Proet. Bohemicus. Cord
1846. Proetus
concinnus.
Barr.
1846. Pr.
1847. Pr.
Bohemicus.
Cord.
Pr.
confusus.
Cord.
Not. prél. p. 73.
Unt. üb. Trilob. II. p. 27. PI. III. fig. 8. Prodr. p. 73. PL IV. fig. 43.
ibid. p. 73.
La tête est très-fortement bombée, par suite de l’enflure de la glabelle et de l’inclinaison des joues. Le contour extérieur est parabolique, mais très-rapproché d’un demi-cercle. Il est formé par un bord d’apparence très-variable. Tantôt il est étroit, épais au droit du front, comme un véritable bourrelet, et détermine à l’intérieur une rainure étroite et profonde. Tantôt au contraire il est aplati au droit du front et dans toute l’étendue de la joue, de sorte que la rainure intérieure est à peine marquée. Son prolongement à l’angle gênai n’est pas moins variable. Dans certains exemplaires, nous trouvons une pointe bien développée ; dans d'autres elle est petite ; dans certains d’entr’eux elle est rudimentaire, et enfin dans plusieurs elle est complètement nulle et l’angle paraît arrondi. Toutes ces variations se remarquent sur des individus qui nous offrent d’ailleurs une
concordance parfaite dans les autres caractères spécifiques, et que, pour ce motif, nous n’avons
pas cru devoir séparer les uns des autres. Le contour intérieur de la tête est un peu concave vers l’arrière. L’anneau occipital occupant sur l’axe plus d’étendue qu’un anneau thoracique, s’élève au niveau de la . glabelle, et porte un grain saillant au milieu. Le sillon occipital très-marqué et profond, se bifurque vers chacune de ses extrémités. La branche antérièure conserve la direction ordinaire; l’autre traverse obliquement le bout de l’anneau occipital, dont elle détache une partie triangulaire, formant un nodule arrondi aux angles. Le sillon postérieur des joues est très-prononcé ; le bord qu’il détermine est large, épais, et se raccorde avec le limbe latéral, pour former
la pointe génale, lorsqu’elle existe.
La glabelle figure un quart d’ellipsoide, dont le relief varie beaucoup suivant les individus. Dans certains d’entr’eux elle est aplatie, et ne dépasse pas le niveau des yeux; dans d’autres au contraire, elle est extrêmement enflée, et s’élève de beaucoup au dessus de ces organes. En même temps, le lobe frontal ordinairement déprimé, se tuméfie de manière à atteindre le bourrelet du bord, sur lequel il domine à pic. En comparant ces formes extrêmes, on serait tenté de les considérer comme appartenant à des espèces diverses, mais nous avons une suite nombreuse de têtes, qui établissent une série continue de passages entre ces deux limites. La lobation typique se voit très-bien sur quelques bons exemplaires. Les sillons sont marqués sur le test, par des impressions très-faibles , distinctes par une couleur foncée , sur la roche blanchâtre. Outre les trois sillons, nous trouvons de chaque côté, trois impressions isolées, ovoides, et de même couleur, dans le voisinage du sillon postérieur. Elles vont en diminuant graduellement de grandeur La première et la plus grande est située un peu en avant, la seconde un peu en arrière de l’extrémité intérieure de ce sillon ; la troisième est près du sillon occipital, de manière que l’ensemble forme une courbe convexe vers l’axe. Nous avons observé -des impressions auxiliaires semblables, dans Pr. neglectus.
Les sillons dorsaux très-distincts se réunissent devant la glabelle, en se fondant avec la rainure du bord.
La suture faciale suit le cours typique.
Les yeux médiocrement développés paraissent plus ou moins saillans par rapport à la glabelle, suivant l’enflure variable de celle-ci. Leur surface est complètement lisse, et couverte d’une cornée luisante. Sur les fragmens où la cornée est partiellement enlevée, nous voyons aussi le moule intérieur lisse. Le lobe palpébral sub-triangulaire ne couvre guères que la moitié
GENRE PRORTÜS. STEININGER.
de la saillie de la surface oculaire. Il s’étend depuis le sillon occipital jusqu’au droit du sillon moyen. La joue mobile est fortement inclinée en dehors. Elle est divisée par une courbe, horizontale, formant un bourrelet saillant, qui s’étend depuis le premier sillon de la glabelle, jusques derrière l'oeil, où elle aboutit au sillon dorsal. La surface de la joue mobile est ainsi séparée en deux zônes. La plus élevée et la plus étroite, est moins inclinée que la zône inférieure, et forme une espèce de gorge concave, au dessous de l’oeil.
L’hypostôme n’est pas connu avec certitude, car il n’a jamais été trouvé en place.
10 segmens au thorax, comptés sur un assez grand nombre d’exemplaires. L’axe saillant en demi-cercle occupe la même largeur qu’un lobe latéral. Ses anneaux présentent dans leur conformation cette particularité rare parmi les congénères, qu’ils se rétrécissent graduellement depuis le sillon dorsal jusqu’au sommet, laissant entr’eux une très-profonde rainure. Les plèvres se coudent presque à angle droit, avant le milieu de leur longueur. Leur sillon est profond, peu oblique, et disparaît entre le coude et l’extrémité arrondie et enflée. La bande postérieure est la plus large. La bande antérieure présente à un degré marqué, la saillie angulaire, qui s’appuie sur la plèvre précédente et la pénètre légèrement. À partir de ce point, commence l’imbrication qui s’étend jusqu’au bout du talus.
Le pygidium semi-circulaire est médiocrement bombé et entouré d’un limbe aplati, de plus en plus marqué et horizontal vers l’arrière, occupant un sixième de la longueur. L’axe très-saillant est aussi large que chaque lobe latéral. Il porte, même dès le jeune âge, neuf articulations distinctes, sur le test des meilleurs exemplaires; le moule en montre moins. Sur chaque anneau, un peu au .dessus du sillon dorsal, il existe une petite cavité, qui s’ouvre sur la rainure suivante. Ces cavités ne sont pas bien marquées sur tous les individus. On remarque de petites cavités semblables et placées de même, sur le pygidium de Proet. retroflexus. (PI. 15.) Les flancs doucement bombés nous montrent deux à trois côtes distinctes, chacune portant le sillon suturai et disparaissant au droit du limbe. Sur les plus grands exemplaires, on aperçoit en outre quelques autres traces de sillons rayonnans, entre les côtes et l’arrière. La demi-côte articulaire présente la saillie angulaire des plèvres. La doublure du test ne s’étend que sous le limbe marginal.
Le tèst souvent bien conservé est assez épais, et de la même couleur que la roche blanchâtre, qui le renferme. Nous trouvons toujours sur la glabelle et sur l’anneau occipital, une granulation égale, serrée, dont les grains deviennent plus gros avec l’âge, mais varient en dimensions suivant les individus. Dans les adultes, cette granulation s’étend aussi sur les joues, où elle devient très-apparente. Dans le jeune âge, les deux zônes de la joue mobile, et surtout la zône supérieure, sont parsemées de petites cavités, entre lesquelles on aperçoit des rudimens de granulation. A mesure que l’individu croît, les grains se développent et les cavités tendent à s’effacer, mais leur trace reste toujours perceptible. La courbe saillante qui sépare les deux zônes est granulée à tous les âges. Dans quelques jeunes exemplaires, on voit la joue entière complètement lisse. La surface du thorax et du pygidium ne nous montrent aucun ornement. Le limbe de la tête est orné de quelques stries saillantes, concentriques, surtout vers le front, et près de l’arête extérieure. Des stries semblables se voient sur la doublure de ce limbe et celle du pygidium.
La plupart des exemplaires complets sont enroulés en sphéroide.
Dimensions. Les grands individus ne sont jamais entiers. Nous évaluons leurs dimensions, d’après la tête et le pygidium: longueur, environ 70 m. m. largeur maximum, 50 m. m.
Gisemi. et local. Proet. Bohémiens caractérise notre étage calcaire moyen F, dans les bancs duquel nous l’avons trouvé: sur la montagne Kotis près Konieprus, aux environs de Mnienian, sur les collines qui s’étendent entre Bubowitz et Lodenitz , et à Slichow aux environs de Prague, c. à d. aux points extrêmes du bassin calcaire.
Rapp. et différ. Plusieurs espèces sont analogues à celle que nous venons de décrire; nous les distinguons par les caractères suivans :
1. Proet. complanatus. Barr. a -l’anneau occipital sans nodule. Les lobes latéraux de son pygidium forment une surface presque plane, et l’axe de cette partie n’a que cinq articulations.
2. Proet. Loveni. Barr. a les plèvres terminées par des pointes de longueur croissante; son pygidium a une forme concave.
o. Proet. intermedius. Barr. a aussi les plèvres terminées en pointe ; son anneau occipital ne porte pas de nodules aux extrémités ; le pygidium ne présente que 4 à S articulations sur l’axe, et il est dépourvu de limbe marginal.
Proet. granulatus. Goldf. espèce Dévonienne de l’Eifel, a les yeux de moitié plus gros , en comparant des individus d’égale taille. Son pygidium ne porte pas de limbe marginal. Les grains qui ornent la glabelle sont beaucoup plus forts, et incomparablement moins nombreux.
Proet. Cuvieri. Stein. autre espèce de l’Eifel, est lisse.
Proet. cornutus. Goldf. aussi Dévonien, a une longue et forte pointe à l’angle gênai. Ses plèvres ont l’extrémité aigue. L’axe du pygidium ne présente que cinq articulations. Enfin, l’axe de tout le corps est couvert d’une assez forte granulation, sur l’exemplaire que nous avons sous les yeux.
Proet. concinnus. Daim, (sp.) est sans doute très-rapproché, et nous avions cru d’abord pouvoir identifier avec lui l’espèce Bohême qui nous occupe. (Not. prél.) Mais nous trouvons, que M. Corda a eu raison de reconnaître cette dernière comme indépendante. Cette distinction dont il n’a pas indiqué les motifs, nous semble fondée sur les caractères suivants, que nous puisons dans la description de Lovén:
Proet. concinnus porte de longues et fortes pointes aux angles des joues ; les lobes latéraux sont de moitié plus larges que l’axe. Le pygidium n’a que cinq articulations sur l’axe, et les deux premières seules sont distinctes; sur ses bords, on voit des stries concentriques, figurant une sorte d’imbrication. Tous ces traits manquent à Pr. Bohemicus, qui en présente d’autres, étrangers à l’espèce Suédoise.