proet. gracilis. Barr.

Proet. lepidus. Barr.

Genre indéterminé

'Proet, micropygus. Cord.

totaux par étage . .

6! jj

,§*. 2. Observations sur la distribution verticale des genres en Bohême.

(Voir la Planche 50 et les explications qui l’accompagnent.)

I. On voit par le tableau ci-dessus, que nous distinguons huit groupes de genres. Chacun de ces groupes apparaît à une époque aisée à déterminer, parcequ’elle correspond au dépôt d’un étage, ou d’une formation bien caractérisée par sa nature pétrographique. Il semblerait donc, que chacune de ces apparitions successives est liée à (introduction, dans le bassin Silurien de Bohême, des diverses substances composant ces dépôts, ou à l’influence des courans qui les ont amenées.

II. Ces apparitions sont-elles dues à des créations locales, successives, ou bien résultent elles d’immigrations, à partir d'un centre de diffusion extérieur? Il serait fort possible que la population des mers Siluriennes de la Bohême soit partiellement provenue de chacune de ces deux origines; mais pour une partie du moins, nous croyons que la seconde peut être considérée comme démontrée. Parcourons les groupes.

Le premier groupe, constituant la Faune primordiale de Bohême, offre cette particularité, que parmi les sept genres dont il se compose, 3 seulement: Paradoxides, Conocephalües et Agnostus , sont représentés dans des régions étrangères, mais par des espèces différentes. Les Paradoxides n’ont été signalés jusqu’ici qu’en Angleterre et en Suède (p. 6 6b. c.). Les Conocephalites nous semblent exister en Suède et nous croyons les reconnaître, dans les Trilobites récemment publiés par M. Angelin, sous les noms de: Calym. holomelopa, Cal. canaliculala, Cal. brachimetopa frc. Les Agnostus existent en Irlande, Angleterre, Norwége, Suède, Russie et Amérique du Nord.

Des considérations exposées ci-dessus, (p. 6 2) nous ont conduit à admettre, que les masses composant l’étage C ont été introduites par des courans venant du Sud-Ouest. Comme il est très-vraisemblable, que de tels courans ont dû puissamment aider la diffusion des Trilobites, nous serions donc induit à chercher le centre de création de la Faune primordiale , vers le Sud- Ouest de la Bohême. Malheureusement, aucune contrée, dans celte direction, n’a jusqu’ici montré une Faune de même nature , et le centre cherché est peut-être caché pour toujours aux investigations humaines, sous des formations plus récentes, ou dans l’abyme des mers.

Les groupes II, III, IV, V, VII, appartenant aux diverses formations de notre étage des quartzites D, pourraient également avoir été introduits en Bohême par la même voie du Sud- Ouest, car les dépôts qui renferment leurs dépouilles, proviennent aussi des courans dont nous venons de parler. Bien que ces groupes présentent plusieurs genres jusqu’ici exclusivement propres à la Bohême, comme Telephus et Dindymene , la majeure partie d’entr’eux est représentée dans les des Britanniques, France, Norwège, Suède, Russie et Amérique septentrionale. Le tableau ci-dessus (p. 88) indique même diverses espèces communes entre laFrance et laBohême. On pourrait donc admettre avec quelque vraisemblance, un centre commun de diffusion d’où seraient issues les Faunes locales de ces diverses contrées.

III. Le fait d’une origine étrangère pour les groupes VI et VIII nous paraît fondé sur de fortes probabilités. Le groupe VI, d’après la position géognostique de la formation qui le renferme, appartient à l’étage D. Cette formation consiste dans une masse adventice de schistes à Graptoliles, enclavée en stratification conformable, au milieu de la hauteur des schistes Ir 'esmicacés •1. 4. Ces schistes à Graptoliles, accompagnés de Trapps, ne forment que de grands amas, ou si l’on veut, des lentilles isolées, dont la Faune se distingue par une double particularité. Sur 6 3 espèces que nous avons recueillies, 2 seulement appartiennent à la Faune seconde ou Faune normale de l’étage D, savoir: Trin. ornatus et Daim, socialis. Au contraire, nous y reconnaissons 57 espèces de différentes classes, caractérisant notre étage calcaire inférieur E, et parmi elles 7 Trilobites. (Voir. p. 7 2a).

Il n’y a donc eu presque aucun mélange entre les populations des colonies et de l’étage D, bien quelles aient vécu simultanément, dans un voisinage ou contact immédiat, en occupant

DISTRIBUTION VERTICALE DES TRILOBITES EN BOHÈME

des superficies très-différentes en étendue. Le croquis topographique (p. 5 6.) montre l’immense surface habitée par la population propre à l’étage D , en comparaison de l’espace très-resserré dans lequel la population des colonies a été restreinte. Le profil idéal du bassin fait voir en même temps, combien la hauteur verticale de ces enclaves est exigue, par rapport à la puisotale ^ ^ eta0e D. Ainsi, la population de ces colonies, considérée sous le double rapport de l’étendue horizontale et verticale, parait purement adventice, au milieu de l’étage des quartzites qui la renferme. Ces circonstances nous ont porté à la considérer comme provenant d’une Faune contemporaine, occupant des régions étrangères. Nous avons même exposé les motifs qui nous porteraient à croire, qu’elle avait été introduite dans le hassin Silurien de la Bohême, par son extrémité Nord-Est. (p. 72 h.) Toute trace de ces colonies disparait subitement, dans l’étage D, en même temps que les schistes à Graptolites. Ce fait se remarque de chaque côté de 1 axe du bassin. Nous avons admis, que les deux principales enclaves symétriquement placées, par rapport à cet axe, correspondent à une seule et même époque absolue. Mais si l’on voulait supposer pour chacune déliés, et pour celle de la Bruska dans Prague, une époque de dépôt différente, il s’en suivrait seulement, que le même phénomène se serait reproduit à plusieurs reprises successives. Quoiqu’il en soit sous ce rapport, dès que les schistes à Graptolites, accompagnés de Trapps, comme dans les enclaves, reparaissent à la hauteur que nous considérons comme la base de notre étage calcaire inférieur E, nous voyons reparaître simultanément les êtres des colonies et parmi eux les Trilobites du groupe YI. Pour que rien ne manque à la similitude de ces deux apparitions, la roche affecte la même couleur, les mêmes apparences, et nous offre également ces mêmes restes organiques, renfermés dans des sphéroïdes calcaires qu’on pourrait appeler identiques, aux deux époques distinctes. Toute la différence que nous pouvons constater, c’est que, dans la seconde apparition, de nouvelles formes se joignent à celles qui caractérisent la première, tandisque nous ne connaissons dans les colonies, qu’un très -petit nombre d’espèces, que nous n’avons pas encore trouvées à la base de l’étage calcaire E.

Puisque la Faune des colonies est identique à celle de l’étage calcaire inférieur E, à moins d’admettre deux créations locales, semblables et successives, tout semble indiquer une double immigration, provenant d’un centre de diffusion placé à l’extérieur de la Bohême. Les genres des Trilobites formant nos groupes YI et YIII, auraient donc une origine commune dans ces immigrations, à partir de ce même centre, à deux époques très-distantes l’une de l’autre.

Nous avons exposé, à ce sujet, quelques considérations sur lesquelles nous appelons l’attention des savans (ci-dessus, p. 72 h).

IY. Le groupe YII. dont l’apparition et (existence entière est intercalée entre les deux groupes dont nous venons de parler, n’a aucun rapport avec eux, et porte tous les caractères généraux propres à la Faune seconde. Les schistes gris-jaunâtres , durant le dépôt desquels il s’est développé et éteint, présentent en même temps beaucoup d’autres formes préexistantes, et communes aux autres groupes propres à l’étage D, savoir II — III — IY — Y. Si le groupe YII a immigré en Bohême, tout porte à croire, suivant ce qui a été dit, qu’il a été introduit, comme ceux que nous venons d’énumérer, par la région Sud-Ouest de notre bassin Silurien.

V. Aucun des genres de notre Faune primordiale, c. à d. de l’étage C, ne se propage dans l’étage c. à d. dans la Faune seconde, à l’exception du genre Agnoslus.

YI. L’étage des quartzites D est celui qui nous présente le nombre des genres porté au maximum de 23, dont 5 sont exclusivement représentés dans les colonies et ne font point partie de la Faune normale de cet étage, ou Faune seconde. Ce chiffre va ensuite en décroissant assez rapidement, dans la division supérieure. Nous verrons le nombre des espèces suivre une loi différente dans son développement.

YII. Nous nous sommes borné à indiquer, dans notre tableau (p. 281), les groupes des genres de Trilobites apparaissant successivement en Bohême. On remarquera, que le dernier

de ces groupes correspond au dépôt de notre étage calcaire inférieur E, c. à d. à la base de notre division supérieure. A partir de cette époque , nous ne reconnaissons plus aucun type nouveau parmi nos formes Trilobitiques. En d’autres termes, toutes les espèces de nos

étages F G — H, appartiennent à des genres préexistans dans notre terrain. On conçoit

que ce fait est de nature purement intuitive, puisqu’il dépend des limites entre lesquelles l’idée du genre est circonscrite. Cependant, quelle que soit l’étendue que 1 on veuille assigner à ces groupes d’espèces, le tableau qui précède nous montre, que le nombre des genres apparaissant durant le dépôt de notre division inférieure, est presque quintuple du chiffre des types qui ont surgi pendant le dépôt de la division supérieure, savoir: 29 : 6 c. à d. à peu-près: 5: 1. En comparant les nombres des espèces appartenant aux deux divisions, nous allons arriver à un résultat de nature inverse.

VIII. Les Dalmanites, après avoir fourni 8 espèces dans notre division inférieure, étage des quartzites D, sont réduites à une seule espèce dans chacun des étages calcaires E — F. Nous les voyons reparaître avec une nouvelle richesse de formes et prendre leur plus grand développement, dans l’étage calcaire supérieur G. Elles y constituent un groupe d’espèces contrastant avec celles de l’étage D , comme nous l’expliquerons dans le Ghap. 3. de cette section. — Nous avons provisoirement rapporté au genre Phillipsia un Trilobite trouvé dans la formation des schistes gris-jaunâtres , couronnant notre étage des quartzites D. A partir de cette époque, aucune autre forme analogue ne se montre plus dans notre terrain. ( Phill . parabola. PL 18.)

IX. Parmi les 45 genres que nous admettons dans nos études, 35 sont représentés en Bohême, et par conséquent 10 manquent dans notre bassin. Sur ces 10 types étrangers, 2 appartiennent à la Faune primordiale ( Olenus , Peltura ) 6 à la Faune seconde: (Ogygia, Zelhus, Nileus, Symphy surus, Triarthrus, Encrinurus). Le type Harpides n’a été trouvé que dans des blocs erratiques, et Griffithides caractérise le terrain Carbonifère. Nous avons indiqué (p. 341) les doutes qui peuvent exister sur l’indépendance de 3 des genres qui manquent à la Bohême. Par compensation, notre terrain a fourni 7 types génériques qui lui sont particuliers, savon- : Ellipsocephalus, Hydrocephalus , Sao, Arioneïlus, Telephus, Dindymene, Arethusina.

§. 3. Observations sur la distribution verticale des espèces de Trilobites en Bohême.

(Voir la PL 50, le tableau et l’explication qui l’accompagnent.)

I. Le tableau général, (p. 281) constate, que nous ne connaissons aucune espèce commune entre les deux étages fossilifères C et D, de notre division inférieure, et nous avons déjà fait remarquer, que le genre Agnoslus était le seul à la fois représenté dans ces deux subdivisions géologiques. Nous avons attribué cette différence tranchée entre la Faune primordiale et la Faune seconde, au déversement des Porphyres, évènement qui aurait totalement anéanti la Faune primordiale de l’étage C. (Voir ci-dessus, p. 66.)

' IL Un phénomène semblable s’est reproduit entre nos deux divisions, et s’explique par une cause analogue, le déversement des Trapps > qui ont envahi le fond de la mer Silurienne de Bohême, et anéanti à la fois toute la Faune seconde, de sorte qu’aucun Trilobite de cette Faune ne passe dans la Faune troisième. Il y a cependant 7 espèces de Trilobites de la division inférieure , outre des fossiles de diverses classes , qui reparaissent dans notre division supérieure. Nous avons vu, que ces espèces appartenaient à des colonies d’origine étrangère, qui ont immigré à deux époques distinctes dans cette contrée (pp. 72h et 284).

III. Le tableau (p. 282) montre, que le nombre des espèces communes entre divers étages de la division supérieure est très-restreint et forme une faible fraction de la totalité des formes qui caractérisent chacun d’eux.

DISTRIBUTION VERTICALE DES TRILOBITES EN BOHÊME. 287

IV. Le nombre des espèces de Trilobites caractérisant chacun de nos étages, va en croissant à partir de l’étage C, jusqu’à l’étage calcaire inférieur E, où il atteint son maximum 78. Il leste à peu-près stationnaire dans 1 étage F, où il est encore de 75, puis il décroit rapidement dans les étages G et H, en se réduisant à 3 dans ce dernier. Nous avons vu le nombre des genres suivre une progression différente.

V. Il serait difficile de se rendre raison des causes qui ont influé sur la succession de tant d’espèces, dans un espace restreint, comme la surface de notre bassin. En exceptant les deux déversemens de matières Plutoniques déjà mentionnés, et qui suffisent pour expliquer l’extinction complète de la Faune primordiale et de la Faune seconde, nous n’apercevons les traces d aucune autre révolution violente, dans toute la hauteur géologique de notre terrain. Les formations constituant les quatre étages de notre division supérieure se succèdent en se superposant d’une manière régulière, et le passage de l’une à l’autre est si peu tranché, qu’on ne peut même déterminer entr’elles, dans beaucoup de localités, aucune limite absolue. Cependant, les espèces disparaissent peu à peu, et la plupart n’occupent qu’une étendue verticale très-peu considérable. Quelques unes ne s’étendent pas au delà de l’épaisseur d’un banc calcaire. Une seule, Phac. fecundus, a traversé nos quatre étages E — F — G — II, où elle offre autant de variétés.

Des modifications aujourd’hui insaisissables, dans la nature du milieu où vivaient ces Crustacés, ont dû avoir une grande influence sur la durée de l’existence de chaque espèce. Nous concevons aussi, que la nature n’a dispensé à chacune d’elles qu’une quantité limitée de force vitale, de sorte qu’indépendamment de toute autre circonstance , chaque race doit s’éteindre, après un certain laps de temps.

VI. Le nombre moyen d’espèces par genre, considéré dans l’ensemble de nos deux divisions, est beaucoup plus considérable dans la division supérieure. Il suit d’ailleurs, en passant d’un étage à l’autre, les variations indiquées par le tableau suivant.

Etages.

Genres.

Espèces.

Nombre 1 d’ espèces par genre.

Pour l'ensemble de la division inférieure, à déduire un genre commun aux deux étages

Reste . .

Pour l’ensemble delà division supérieure

à déduire 23 réapparitions de genres et

25 d’espèces, dans les quatre étages .

Reste . .

. résultat exprimé par ces chiffres s’accorde avec les faits déjà constatés, pour démonterr

1 augmentation successive du nombre moyen des espèces par genre. On voit, que cette augmentatation n est réelle, que si l’on prend pour termes de comparaison deux grandes périodes de temps, comme celles que représentent chacune de nos deux divisions Siluriennes. Les étages comparés isolément dans chaque division, ne permettraient pas de reconnaître la loi générale, dont

nous parlons. On peut d’abord remarquer une anomalie dans la division inférieure, car le nombre moyen des espèces par genre va en diminuant d’un étage à l’autre, contrairement au résultat général énoncé. Dans la division supérieure, ce nombre suit une progression d abord croissante dans les étages E, F, qui représentent l’époque du développement maximum de la tribu Trilobitique. Ensuite nous le voyons décroître très-rapidement, dans les étages G , H, pendant que cette tribu perd ses forces vitales.

Les genres qui se distinguent le plus en Bohême, par la variété de leurs formes spécifiques, sont les trois suivans:

Acidaspis: 32. — Bronteus: 31. — Proetus: 36 espèces.

Ces chiffres comprennent l’ensemble de toutes les formes congénères , dans les divers étages. Le maximum des espèces fournies par un seul genre, dans un même étage, est de 2 6 pour le genre Proetus , dans l’étage calcaire moyen F. Le genre Bronteus en présente 1 9 dans le même étage. Nous avons au contraire 11 types génériques,, qui ne sont représentés que par une seule espèce, chacun, dans toute l’étendue de notre terrain.

On conçoit que les chiffres que nous donnons dans ces aperçus, sont de nature instable

et peuvent subir à l’avenir diverses modifications, par suite de nouvelles découvertes. Nous pouvons constater en passant, que nos recherches pendant 1851 et 1852, quoique continuées avec la même activité que durant les années précédentes, n’ont mis au jour qu’une nouvelle espèce de Trilobites.

VIL Sous le rapport de la fréquence des individus, ou de la fécondité des espèces, nous observons, en Bohême, la même loi qui a été déjà reconnue, dans d autres contrées. Les espèces des époques les plus anciennes paraissent avoir été généralement plus prolifiques que

celles des époques postérieures. Cependant, ce fait n est constant, que si on considère 1 ensemble des Faunes de nos divers étages, et il ne se réalise pas pour chacune des espèces en particulier. Nous citerons comme exemples de la fécondité la plus grande, dans notre Faune primordiale, Ellipsocephalus Hoffi, Conoceplialites Sulzeri. Paradoxides Bohémiens, P. spino sus et Arioneüus ceticephalus. D’autres espèces coexistantes de ces mêmes genres sont au contraire très-rares, comme: Conoc. Emmrichi } Con. coronuius. Par ad. rugulosus, Par. inflatus &c. &c. Le genre Hydrocephalus n’est représenté que par deux formes, l’une et l’autre d’une grande rareté relative. Nos Agnostus sont loin d’offrir des myriades d’individus, comme ceux de Suède, quelques uns sont même assez rares.

Parmi les espèces de l’étage D, Dalmanites socialis et Trinucleus ornatus sont celles qui ont produit le plus d’individus. Dans l’étage calcaire inférieur E, Cromus Beaumonti et Phacops fecundus ont rempli de leurs fragmens certaines couches. Il en est de même de Bront. palifer dans l’étage F. Par opposition, la plupart des autres espèces sont relativement rares, et pour beaucoup d’entr’elles, nous ne connaissons qu’un très-petit nombre d’exemplaires.

§. 4. Distribution verticale et horizontale des genres et Faunes Trilobitiques dans les

terrains paléozoiques.

Nous avons essayé de figurer, sur notre planche 51, la distribution des Trilobites dans les Terrains paléozoiques. Cette planche résumant tous les documens à notre disposition, nous prions le lecteur de la considérer comme servant de base aux observations qui suivent.

I. Distribution verticale ou répartition des Trilobites, entre les systèmes Silurien, Dévonien et Carbonifère.

IL Distribution verticale des genres et Faunes Trilobitiques, entre les limites du système Silurien.

DISTRIBUTION VERTICALE DES TRILOBITES DANS TROIS SYSTÈMES

III. Etendue verticale ou durée relative des genres et Faunes Trilobitiques.

IV. Indépendance réciproque des Faunes Trilobitiques successives.

Page 1