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DIFFUSION HORIZONTALE DES TRILOBITES EN BOHÈME

Parmi les espèces qui se rencontrent partout, Daim, proaeva a une taille moyenne, Trin. ornatus est très-petit. Dans ce cas, ce n’est donc pas non plus à la taille, qu’est atlaché le privilège de la diffusion. Pour confirmer celte observation, nous voyons le Trilobile contemporain le plus gigantesque, Asaph. nobilis, quoique commun à plusieurs localités, manquer à beaucoup d’autres. Nous avons jusqu’ici à peine découvert ses traces, au Sud-Ouest de l’axe. Parmi les Trilobites les plus répandus sur la surface de cette formation, nous nommerons encore: Acid. Buchi et Calym. pulchra. qui se trouvent également d’une extrémité à l’autre, depuis les environs de Prague, jusqu’à Praskoles, et qui doivent compter parmi les Trilobites les plus caractéristiques de l’étage D.

5. Schistes gris-jaunâtres d. 5. La plupart des espèces connues de cette formation proviennent des environs de Béraun, c. à d. des coteaux de Kônigshof et de Karlshiitte, situés aussi dans la partie du bassin au Nord-Ouest de l’axe. Nous avons trouvé, il est vrai, Agnostus tardas et Illaenus Hisingeri aux environs de Libomischl, à l’extrémité Sud-Ouest de ces schistes, et nous avons également recueilli Asaphus nobilis à Wscheratitz, Remopleur. radians à Ober-Czernoscliitz, Trinucl. ornatus à l’aval de Radotin <fcc. Ainsi, nous avons la preuve de l’existence de ces espèces dans la partie Sud-Est du bassin, mais elles y sont beaucoup moins fréquentes que sur le côté Nord-Ouest. Les espèces les plus caractéristiques de cette formation, telles que Remopl. radians , Dindymene et Trinucl. Bucklandi. sont extrêmement rares.

Ne pourrait-on pas attribuer la richesse toujours supérieure du côté Nord-Ouest, dans les formations que nous venons de nommer, à la seule influence de l’exposition, et à la température plus élevée qui en résultait?

Etage calcaire inférieur E. Les formations calcaires enfermées au centre du bassin et très-resserrées dans le sens de la largeur, nous présentent les irrégularités de la distribution horizontale, sur une superficie encore beaucoup plus petite. Cependant, nous y remarquons toujours, mais principalement dans l’étage calcaire inférieur E, les effets de l’influence qui a concentré les Trilobites, plus que les autres classes de fossiles, sur le côté Nord-Ouest de l’axe. La majeure partie des Crustacés de cet étage provient de la montagne Dlauha Hora, de Kolednjk, des collines de Listice, des environs de St. Iwan, de Lodenitz, de Luzetz, Tachlowitz, Wohrada <fcc. c’est-à-dire des bords Nord-Ouest de la masse calcaire. Les bords opposés de cet étage, vers le Sud-Ouest, nous fournissent aussi partiellement les mêmes espèces, mais très rarement en comparaison, quoique la distance horizontale qui sépare ces contours varie à peine entre 6 et 8 kilomètres, largeur du bassin calcaire.

Une autre particularité doit nous étonner dans l’étage E, correspondant à l’époque du plus grand développement numérique des espèces: c’est que la surface fréquentée par chacune d’elles semble se réduire de plus en plus. Au milieu d'une si grande variété de formes, nous en citerons cependant quelques unes qui existent en beaucoup de localités et d’une extrémité à l’autre de l’étage E, comme Cromus Beaumonti , Calym. Baylei Phac. fecundus > Areth. Konincki. Cyphaspis Burmeisteri , que nous trouvons à partir des environs de Prague, jusqu'au delà de Béraun, vers le Sud-Ouest, sur une étendue d’environ 35 kilom. mesurés le long de l’axe. Ces espèces sont de petite taille, comme toutes celles qui appartiennent à cette époque.

Etage calcaire moyen F. Nous y remarquons la même localisation des espèces, malgré l’apparition de quelques nouveaux types de taille assez grande, pour qu’on les suppose doués de moyens puissans de locomotion. Bronteus palifer -, Br. campanifer et Br. Dorrnilzeri. qui nous présentent les plus fortes dimensions, dans cet étage, sont, par un singulier contraste, confinés dans un périmètre très-étroit. Br. palifer n’a été trouvé que sur la montagne Kotis, au Sud de Konieprus, sur une surface de terrain qui n’a pas plus de 1000 mètres de longueur. Br. campanifer est commun à cette localité et à celle de Mnienian, qui présente une aire à peu-près égale, et fournit aussi exclusivement la troisième espèce citée. Parmi les formes nombreuses de ce genre, Br. umbellifer , de taille moyenne, est celle qui a la plus grande diffusion relative, car nous l’avons trouvée à Dworetz, à Lochkow, et sous Trzebotow, sur une étendue d'environ 20 kilomètres.

De toutes les espèces propres à l’étage F, Harp. venulosus est la plus répandue, quoique rare dans la plupart des localités. Nous rencontrons ce Trilobite aux deux points extrêmes de cet étage, à Dworetz près Prague, et à Konieprus au Sud de Béraun; il existe également à Mnienian, Hinter-Kopanina , Wohrada <fcc. &c. qui sont des localités intermédiaires.

Il est presque inutile de dire, que les petites espèces telles que les Proetus , Cyphaspis , Acidaspis fyc. sont restreintes à certaines surfaces très-peu considérables, sauf quelques exceptions, que nous aurons soin de noter dans nos descriptions. Plusieurs d’entr’elles n’existent même que dans un seul banc, de peu d’épaisseur, souvent dislinct par une couleur particulière de la roche calcaire.

Etage calcaire supérieur , G. Les espèces les plus fréquentes sur la surface de cet étage, sont: Pluie, cephalotes , Phac. Slernbergi, Clieir. gibbus, Bront. BrongniarU, que nous trouvons d’une extrémité à l’autre, c. à d. depuis les carrières de Dworetz près Prague, jusqu’à la montagne de Damily, entre Tetin et Béraun. Les Dalmanites caractérisant particulièrement celte hauteur, sont généralement beaucoup plus grandes que les espèces que nous venons de nommer, et on serait tenté de les supposer plus répandues sur la surface correspondante. Mais c’est le contraire qui a lieu, car chacune des espèces est presque toujours renfermée dans une localité assez circonscrite, comme Daim. Hausmanni aux environs de Prague; Daim, cristata dans le voisinage de Lochkow; Daim. M’Coy à Luzetz et Karlstein &c. Nous voyons cependant Daim, rugosa et Daim. Beussi aux deux extrémités horizontales de cet étage. Calym. interjecta , Bronteus formosus, Bront. porosus , et diverses espèces de Proetus, Cypliaspis, fyc. sont propres à certaines localités, et très-rares.

Etage des schistes culminons, H. Les 3 espèces appartenant à cet étage, Pliac. fecundus, Cheir. Slernbergi et Proetus superstes se trouvent ensemble dans une seule localité, Hlubocep, près de Prague. Les autres parties de ces schistes nous ont fourni divers autres fossiles, mais jusqu’ici aucun Trilobite.

Le Prof. Bunneister a déjà remarqué, que les Trilobites devaient vivre en société, formée par un grand nombre d’individus de quelques espèces, réunis dans une même localité. Cette observation est parfaitement confirmée par les faits constatés en Bohême, et elle est en harmonie avec ce qui vient d’être dit. Nous ajouterons, que beaucoup d’espèces ont ce qu’on pourrait appeler leur résidence principale , c. à d. une localité où elles prédominent, tandisque leurs traces sont clair-seméçs sur le reste de la surface du bassin, quoiqu’on les rencontre en beaucoup de points éloignés. Il résulte de ce fait, qu’une espèce paraît extrêmement rare, jusqu’à ce qu’on ait découvert sa résidence principale, où des milliers de fragmens se présentant à la fois, modifient nos idées de fréquence et de rareté relatives. C’est aussi dans ces résidences, qu’on parvient ordinairement à découvrir des individus complets, ou du moins tous les élémens du corps. Mais leur surface accessible se borne parfois à quelques mètres carrés, de sorte qu’elles sont très-difficiles à atteindre, même dans les localités bien explorées. Ainsi, nous avons recueilli en 184 0 les premiers fragmens de Cromus intercostatus et de Phac. Volborlhi aux environs de Lochkow, et bien que nous ayons continué sans interruption nos recherches dans cette localité, ce n’est qu’à la fin de 1848, que nous sommes parvenu à trouver la résidence de ces deux espèces, vivant ensemble et assez prolifiques. Malheureusement, les circonstances locales ne permettant pas d’exploiter, suivant nos désirs, le banc calcaire qui renferme leurs débris, nous n avons pu obtenir aucun exemplaire entier ni de l’une ni de l’autre. Nous pourrions citer beaucoup de faits semblables, qui tendent également à faire espérer, que si l’on persiste à faire des recherches, non seulement en Bohême, mais dans les autres contrées, on finira par compléter tous les Trilobites, aujourd’hui représentés par des fragmens.

Le nombre des espèces vivant en société est, en général, peu considérable. Il est rare qu’une même couche nous en fournisse plus de 5 à 6, et souvent il y en a moins encore. La localité de Skrey est celle qui nous présente la plus grande variété de formes, réunies dans une étendue de quelques centaines de mètres. Nous y avons recueilli 21 espèces, et quoique chaque banc offre quelques Trilobites prédominons, cependant, nous trouvons les traces de tous assez répandues dans la hauteur totale, pour qu’il nous soit impossible de reconnaître parmi eux un ordre d’apparition ou d’existence successive, dans cette localité.

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