DIFFUSION HORIZONTALE DES TR1LOBITES EN BOHÊME
En terminant nos observations nous dirons, que la tribu Trilobitique semble fournir, plus sûrement que toutes les classes des mollusques, les moyens d’établir des horizons géologiques a de grandes distances sur le globe. Cependant, sur un bassin déterminé, il peut se faire que 1 importance des Trilobites soit au moins égalée, par celle de quelques classes des Mollusques. Ainsi, dans notre bassin Silurien de Bohême, nous sommes réduit, il est vrai, aux Trilobites dans nos deux étages fossilifères inférieurs C et D. Mais dès que nous atteignons l’époque du développement des Brachiopodes et des Céphalopodes, la présence des uns et des autres nous donne pour nos recherches géologiques, des indications souvent plus multipliées que celles que présente la tribu des Trilobites. Diverses circonstances, peu appréciables, ont du contribuer a répandre les Brachiopodes, qu’on nous représente comme fixés au fond de la mer car nous les trouvons aux plus grandes distances sur notre bassin, et ordinairement en nombre beaucoup plus considérable que les Crustacés. Les Céphalopodes doués d’un appareil puissant de locomotion^ doivent, en raison de cette faculté, être encore plus répandus sur la surface de notre terrain, et atteindre plus fréquemment les extrémités opposées. C’est en effet ce que nous avons souvent remarqué, comme nous le constaterons en décrivant celte classe.
§■ 2. Espèces communes entre les principales contrées Siluriennes.
Nous avons eu occasion d’énumérer toutes les espèces de Trilobites communes à diverses légions iluriennes, dans le tableau qui accompagne notre esquisse géologique. Qp. 88.) Nous avons vu, que notre Faune primordiale ne présente aucune forme spécifique reconnue dans auies pays. Notre Faune seconde renferme plusieurs espèces qui existent également dans la aune conespondante de France et d Angleterre, sans compter diverses formes très-analogues que nous avons indiquées. & 5
Notie division supérieure nous fournit aussi quelques espèces que nous considérons comme communes avec la division correspondante d’Angleterre. Elles sont énumérées dans le tableau ci e. line d elles, Calym. Blumenbuchi est caractéristique de la même division en Suède. Ni 1 aine, ni la Russie, ni 1 Amérique septentrionale, n’ont offert, jusqu’à ce jour, aucune forme identique avec celles de la Bohême. Parmi les Trilobites assez nombreux de la Franconie' décrits par le Cte. Munster, aucune espèce ne se retrouve identique dans notre bassin, bien que plusieurs se montrent très- analogues aux nôtres. Cette circonstance est d’autant plus frappante, que les deux contrées sont géographiquement très-rapprochées , et que les formations d’Elbersî u qui renferment es Trilobites en question, présentent un assez grand nombre de Céphalopodes identiques ou tres-semblables à ceux de notre terrain. Ce fait ajoute quelque poids à la valeur des Céphalopodes sous le rapport des caractères géologiques, sous lequel nous les avons déjà compares aux Crustacés. 1
„?iej q'r0n ,“e- pmSSe s’,llelld™ ™ir augmenter beaucoup, à l’avenir, le nombre des de ieeomï T '™' '''T'"""- diverses r®S*0DS Silurienne.,, à cause du faible pouvoir lilé tT ? f0"*,061" class8,,esI P»™, ■>»>» e,péro„, cependant, que de nouvelles idenles div.™ F ' ’ “T-, bassin aura été exploré comme celui de Bohème, et lorsque
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a déjà eu heu pour les Brachiopodes. ’ 4
Chapitre 3. Différences de formes observées dans l’espèce et le genre, en rapport avec leur distribution horizontale et verticale.
Les études exposées dans la Section VII, avaient uniquement pour objet les transfor, nations éprouvées par un meme individu, dans le cours de son développement. Les différences unes dont nous nous proposons de parler maintenant, n’ont lieu que dans la période de
s riendTes enr6 T**™*’™ esPèce> d’un geilre, °u de la tribu entière. Entre des limites . elendues, elles sont donc beaucoup moins sensibles que les métamorphoses individuelles.
Bien que les changemens en question se bornent souvent à des traits accessoires dans la conformation, ils prennent quelquefois une importance assez notable, pour mériter d etre remarqués Il est d’ailleurs intéressant de constater les relations entre 1 existence des tonnes contrastantes et leur distribution, soit horizontale, soit verticale. Les sujets qui attireront notre attention, sont les suivans:
§. 1. Différences de formes dans l’espèce.
§. 2. Différences de formes dans le genre.
§. 3. Modifications générales dans la Tribu.
§. 1. Différences de formes observées dans l'espèce, parmi les Trilobites.
Les changemens dont nous voulons parler, sont relatifs à la taille des individus et au développement de quelques caractères accessoires, tels que la pointe génale, les ornemens du test. &c. Comme ils paraissent être tous en connexion, et dériver des mêmes influences, nous
les considérerons en même temps. . ..
La plus apparente de ces modifications est celle qui a rapport aux dimensions des individus lorsqu’on les compare, soit d’une localité à l’autre, soit dans la série verticale des formations. La grandeur absolue, qui parait constante pour les adultes, dans chaque gite, varie souvent du simple au double, dans les gîtes différens. Nous citerons comme exemple, d abord, Phac. fecundus . qui, dans l’étage calcaire inférieur E, apparaît avec la taille minimum, mais doue d’une puissance prolifique très-grande, qu’attestent des bancs entiers remplis des débris de sa tête et de son pygidium. La même espèce se propage dans toute la hauteur de notre division supérieure, en modifiant ses dimensions. Nous la retrouvons dans l’étage calcaire moyen T , extrêmement développée, et atteignant le maximum de sa taille, plus que double de celle quelle avait dans l’étage inférieur. (PI- 21). Sa fécondité ne parait pas diminuée, si on en juge par la masse des fragmens entassés dans quelques couches calcaires, aux environs de Mmeman. En passant dans l’étage calcaire supérieur G, le nombre des individus se réduit beaucoup, e ils offrent des dimensions intermédiaires entre le maximum et minimum indiqués. Enfin, ans Tétao-e des schistes culminans H, Phac. fecundus devient très-rare, et sa taille subit une nouvelle0 diminution , qui la ramène vers son apparence primitive. Pendant, le cours de ces modifications, nous voyons les ornemens du test, c. à d. la granulation se développer plus ou moins, en rapport avec la taille. Tous les autres traits caractéristiques restent constans, ou bien ils n’éprouvent que les variations signalées dans la description de cette espece, comme le développement plus ou moins prononcé des nodules, aux deux bouts des anneaux de 1 axe.
Nous observons des faits de même nature dans Daim, socialis , mais ils ont lieu dans 1 etendue verticale d’un seul et même étage. Cette espèce, apparaissant dans la bande des quartzites des monts Drabow, «1. 2, y présente son plus grand développement numérique, combine avec une taille moyenne. Elle se distingue par des pointes génales tres-marquees et par un rait rectiligne, creux, sur l’axe du lobe frontal de la glabelle. Les pointes sont constantes, mais le trait n’est pas sensible sur tous les individus. (PI. 2 6.) Si nous nous élevons dans la iormalion immédiatement superposée, c. à d. dans la bande des schistes noirs feuilletés «1. 3 , nous y retrouvons Daim, socialis avec les mêmes formes et la même taille, mais aucun individu ne nous montre plus le trait creux sur le lobe frontal. Les uns conservent encore la pointe genale, quoique un peu plus grêle, et les autres n’en montrent qu’une trace rudimentaire. Ces derniers sont ceux qui constituent la variété à laquelle nous conservons le nom de proaeva. (PI. 21.) Continuant à nous élever, nous passons dans la bande des schistes très-micacés «1. 4, ou nous observons la variété proaeva très-développée et dominante. Cependant, quelques localités, telles que Gross-Kuchel, Stérboholy, <fcc. dans cette même formation, conservent la forme primitive socialis, avec ses fortes pointes 'génales. L’état du fossile comprimé dans une masse schisteuse , ne permet pas de reconnaître le trait creux sur la glabelle. La taille reste a peu-pres invariable. Enfin, si nous montons dans la bande des schistes gris -jaunâtre s d. 5, la même espèce s y montre
DIFFERENCES DE FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE. gg^
encore, mais très-rarement, excepté dans un point, où elle est assez multipliée , sur le flanc du mont Kosow, entre Béraun et Kbnigshof.
Les individus atteignent des dimensions presque doubles de celles que nous avions observées dans toutes les formations inférieures, et tous sont pourvus de pointes génales très-marquées. (PI. 27.) Ges pointes paraissent même au premier abord plus larges, à cause de l’aplatissement que leur a fait subir la compression des schistes. La variété proacva n’a pas été observée jusqu’ici à cette hauteur et elle semble avoir disparu.
La variété à grande taille dont nous parlons, s’eteint aussi dans les schistes gris-jaunâtres, et nous ne retrouvons plus aucune trace de l’espèce dans les formations plus élevées, c. à d. dans la division supérieure. Nous ferons remarquer, que durant la longue période d’existence de Daim, socialis, période mesurée par la puissance d’au moins 2000 mètres que présentent en beaucoup de points les. formations traversées, la granulation de son test reste toujours à peu-près semblable.
La. plupart des apparences diverses de Phac. faecundus et de Daim, socialis ont été décrites sous autant de noms spécifiques, dans le Prodrome de M. Corda.
Cromus Beaumonti nous montre encore une variation très-grande dans la taille, non plus à une distance de temps considérable, comme dans les deux exemples précédens, mais à des époques très-rapprochées, car elles correspondent à divers bancs superposés, dans l’étage calcaire inférieur E. Entre les strates où cette espèce se présente constamment . avec sa taille normale, se trouve une petite couche calcaire dont l’épaisseur n’atteint pas 20 centimètres, et qui se distingue de toutes autres , par une couleur jaune, ferrugineuse , très-marquée. Tous les individus de C rom. Beaumonti renfermés dans cette masse, sont invariablement très-petits, et au dessous de la moitié des dimensions ordinaires de ceux qui se voient dans les bancs soit supérieurs, soit inférieurs.
Ces exemples n’ont pas besoin d’être multipliés davantage, pour expliquer la nature et l’étendue des modifications que nous reconnaissons dans une même espèce. MJ. Salter en a déjà
signalé d’analogues- au sujet de Daim, caudata d’Angleterre, dont les pointes génales, l’appendice caudal, et le limbe frontal, offrent d’assez notables variations. f'Mem. geol. Surv. dec. %.)
En admettant de semblables changemens, entre les limites d’une espèce, nous les attribuons à des influences locales, dont les principales nous semblent être, la nature chimique des substances dissoutes dans les eaux, la qualité et l’abondance des alimens fournis par les divers parages. Ces influences se sont fait sentir, non seulement sur les Trilobites, mais encore sur les
autres classes vivant dans les mêmes lieux. Ainsi, parmi les Bfachiopodes , Terebr. princeps se
présente aux environs de Mnienian, comme Phac. faecundus , avec des dimensions doubles de celles quelle a ordinairement dans les autres localités. Il en est de même de Natica gregaria, parmi les Gastéropodes. En général, tous les fossiles du gîte de Mnienian sont très-développés, et montrent sous le rapport de la taille, l’effet d’une cause générale, inhérente à cet endroit'. La roche dilfere tres-peu par son aspect de celle de konieprus, qui n’est qu’à 5 ou 4 kilomètres de distance, et qui renferme les mêmes espèces de toutes les classes, constamment plus petites.
§. 2. Différences de formes observées dans le yenre, parmi les Trilobites.
La plupart des genres ne nous semblent avoir subi aucune modification importante, dans leurs caractères principaux, durant la période d’existence que nous leur connaissons. Mais quelques uns nous offrent des variations dignes d’être notées, parcequ’elles nous paraissent s’étendre, si non à la totalité, du moins à la grande majorité des espèces par lesquelles ils sont représentés, dans la suite des temps.
I. Acidaspis. (PL 06. à 39.) Ce genre nous a fourni quatre espèces dans notre division inférieure. Trois d’entr’elles : Ac. primordialis, Keyserlingi et tremenda ont 10 segmens au thorax et 2 au pygjdium; la troisième, Acid. Buchi, a 9 segmens dans la première partie et 3 distincts
dans la seconde. Toutes ont donc' également 12 segmens dans le corps entier, abstraction faite de la tête. Le même genre en se développant dans notre division supérieure, y présente 24 espèces inégalement réparties entre nos trois étages calcaires. Parmi ces 24 formes, une . seule, Acid. Verneuili possède 10 segmens au thorax et 2 au pygidium; toutes les autres sont réduites à 9 segmens thoraciques. Mais nous observons cependant un troisième segment peu distinct, dans le pygidium de trois d’ entr’ elles , dont deux, Ac. Leonhardi et Geinitziana appartiennent à l’étage le plus bas de cette division, tandisque la troisième, Ac. Hornesi apparaît dans l’étage moyen. Les 20 espèces qui restent, ont uniformément 9 segmens au thorax, et 2 au pygidium, c. à d. en tout 11 segmens au lieu de 12 que nous avons constatés dans les espèces que nous venons de nommer. Nous ajouterons, que nous voyons disparaître le second segment de l’axe au pygidium, dans Ac. vesiculosa et Ac. radiata de notre étage F. Cette dernière nous paraît identique avec l’espèce Dévonienne de l’Eifel, dont nous avons adopté le nom. La figure donnée par Goldfuss (1845. Jahrb. fur Min. Ileft Y. PI. IV.) confirme cette disparition.
A ces faits constatés par nos observations directes, comparons les documens, malheureusement très-restreints, publiés sur les contrées étrangères. 1. — La division inférieure Silurienne de l’Amérique du Nord n’a fourni à J. Hall qu’une seule espèce complète, Ac. Trentonensis, dans laquelle il a reconnu 10 segmens au thorax et 2 au pygidium. Ce fait est donc en parfaite harmonie avec ceux que nous avons exposés. Les Trilobites de la division supérieure du même pays ne sont pas encore décrits et nous savons seulement, d’après J. Hall, qu’il se trouve parmi eux des Acidaspis. (Pal. N. York. p. 240. PL 64. J 2. — Nous ne connaissons de la Scandinavie, que trois espèces de ce genre. L’une nommée par Dalrnan Calym. centrina , appartient suivant Sir Rod. Murchison, à la division inférieure. Hisinger indique pour elle 9 à 10 segmens au thorax, et ne parle pas du pygidium. Une empreinte en plâtre, que nous possédons, ne porte que 9 segmens dans la première partie et 2 dans la seconde. Les deux autres espèces proviennent de Gothland, c. à d. des formations représentant la base de la division supérieure, ou l’étage de AVenlock. Or parmi elles, Acid, crenata très-bien décrite et figurée par le Profil. Lovén en 1845, sous le nom de Geraur. crenatus, n’a que 11 segmens répartis comme dans la majorité des formes de notre division correspondante : c. à d. (9 -f- 2).
L’autre espèce, non nommée, nous est connue par une empreinte, et permet de compter 10 segmens au thorax et 2 au pygidium. Ces faits nous montrent ce que les précédens nous laissaient ignorer, savoir: que la combinaison des segmens (9 -j- 2) a existé dans la division inférieure, comme nous avions déjà vu la combinaison (10 + 2) dans la division supérieure. Mais jusqu’ici ce sont des espèces uniques qui nous présentent chacun de ces exemples. 5. — Ac. ovata, et Ac. mutica trouvées dans les blocs erratiques de la Silésie, proviennent aussi du Nord de l’Europe; qui pourrait dire de quelle division Silurienne? La seconde, d’après le Profil. Beyrich, offre le nombre de segmens ordinaire dans notre division supérieure, (9 -|- 2), tandisque la première est incomplète. 4. — Les Iles Britanniques ne nous fournissent qu’un seul document; c’est la figure donnée sous le nom de Acid, bispinosus , par M. M. Phillips et Salter. (Mena: geol. Surv. Vol. II. p. 1. PL 9. fig. 5.) Nous y comptons 9 segmens au thorax et 2 au pygidium. L’exemplaire est indiqué comme provenant de Wexford, sans autre détail, de sorte que nous ne savons à quelle division il appartient. Le texte se taisant aussi sur le chiffre des segmens, il reste quelque doute à ce sujet. 5. — Enfin, dans le terrain Dévonien de l’Eifel , existe Acid, elliptica, que le Profil. Burmeister décrit avec 8 segmens au thorax et 2 au pygidium. Cependant, la figure qu’il en donne, ferait supposer une troisième articulation rudimentaire, dans cette dernière partie. Dans tous les cas, ce serait une nouvelle combinaison (8 + 2) ou (8 + 3) , dans le sens que nos observations en Bohême semblent indiquer. Nous croyons que ce fait reposant sur un seul exemplaire , imparfaitement conservé, exige confirmation. (Org. der Tril. p. 73. PL i. fig. 4).
Si nous considérons maintenant l’ensemble de toutes ces données, en ayant égard aux deux exceptions présentées par les formes de Bohême et de Suède, nous pensons pouvoir en déduire cette conclusion: Dans la période d’existence que l’on connaît au genre Acidaspis, le nombre, total
DIFFÉRENCES DE FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE. 299
des segmens composant le thorax et le pvgidium , semble tendre à décroître successivement, à partir de la division Silurienne inférieure, jusqu’au Système Dévonien.
IL Bronleus. (PI. 44 à 48.) Ce genre n’étant pas représenté dans notre division inférieure, nous ne connaissons de cette époque, que le pygidium de deux espèces appartenant à dej contrées étrangères. Le premier est Br ont. laticauda de Suède, figuré par divers auteurs, depuis Walilenberg, ( Beyr. Bôhm. Tril. PL I.) et caractérisant la division inférieure, selon Sir Rod. Murchison. (1845.) Le second est Bront. Hibernions Portl. signalé sur (horizon des Caradoc Sandslones en Irlande. (Report, p. 270. PL F.) L’un et (autre se distinguent par le nombre des côtes latérales qui est de six. Ds ont en outre une côte médiane, bifurquée dans le premier. Une troisième espèce, Bront. costatus Münst. (Beytr. III. PI. V.) est indiqué comme ayant aussi seulement 6 côtes latérales. Le fragment qui représente cette forme a été récemment sous nos yeux à Munich, et nous avons vu qu’il est tellement mutilé , qu’on ne saurait compter le nombre véritable des côtes qui constituent le pygidium entier.
Si nous parcourons la série de toutes les autres espèces connues, nous voyons qu’elles ont toutes sept côtes latérales, et une côte médiane, tantôt simple tantôt bifurquée. Or, les Bronteus à 7 côtes latérales, appartiennent en grande partie à notre division supérieure, et le reste aux formations Dévoniennes de l’Eifel, du Harz, de la France et de (Angleterre, c. à d. à des époques de plus en plus éloignées des temps auxquels correspond la division Silurienne inférieure, d’où sortent les deux premières espèces nommées, à 6 côtes latérales. Une seule espèce: Bront. radiatus Münst. (Beilr. III. PL V. fig.13 a) possède 7 côtes de chaque côté, outre la côte médiane, et d’après les considérations exposées ci-dessus, (p. 9 5) le calcaire d’Elbersreuth où elle se trouve, appartient à la division Silurienne supérieure. Ainsi, il semble que dans le cours de (existence des Br ont eus, il y a eu une augmentation d’un à deux segmens, dans leur pygidium.
Le thorax de ce genre montre le chiffre invariable de 10 segmens dans la division Silurienne supérieure et le terrain Dévonien, mais il est encore inconnu dans la division Silurienne inférieure. Nous ne pouvons donc pas juger, si la variation du nombre des côtes du pygidium est en connexion avec une variation du chiffre des segmens thoraciques, analogue à celle des Acidaspis. Espérons que ( avenir jétera plus de lumière sur ces rapprochemens que nous indiquons.
III. Illuenus. Les savans ont réuni à ce genre celui que Sir Rod. Murchison avait établi sous le nom de Bumastus. Nous avons aussi adopté cette réunion comme fondée en raison, mais nous devons taire remarquer, que la forme Bumastoide offre un faciès tout particulier, qu’elle doit à la largeur prédominante du lobe médian du thorax, et à la faible inflexion qui le sépare des lobes latéraux. Ces caractères, insuffisans pour une division générique^ justifient cependant la distinction primitive et (établissement du sous-genre proposé par M. Salter. Or, toutes les formes Bumastoides connues appartiennent exclusivement à la division Silurienne supérieure, soit en Angleterre, soit en Bohême, tandisque les nombreuses espèces qui, dans les contrées Siluriennes de (Europe, représentent le type lit. crassicauda , caractérisent toutes la division inférieure. R pourrait cependant exister une exception, dans (espèce des Etats-Unis nommée lit. Trentonensis. ( J . Hall. Pal. of N. York. p. 230. Pt. 60.) Ce Trilobite, de forme Bumastoide, n’a pas été trouvé en place dans la formation de Trenton à laquelle il est rapporté, mais dans un bloc isolé. En admettant même qu’il appartienne réellement à celte hauteur géologique, dans la division inférieure, nous ferons observer, qu’il se rapproche beaucoup de la base de la division supérieure. Ainsi, ce fait n’infirmerait pas la conclusion que les considérations précédentes semblent autoriser, savoir: que les espèces suivant le type lit. crassicauda caractérisent principalement (origine du genr e Illaenus dans la division Silurienne inférieure, tandisque la forme Bumastoide paraît correspondre à la dernière époque de son existence, dans la division supérieure.
IV. Dalmaniles. En jetant un coup d’oeil sur les représentans de ce type en Bohême (PL 21 à 2 7.), et consultant, soit les explications qui indiquent (étage auquel appartient chacun d’eux, soit la description du genre, on peut aisément remarquer^ qu’ils forment deux groupes
distincts et correspondant à nos deux divisions. Outre le faciès propre à chacun d’eux, nous ferons observer trois différences notables qui les séparent. — 1. Le groupe de Daim, socialis ne porte jamais plus de 10 à 15 segmens au pygidium. — 2. Son hypostôme a le bord buccal arrondi, étroit et dépourvu de pointes. Au contraire, nous trouvons dans le groupe de Daim. Hausmanni au moins 16 articulations et quelquefois jusqu’à 2 2 au pygidium. De plus, l’hypostôme de toutes les espèces connues est alongé; il a un bord buccal large et orné de pointes. — 3. Enfin, le second groupe est orné d’un limbe céphalique, ordinairement bien développé, tandisqu’il est nul ou rudimentaire dans le premier. Ce contraste est très-frappant en Bohême, parceque le premier groupe ne dépasse pas les limites de notre division inférieure, tandisque le second caractérise presque uniquement notre étage calcaire supérieur G. Ils sont donc isolés par toute la puissance de nos étages E — F placés entr’eux. Nous sommes donc en droit, dans les limites de notre terrain, d’appliquer au genre Dalmanites , la conclusion que nous venons de formuler pour les Illaenus , et de dire: que chacun des deux groupes signalés caractérise une époque différente, dans l’existence du genre qui nous occupe. Cette conclusion ne s’applique pas cependant sans quelque restriction, à toutes les contrées Siluriennes. — 1. En France, les espèces connues de Dalmanites appartiennent la plupart à la division inférieure, comme celles que M. Rouault a découvertes en Bretagne et nommées: Phac. longicaudatus et Phac. Dujardini. La première est identique avec notre Daim, socialis :, et la seconde est très-rapprochée de Daim. Phillipsi , de notre étage D. Elles sont donc en parfaite harmonie avec nos observations en Bohême. Malheureusement, nous ne connaissons pas de Dalmanites en France, dans la division supérieure. — 2. En Irlande, parmi 3 ou 4 espèces de ce genre, décrites par le Capt. Portlock, dans la division inférieure, une seule (Phac.) Daim, truncato-caudata offre au pygidium 16 articulations, c. à d. dépasse la limite supérieure indiquée pour le groupe de Daim, socialis , et atteint la limite inférieure du groupe de Daim. Hausmanni , dans notre terrain, mais elle est complètement privée du limbe frontal caractérisant ce dernier. Les autres formes Irlandaises ont au pygidium de 8 à 9 segmens, et restent ainsi entre les limites de la division à laquelle elles appartiennent. Aucun hypostôme n’est mentionné, de sorte que nous ne pouvons pas comparer ce caractère. En somme, l’Irlande ne fournit aucun fait contraire à notre conclusion. Elle nous obligerait seulement à étendre un peu le groupe de Daim, socialis sous le rapport du chiffre des segmens du pygidium. — 3. En Angleterre, nous rencontrons Daim, caudata, qui constitue un passage entre nos deux groupes. Elle se rapproche de Daim, socialis par le nombre des segmens du pygidium: 11 à 12, suivant M. Salter. En même temps, elle montre une grande connexion avec Daim. Hausmanni, par la forme de l’hypostôme orné de pointes au bord buccal, (Salter.) par le limbe céphalique très-développé au front, et par tout le fades du corps. Or, celte espèce, que nous pourrions nommer hybride entre nos deux groupes, traverse à elle seule toute la hauteur géologique des deux divisions Siluriennes. Elle est accompagnée par d’autres formes analogues, brièvement indiquées par M. Salter, sous les noms de Phac. Weaveri, Ph. obtusicaudalus ifc. (Dec. 2.) Ces faits nous ramènent à l’observation à laquelle nos études ont si souvent donné lieu, savoir: que les divisions tranchées n’existent peut-être sous aucun rapport parmi les Trilobites. —
4. En Suède, nous ne connaissons dans la division inférieure, que (Phac.) Daim, conicophthalma et Daim, scier ops, qui, selon les ligures et descriptions d’Angelin, sont en harmonie avec le groupe de Daim, socialis, pour le nombre des segmens du pygidium, mais cependant se distinguent par un limbe frontal. Dans la division supérieure, nous retrouvons Daim, caudata, dont nous venons de parler, et diverses espèces analogues, figurées par Angelin. (Pal. Suec.) —
5. En Amérique, J. Hall ne décrit, dans la division inférieure, qu’une seule espèce bien connue, (Phac.) Daim, callicephala, dont le pygidium présente 14 à 15 segmens, et dont la tête est dépourvue de limbe. Elle se range donc dans le groupe de Daim, socialis caractérisant cette époque. On sait, que la division supérieure des mêmes régions offre diverses formes du même genre, décrites par Green, sous les noms de As. limulurus, caudatus , micrurus, Wetherilli, Hausmanni <yc. Le texte de ce savant ne nous fournissant point les détails relatifs au sujet qui nous occupe, et n’ayant pas sous les
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DIFFERENCES DE FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE. jqj
yeux les matériaux nécessaires, nous nous bornons à rappeler, que ees Trilobites offrent beaucoup d’analogies avec le type Daim. Hausmanni. 6. - Enfin, les formations Dévoniennes de l’Eifel
et autres contrées présentent Daim, punctata = arachnoïdes, Daim, stellifer Sçc. que leur forme lie intimement au groupe de D. Hausmanni, car elles ont la même tête, avec le limbe frontal développé, et un hypostôme semblable, d’après une des figures données par Goldfuss, sous le nom de triacanthus. Il est vrai, que leur pygidium n’offre pas un nombre de segmens aussi grand que celui de D. Hausmanni, mais il prend un nouveau caractère distinctif, consistant dans les pointes dont il est orné, et résultant d’une modification de la plèvre. Ces espèces constituent donc un nouveau groupe, en conservant l’affinité la plus marquée, avec celui de la division Silurienne supérieure, auquel ils succèdent.
En résumant les faits constatés pour Dalmania, nous reconnaissons deux formes distinctes, composant les groupes de Daim, socia/is et D. Hausmanni, dont chacun prédomine , vers l’une des limites opposées de la période Silurienne. En même temps, une forme intermédiaire, représentée par le groupe de Daim, caudata, paraît coexister durant toute cette période, et former un des liens qui rattachent ensemble les Faunes des deux divisions du système. Enfin, en passant dans les formations Dévoniennes, un nouveau groupe se manifeste, et a pour type Daim, punctata. Mais ce groupe conserve la plus grande affinité avec celui qui caractérise la division Silurienne supérieure.
V. Cheirurus. Si nous comparons la série des espèces que ce type fournit en Bohême, (PL 55, 40 à 42), nous voyons qu’elles se rangent en deux groupes distincts. Les formes de la division inférieure, parmi lesquelles • Cheir. claviger peut servir de type, ont les branches de la suture faciale séparées sur la partie antérieure de la tête, ou du moins elles laissant un limbe horizontal, très-marqué, concentrique au lobe frontal. Leur plèvre ne montre que des nodules et un sillon rudimentaires, ce dernier ordinairement parallèle au bord; leur hypostôme est court et arrondi. Enfin, sur trois espèces composant ce groupe, deux portent quatre plèvres développées de chaque côté du pygidium, savoir: Ch. globosus et scuticauda. Au contraire, les espèces de notre division supérieure, suivant toutes le type de Cheir. insignis , ont les branches de la suture faciale réunies immédiatement autour de la glabelle, complètement dépourvue de limbe. Leur plèvre se fait remarquer par trois nodules et un sillon oblique très-prononcés ; leur hypostôme est constamment alongé, quelquefois orné de pointes. Aucun d’eux n’a plus de trois plèvres latérales développées au pygidium, et plusieurs n’en ont que deux, ou même une seule de chaque côté. Nous rappelons en passant, que les caractères de la plevre de ce groupe, en Bohême, se dessinent avec une intensité toujours croissante, suivant la hauteur à laquelle l’espèce appartient. La série de ces variations est figurée (PI. 5. 6.) Malgré les affinités génériques qui nous ont porté à maintenir ces deux groupes dans un seul genre, on voit que la nature les a sensiblement distingués. Le premier caractérise exclusivement notre division inférieure, et le second notre division supérieure. La présence temporaire de Cheir. insignis dans les colonies étrangères, intercalées dans notre étage D, (p. 72 et 78) est un fait sur lequel nous aurons occasion de revenir.
Peu d espèces de Cheirurus sont complètement connues dans les contrées étrangères. — L — En commençant par la Franconie, nous trouvons trois têtes figurées par le C*e. Münster, (Beitr. PI. III. fig. 5, 6 , 1) et nommées Calijm. Sternbergi , propinqua , articulata. Elles ont le faciès du groupe de Ch. insignis et la dernière se rapproche beaucoup de Ch. gibbus de Bohême. Ces trois formes caractérisent les calcaires d’Elbersreuth , que tout nous porte à considérer comme à peu-près contemporains de notre étage calcaire inférieur E (p. 95). Elles sont donc en harmonie avec les observations exposees ci-dessus. 2. — La France ne nous offre encore que des traces dune espèce de Cheirurus, que M. Rouault a découverte dans les environs de Rennes, et identifiée provisoirement, avec Ch. claviger. Ces fragmens se trouvant dans la division inférieure, confirment encore nos distinctions. 5. — En Irlande, le Captü. Portlock a décrit sous le nom de Arges plano-spinosus un pygidium isolé de Cheirurus, qui rappèle les traits du groupe de Cheir. insignis, et qui appartient cependant à la division inférieure. ( Report . p. 272." PL V. fig. 8.J Ce fait tendrait à indiquer, que l’existence de ce second groupe date comme en Bohème,
de l’époque de la division inférieure. 4. — En Angleterre, nous ne connaissons jusqu’ici que deux formes de Cheirurus. L’une décrite sous le nom de Sphaerexochus juvenis par M. M. Salter et Phillips, est rapprochée avec toute raison de notre Ch. globosus avec lequel elle a de grands rapports , par la forme de la tête, la suture faciale et les quatre plèvres latérales du pygidium. Elle appartient à la division inférieure, et ainsi elle confirme nos observations. L’autre forme Anglaise est donnée par les mêmes savans, sous le nom de Ch. speciosus Daim, et déclarée identique avec Par ad. bimucronalus Murch. Elle est fortement caractérisée par sa plèvre, comme appartenant au groupe de Clieir. insignis.
Or, elle est signalée dans les deux divisions; elle concourt donc à confirmer la remarque que
nous venons de faire au sujet de l’espèce Irlandaise. (Mem. geol. surv. II. p. I. p. 345 , PL VII.J 5. — En Suède, Ch. speciosus est indiqué comme se trouvant dans les calcaires d’Oeland et dans ceux de Gothland , c. à d. dans les deux divisions Siluriennes. La tête seule est connue ; mais comme elle paraît très-analogue au groupe de Cheir. insignis, elle se rangerait avec les espèces
d’Irlande et d’Angleterre, que nous venons de mentionner. 6. — La Prnssie présente dans la
division inférieure plusieurs formes de Cheirurus dont nous devons quelques fragmens à la bonté du DL de Volborth. La plèvre de l’une d’elles, Ch. Sembnitzki Eichw. sp. est figurée dans la série du genre (PI. 5 , 6) , et elle montre la plus grande analogie avec celle de notre Ch. globosus, par son sillon alongé, parallèle au bord, et par l’état rudimentaire des nodules. La glabelle porte aussi le bord antérieur, qui caractérise le groupe de Ch. claviger, auquel elle nous semble appartenir. Tout nous porte à croire,- qu’il en est de même des autres espèces, dont nous ne connaissons que des fragmens très-incomplets. Nous ne voyons donc dans cette contrée, aucun fait qui modifie les indications qui précèdent. Le genre Cheirurus n’y est pas signalé dans la division supérieure. 7. — Les Etats unis d’Amérique ont fourni les formes très-remarquables que J. Hall a réunies sous le nom de Ceraurus pleur exanthemus. Elles portent les caractères prononcés du groupe de Ch. insignis , dans la tête, les nodules saillans des plèvres, l’hypostôme alongé, et le pygidium. L’étage de Trenton où elles se trouvent, appartient il est vrai , à la division inférieure, mais se rapproche de son sommet. Leur présence dans cette division inférieure ajoute un nouveau poids à la remarque relative à l’Irlande, à l’Angleterre, et à la Suède, ( Pal. N. York. PI. 65. 66.) M. de Verneuil a signalé Cheir. insignis dans la division supérieure de la même contrée. 8. — Divers Cheirurus sont connus par des fragmens dans le terrain Dévonien. Le Profit Phillips a décrit une tête du Devonshire, sous le nom (Cal.) Ch. Sternbergi en l’identifiant avec celle de Franconie citée ci-dessus. (Pal. foss. p. 128. PL 56. fig. 247.) Une- tête trèsanalogue, accompagnée d’un pygidium, sont donnés par les D. D. Sandberger comme Ch. gibbus. Beyr. et proviennent du Système Rhénan. (Rhein. Syst. Nass. p. 19. PL 2. fig. 2.) Les noms adoptés pour ces deux espèces indiquent déjà leur frappante analogie avec les Trilobites de la division supérieure de la Bohême aux quels ils sont identifiés. Bien que cette identité ne nous paraisse pas admissible, nous n’en reconnaissons pas moins une grande affinité entre les deux formes Dévoniennes et Cheir. gibbus, qui occupe les formations calcaires les plus élevées de notre terrain, et par conséquent se rapproche le plus de f 'époque où ont existé les congénères étrangers. Tous appartiennent au groupe de Ch. insignis, dont Ch. gibbus offre les traits les plus exagérés, dans ses segmens. Les Cheirurus Dévoniens confirment donc les vues que nous ont fait concevoir les espèces de Bohême.
En résumé, l’ensemble des faits relatifs à ce genre montre, que dès les premiers temps de son existence, il a été représenté par deux groupes distincts. Celui de Ch. claviger n’a jamais dépassé les limites verticales de la division Silurienne inférieure, dans laquelle il a prédominé en Bohême. Le groupe de Ch. insignis remontant peut-être à la même origine, a eu au contraire son plus grand développement dans la division supérieure et s’est propagé dans le Système Dévonien. Une des formes primitives a donc disparu, pour faire place à une autre forme distincte.
VI. Lichas. Ce genre est un de ceux qui n’ont apparu Bohême, que dans la division supérieure, mais qui sont représentés dans la division inférieure de diverses contrées. Si le lecteur prend la peine de jeter un coup d’oeil sur la description des caractères génériques, il
DIFFÉRENCES DE FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE
verra, que les connexions entre des formes qui nous paraissent inséparables, nous ont amené à comprendre dans les limites de ce type, des espèces primitivement considérées comme constituant des genres différens. Celte réunion ne nous empêche pas de reconnaître, combien diffère le faciès , entre les formes extrêmes. Mais nous voyons les apparences qui contrastent le plus, correspondre aux termes opposés de la période d’existence parcourue par le genre, et reliées par d’autres formes intermédiaires, placées entr’elles, dans la série des temps. Les espèces que nous désignons comme extrêmes, n’étant connues que par des fragmens, nous ne pouvons pas faire ressortir tous les contrastes de leur conformation. Une seule des parties du corps, le pygidium, portant toujours L’empreinte de la forme des segmens thoraciques, peut cependant suffire, pour le but que nous nous proposons en ce moment. Toutes les formes connues par le pygidium, dans les diverses régions Siluriennes, sont celles des deux groupes suivans.
Groupe A,
Groupe B.
Obs ervati on s.
Divis. Silur. inférieure.
iLiclias laciniatus. Wahl. sp.
cicatricosus. Lov.
Ilibernica. Portl. laxatus. M’Coy.
! Ileberti. Rou. palmata. (coloti.J Barr.
/ Trentonensis. Conr. sp.
' scabra. ( colon .) Beyr.
Divis. Silur. supérieure.
scabra.
Beyr.
palmata.
Barr.
Barrandei.
Fletch.
arnbigua.
Barr.
heteroclyta.
Barr.
Haueri.
Barr.
hirsutus.
Fletch.
Bucklandi.
M. Edw
*armatus. (4rg.) Goldf.
11 existe encore en Suède diverses espèces non publiées. (Angelini)
Lich. scabra et Lich.
palmata ont fait une apparition très -courte dans les colonies situées dans la division inférieure de Bohême (p.
^Espèce Dévonienne.
Le groupe .% de chaque division suit le type de L. laciniatus, que reproduit L. scabra de Bohême (PI 2 8). Le caractère principal consiste dans la forme des plèvres du pygidium composées chacune de deux bandes larges et aplaties, se terminant au contour par une pointe élargie, et peu prolongée. Lich. scabra montre la forme de la plèvre thoracique correspondante. La partie saillante de l’axe du pygidium est toujours très-courte.
Le groupe H de chaque division se distingue par l’inégalité des bandes de la plèvre au pygidium. La bande postérieure domine par son relief; elle est plus étroite, et se termine P81 une pointe conique, plus ou moins prolongée. L. palmata nous montrant la plèvre thoracique correspondante, peut être considéré comme type de ce groupe (PI. 28). La partie saillante de l’axe du pygidium tend beaucoup à s’alonger. Le tableau montre, que le groupe A prédomine dans la division inférieure, où il est représenté par 6 espèces. Dans tous les cas, les formes de ce groupe ne dépassent pas l’étage le plus bas de la division supérieure, où nous connaissons deux espèces qui lui appartiennent.
Au contraire, le groupe H, réduit à 2 formes dans la division inférieure, domine dans la division supérieure, où il est représenté par 6 espèces, auxquelles s’ajoute une septième provenant du système Dévonien.
Les Lichas nous offrent donc aussi, dans la période de leur existence, deux groupes de formes très-distinctes. Les faits nous prouvent, que celui de L. laciniatus a eu son principal développement dans la division Silurienne inférieure, et n’a pas dépassé la base de la division supérieure, tan disque le groupe de L. palmata, quoique remontant à la plus ancienne de ces époques, ne s’est développé que dans la division supérieure et l’a traversée, pour se propager dans le terrain Dévonien.
VIL Cyphaspis. La durée de ce genre embrasse le dépôt d’une partie de notre étage des quartzites D, et de nos trois étages calcaires E — F — G. Malheureusement, U n’existe que
des fragmens très-incomplets dans l’étage D. Les espèces de l’étage calcaire inférieur E nous montrent 10, 15 et 17 seginens au thorax, et nous n’en trouvons plus que 11, dans les formes congénères qui caractérisent notre étage calcaire supérieur G. L’espèce Dévonienne de l’Eifel a été décrite par Goldfuss et Burmeister, avec ce dernier chiffre. Il y a donc eu, pendant la période de temps traversée par ce genre, une réduction très-notable dans le nombre de ses segmens thoraciques, tandisque tous les autres caractères génériques se sont au contraire conservés avec une grande constance.
VIII. Proetus. Ce genre est représenté dans la division inférieure Silurienne, (Faune seconde) en Angleterre, par Proet. CForbes.) latifrons (M’Coy.) ayant 10 segmens thoraciques. En Bohême, où ce type n’apparait que dans la division supérieure, presque toutes les espèces ont aussi 10 segmens, comme la plupart de celles que nous connaissons, soit dant la division Silurienne correspondante des diverses contrées, soit dans le système Dévonien. Par exception, Proet. sculptas } caractérisant notre étage calcaire supérieur G, n’offre que 9 élémens au thorax, et Proet. Barrandei, appartenant aux formations Dévoniennes du Harz, a été récemment décrit par le Prof. Fr. Ad. Roemer, comme n’ayant que 8 segmens. Ces deux faits paraissent in-* diquer, dans le chiffre des élémens thoraciques, une diminution successive, analogue à celle que nous venons de constater, dans le genre précédent. — Nous faisons abstraction de Proet. elegantulus Ang. qui a 12 segmens, mais que nous reconnaissons comme une espèce de Cyphaspis.
IX. Phillipsia. Ce type, représenté dans les formations Siluriennes par des formes trèsineomplétement connues, fournit, dans le terrain Dévonien de l’Eifel, une espèce, Phill. Verneuili Barr. (p. 47 8.) qui possède 10 segmens au thorax. Or, il est notoire, que la plupart des autres espèces congénères, soit Dévoniennes, soit Carbonifères, n’ont que 9 segmens. On peut donc être porté à croire, que ce genre a subi, comme Cyphaspis et Proetus. une réduction, dans le nombre de ses élémens thoraciques.
Résumé.
1. Les faits que nous venons d’exposer, nous semblent suffisamment démontrer, que les 9 genres: Acidaspis , Bronleus, Illaenus, Dalmanites , Cheirurus. Lichas, Cyphaspis , Proetus et Phillipsia , ont été représentés vers les deux extrémités de la période de leur existence, par des groupes d’espèces très-distincts. En d’autres termes, nous reconnaissons entre les limites de ces types génériques, que des formes très-différentes ont été substituées les unes aux autres, par une voie qu’on ne saurait confondre avec celle qu’on désigne par le nom de transformation. L’idée d’une semblable transformation nous semble incompatible avec le fait plusieurs fois constaté ci-dessus, que les formes contrastantes d’un même genre ont coexisté à une même époque, et parfois dans une même région.
2. Dans l’état de nos connaissances, ces genres sont les seuls qui donnent lieu à de semblables observations. Cela lient sans doute, pour la plupart d’entr’eux, à ce qu’ils ont traversé une très-longue période, commençant vers le centre de la division Silurienne inférieure, et s’étendant généralement, jusque dans le terrain Dévonien. Cette condition semble indispensable, pour qu’on puisse constater le fait de la substitution des formes, qui ne se révèle que par un immense laps de temps. — Nous ne pourrions établir des groupes analogues, suffisamment caractérisés par quelque trait important de leur conformation, parmi les espèces, souvent très-peu nombreuses, des genres dont la durée a été relativement beaucoup moins longue, comme Trinucleus, Ampyx fyc.
Les Phacops. qui nous présentent une très-longue durée, à travers les deux divisions Siluriennes et le système Dévonien, et les Calymene , qui traversent la majeure partie des deux divisions Siluriennes, se distinguent par une telle constance et uniformité, dans les principaux traits de leur conformation, qu’on pourrait les citer, comme ayant joui du privilège dune invariabilité relative, parmi tous les Trilobites. Nous devons leur adjoindre les Harpes, caracté-
DIFFÉRENCES DE FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE. 3Q5
risés par des circonstances analogues, et s’étendant depuis la division inférieure Silurienne, jusques dans le terrain Dévonien.
Les types que nous venons de passer en revue, se distinguent à la fois par une notable etendue verticale, et par le nombre de leurs espèces. Le lecteur s’en convaincra en jetant les yeux sur le tableau de l’apparition et distribution verticale des genres (PI. 51).
3. Parmi ces 9 genres, on peut remarquer, que ceux qui ont parcouru la plus longue période d’existence, comme Acidaspis. Lichas, Cheirurus, Dalmanites, savoir, depuis l’origine de la Faune seconde, jusque dans le système Dévonien, offrent aussi des contrastes plus °rands dans leurs formes extrêmes, que les types qui ont eu une durée notablement moindre. &
4. Les traits par lesquels se distinguent les formes successives, sont très-divers, et montrent même des tendances opposées. Ainsi, les faits semblent indiquer dans les Acidaspis Cyphaspis, Proetus et Phïllipsia, une réduction progressive du nombre de leurs se «■mens! tandisque nous serions porté à reconnaître une augmentation dans le chiffre de ces élémens. au pygidium des Bronteus. Les Dalmanites ont éprouvé une période marquée de croissance suivie d’une période de diminution, dans le nombre des articulations de cette partie du corps. Dans ces 6 types, nous ne constatons aucune grave différence dans la forme du seoinent des groupes extrêmes; au contraire, parmi les Lichas, dont le nombre des segmens paraît invariable la conformation de ces élémens primitifs du corps présente un contraste frappant. Dans les Cheirurus, nous voyons varier également le nombre et la forme des segmens thoraciques.
Des observations analogues à celles que nous venons d’exposer, relativement aux formes des Trilobites, paraissent avoir été faites simultanément et dans les circonstances intellectuelles les plus indépendantes, par le savant paléontologue de l’état de New-York. Malheureusement le travail auquel nous faisons allusion, n’a pas encore été publié, et nous éprouvons les plus vifs regrets de ne pouvoir y puiser des documens qui auraient confirmé ou rectifié nos vues. Le lecteur partagera ces sentimens, en lisant le passage que nous traduisons:
„Presque tous les genres caractéristiques des Trilobites apparaissent à la fois durant celle „période; (division Silurienne inférieure) et toutes les formes postérieures dans nos formations „ peuvent être rapportées à celles-ci, ou à quelque modification des mêmes types. Quelques „uns, comme Pliacops et Calymene , se propagent à travers les terrains Silurien et Dévonien. „en montrant à peine quelques modifications dans certaines de leurs espèces, tandisque d’autres (genres) présentent une grande déviation à partir du type original. Les Plalynotus ( Lichas) r.TUaenus et Acidaspis reparaissent dans la division Silurienne supérieure, tandisque Trinucleus, yCer auras ( Cheirurus ), Isotelus ( Asaphus) et Ogygia sont inconnus au delà des limites de „la division inférieure)4 (J. Hall. Pal. of N. York I. p. 226.)
Dans une note, l’auteur ajoute, que l’espèce d'Illaenus connue en Amérique, dans la division supérieure, est assimilée à Bum. Barriensis, qui pourrait peut-être constituer un genre distinct^ mais qui néanmoins est conformé comme les lUaenus dans ses parties importantes.
Cette dernière observation est en parfaite harmonie avec les nôtres sur le même sujet.
Il en est de même des limites indiquées pour (existence de tous les genres cités, excepté Ceraurus que J. Hall 11e reconnaît pas dépasser la division Sdurienne inférieure, tandisque M. de Yerneuil signale Cheirurus insiynis parmi les Trilobites du Niagara group c. à d. au centre de la division supérieure. Celte différence peut tenir, à ce que le savant Américain n’admettrait pas comme nous, l’identité de ces deux genres; ou bien à ce qu’il aurait ignoré, en décrivant Ceraurus, 1 existence de Cheir. insignis dans le groupe de Niagara.
5. Les faits connus ne montrent pas, si les formes contrastantes dans un même genre ont apparu simultanément; mais nous avons constaté par divers exemples, qu’elles ont été coexistantes durant un certain temps, et que la disparition des unes, ou la substitution complète des autres, n’a eu lieu que vers la limite de la durée totale du type. Il est intéressant de
remarquer, que cette substitution est beaucoup plus tranchée en Bohême que dans les autres régions, car, dans la plupart des cas, les groupes contrastans caractérisent chacun lune de nos divisions, sans coexister. C’est ce qui a lieu pour les Illaenus , Dalmanites , Lichas et Cheirurus, en faisant abstraction pour ces deux derniers, de l’apparition éphémère dans les colonies de l’étage D. (p. 72 et 282.)
Les Acidaspis à 10 segmens thoraciques se trouvent toutes, excepté Ac. Verneuili dans notre division inférieure. Quant aux Bronteus, ils ne sont nullement représentés dans les formations de cette période en Bohême. Ainsi, pour presque tous les genres, les formes du groupe qu’on pourrait nommer successeur, n’apparaissent que pour animer notre dmsion supérieure. Ces formes ont eu une existence antérieure, pour les Illaenus Bumastoides dans l’Amérique du Nord, pour les Dalmanites en Irlande, pour les Lichas en Angleterre et en Suède. La direction dans laquelle toutes ces contrées sont situées par rapport à la Bohème, pourrait avoir quelque connexion avec cette observation. Les formations Siluriennes de la Russie ne nous ont montré jusqu’à ce jour aucune forme des groupes successeurs , qui ait caiactéiisé leur division inférieure. Les Faunes de ces régions nous sont encore trop peu connues, pour que nous puissions y signaler l’existence des formes contrastantes, dans les genres qui nous occupent.
Nous n’avons pas hésité à présenter les considérations précédentes, malgré le juste sentiment de tout ce qui nous manque en fait de matériaux, pour leur donner le degré désirable de généralité, et par conséquent de fondement. Nous avons pensé, qu’en éveillant 1 attention des savans sur ces questions, nous pourrions contribuer à en provoquer la solution dans l’avenir, lorsque tous les faits nécessaires auront été livrés par les observateurs isolés comme nous. D’ailleurs, constater que pendant la durée de certains types de Trilobites, il y a eu substitution de formes contrastantes, ce n’est qu’un cas particulier du même fait, qui nous frappe par son évidence, dans l’ensemble de la Tribu, si nous embrassons d’un seul coup d’oeil, notre Faune primordiale et celle de nos étages les plus élevés. Et que sont ces contrastes parmi les représentans successifs des Crustacés paléozoïques , si ce n est un cas particulier et limité, de ces grandioses substitutions de Faunes de plus en plus complètes, à d’autres Faunes antérieures 5 substitutions tant de fois répétées dans la suite des temps, depuis la première apparition de la vie sur le globe, jusqu’au jour où nous passons? Chercher a confirmer cette grande loi de la nature serait superflu, mais il nous semble, qu’il n’est pas sans intérêt d’en étudier l’application, entre les limites de quelques types génériques, et d’une époque géologique déterminée.
§. 3. Modifications générales dans la tribu Tnlobitigue, durant le cours de son
existence.
La comparaison la plus superficielle des formes par lesquelles la tribu des Trilobites a été représentée, vers les limites opposées de sa période d’existence, fera reconnaitie à tout paléontologue, que la Faune primordiale de notre étage C, contraste évidemment par 1 ensemble de ses apparences, avec les Faunes qui caractérisent les étages les plus élevés de notre division supérieure et les formations soit Dévoniennes, soit Carbonifères. Mais lorsqu on ^eut analyser ce contraste, il devient très-difficile d’en saisir les causes, car elles résident dans des combinaisons d’élémens nombreux, dont chacun à son tour est plus ou moins transformé. Ces modifications, isolément considérées, sont peu frappantes et se remarquent à peine, au milieu des analogies prédominantes qui persistent 5 leur réunion produit cependant la différence notable, qui se manifeste dans le faciès des Faunes successives. En paicourant séparément les trois parties principales du corps des Trilobites, nous verrons, que quelques élémens nous permettent de constater un contraste bien prononcé, dans la suite des temps. Nous examinerons les modifications apparentes:
DIFFÉRENCES I)E FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE
A. Dans la tête.
B. Dans le thorax.
C Dans le pygidium.'
D. Dans les ornemens.
A. Modifications dans la tête.
La suture faciale et les yeux sont les seuls élémens qui donnent lieu à une observation.
1. Parmi tous les genres de notre Faune primordiale, étage C, aucun ne présente les deux branches de la suture faciale réunies sur la partie supérieure de la tête, autour du front. Dans tous,, sans exception, les deux branches franchissent isolément le bord frontal, sur lequel leurs extrémités antérieures sont toujours très-éloignées. Les extrémités opposées sont presque toujours sur le bord postérieur de la joue, ou au sommet de l’angle gênai, dont la pointe reste en dehors 1 ar exception, dans Hydrocéphalie, elles aboutissent sur le bord latéral , laissant la pointe génale vers l’intérieur. En somme, les deux branches s’écartent peu de la direction parallèle à l’axe.
Le lecteur s’en convaincra aisément, en jetant un coup d’oeil sur les planches 7 à H qui contiennent les figures de la plupart des Trilobites de l’étage considéré. Dans notre division, inférieure les seuls types qui offrent les branches de la suture faciale réunies autour du front, sont les Dalmania, Remopleurides et As. nobilis appartenant à la Faune de notre étage D. Nous observons au contraire, , que cette forme de suture est celle qui distingue les genres dominans dans la partie la plus élevée de notre division supérieure, comme Phacops, Dalmania et Cheirurus. On sait que ces genres passent dans les formations Dévoniennes , ainsi que le genre Romalonotus qui porte le même caractère.
Le caractère exclusif que nous constatons pour notre Faune primordiale, sous le rapport de la suture faciale, acquerrait une certaine importance, si nous pouvions le reconnaître dans les Faunes primordiales des contrées étrangères. Malheureusement, nous ne possédons encore que des documens incomplets à cet- égard. 1
En Angleterre, nous savons que lê genre Olenus caractérise dans les Malrern hills des schistes désignés par le nom spécial de Black Shales, et qui dans ce district, paraissent renfermer une Faune primitive distincte. Cette formation séparée de celles de Caradoc par un déversement de lrapps, offre d abord sous les rapports géognostiques, la plus grande analogie avec les schistes de notre etage C, recouverts de Porphyre. De plus, le Prof: Phillips constate, que les Black Niales présentent exclusivement des Trilobites, sans fucoides, sans Zoophytes, ni Brachtopodes Ce caractère est aussi celui de notre Faune primordiale (p. 65). D’après double rapprochement’ il v aurait donc lieu de supposer, que la Faune des Black Shales est isolée des Faunes subséquentes dans cette région comme en Bohême. Mais les savans qui nous font connaître ces faits, n’ont établi aucune relation très-précise d’âge, ou de hauteur géologique, entre les Black Shales’ e t les formations de Llandeilo renfermant Daim, caudata, dont la suture a les branches réunies. Nous ne savons donc -pas, si on peut admettre entre ces roches une ligne de démarcation tranchée ou bien si on doit les considérer comme représentant une seule et même époque indivisible ’ par suite de la connexion des Faunes. (Mem. geol: Surv. Vol. II. p. I. p. 51., Nous espérons que M. Salter, en décrivant les Paradoxides et Conocephalites ? dont il nous a annoncé la découverte ans ce qu il nomme les lowest Llandeilo flags, résoudra la question qui nous occupe.
En Suède, les Paradoxides , Olenus et Peltura, également caractérisés par l’isolement des branches de la suture- faciale, proviennent tous suivant Dalman et Hisinger, de la formation des schistes aluniferes. Les Asaphus, Meus et Ogygia qui ont les branches suturales réunies caractérisent au contraire, les roches calcaires à Orthocères, de la division inférieure. (Leth Sue1' p 119 J Or, Sir Rodénc Murchison, dans son dernier mémoire sur les formations Siluriennes de la Scandinavie, nous apprend que les schistes alunifères sont partout inférieurs aux calcaires, et distinctement reconnaissables de ces derniers. Mais ses ‘observations sur les Faunes n’ont pas pu être
assez détaillées, pour nous permettre de juger s’il existe entr’elles une délimitation aussi tranchée qu’en Bohême. fSilur. Rocks of Sweden. Quart. Journ. geol. soc. Lond. Febr. 1847. J
2. On avait été d’abord porté à considérer comme aveugles, les Trilobites connus de notre Faune primordiale, c. à d. quelques espèces de Paradoxides, Conocephalites et Ellipsocephalus. Nous avons constaté ci-dessus (p. 131), que cette ancienne opinion reposait sur des observations incomplètes, et nous avons même reconnu l’existence des lentilles dans l’oeil de Conoc. striatus. Cependant, en rectifiant les faits, nous avons admis l’absence réelle des yeux dans tous les Agnostus, Conoc. Sulzeri, et Con. coronatus, appartenant à notre étage C. Le nombre des ^genres privés des organes de la vue est encore plus grand dans l'étage des quartzites D, puisqu il comprend : Ampyx, Dindymene, Dionide, Placoparia -, Telephus et presque tous les Trinucleus. On ne peut donc méconnaître, que dans la division Silurienne inférieure de Bohême, il y a une proportion assez notable de Trilobites sans yeux. Au contraire, dans toute la hauteur de notre division supérieure, nous ne trouvons qu’une seule espèce aveugle, savoir , Ampyx Rouaulti , qm ne s’élève pas au dessus de la base de notre étage calcaire inférieur E. Ce contraste mérite u être remarqué et il nous semble suffisamment confirmé par les observations sur les Faunes étrangères. Les documens publiés sur l’Angleterre ont constaté dans cette contrée comme en Bohême, l’existence d’un Ampyx nommé A. parvulus. Forb. caractérisant les formations les' plus basses de L.idlow On a aussi mentionné un Trinucleus à la base de l’étage de Wenlock, mais nous ignorons si ce fait est bien établi Dans tous les cas, les Trilobites aveugles sont fort peu représentés dans la division Silurienne supérieure des Iles Britanniques. Dans l’énumération des lossiles de la division correspondante, de l’île de Gothland, donnée par Sir Rod. Murchison, nous ne trouvons qu’une espèce aveugle, savoir. Agnost. tuberculatus Yern. Mais cette forme est citée avec un signe de doute, qui nous semble très-bien placé après le nom générique, car la presence d un Aanostus dans l’étage de Wenlock, quoique. possible, doit cependant exciter quelque étonnement. Tous nous porte à croire, que ce fossile est une espèce appartenant au genre Reyrichm , Mac- Coy. Il en est de même pour Agn. lotus. Conr. que M. de Verneuil indique dans le groupe de Clinton, c. à d, dans la division Silurienne supérieure des Etats-Unis. Les exemplaires de cette forme que nous avons sous les yeux, ne nous permettent pas d’en douter. Nous ne connaîtrions donc aucun Trilobite aveugle dans la division supérieure de Suède et d’Amérique, tandisque la division inférieure des mêmes régions a fourni divers Trinucleus et Agnostus sans yeux.
H, y a donc un véritable contraste, entre le nombre des Trilobites sans yeux, appartenant aux deux divisions Siluriennes, dans les contrées décrites. Les organes de la vue deviennent de plus en plus inhérens à la nature des Trilobites, dans la suite des temps Siluriens, car aucune espèce aveugle n’a été signalée dans les formations qui couronnent le système. Comme confirmation de cette sorte de progrès dans -l’organisation des Trilobites, nous ferons observer, que toutes les espèces Dévoniennes et Carbonifères sont pourvues d’yeux, sans qu’on ait jamais cité une exception parmi elles.
B. Modifications dans le thorax.
I Si nous passons en revue les genres des Trilobites de la Faune primordiale de Bohême, nous reconnaissons que dans tous, sans exception, les segmens thoraciques suivent le type de la plèvre à sillon. Ainsi, le type de la plèvre à bourrelet n’est nullement représente dans cette première création, c. à d. dans notre étage C. Les Acidaspis , Cheirurus, Dindymene, Placoparia, Cromus , apparaissent dans notre étage des quartzites D , avec cette seconde forme de plèvre, qui se perpétue ensuite à travers toute notre division supérieure, sans jamais prédominer sur la première.
En Angleterre, nous trouverions l’observation que nous venons de faire parfaitement confirmée, si la démarcation dont nous avons parlé, entre les Rlack Shales, et les formations superposées, pouvait être reconnue. En effet, le seul genre décrit dans ces schistes, est Olenus , et nous avons tout lieu de croire que les Paradoxides et Conocephalites? annoncés par M. Salter,
DIFFÉRENCES DE FORME DANS L’ESPÈCE ET LE GENRE
appartiennent à la même hauteur géologique, que ce savant a indiquée seulement par ces mots: lowest Llandeilo flags.
En Suède, les Trilobites caractérisant les schistes alunifères seraient d’après Hisinger et Sir Rodéric Murchison, les Agnostus, Olenus, Paradoxides, Trinucleus et Ampyx , qui présentent tous également la plèvre à sillon. Ce fait fournirait donc une nouvelle confirmation, si cette formation permet la distinction géologique déjà mentionnée.
Nous ne sommes pas certain si notre Faune primordiale est réellement représentée en Amérique.
2. Parmi les 7 genres, de Trilobites qui composent la Faune primordiale de Bohême, 6 nous montrent le thorax prédominant sur les deux autres parties du corps, par son étendue et surtout par le nombre de ses segmens relativement au pygidium. Cette prédominance est plus ou moins marquée dans ces six genres, comme le montre le tableau suivant:
Segmens
au thorax.
au pygidium.