‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 247 sur 469 · Cyph. Burmeisteri. Barr · texte numérisé non relu

Cyph. Burmeisteri. Barr

Burmeisteri .

Barr. Not. prél. p.

1847. Conoparia

id.

Cord. Prodr. p. 83.

Gonop.

misera.

Cord. ibid. p. 82.

Conop.

rugosa.

Cord. ibid. ibid.

Conop.

verrucosa.

Cord. ibid. p. 83.

Conop.

glabra.

Cord. ibid. ib.

La tête est médiocrement bombée. Son contour extérieur se rapproche beaucoup d’un demi-cercle. 11 est forme par un limbe peu épais, presque horizontal, large d’environ un demi-millimètre, et uniforme depuis le front jusqu’à l’angle gênai. Ce bord se prolonge par une pointe ronde, un peu oblique, qui atteint quelquefois le milieu du thorax. A l’intérieur du bord, se trouve une rainure étroite, bien marquée. Le contour intérieur de la tête est un peu concave vers l’arrière.

La glabelle ovoide, médiocrement élevée, est plus large vers le front. Elle porte à sa base, de chaque côté, un petit lobe bien détaché, et qui n’atteint pas le niveau de la joue. Ce lobe occupe environ le tiers de la longueur de la glabelle. Le sillon occipital est étroit, bien prononcé. L’anneau occipital est assez fortement développé, mais il est loin de s’élever au niveau de la glabelle. La longueur qu’il occupe le long de l’axe, est plus grande que celle d’un anneau du thorax. 11 porte un petit grain médian.

Les sillons dorsaux profonds et assez larges s’unissent, en se rétrécissant autour du front. Ils laissent entr’eux et la rainure du bord une surface inclinée à 45°, et dont la longueur, suivant l’axe, équivaut à la moitié de celle de la glabelle.

Les joues forment ensemble, de chaque côté, une surface conoide, arrondie au sommet, qui s’élève presque au niveau du centre de la glabelle. Le bord postérieur de la joue fixe est très-étroit, en comparaison de l’anneau occipital, mais le sillon qu’il détermine, est très-marqué. La joue mobile s’incline à plus de 45° vers l’extérieur.

L’oeil situé près du sillon dorsal, et un peu en arrière du milieu de la glabelle, a une forme élevée, qui se rapproche du type ovoide. Sa surface visuelle, couverte d’une cornée lisse, nous permet d’apercevoir une fine réticulation. Le lobe palpébral demi' ovale, est incliné à plus de 45° et porte vers le sommet une ‘petite fossette.

La doublure sous frontale ne s’étend pas au delà du bourrelet formant le contour.

Le nombre des segmens du thorax varie suivant l’âge. Le chiffre minimum que nous ayons observe, est de 11, et le maximum de 15. Les individus qui présentent ce minimum, sont en général plus petits que ceux qui ont plus d’anneaux.

Entre les nombres minimum et maximum de segmens, tous les degrés de développement intermédiaires sont représentés. Nous avons donc sous les yeux des individus qui ont, 11, 12, lo, 14, 15 segmens. Nous sommes cependant très-surpris de la grande disproportion qui existe, entre les nombres des individus représentant ces divers degrés. Sur 100, nous comptons environ:

GENRE CYPHASPIS. BURMEISTER.

!à 11 segmens 1

Nous n’avons au'cune donnée pour expliquer cette extrême inégalité, et l’anomalie apparente qu’elle présente, par rapport aux Trilobites en général. On sait en effet, que dans la plupart des espèces, le nombre des jeunes individus que l’on recueille, est ordinairement plus petit que celui des adultes, tandisque Cyph. Burmeisteri nous offre un résultat tout opposé.

La métamorphose de cette espèce se réduit à la variation que nous venons de signaler, car nous ne remarquons, entre les limites connues, aucune modification sensible, dans l’aspect des autres élémens du corps.

L’axe occupe un peu moins du tiers de la largeur totale. Il est bien défini et saillant presque en demi-cercle. Ses anneaux sont séparés par des rainures bien marquées et leurs extrémités sont projetées en avant, sans être enflées. Les plèvres sont horizontales sur la moitié de leur étendue et se coudent ensuite, suivant un angle obtus. Le sillon est très-peu marqué près de l'axe, et s’approfondit en s’éloignant, surtout au droit du coude. Il divise la surface en deux bandes égales et se prolonge jusques tout près de leur extrémité arrondie. La bande antérieure présente, près du coude, la saillie angulaire déjà observée sur la plèvre de divers genres et nommément des Proetus.

Le thorax de cette espèce porte un appendice remarquable. C’est une longue pointe, presque cilindrique, qui, naissant sur le sixième anneau de l’axe, prend immédiatement une direction presque parallèle au corps, et se prolonge beaucoup au delà du pygidium. A la distance de 10 m. m. de son origine, son diamètre dépasse encore un demi-millimètre, et l’on peut évaluer la longueur totale, au moins à 20 m. m. On’ conçoit combien il est rare de trouver en place,

sur le fossile , un appendice si fragile et placé de cette manière. Mais on reconnaît constam¬

ment, sur le milieu du sixième anneau, l’arrachement de la pointe, lorsqu’elle a été enlevée, et cette circonstance explique pourquoi cet anneau seul est ordinairement brisé, lors même que tous les autres sont parfaitement conservés. Par exception , quelques exemplaires nous montrent la

pointe naissant au cinquième anneau, ce que nous expliquons, par le glissement de la tête sur le

premier segment thoracique, qui se trouve ainsi caché.

Nous avons remarqué sur l’axe de Cyph. Barrandei, une brisure constante sur le sixième anneau, et qui indique l'existence d’un semblable appendice.

Le pygidium est presque semi-circulaire, médiocrement bombé, et entouré d’un petit limbe horizontal, qui s’efface quelquefois au droit de l’axe. Celui-ci est médiocrement saillant et n’occupe pas plus du quart de la largeur totale. Il se prolonge jusques très-près du limbe, et montre de quatre à. huit segmens. Dans la plupart des exemplaires, on ne distingue que les quatre ou cinq premiers, après lesquels il y a un espace dont la division est rarement distincte. Le nombre des segmens visibles ne varie pas en proportion du chiffre des segmens du thorax. Chacun des lobes latéraux présente de deux à quatre côtes, qui s'étendent jusqu’au limbe. Elles sont séparées par des rainures intercostales prononcées , et on aperçoit le sillon suturai sur toute leur longueur.

Plusieurs exemplaires nous donnent lieu de penser, que l’augmentation du nombre des segmens thoraciques se fait par le développement des segmens du pygidium. Nous voyons en effet, dans ce dernier, le segment antérieur paraissant presque détaché des autres, sur la majeure partie de son étendue, mais encore soudé par ses extrémités au limbe du contour. Nous apercevons même dans un individu, le genou articulaire déjà formé et libre, au" second anneau de l’axe du pygidium, indiquant la prochaine séparation du premier.

Le test a une épaisseur qui dépasse à peine un huitième de millimètre. Sa surface, sur la tête, nous offre beaucoup de variations, sous le rapport des ornemens. Tantôt elle' est lisse, ou seulement semée d’un petit nombre de grains, épars sur la nuque de la glabelle; tantôt au contraire, elle est couverte d’une granulation forte et serrée. Entre ces deux apparences extrêmes, nous trouvons beaucoup de gradations intermédiaires, suivant les localités, les divers bancs, et les individus eux-mêmes. Cependant, nous ne saurions établir aucune limite, ni distinction certaine, entre ces diverses modifications, dans le but de discerner des espèces différentes. Lorsque la granulation existe, elle se montre principalement sur l’arrière de la glabelle, ses lobes et la partie voisine de la joue. Elle n’existe jamais dans les sillons dorsaux, ni sur le limbe. Trèsrarement, nous la trouvons sur la partie antérieure de la glabelle et des joues. Dans la plupart des cas, la joue mobile est lisse. Elle montre quelquefois un réseau de nervures très-faibles, qui rayonnent à partir de l’oeil, et entre lesquelles on discerne de très-petites cavités. Cette apparence a aussi lieu sur la joue fixe, lorsque la surface est parfaitement conservée;- mais il faut toujours employer le secours de la loupe, pour apercevoir ces ornemens. Le thorax est complètement lisse, aussi bien sur l’axe que sur les plèvres. Au contraire, l’axe du pygidinm et les lobes- latéraux sont toujours ornés de petits grains, formant une série sur chaque bande costale. Nous remarquons quelquefois les mêmes séries, sur les dernières plèvres du thorax, ce qui semblerait confirmer ce que nous avons dit ci-dessus, au sujet de leur origine.

La faculté d’enroulement est constatée par un assez grand nombre d’exemplaires.

Dimensions. Les individus les plus jeunes, c. à. d. ceux qui ont 11 segmens thoraciques, ont environ 16 m. m. de longueur, sur 10 de largeur. Les plus grands individus de 13, 14 ou 15 segmens, ont 24 m. m. de longueur, sur 18 de largeur.

Gisern',,. et local. Cette espèce a fait une apparition dans notre étage des quartzites D, avec

quelques autres, dont le développement n’a eu lieu que plus tard. En effet, nous avons trouvé une

glabelle de Cyph. Burmeisteri près de Béranka, entre Prague et Béraun, dans la colonie de Motol, c. à. d. dans un dépôt de schistes à Graptolites avec sphéroides calcaires, enclavé dans la formation puissante, que nous nommons, Schistes très-micacés. Cette apparition paraît avoir été trèscourte, et limitée au dépôt des schistes à Graptolites, car nous ne retrouvons à aucune autre

hauteur de l’étage D, ni cette espèce, ni celles qui l’accompagnent, telles que Cardiola fibrosa,

Gard, gibbosa, Orthoc. originale, Orth. sub-annulare fyc. Toutes ces espèces ont reparu ensemble, à l’époque du dépôt de notre étage calcaire inférieur E, qu’elles caractérisent. Gyph. Burmeisteri se présente dans beaucoup de localités, telles que : Dworetz, Butowitz, Wohrada, Tachlowitz, Lodenitz, St. hvan, les collines de Listice, les rochers de Kozel, la montagne Dlauha Hora, Kolednik, sur les hauteurs entre Konieprus et Mnienian, à Borek, Lochkow, le vallon de Slivenetz, &c. On peut remarquer, que ces gîtes forment une ligne, qui embrasse le contour de notre division supérieure, ou sa base géologique. Cyph. Burmeisteri doit donc être considérée, comme un des fossiles les plus caractéristiques de cet horizon important, séparant les deux divisions Siluriennes.

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