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V. Connexions entre les Faunes Trilobitiques

VI. Distribution horizontale , ou diffusion géographique des genres et Faunes Trilobitiques.

I. Distribution verticale ou répartition des Trilobites , entre les systèmes: Silurien, Dévonien

et Carbonifère.

Si nous considérons d'abord la répartition des Trilobites, entre les 3 systèmes nommés, la PI. 5 1 nous montre, que parmi les 45 genres admis dans nos études, un seul, Griffithides , dont l’indépendance n’est pas hors de doute (p. 341), ne se trouve pas représenté dans le système Silurien. Il reste donc 44 genres prenant naissance durant la période Silurienne,, centre de création de cette tribu, ainsi que Sir Rodéric Murchison l’a d’abord observé.

Parmi les 44 genres d’origine Silurienne, 33, c. à d. les f de la totalité, se développent et s’éteignent, sans franchir la limite supérieure de ce système. L’autre quart de la tribu, c. à d. il genres, se propagent dans les formations Dévoniennes, en subissant presque tous un notable affaiblissement, dans leur richesse spécifique.

Les 11 genres Dévoniens disparaissent successivement durant le dépôt de ce système, à l'exception de Phillipsia, qui s’élève dans le système Carbonifère, pour y représenter toute la tribu, avec les formes très-analogues, dites Griffithides.

Ainsi, le développement maximum de la tribu Trilobitique , sous le rapport des genres, caractérise le système Silurien, au dessus duquel ces anciens Crustacés convergent rapidement vers leur extinction totale. Cette observation est complètement confirmée par la distribution des espèces dans les trois systèmes renfermant des Trilobites. Bien que les documens publiés ne fournissent pas encore les éléinens nécessaires pour établir les rapports numériques entre les formes spécifiques appartenant à chacune de ces 3 époques, le lecteur pourra s’en faire une idée assez approchée de la vérité , d’abord en comparant les bandes figurant les genres sur notre planche 51, et ensuite en examinant l’essai statistique que nous publierons prochainement, à la suite du Répertoire des Trilobites.

II. Distribution verticale des genres et Faunes Trilobitiques , entre les limites du système

Silurien.

La disposition de la planche 51 permet de reconnaître au premier coup d’oeil, que les Trilobites se groupent en deux masses principales. L’une de ces masses, la plus ancienne, comprenant la Faune primordiale et la Faune seconde, se distingue par le nombre prédominant de ses genres, tandisque la plupart des types qu’elle renferme sont relativement peu riches en espèces. Au contraire, dans l’autre masse, plus récente, constituant la Faune troisième, on trouve le chiffre des genres comparativement très-réduit, pendant que la majeure partie d’entre eux se fait remarquer par une extrême richesse.de formes spécifiques. Le premier des deux groupes ainsi définis, représente le maximum du développement de la tribu Trilobitique sous le rapport des genres, et le second, le maximum sous le rapport des espèces. Les limites naturelles, qui séparent les formations caractérisées par ces deux groupes, sont également reconnaissables dans toutes les régions Siluriennes. Ces limites sont celles que Sir Rodéric Murchison a établies dès l’origine, entre les divisions inférieure et supérieure du système Silurien, par suite de considérations générales, fondées sur toutes les classes de fossiles. Nous sommes heureux de voir les résultats de nos recherches sur la tribu Trilobitique, con-

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firmer d’une manière si satisfaisante la distinction des grandes époques géologiques, reconnues par cet éminent géologue.

En comparant les chiffres, nous trouvons dans l’ensemble de la division inférieure 41 genres, tandisque la division supérieure n’en possède que 18. Le rapport est donc d’environ 7:3. Ce rapport devra être augmenté, par suite de quelques types nouveaux annoncés par M. Angelin, comme appartenant à la division inférieure Silurienne de Suède et que nous indiquons ci-après (IV). — La comparaison des espèces caractérisant chacune des deux divisions ne peut pas être opérée par des chiffres exacts, faute de documens complets. Cependant, l’essai statistique que nous préparons permettra au lecteur de reconnaître , que dans l’ensemble du monde Silurien, comme en Bohême, le nombre des espèces de la division supérieure l’emporte de beaucoup sur celui des espèces de la division inférieure. Sir Rodéric Murchison avait déjà signalé la base de la division supérieure, comme l’horizon caractérisé par le maximum du développement spécifique des Trilobites.

En confirmant les limites établies par l’éminent géologue que nous venons de nommer, entre les deux divisions Siluriennes, nos études sur la tribu Trilobitique nous induisent à distinguer, dans Indivision inférieure, deux Faunes d’étage, que nous nommons, Faune primordiale et Faune seconde. Cette distinction ne tend nullement à démembrer la division Silurienne inférieure. Elle y établit seulement, en Bohême, Angleterre, Suède et Norwège, deux étages constans et par conséquent plus importans que les étages purement locaux, qui peuvent être reconnus dans chacune de ces contrées, sans se reproduire dans les autres. Nous ne sommes pas éloigné de croire, que les recherches paléontologiques aboutiront un jour à des distinctions analogues, soit dans la division Silurienne supérieure, soit dans les systèmes Dévonien et Carbonifère.

III. Etendue verticale ou durée relative des genres et des Faunes Trilobitiques.

Dans leur savant travail sur les Faunes paléozoïques, en 1842, nos savans amis le Vte d’Archiac et Ed. de Verneuil ont reconnu, qu’il existe un rapport remarquable, entre la durée des espèces fossiles et leur diffusion horizontale ou géographique. Cette judicieuse observation s’applique d’une manière générale aux genres et aux Faunes Trilobitiques.

Dans la Faune primordiale, le genre Olenus est le plus riche en espèces, puisqu’il parait en offrir environ 20 en Suède, sans compter plusieurs autres en Angleterre. Ces deux contrées et la Norwège étant les seules où ce type se rencontre, son aire de diffusion est trèspetite, et parconséquent, son étendue verticale que nous voyons très-limitée, sur la PI. 51, est en parfaite harmonie avec la loi que nous venons de citer. Nous dirons la même chose de Paradoxides } qui nous présente 12 espèces en Bohême, 3 en Suède, 1 en Angleterre, et qui, comme Olenus } se trouve resserré entre d’élroites limites d’existence, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical. La plupart des autres types génériques de la Faune primordiale étant cantonnés dans une seule contrée, il est très-concevable que leur durée ait été très-courte. Le genre Agnoslus est le seul de cette création, qui ait survécu à ses contemporains, et son extension à travers toute la Faune seconde correspond à sa fréquence géographique plus multipliée. La Faune primordiale, dans son ensemble, n’occupe sur le globe qu’une surface très-peu considérable, comprenant les 4 pays nommés ci-dessus, et constituant l’aire de diffusion la plus petite que nous connaissions. La durée totale de cette Faune est représentée par des dépôts dont la puissance, (300 à 400 mètr. en Bohême) peut être aussi considérée comme un minimum, relativement à celle des autres Faunes. Nous voyons donc que le rapport constant entre la durée et la diffusion horizontale, se maintient pour la Faune entière, comme pour chacun de ses genres en particulier.

DISTRIBUTION VERTICALE DES TRILOBITES DANS TROIS SYSTÈMES

Les genres constituant la Faune seconde et les Faunes postérieures donnent lieu à de semblables observations. Parmi ces types, on peut reconnaître, sauf peu d’exceptions, que ceux qui ont joui de 1 aire de diffusion la plus étendue, sont aussi ceux dont l’existence s’est le plus longtemps prolongée. Ainsi, Dalmanites et Cheirurus, largement disséminés sur le globe, traversent 3 époques successives, tandisque Aeglina et Dionide , cantonnés dans peu de contrées, ne s elevent pas au dessus des limites de la Faune seconde. Les Faunes elles memes, comparées dans leur ensemble, nous montrent, que la plus grande étendue verticale caiacterise la Faune seconde, c. a d. celle dont la diffusion horizontale est la plus considérable. Par opposition, la Faune troisième occupant une aire relativement beaucoup moindre sur le globe, est aussi resserrée entre des limites plus étroites, dans le sens vertical, malgré

M M 'aTT t*uelIe 0ffre dans ses espèces. D’après ce qui précède, la loi que

M. M. d Archiac et de Verneuil ont initialement reconnue et formulée dans les termes suivans- Les especes qui se trouvent dans un grand nombre de localités et dans des contrées trèseloignees les unes des autres, sont presque toujours celles qui ont existé durant la formation de plusieurs systèmes successifs , s’étend aux genres et aux Faunes Trilobitiques. On îemarquera, que la multiplicité des espèces appartenant à un même genre, ou à une même * aune, ne compense pas le défaut d’extension géographique, ou, en d’autres termes, ne correspond pas a une prolongation dans la durée de la Faune ou du genre correspondant. Ce fait s explique aisément, si l’on considère, que les chances de destruction totale pour un genre ou une faune, quelle que soit leur richesse spécifique, sont d’autant plus grandes, que 1 a^e «ccupee est plus restreinte. En effet, il suffit d’une révolution locale pour tout anéantir, comme cela est arrive par le deversement des Porphyres et des Trapps en Bohême (voir p. p.

6 6 et 72). Au contraire, les chances de conservation pour un genre et pour une Faune croissent exactement comme pour une seule et même espèce, en raison de leur diffusion zéographique sur le globe, qui garantit certains individus contre les causes locales de destruction.

If. Indépendance réciproque des Faunes Trilobitiques successives.

L indépendance réciproque des Faunes Trilobitiques est fondée sur la diversité, soit des genres soit des especes; constituant chacune d’elles. Ces deux sortes d’élémens de distinction se manifestent a des degres tres-variables, suivant les différentes époques, durant la période

1 • La F™ Primordiale se compose de 9 genres, sur notre PL 51. La première livraison de la Palaeontologia Suecica nous a fait connaître quelques nouvelles formes appartenant à c6, e Faune e , <tue le savant aute«r de cet ouvrage classe dans des genres non compris dans notre énumération. Sauf plus ample information à ce sujet, il nous semble, que les Trilobites nommes Calymene par M. Angelin, sont de vrais Conocephalites , et que Eryx laliceps devrait se ranger dans le meme type, à cause de sa grande analogie avec Conoc. coronatus Barr. (PI. 13.) et avec Conoc. (Calym.j Stenometopa Angel. (Pal. Suec. p. 24. PL 19. fin. 4.1 Le genre Acontheus n’étant établi que sur une tête isolée, demande encore confirmation. Au contraire les formes décrites avec doute comme Proetus, nous paraissent constituer un nouveau genre indépendant. Ce type compense numériquement la disparition de Peltura. énumérée dans nos études, mais que M. Angelin nous semble réintégrer, avec juste raison, parmi les Olenus.

Parmi les 9 genres qui constituent provisoirement la Faune primordiale, il y en a 8 qui lui appartiennent exclusivement. Le neuvième, Agnostus , se propage dans la Faune seconde, ou il est représente par des espèces différentes. Une lettre de M. Angelin nous annonce l’existence dune espece particulière de Amphion. (Amph. Mathesii. Ang.) dans la Faune primordiale de Suede. Ce fait porterait à 10 le nombre des genres de la Faune primordiale, qui îeste indépendante de toute autre, par les | de ses genres, et par la totalité absolue de ses especes. En outre, nous avons signalé ci-dessus, (p. p. 66 et 335) le caractère particulier

mi’offre l’ensemble des Trilobites de cette première création, dans le rapport entre le thorax maximum et le pygidium minimum. Il ne manque donc rien aux conditions d indépendance de

la Faune primordiale. .. ...

2. La Faune seconde se compose de 33 genres parmi lesquels 14 lui sont particulièrement propres. Cette proportion ^ est relativement faible, si on la compare a celle que nous venons de signaler pour la Faune antérieure. Cependant, les 14 genres mentionnes parmi lesquels plusieurs sont très-répandus sur le globe, comme Asaphus, Tnnucleus , Placopana , Remopleurides, fournissent un ensemble de caractères qui distinguent aisément cette Faune Son indépendance n’est pas moins établie par le chiffre d’environ 200 especes qui apparaissent et s’éteignent entre ses limites verticales, tandisque le nombre de celles qui se propagent jus-

nues dans la Faune troisième se réduit à quelques unités.

3. La Faune troisième, c. à d. celle de la division Silurienne supérieure, se distingue a peine par les formes génériques, puisqu’elle ne renferme que deux types, Cromus et Deiphon, apparaissant avec elle. Les 1 8 autres genres de cette époque avaient préexiste dans la Faune seconde On ne saurait donc fonder l’indépendance de la Faune troisième sur les, genres. Far compensation, cette Faune présente environ 300 espèces qui lui sont propres et parmi lesquelles on trouve seulement un petit nombre de formes communes, soit avec la Faune seconde, soit avec la Faune Dévonienne. Cette masse d’espèces Trilobitiques constitue des caractères

suffisans pour l’indépendance de la Faune troisième.

4. La Faune Dévonienne est dépourvue de toute indépendance, sous le rapport es yp génériques car tous ses Trilobites représentent des genres préexistons. Cependant, comme elle possède au moins 50? espèces Trilobitiques particulières, ce fait nous semble suffisammen confirmer son existence indépendante, fondée d’ailleurs sur diverses autres classes.

5. Dans la Faune Carbonifère, la tribu des Trilobites est à peine representee et ne saurait fournir qu’un élément très-secondaire, parmi ceux qui constituent les caractères paleonto-

loo-iaues de cette période. m , ...

° En résumé, on peut remarquer, que l’indépendance des Faunes Trilobitiques repose principalement sur la différence des espèces. Nous rappélerons aussi, que plusieurs des genres communs à diverses Faunes successives offrent, dans chacune déliés, des groupes d especes — nommons contrains, et que nous indiquons dans le Cl,.,. 3 de celte sert, on fp 29 54 Pour faire concevoir ce que nous entendons par groupes contrastons, nous dirons que parmi les Dalmanites, le groupe de Daim, socialis prédomine dans la Faune seconde celui de Daim. Hausmanni dans la Faune troisième, et enfin celui de Daim, punctata St fsp OlenA caractérise exclusivement la Faune Dévonienne (p. 300). Ces groupes constituent un nouveau caractère d’indépendance pour chacune des Faunes Trilobitiques.

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