‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 178 sur 469 · II. ruderalis. Cord. Prodr. p · texte numérisé non relu

II. ruderalis. Cord. Prodr. p

Le limbe presque horizontal , est légèrement concave. Il diminue un peu de largeur le long des joues, et ses prolongemens derrière l’anneau occipital, prennent une inclinaison qui n’atteint pas 45°. Ils sont terminés à l’intérieur par une ligne un peu concave vers l’axe, et à l’extérieur par une courbe convexe. La largeur du limbe au front varie suivant les individus, mais le plus souvent elle forme un tiers de la longueur de la tête, mesurée sur l’axe.

La glabelle fortement développée, très-saillante, ' occupe plus d’étendue que chacune des joues. Sa forme est conique, un peu déprimée au front, son profil est arrondi au sommet. Elle porte vers l’arrière, de chaque côté, un sillon latéral, très-oblique, mais qui n’atteint pas le sillon occipital. Il en résulte un lobe aplati, dont la ba'se s’étend à travers le sillon dorsal, dans une impression creuse, sur la surface de la joue. Cette impression arrondie vers 1 arrière, se prolonge par une pointe aigue, jusques vers le milieu de la glabelle, où elle disparaît. Le sillon occipital est bien marqué; l’anneau qui le suit est assez fort, mais il reste au dessous du niveau de la glabelle, et il porte un grain saillant sur l’axe. Les joues légèrement bombées en dessus se coudent brusquement à angle droit, et ont des flancs verticaux très-elevés. La surface par laquelle elles s’unissent devant la glabelle est un peu moins abrupte, et montre un renflement

GENRE IIARPES. GOLDFUSS.

dans la direction de l’axe. Son étendue verticale correspond à celle des talus des joues; elle est donc considérable.

Les yeux sont placés sur la limite de la pente abrupte des joues , à peu de distance des sillons dorsaux, un peu en arrière du front de la glabelle. Ils forment une protubérance assez forte , arrondie , sur laquelle nous ne distinguons pas les stemmates. Un filet saillant, transverse, part de cette protubérance et se dirige vers le sillon dorsal où il disparaît.

Le thorax ne nous est connu que par quelques fragmens. Celui qui est figuré PL 9 montre les bandes pleurales ornées d’une série de grains.

Le test extrêmement mince est ordinairement lisse sur la glabelle et sur la partie supérieure des joues. Quelques individus ont sur le sommet de la glabelle une granulation irrégulière, qui ne s’étend pas sur les flancs. Le haut des joues nous offre aussi fréquemment de petites impressions creuses, mêlées parfois d’une granulation partielle. Le bas des joues est semé de petites perforations, comme des piqûres d’aiguille, également distribuées, mais sans ordre; les pleins dominant sur les vides dans le rapport de 2 à 1. La rangée la plus élevée sur ce talus est formée de cavités un peu plus larges. Les ouvertures sont plus grandes sur le limbe que sur la paroi génale. Elles sont disposées en séries irrégulières, entre des nervures dichotomes qui partent du pied des joues. Ces nervures et les séries de perforations qu’elles enferment, ne s étendent pas souvent au delà du milieu du limbe. Il y a sous ce rapport, comme pour la grandeur des cavités, beaucoup de variations individuelles. Dans tous les cas, on trouve à la ligne de jonction du limbe et des joues, une rangée de perforations beaucoup plus fortes que toutes les autres, et entre lesquelles les nervures prennent leur origine. L’épaisseur de la couche intermédiaire entre les deux parois du limbe varie également. Dans un très-grand individu elle n atteint pas un demi-millimètre , tandisqu’elle est quatre fois plus épaisse sur un exemplaire beaucoup plus petit. Dans ce cas très-rare, et peut-être résultant d’une maladie, les perforations des parois opposées sont loin de se joindre, comme nous le voyons distinctement, dans la coupe du limbe.

Dimensions. La tête la plus grande de notre collection a, depuis le bord frontal jusqu’au bout des pointes du limbe, 60 m. m. La largeur maximum au droit du front est de 50 m. m.

Gisent et local, H. venulosus traverse nos deux étages calcaires inférieur E et moyen F. Il est rare dans l’étage E , mais nous l'avons trouvé au milieu de la masse des Céphalopodes, sur la montagne Dlauha Hora. Il se présente en beaucoup plus grand nombre dans les calcaires blancs de notre étage F, aux environs de Konieprus et de Mnienian. Dans ces localités, il est associé à Bronleus angusticeps , Br. brevifrons , Br. palifer, Br. campanifer , et à de très-nombreuses espèces de Brachiopodes. Nous le retrouvons aux environs de Prague, dans les calcaires blancs de Slichow et dans les calcaires noirâtres du même étage moyen, à Dworetz, et à Lochkow , mais dans ces deux derniers gîtes il est très-rare et mal conservé. L’auteur du Prodrôme lui a donné le nom de H. ruderalis. Nous avons encore découvert cette espèce dans les collines au nord du village de Bubowitz, dans la direction de Lodenilz. Elle y est associée à Br ont. brevifrons, comme aux environs de Konieprus.

Bapp. et différ. Parmi nos espèces Bohèmes, les deux plus rapprochées de H. venulosus sont: H. reticulatus et Ii. unguia.

La première se distingue par son limbe rétréci au milieu, devenant vertical le long du thorax; par ses perforations très-larges, la carène de sa glabelle &c.

La seconde, a une glabelle mince et peu saillante, un limbe percé de cavités très-petites, presque sans nervures.

Il existe aussi des rapports entre H. venulosus et H. macrocephalus de l’Eifel. Celui-ci porte une lobation plus marquée à la base de la glabelle; son limbe se prolonge en pointes aigues dont le bord extérieur est parallèle à l’axe ; la partie frontale qui unit les joues est très-longue et peu inclinée; enfin les perforations du bord sont irrégulièrement semées et on n’aperçoit entr elles aucune nervure. Ces traits le distinguent spécifiquement de la forme analogue de Bohême.

Page 1