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Hydroc. carens. Barr

1846. Hydroc. carens. Barr. Not. prélim. p. 19.

1847. Phlysacium paradoxum. Cord. Prodr. p. 16. PL II. fig. 1.

Cette espèce nous permet d’observer une série de métamorphoses, ou de degrés successifs de développement, que nous allons indiquer.

1 degre. Le premier âge que nous ayons pu découvrir, se réduit presque à la tête, comme dans Sao hirsula. Cette tête apparaît avec le caractère qui la distingue à toutes les époques, et que nous avons voulu exprimer par le nom générique. La partie médiane prédominante, qui représente la glabelle, a la forme d’un hémisphère très-régulier, sur la surface duquel nous ne voyons qu’une impression creuse, un peu alongée, placée sur l’axe du corps, au voisinage du thorax. Un limbe étroit, à peu-près horizontal, représentant les joues, embrasse au moins les trois quarts du contour circulaire et se termine de chaque coté, par une pointe génale cylindroide, assez forte, qui dépasse notablement le corps vers l’arrière, dans une direction parallèle à laxe. L’individu décrit permet à peine de distinguer sur ce limbe, entre le front etla pointe, la trace de l’oeil que nous trouvons très-marquée au degré suivant. L’anneau occipital est très-peu indiqué. La diamètre de la tête est de 1.66 m. m.

Le thorax occupe en largeur le quart du contour céphalique, ^compris entre les pointes génales. Il figure un très-petit triangle, dont la longueur est de 0.33 m. m., c. à d. environ

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un cinquième du diamètre de la tête. Nous distinguons très-bien sur sa surface, l’axe saillant, occupant plus du tiers de la largeur, et montrant trois articulations. Nous apercevons aussi deux traces de segmentation sur chaque coté , sans aucune division sur le bord , qui paraît uni et soudé en une pièce.

D’après ce que nous venons de dire, la longueur totale de l’individu est de 2 m. m. Cette taille étant triple de celle que nous constatons au premier âge de Sao hirsuta, (0.66 m. m.) il serait très-possible, que la forme décrite ne fût pas réellement le premier degré de développement de tlydr. carens. C’est une question que l’avenir pourra peut-être décider.

2™e. degré. La forme hémisphérique de la glabelle et de l’impression creuse , médiane, qu’elle porte vers l’arrière, n’éprouve aucune modification sensible, mais nous voyons l’anneau occipital beaucoup plus développé.

Il se montre à l’occiput, sous la même apparence que le premier anneau de l’axe thoracique ; seulement il est plus fort que celui-ci. Il porte au milieu un tubercule spiniforme. Le limbe postérieur des joues commence aussi à se distinguer. Le limbe autour de la glabelle conserve sa largeur initiale au front, tandisqu’il s’est sensiblement élargi sur les deux côtés.^ Nous apercevons la trace de l’opil, qui apparaît comme un arc un peu saillant, placé sur 1 arête extérieure, n’occupant encore qu’une partie de sa future longueur. Si la joue mobile existe déjà elle n’occupe pas une largeur sensible. Les pointes génales dépassent encore la longueur du thorax.

La tête a environ 1.66 m, m. de diamètre, comme dans le degré antérieur.

Le thorax conserve sa forme triangulaire, en augmentant sensiblement ses dimensions. La largeur dépasse 1. m. m. et la longueur est d’environ 0.66 m. m. , c. à d. double de celle que nous avons indiquée ci-dessus. La forme de l’axe et des lobes latéraux se dessinent aussi plus

nettement. Nous comptons sur le premier, 4 anneaux, dont trois portent un tubercule au milieu.

Le quatrième est rudimentaire. Nous distinguons en même temps 2 plèvres très-marquees sur chaque côté. Leurs extrémités ne paraissent pas encore isolées les unes des autres, sur le contour qui reste uni.

La longueur totale est d’environ 2.5o m. m.

3T. degré. Nous observons les mêmes formes dans la tête, avec des dimensions un peu plus grandes. L’oeil paraît encore comme un arc peu saillant, sur le contour du limbe.

Le thorax permet de compter 5 segmens sur l’axe. Les bords des lobes latéraux continuent à être unis.

La longueur totale d’un individu est d’environ 2.50 m. m.

4™é. degré. Toutes les apparences restent les mêmes dans la tête , à 1 exception des lobes

latéraux. Nous distinguons nettement tout le contour du lobe palpébral, prenant sqn origine

contre la glabelle, au droit du centre, et se prolongeant en arc de cercle, jusqu’au sillon postérieur de la joue fixe. La joue mobile étant détachée et perdue, dans l’exemplaire figuré, on peut très-bien juger son étendue et sa forme, par le vide qu’elle laisse sur le contour. On, remarquera que ce vide est très-marqué vers l’avant, et insensible vers l’arrière. Le contour découpé nous montre le cours de la suture faciale, à peu-pres complet, si ce n’est vers le bord postérieur de la tête, où elle n’est pas encore bien indiquée.

Le thorax n’a éprouvé d’autre changement, que l’augmentation d’un segment et 1 extension correspondante dans sa longueur. L’axe montre 6 articulations. Les bords latéraux paraissent encore unis, ou bien sont couverts par la roche.

La longueur totale d’un individu est d’environ 2.75 m. m.

51e. degré. Nous comptons 7 segmens sur l’axe du thorax, sans aucune autre modification notable dans le reste du corps. La longueur des individus atteint 3.00 m. m. sur lesquels le thorax entre pour un peu plus d’un tiers.

GENRE HYDROCEPHALUS. BARRANDE.

^es bords des lobes latéraux ne peuvent pas être vus nettement, de manière à constater s ils sont unis ou découpés. II est très-vraisemblable, que les pointes des plèvres, déjà existantes, sont cachées dans la roche. — Cette observation s’applique à tous les degrés antérieurs.

6me- degré. A. partir de cet âge, la tête montre tous les traits qui la caractérisent, et elle reste à peu près de même taille, dans les degrés postérieurs. Le bombement hémisphérique de la glabelle et l’impression creuse, longitudinale, sur l’occiput, se maintiennent toujours, comme précédemment. Le développement se fait uniquement remarquer sur les lobes latéraux. Le limbe frontal devenu un peu plus large, se relève au contour, de manière à déterminer une rainure à 1 intérieur. La joue fixe se compose du lobe palpébral en arc de cercle, commençant dans le sillon dorsal, un peu en avant du centre de l’hémisphère, et se prolongeant jusqu’au sillon postérieur de la joue, de sorte que ses deux extrémités se trouvent sur une ligne parallèle à 1 axe. L’espace entre le lobe palpébral et la glabelle forme un petit segment de cercle , dont la surface enflée domine celle de l’oeil, et se trouve limitée à l’intérieur, par un sillon dorsal profond. Le bord postérienr de la joue fixe reproduit d’une manière frappante une plèvre entière, avec son sillon, ses deux bandes, et la pointe terminale. L’anneau occipital conserve sa forme très-protubérante. La joue mobile manque sur tous nos exemplaires, mais le vide qu’elle laisse montre très-nettement, qu’elle ne forme qu’un petit arc ou bande étroite, concentrique au lobe palpébral, et un peu plus large en avant qu’en arrière. La suture faciale se reconnaît distinctement par le contour découpé, résultant de la chute de la joue mobile. On voit qu’elle traverse obliquement le limbe, un peu en avant du lobe palpébral. Puis elle contourne celuici, et à partir de 1 angle postérieur de l’oeil, elle diverge brusquement vers le bord latéral de la joue. Elle l’atteint un peu au dessus de l’angle gênai, dont la pointe reste attachée à la joue fixe. C’est le seul exemple de cette conformation, que nous ayons observé dans la Faune primordiale. Ordinairement, la pointe génale fait corps avec la joue mobile, dans les Trilobites de cette époque.

Le thorax, conservant son apparence triangulaire, s’alonge de plus en plus. Nous y comptons 8 segmens sur l’axe, et environ 7 sur chaque lobe latéral. La surface des plèvres est creusée par un sillon prononcé. Pour la première fois, l étal des exemplaires nous permet de voir très-clairement leurs extrémités. Les deux premières sont terminées par une longue pointe, cylindroide et forte, qui dépasse le bout du corps. Les suivantes présentent aussi une pointe mais très-peu développée et comme rudimentaire, tandisque celles que nous venons de sio-naler, rappèlent par leur forme et leur étendue, la seconde plèvre des Paradoxides, au jeune âge.

La longueur totale de l’individu dépasse à peine 3.00 m. m.

7"'e- degré. Nous trouvons un segment de plus sur l’axe thoracique, sans aucune autre modification appréciable, dans les formes que nous venons de décrire.

Les degrés suivans de développement jusqu’à l’âge adulte ne sont représentés par aucun individu assez distinct, pour permettre de compter les segmens thoraciques, avec toute sécurité. On ne reconnaît pas le pygidium, qui reste confondu avec les derniers segmens du thorax.

Age adulte. Nous considérons comme adultes les individus les plus développés à notre connaissance. Il est très-aisé de distinguer parmi eux la forme longue et la forme large, principalement d après la tête. Celte partie du corps n’offre d’ailleurs aucun nouveau caractère autie que ceux qui ont été décrits au 6e. degré. Seulement, chacun des traits devient plus prononcé. Le sillon longitudinal, signalé déjà sur la partie postérieure de la tête, se montre trèsmarqué dans certains individus, tandisque sa trace disparait presque complètement sur d’autres aussi bien conservés. Ce caractère ne semble donc avoir aucune importance spécifique.

Le thorax occupe une longueur à peu-près égale à celle de la tête, et il se fait remarquer. comme dans les âges précédens, par son apparence triangulaire. L’axe, assez bombé, est moins large que chacun des lobes latéraux. Ses anneaux sont enflés et séparés par des rainures prononcées. Les plèvres présentent un sillon large, qui détermine deux bandes étroites et parallèles. Chacune d’elles se termine par une pointe inclinée vers l’arrière. Les pointes des deux premières plèvres se distinguent de toutes les autres par leur longueur, qui souvent dépasse le bout du corps. Les lobes latéraux étant fortement coudés, surtout vers l’ extrémité du thorax, on ne peut pas toujours bien observer les pointes pleurales des derniers segmens.

Les individus les mieux conservés nous permettent de compter en tout 15 articulations sur l’axe du corps. Comme il est impossible de fixer la limite exacte du thorax, nous ne saurions dire de combien de segmens il est constitué. Cependant, nous sommes disposé à cioire, qu’il en présente 13, et ainsi le pygidium serait composé de 2 articulations, comme dans divers autres Trilobites de notre Faune primordiale.

Le test constamment transformé en une couche d’oxide de fer très-caduc, ne nous peimet de reconnaitre aucun ornement à sa surface.

Dimensions. Longueur d’un individu de forme longue: 4 mm; largeur maximum: 2 mm.

Gisem*. et local. Cette espèce n’a été trouvée jusqu’ici qu’aux environs de Skrey, dans les schistes de notre étage C, avec les autres Trilobites de notre Faune primordiale.

Rapp. et dijfér. Il existe une grande analogie entre Hydr. carens et Hydr. Saturnoides. Nous distinguons ce dernier, par les trois sillons transversaux qui lobent sa glabelle.

Il existe aussi des rapports, mais plus éloignés, entre Hydr. carens et Par ad. inflatus. Un examen peu prolongé fait reconnaitre aisément, leurs caractères différens. — 1. Par. inflatus a la glabelle beaucoup moins enflée. — 2. Les pointes génales sont attachées à la joue

mobile. 3. Le contour intérieur de la tête projette fortement ses extrémités vers 1 avant.

4. Une seule plèvre, la seconde, est armée dune longue pointe. (PI. 13.)

Hydr. carens est décrit et figuré par M. Corda, dans son Prodrome, sous le nom de Phlysacium paradoxum. Tout en le déclarant privé d’yeux, cet auteur lui donne une suture faciale, à laquelle il assigne arbitrairement un cours insolite. M. Corda ne reconnaît qu’un segment au thorax, et 7 au pygidium. Ayant sous les yeux les matériaux de la collection Hawle qui ont servi de base au Prodrome, nous les trouvons en parfaite harmonie avec ceux qui nous appartiennent. Ils ne représentent cependant, que trois des degrés de développement cidessus décrits (6e. 7e. 8e.) Il est donc très-concevable, que M. Corda irait pas reconnu le fait des métamorphoses. Nous excuserons de même (inexactitude notable de la figure donnée. (Prodr. PI. IL fig. 1.)

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