Parad. desideratus. Barr
1846. Trilob. desideratus. Barr. Not. prêt. p. 20.
Nous désignons par ce nom un pygidium de forme toute particulière, que l’analogie nous fait cependant rapporter au genre Paradoxides. L’axe occupe les trois cinquièmes de la largeur, et il se prolonge jusqu à une petite distance du bout postérieur. Nous comptons sur sa longueur 8 segmens, dont le dernier beaucoup plus long et plus plat que les autres, se termine brusquement, en laissant un limbe plat à l’extrémité. Les bords latéraux sont séparés de l’axe par des sillons dorsaux bien marqués; ces bords sont aplatis, et forment dans leur ensemble un ovale. De chaque côté, il s en détache deux pointes ou épines très-divergentes, dont la première est la plus longue.
Dimensions. La longueur et la largeur de ce pygidium sont égales à 20 m. m.
Gisem',,. et local. Ce fossile dont il n’existe qu’un seul exemplaire, en notre possession, provient des schistes de Ginetz, étage G.
Rapp. et différ . Il est à regretter, que nous n’ayons pas pu découvrir ce pygidium en
connexion avec d’autres parties du corps. Sa forme, le grand nombre relatif des segmens de
l’axe, et les pointes qui arment les côtés, le rendent très-remarquable, et nous forcent à élargir
les limites du genre auquel il appartient selon toute vraisemblance. Nous décrivons sous le
nom de Par. imperialis un fragment d’un Paradoxales de très-grande dimension, qui peut-être appartient à la même espèce que le pygidium qui nous occupe. L incertitude dans laquelle nous nous trouvons à ce sujet, nous détermine à employer des noms distincts pour ces morceaux isolés, de peur d’associer des élémens hétérogènes.
Genre Hydrocephalus. Barrande.
Hydrocephalus. Barrande.
Phlysacium. Corda.
Phanoptes. Corda.
1846. Nous avons fondé le genre Hydrocephalus, sur deux espèces, II. carens et H. Saturnoides qui sont encore les seules connues. ( Not . prélim. p. 18.)
1847- M. Corda établit le genre Phlysacium sur Hydr. carens, et le genre Phanoptes sur Hydr. Saturnoides, en donnant pour l’un et l’autre une description et une figure, sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir ci-après. fProdr. p. 16. PL II. fig. 1 ■ 2.)
Caractères génériques.
La forme générale du corps est ovalaire ; la trilobation toujours distincte. La tête trèsprédominante au jeune âge, occupe environ la moitié de la longueur totale dans 1 adulte. Le contour extérieur est formé par un limbe, qui se prolonge par des pointes génales très-développées. L’anneau occipital est prononcé et projeté en arrière; le contour postérieur de la tête est presque rectiligne.
La glabelle est très-enflée. Elle porte dans les deux espèces connues, un sillon longitudinal plus ou moins marqué , et des sillons latéraux en nombre inégal. La suture faciale traverse obliquement le limbe frontal, un peu en avant de l’oeil, contourne le lobe palpébral, et à partir de son extrémité postérieure, elle diverge brusquement vers le contour latéral, qu’elle atteint un peu au dessus de l’angle gênai. La joue fixe est toujours enflée. La joue mobile formant un arc étroit, n’est connue que par le vide que sa chûte occasionne. L’oeil est uniquement représenté par le lobe palpébral, en forme d’arc de cercle saillant, comme un filet, et occupant plus de la moitié de la longueur de la tête. Il prend naissance au sillon dorsal, mais il est probable que la surface visuelle ne s’étendait pas sur la partie du filet qui traverse la joue fixe. La limite vers l’arrière est le sillon postérieur de la joue.
Le thorax se développe successivement, à partir de 2? jusqu’à 12? segmens. Laxe est saillant. Les plèvres suivent le type à sillon. Elles se terminent en pointe, plus prolongée dans les 2 premières que dans les autres.
Le pygidium qui se développe le dernier, est très-petit, et ne paraît être composé que de 2 segmens sur l’axe.
La surface du test est inconnue. — La faculté d’enroulement n’est pas constatée.
Les dimensions ne dépassent guères 4 m. m. de longueur, sur 2è m. m. de largeur.
Distribution verticale et horizontale. Les deux espèces connues appartiennent exclusivement à notre étage des schistes protozoiques C, et n’ont été trouvées que sur la bande de Skrey, associées avec les autres Trilobites de la Faune primordiale: Agnostus, Paradoxides fyc. fyc. Nous ignorons si les régions Siluriennes étrangères présentent des formes analogues.
Rapp. et différ. Le genre Hydrocephalus a beaucoup de rapports avec Paradoxides. — 1. par la forme de la tête, surtout si on compare Hydr. carens et Parad. inflatus. — 2. Par la forme et la position des yeux. — 3. Par la conformation des segmens thoraciques et le prolongement
GENRE HYDROCEPHALUS. BARRANDE.
extraordinaire de certaines plèvres. Nous distinguons Hydrocéphalies: 1. — par la suture faciale aboutissant au contour latéral, de sorte que la pointe génale reste attachée à la joue fixe, au lieu de faire corps avec la joue mobile comme dans l’autre genre. — 2. Par, le sillon longitudiual qui divise la glabelle. — 3. Par le nombre relativement beaucoup moindre des anneaux thoraciques, qui ne paraît pas s’élever au dessus de 12.
M. Corda prétendant sans motif, que nous avons fondé notre genre Hydrocephalus sur des exemplaires de Par. inflatus, établit deux genres Phlysacium et Phanoptes , chacun sur une de nos espèces à' Hydrocephalus.
. Nous CTOyons devoir maintenir l’unité de ce type générique, malgré les différences qui existent entre les deux formes connues, relativement aux sillons de la glabelle, et au nombre des segmens du corps.
En ce qui touche les sillons latéraux, on sait que leur apparition comme leur nombre, sont très-variables dans beaucoup de genres, et notamment dans celui des Paradoœides qui est le plus rapproché. , D’ailleurs, nous voyons nos deux espèces caractérisées par un sillon longitudinal, qui établit entr’elles un lien important, parcequ’il existe très-rarement parmi les Trilobites.
En second lieu, le nombre des segmens du thorax ne peut pas être définitivement fixé, aute d exemplaires assez développés et bien distincts. Pendant longtemps nous n’avons reconnu sur Hydr. carens que 6 a 7 anneaux, et plus récemment nous sommes parvenu à trouver des individus qui montrent 12 articulations. Or, les exemplaires connus de Hydr. Saturnoides sontune taille plus exigue, et cependant nous distinguons sur plusieurs exemplaires jusqu’à six .segmens. y a donc toute probabilité, que des individus plus complets nous permettront de compter un nombre de segmens rapproché de celui de l’espèce congénère.
Le chiffre des élémens thoraciques a d’ailleurs perdu beaucoup de son importance, comme caractère générique.
Nous ne trouvons donc aucun motif suffisant pour fonder deux genres aux dépens de celui que nous venons de décrire.