Areth. nitida. Barr
4 846. Arethusa nitida. Barr. Nouv. Tril. p. 14.
La tête et le thorax nous sont inconnus.
Le pygidium est en forme de demi-cercle; la largeur double de la longueur. L’axe trèsfortement bombé occupe environ les deux tiers de l’étendue de chacun des lobes latéraux. Il porte cinq articulations très-distinctes ; ses anneaux sont séparés par des rainures assez profondes. Le dernier segment s’efface avant d’atteindre la bordure plate qui forme le contour extérieur. Les lobes latéraux sont assez fortement coudés à partir du milieu de leur étendue. Chacun d’eux nous permet de reconnaître cinq côtes distinctes, qui présentent la particularité déjà observée au sujet de l’espèce typique, savoir: que les sillons tracés sur le sommet des côtes sont aussi prolongés et aussi prononcés que ceux qui séparent celles-ci. Les uns et les autres disparaissent en atteignant le limbe plat et étroit du contour.
La surface du test est couverte d’une assez forte granulation, également répandue et serrée, sur l’axe et sur les flancs. Le bord seul paraît lisse.
Dimensions., Longueur du pygidium: 3 m. m., largeur perpendiculaire à l’axe: 6 m. m.
Gisem’a. et local. Nous possédons seulement un exemplaire de ce pygidium, provenant des rochers de Kozel, aux environs de Béraun, et appartenant à notre étage calcaire E. Cette espèce accompagne sa congénère Ar. Konincki dans cet horizon; mais elle n’a jamais été trouvée dans l’étage D.
Rapp. et dijfér. Nous distinguons le pygidium décrit ci-dessus, par sa forme beaucoup moins large que celle de l’espèce congénère, et en second lieu, par la granulation très-prononcée dont il est orné, tandisque le corps et le pygidium d 'Ar. Konincki sont complètement lisses, dans tous les individus observés.
Genre Phacops. Emmrich.
Echinites? Zeno.
T rilobil es. Knorr. Schlottheim. Quenstedt.
Calymene (partïrn.J Brongniart. Honinghaus. Sternberg. Dalman. Holl. Pander. Steininger. Gotdfuss. Fr. Ad.
Romer. Green. Bronn. Hisinger. Buekland. Milne-Edwards. Boeck. Murchison. Eichwald. Phillips. Archiac et Verneuil. Munster.
Phacops (partim.) Emmrich. v. Buch. Goldfuss. Burmeister. Portlock. C. F. Romer. Pictet. Geinitz. Murchison.
Verneuil. Keyserling. Barrande; Corda. Richter. Sandberger.
Aperçu historique.
Nous restreignons le genre Phacops, de manière à comprendre uniquement les espèces conformées suivant le type de Phac. latifrons. Bronn. Nous réunirons dans le genre Dalman ia les formel qui se groupent autour des types Ph. caudatus, Ph. Hausmanni, fyc.
Cette distinction générique a été indiquée par Emmrich, dans sa seconde classification. Voir ci-dessus, (p. 322.) On peut dire qu’elle existait dans la science, avant l’établissement du genre Phacops. En effet, nos devanciers guidés par ce qu’on nomme le fades ou habitus , avaient généralement classé les formes diverses dont nous proposons la séparation générique, dans deux genres différens : Calymene et Asaphus. C’est ce que le lecteur reconnaîtra aisément, en parcourant l’analyse de tous les documens historiques, que nous donnons successivement, pour les types Phacops et Dalmania , tels que nous les limitons.
GENRE PHACOPS. EMMRICH.
1770. Le Père Jésuite Zéno, Professeur de Mathématiques à l’université de Prague, décrit sous le nom à'Echinitesl la première forme connue, et provenant des carrières des environs de cette ville. C’est une tête isolée, dont le dessin ne permet pas de reconnaître les caractères spécifiques, mais qui appartient indubitablement au groupe de Phac. lalifrons , et parconséquent au genre Phacops tel que nous le concevons. (New, Physih. Belustig. vol. I. p. 68.)
1771. Walch figure dans Knorr une autre forme du même groupe. f Knorr . Suppl PI. I. I îg . 4 et 5. Teste Burm.)
1822. Brongniart classe parmi les Calymene une forme voisine de Phac. lalifrons, et provenant de Coal-Brook-Dale.. Il la réunit sous un même nom spécifique, Calym. macrophtalma, avec une espèce différente, f Dalmarda ) de la Hunaudière, en France-, Sa description ne se rapporte, il est vrai qu’à cette dernière, mais comme les deux formes sont également figurées dans ses planches, les auteurs qui ont suivi, ont pour la plupart appliqué erronément le nom spécifique à l’espèce réellement non décrite dans le texte. De là sont nées beaucoup de méprises. (Crust. foss. p. 16.)
En même temps, Brongniart classe parmi les Asaphus trois formes: As. caudatus Brünn. Sp. As. mucronatus Brongn. et As. Hausmanni Brongn. On reconnaît, dans cette classification du savant Français l’influence de l’apparence générale, et de la conformation de ces divers Trilobites. Cette séparation étant bien fondée dans la nature, a sçrvi de base au travaux de tous les paléontologues qui onf suivi. Ces trois formes réunies aux Phacops par Emmrich en 1839, en ont été séparées par le même savant, en 1845, dans sa seconde classification, pour former le s. genre Dalmania.
1823- Schlottheim énumère sous le nom de Trilobites macrophtalmus , l’espèce Rhénane qui plus tard est devenue Phac. latifrons, type du genre. f Nachtr . II. 15. 34. teste Burin.)
1824- Hôninghaus décrit à plusieurs reprises la même espèce Rhénane,, sous le même nom Calym. macrophtalma. Il en fait connaître les yeux réticulés, fin JSogerr. Rheinl. u. Westph. 291.) f Isis . 1824. 464. 534. 986. PL 5. fig. 1—4.) fins. 1830. 95. PL I. fig. 2.)
1825- Le Prof'. Bronn décrit et figure sous les noms de Cal. latifrons et Cal. Schlottheimi, la même espèce de l’Eifel, dont nous venons de parler, et il en constate la différence spécifique par rapport à Cal. macrophalma Brongn. fLeonh. Zeitschr. min. 317. PL 2. fig . 1 — 8.)
. 1825. Le C? Sternberg réunit sous le noms de Trilob macrophtalmus , trois formes diverses, dont deux provenant de la Bohême, et une de Westphalie, mais appartenant bien toutes les trois, au type de Phac. lalifrons. Ce savant, tout en observant l’erreur commise par Brongniart, maintient cependant le nom spécifique à celle des deux espèces à laquelle la description de l’auteur Français ne se rapporte pas. fVerh. des vaterl. Mus. p. 75. PL I. fig. 1. 2.)
1826- Dalman admettant la distinction établie par Brongniart, classe comme lui parmi les Calymene, les formes suivantes : Cal. macrophtalma. Brong. Cal. latifrons Bronn. Cal. Schlottheimii. Bronn. et Cal. protuberans. Daim. c. à d. toutes les espèces qui appartiennent à un même groupe, tandisqu’il continue à laisser parmi les Asaphus, les espèces conformées suivant le type différent As. caudatus. fPalaead. p. 63.)
1829- Holl reproduit le travail de Dalman. fPetref. p. 156.)
1831- Steininger ' décrit sous les noms de Cal. Brongniartii , Schlottheimii, Latreillei, des formes de l’Eifel vraisemblablement identiques avec Phac. latifrons. f Mém . Soc. géol. de France. Vol. I. p. 350: PL 21. fig. 4.)
1832. Goldfuss énumère les espèces connues, sous les noms déjà cités. fDechens Handb. der Geogn. Delabêche. p. 538.)
1833. Green fait connaître parmi les formes de l’Amérique septentrionale, Cal. Bufo , que nous reconnaissons appartenir au type de Phac. latifrons. fMonogr. of the Tril. of N. Amer.)
1835. Bronn reproduit sous la dénomination de Cal. macrophtalma Brongn. la même espèce de l’Eifel qu’il avait lui-même si justement distinguée en 1825, sous le nom de Cal. latifrons,
adopte déjà par beaucoup d autres savans. Il resuite de cette erreur une nouvelle confusion dans la nomenclature. ( Leth . geogn. 1. p. 111. )
1837. Buckland donne, d’après Honinghaus, la description de l’oeil de l’espèce Rhénane. (PL latifrons.) ( Geol . and Miner, p. 348. PI. 45.*J
1837- Quenstedt observe: que tous les Trilobites ayant onze segmens thoraciques , portent toujours de gros yeux composés, couverts dune cornee réticulée, et que réciproquement, aucun des Trilobites pourvus d'yeux semblables, ne montre un nombre différent d’anneaux au thorax. D’après cette observation, ce savant rapproche dans son groupe des Trilobites à 1 1 segmens thoraciques, des formes que tous les paléontologues avaient jusqu’alors séparées : d’un côté Tril. macrophtalmus. Brong. = latifrons Bronn. avec Cal. Bufo. Green, et de l’autre côté: Tril. caudatus Brünn. Cal. sclerops. Daim. &c. &c
La remarque de Quenstedt, très-juste, si l’on considère l’ensemble des faits connus à l’époque où elle a été publiée, est devenue la base sur laquelle le genre Phacops a été créé deux ans plus tard. Par une extension très-naturelle, elle a aussi donné naissance à la loi admise par beaucoup de savans, relativement à la constance du nombre des segmens, dans le thorax de tous les Trilobites d’un même genre. Si les faits acquis à la science depuis cette époque, nous forcent à apporter des restrictions à cette observation elle-même, et encore plus aux déductions postérieures qui en ont été tirées, nous n’en reconnaissons pas moins le mérite de l’habile paléontologue auquel nous la devons. (Wiegm. Arch. Hft. III. p. 337.)
1839. Murchison décrit et figure sous les noms de Cal. macrophtalma et Cal. tuberculata, deux formes du terrain Silurien Anglais, qui paraissent également appartenir au type de Phac. latifrons. (Sil. Syst. p. 655. 656. PI. 14. fig. 2 et 4.)
1839- Le Profr. Emmrich fonde le genre Phacops, dont les caractères principaux, rangés d’après leur importance relative, sont: — 1. Le cours de la suture faciale, aboutissant p'a/ sa branche postérieure au bord latéral de la joue. — 2. Le grand développement des yeux réticulés.. — 3. Le nombre onze des segmens thoraciques. Ce nombre n’est cependant indiqué qu’avec doute.
L’auteur de ce genre prend d’ailleurs pour type Cal. macrophtalma Brongn. = Cal. latifrons Bronn. et il établit deux sections fondées sur la distinction naturelle, qui avait jusqu’alors entraîné les savans, à classer certaines formes parmi les Calymene et d’autres parmi les Asaphus. Cette distinction formulée par Lmmncb, repose sur ce fait: que dans les espèces de la première section A, le lobe frontal de la glabelle est très-développé et atteint presque le bord postérieur, tandisque les lobes latéraux sont presque nuis. Au contraire, dans la seconde section B, le lobe frontal et
les lobes latéraux au nombre de 2 à 3 de chaque côté, sont grands.
Cette distinction aurait certainement paru insuffisante au savant Emmrich, s’il avait observé sur les formes de la première section, les sillons latéraux de la glabelle, dont il ne fait aucune mention. Ces sillons ne se distinguent pas en effet, sur la plupart des exemplaires de l’espèce typique, PL latifrons , mais nous les retrouvons sur quelques uns, et ils sont d’ailleurs très-faciles à reconnaître, sur la plupart des formes de Boheme, qui suivent ce type. Or, si l’on considère ces sillons, le plus souvent superficiels, il est vrai, et sans profondeur, la grandeur des lobes latéraux qu’ils indiquent, diffère à peine de celle des lobes correspondans des Trilobites de la seconde section. Cette distinction entre les deux groupes se réduit donc à la profondeur plus ou
moins grande des sillons latéraux, et elle perd la majeure partie de son importance (De Trilob. Dissert. p. 18.)
1840. Le Profr. Eichwald fait connaître l’existence, à Odinsholm et en Esthonie, d’une espèce qui semble appartenir au groupe de Phac. latifrons, et qu’il assimile à Cal. macrophtalma. (Urw. Russl. I. p. 22.) (ibid. II. p. 66.)
1840. Le CLC. Münster décrit et figure sous les noms de Cal. laevis, et Cal. granulata, deux espèces de la Franconie, conformées comme PL latifrons. (Beytr. III. p. 36. PI. V. fig. 3 et 4.)
GENRE PIIACOPS. EMMRICH.
1840. Milne-Edwards ne connaissant pas les travaux d’Emmrich, reproduit les espèces déjà publiées, avec les dénominations antérieures à la fondation du genre Phacops. (Crust. vol. III.)
1840. Léop. de Buch décrit comme Phac. macrophtalmus un Trilobite des environs de St. Pétersbourg, qu’il identifie avec Zeth. uniplicatus. Pand. ( Beytr . Russl. p. 49.) Mais d’après une observation récente du Dr. Volborth, Zeth. uniplicatus n’appartiendrait pas au genre Phacops. ( Verh . d. k. Min. Ges. 1847.)
1841. Phillips décrit et figure sous les noms de Cal. laevis, C. granulata et C. Latreillei, trois formes du groupe de Ph. latifrons. (Pal. foss. Dev. p. 129. PL 55 et 56.)
1842. Le Vif. d’Archiac et de Verneuil énumèrent les espèces connues, en conservant le nom de Calymene à ceux des Phacops qui suivent le type de Ph. latifrons. (Foss. of the Rhen. Prov. in Trans. geol. soc. London, vol. VI. p. 381.)
1843. Goldfuss, dans sa classification générale des Trilobites, restreint le genre Phacops à celles des espèces qui suivent le type de Cal. macrophtalma = Ph. latifrons. Considérant la glabelle non lobée comme caractère fondamental de ce type, qui correspond à la section A du Prof. Emmrich, il classe dans les genres Aca'ste et Asaphus toutes les espèces à glabelle lobée, suivant le type As. caudatus, c. à d. les formes -composant la section B du genre Phacops tel qu’il avait été fondé. Cette division suivant nous très-juste, en ce qui touche l’indépendance générique du groupe de Phac. latifrons , n’a pas été cependant adoptée par les auteurs qui ont suivi. — 1. parceque la haute importance attachée a la conformité du nombre des segmens thoraciques, et au développement des yeux, a ramené le groupe de As. caudatus dans la position que le Prof1. Emmrich lui avait d’abord assignée. - — - 2. Parceque Goldfuss n’avait pas bien saisi dans la tête de Phac. latifrons et de ses semblables, le véritable caractère qui les sépare de Ph. caudatus, de sorte qu’aucun obstache réel ne s’opposait à la juxtaposition des deux groupes, dans un même genre. (N. Jahrb. fur Miner)
1843. Fr. Ad. Rômer décrit et figure sous le nom de Cal. Jordani , une espèce du Harz qui appartient au type de Ph. latifrons. (Harz. p. 37. PL XL fig. 4.)
1843. Le Prof. Burmeister ayant fait sa classification des Trilobites, avant de connaître celle de Goldfuss, adopte le genre Phacops tel qu’il avait été fondé, en établissant comme Emmrich deux sections principales, d’après les types : Ph. latifrons et Ph. caudatus. Il reproduit la description des espèces connues. ( Organ . der Trilob. p. 105 et suiv.)
1843. Le Capte. Portlock, suivant les principes posés par Emmrich, décrit sous le nom de Phac. tuberculatus une espèce Irlandaise, qu’il assimile à Cal. tuhercidata Murch. et qui nous paraît appartenir au type de Phac. latifrons. Les autres Phacops de ce savant semblent tous suivre le type Ph. caudatus. (Rep. Geol. Londond. p. 284. PL II. fig. 10.)
1844. G. F. Rômer énumérant les fossiles de l’Eifel, établit distinctement la synonimie de Phac. latifrons. (Rhein. Ubggeb. p. 81.)
1845. Le Prof Emmrich réforme lui-même son genre Phacops, en restreignant ce nom au groupe de Phac. latifrons. Il propose le nom de Dalmania, pour le groupe de As. — Phac. caudatus. Cette division à laquelle nous reviendrons ci-après, paraît, avec peu de modifications, pouvoir satisfaire aux ’exigeances actuelles de la science. (N. Jahrb. f. Miner. Heft. 1.)
1845. Sir Rod. Murchison, de Verneuil et le C'A Keyserling énumèrent avec doute Phac. macrophtalma — latifrons parmi les fossiles Siluriens des environs de St. Pétersburg. (Russie et Oural, p. 395.)
1846. Le Prof. Geinitz reproduit le genre Phacops, d’après Burmeister. ( Grundr.d . Verst. p.228.)
1846. Le Prof. Pictet reproduit également le même genre, d’après Burmeister. (Traité Elém.
de Paléont. p. 74.)
1846. M. Marie Rouault décrit sous les noms de Phac. macrophtalmus, Downingiae, longicaudatus et Dujardini quatre formes découvertes par lui en Bretagne, et dont aucune ne semble
appartenir au groupe de Phac : lutifrons. Toutes paraissent se rattacher aux Dalmanio, (Bull. Soc. g col. France. 2l Sér. IV. 309.)
1846. Dans nos deux Notices, publiées durant le cours de cette année, nous suivons la classification dEmmnch et de Burmeister, comme remplissant suffisamment le but que nous nous proposions, en donnant nos premières indications, relatives au terrain Silurien et aux Trilobites de Boheme. Parmi les formes alors décrites par nous, les 9 suivantes appartiennent au type de Phac. 'atifrms savoir: fecundus, bulliceps, trapeziceps, Glockeri, intermedius, brevicep s, prohiber ans, Bronni, Homnghausi. Plusieurs de nos descriptions, notamment celles de Phac. fecundus, et Pli. intermedius constatent l’observation des sillons latéraux, jusqu’alors non aperçus, sur la surface de la glabelle. (Not. prélim. et Nouv. Trilob.J
1847. M. Corda établit quatre types génériques, aux dépens du genre Phacops, tel qu’il avait ete décrit par Burmeister, savoir: Phacops, Odontochile, Asteropyge et Metacanthus. D’après e principe fondamental de la classification du Prodrôme, les deux premiers de ces genres ayant le contour du pygidium uni, font partie de la division des Telejurides, tandisque les deux derniers ayant .le bord du pygidium dentelé, appartiennent à la division des Odonturides. Les genres Asteropyge et Metacanthus représentent, l’un Phac. punctatus Stein. = Phac. Arachnoïdes , Hôningb.
autre 7 /i«c. Stellifer Burm., deux espèces que Burmeister avait à bon droit groupées avec Ph. caudatus.
1849. Bemhard Richter décrit et figure sous les noms de Phac. limbatus, et cryptophtalmus deux formes du Thuringer Wald. (Beytr. zur Pal. des Thur. Wald. p. 20. PL II.)
1850. Les docteurs Sandberger décrivent et figurent PA. latifrons et Ph. cryptophtalmus.de la contrée de Nassau. fVerst. d. Bhein. Sch. Syst. Nassau. I. p. 15. PL 1.)
1850. Le Prof. Mac Coy étendant les limites du genre Phacops Emmr. le subdivise en quatre sous-genres : Phacops, Emmr. Odontochile Cord. Chasmops M’Coy et Portlockia M’Coy. Les définitions qu’il donne de chacun d’eux dans sa classification, sont, trop laconiques pour nous, permettre de bien distinguer les formes qui sont comprises entre les limites du. type Phacops, tel que nous le concevons. (Ann. and Mag. Nat. Hist. Ser. 2. vol. IV. p. 399.)
Délimitation du genre Phacops.
Voyons d’abord si le démembrement de l’ancien genre Phacops, opéré dans le Prodrôme, satisfait aux nécessités de la science.
Phacops amendé par M. Corda contient les espèces dont l’hypostôme a un bord uni, et dont le pygidium est relativement petit et pauci-segmenté.
Odontochile renferme les formes qui ont un hypostôme à bord dentelé, et un grand pygidium multi-segmente. Nous faisons abstraction des deux genres Asteropyge et Metacanthus qui rentrent dans celui-ci. (Voir ci-après, Dalmania.)
Les dix formes décrites comme Odontochile dans le Prodrôme, appartiennent toutes au type de Phac. caudatus et nous aurons l’occasion de discuter ailleurs leurs droits à l’indépendance spécifique. Toutes ont en effet un grand pygidium; mais qui pourrait affirmer que leur hypostorne est egalement orné de pointes? Cette pièce est encore inconnue pour la plupart d’entr’elles. Le caractère principal sur lequel repose l’adjonction de ces espèces au genre Odontochile, est donc encore a l’état d’hypothèse.
Les 34 formes qui, suivant M. Corda, représentent son genre Phacops, en Bohême, devraient selon sa définition générique, avoir toutes un hypostôme dénué de pointes sur le contour.
' '' ieureusement il n en est rien , et un assez grand nombre d’entr’elles nous montrent ' cet ornement, tandisque d’autres en sont privées. Ce fait, échappé à l’observation de M. Corda, annule le caractère qu’il considère comme le plus important, dans la distinction de ses Phacops et Odontochile. M. Corda divise d’ailleurs ses Phacops en deux sections A et B. La première contient les especes du groupe de Phac. praevus. Emm. La seconde comprend toutes les formes analogues a / hac. latifrons. Ces deux sections ne sauraient rester réunies dans un môme genre, par la raison que le groupe de Phac. proaevus se rattache beaucoup plus naturellement à celui’ des Dalrnama, comme nous le démontrerons ci-après.
GENRE PHACOPS. EMMRICH.
En somme, les coupes faites par M. Corda parmi les Phacops , sont loin d’être satisfaisantes et nous font de plus en plus sentir l’opportunité d’une distinction à établir, entre deux groupes naturels, qui ont été admis par nos devanciers, sans avoir été jusqu’ici suffisamment définis. C’est ce que nous allons essayer de faire.
La distinction cherchée nous paraît simple et aisée à reconnaître, en comparant deux espèces qui présentent nettement les caractères bien développés des deux types. Le hazard veut, que Phac. latifrons montre rarement, d’une manière bien claire, les traits dont nous avons à constater l’existence. Nous prendrons donc pour exemple la tête de Phac. intermedius (PL 22) ou de Phac. Sternbergi (PI. 20), sur lesquelles la conformation typique est parfaitement développée. Nous mettrons ces têtes en parallèle avec celle de Phac. caudatus, que tout le monde connaît, (Burm. Organ der Trilob. PL IV. fig. 9.J Au défaut de cette espèce, le lecteur pourra considérer une de celles du même groupe, comme Daim, spinifera , sur notre planche 29.
La glabelle de Phacops intermedius porte, de chaque côté, trois sillons latéraux distincts. Le sillon antérieur est très-oblique à l’axe, et presque parallèle au sillon dorsal, qu’il atteint sous un angle très-aigu , vis-à-vis l’extrémité antérieure de l’oeil. Vers le bout de ce premier sillon, nous apercevons le sillon moyen, et un peu plus loin vers l’arrière, le sillon postérieur, parallèles entr’eux, et presque perpendiculaires à l’axe. Le dernier sillon est très-rapproché de la base de la glabelle. Sur la glabelle de Phac caudatus, nous retrouvons aussi trois sillons latéraux, très-analogues par leur direction à ceux que nous venons de décrire. Seulement, au lieu d’être légèrement marqués, sous la forme linéaire, comme dans Pli. intermedius, ils sont profonds et assez larges. Cette différence ne serait pas de nature à détruire l’affinité entre les deux groupes. Mais si nous procédons à partir du sillon postérieur vers l’arrière, dans Phac. caudatus, nous voyons que le sillon le plus voisin est déjà le sillon occipital. H n’en est pas de même dans Phac. intermedius. Le troisième sillon de la glabelle n’est pas immédiatement avoisiné vers l’arrière, par le sillon occipital. Nous trouvons dans l’espace qui les sépare, un autre sillon, semblable au sillon occipital et derrière lui un autre anneau, semblable et -parallèle à l’anneau occipital.
En d’autres termes: la tête de Phac. caudatus ne nous montre que trois sillons latéraux non compris le sillon occipital; au contraire, la tête de Phac. intermedius présente quatre sillons, indépendamment du sillon occipital.
Nous désignerons à l’avenir ce quatrième sillon et l’anneau qui le suit, par le nom de sillon et anneau intercalaires.
Si l’on évalue maintenant le nombre des segmens composant les deux têtes comparées, comme le Prof. Beyricb l’a fait pour les Cheirurus , (Üb. Bôhm. Tril. p. 10J, il est clair, que nous devons admettre dans la tête de Phac. intermedius un segment de plus que dans celle de Phac. caudatus. Ce segment correspond aussi vraisemblablement à une paire d’appendices de plus, quelle que fût leur fonction, autour de la bouche. Voilà donc une différence notable entre les deux types, et il nous reste à examiner, si elle offre dans tous les cas un moyen infaillible de distinction.
Or, après avoir passé en revue toutes les espèces citées dans l’esquisse historique qui précède, comme appartenant au groupe de Phac. latifrons, nous retrouvons sur toutes l’anneau et le sillon intercalaires, tandisque l’un et l’autre manquent toujours, dans les espèces classées par Emmrich et Burmeister dans le groupe de Phac. caudatus.
Le sillon intercalaire s’étend constamment entre les deux sillons dorsaux, sans interruption, et forme la limite de la glabelle proprement dite La forme de l’anneau intercalcaire varie d’une espèce à l’autre, c. à d. qu’il est plus ou moins développé, comme' tous les traits de la conformation, dans les limites d’un même genre. Phac. latifrons, le type du groupe, est précisément une des formes qui présentent le moindre développement de cet anneau , cependant très-reconnaissable sur tous les exemplaires, même sur ceux qui sont dépouillés de leur test. Dans ce cas, il a l’air d’une protubérance transversale, placée entre l’anneau occipital et la glabelle.
L anneau intercalaire est ordinairement accompagné de chaque côté , d’un nodule plus ou moins prononcé, comme celui qu’on trouve aux extrémités de chacun des anneaux de l’axe et de l’anneau occipital; circonstance qui montre l’homogénéité de ces élémens.
Quant à l’existence des trois sillons de la glabelle, nous avons déjà dit, que nous avons sous les yeux des exemplaires de Ph. latifrons, qui nous les montrent très-distinctement. Nous sommes même étonné, qu’ils aient constamment échappé à l’observation de tant de savans qui ont décrit cette espèce, car nous n’en voyons la trace dans aucune figure à notre connaissance. Cette circonstance nous explique aussi, comment ces sillons ont été négligés par les auteurs qui ont décrit d autres espèces du même groupe. Nous avons été assez heureux pour pouvoir constater leur présence, sur la plupart des espèces de notre terrain, dont on peut parcourir les figures sur les Planches.
Il existe cependant parmi ces espèces, un petit groupe composé de Phac. Glocheri, Phac. trapeziceps, Ph. bulliceps (PI. 22.) dont la glabelle paraît avoir seulement deux sillons de chaque côté, par suite de la fusion des sillons antérieur ■ et moyen, qui s’unissent par leurs extrémités contiguës. Dans ce cas, nous retrouvons toujours le sillon et l’anneau intercalaires, avec leur forme et leur position normale, ainsique les nodules ordinaires aux extrémités de l’anneau. Le caractère principal du type Phacops, tel que nous le concevons, subsiste donc dans ce petit groupe.
Après avoir expliqué, le signe distinctif auquel on peut toujours reconnaître ce que nous nommerons un Phacops, nous rappélerons, que nous avons adopté le nom de Dalmania, Emmr. pour les espèces exclues de ce genre, et qui suivent le type de As. = Phac. caudatus. Nous aurons occasion, ci-après, • dans l’article Rapp. et différ. de faire remarquer au lecteur d’autres caractères accessoires, qui séparent les Phacops des Dalmania.
Le genre Phacops, dans les limites que nous venons de lui assigner, correspond: — 1. au genre Phacops tel qu’il a été conçu par le Profr. Emmrioh en 1845, en éliminant cependant les espèces telles que Ph. proavius, et Phac. Downingiae, que nous rattachons aux Dalmania. — 2. à 1 ensemble du genre Phacops amendé par Goldfuss; — 3. à la section A des Phacops de Burmeister; 4. à la section B des Phacops de M. Corda. Il est bien entendu, que dans cette comparaison, nous faisons abstraction de quelques formes hétérogènes, qui ont été erronément associées au groupe de Phac. latifrons, par les auteurs cités. Les principales espèces étrangères à la Bohême, dans lesquelles nous reconnaissons le caractère de nos Phacops, sont les suivantes :
Terrain.
Dévon.
Dévôn.
Sil. sup.
Sil. sup.
Dévon.
Dévon?
Dévon.
Dévon.
Sil. sup.
■Sil. inf.
Ph. latifrons. . . Bronn.
Ph. protuberàns. . Daim.
Ph. bufo. . . . Green. =
\Ph. macrophtalmies? Murch. — I Ph. tuberculalus. . Murch. = {Ph. laevis. . . . Münst. =
j Ph. granulatus. . Münst. == Ph. Jordani. . . Rom. —
Ph. tuberculatus? . Murch.
!' Ph. Cryptophtalmus. . Emmr.
Ph. limbatus. . . Richt.
Ph. Cryptophtalmus. Sandb.
! Ph. Stockesii. . . M. Edw. —
connu sous beaucoup de dénominations diverses : Cal. macroph- • talma, Schlotthemii, Latreillei $c. §c. (Voir. C. F. Rom. Rhein. Übggeb. p. 81.)
Calm. protuberans. Daim. (Palae . p. 63.) (Sternb. Verh. des Val. Mus. p. 77. PL I. fig. 2. A. R. C. 1825.
Cal. Bufo. Green. Monogr.
Cal. macrophtalma? Sil. Syst. p. 655.- PI. 13. fig. 4.
Cal. tuberculata. Murch. ibid. p. 656. PL 14. fig, 2.
Cal. laevis. Münst. ( Beitr . III. p. 36. PL V. fig. 3.)
Cal, granulata. Münst. (ibid. fig. 4.)
Cal. Jordani. Rom. (Harz. p. 37. PL XI. fig. 4.
(Portl. Report, geol. Londond. p. 284. PL II. fig. 10.)
Richter. Beitr. zur Palaeont. des Thur. Waldes p. 20. PL II. fig. 28—31.)
(ibid. PL II. fig. 18 — 21.) ■
non Emmr.) Rhein. Syst. in Nassau, p. 15, Pl. I. fig. 6. d.) i Cal. macrophtalma. Brongn. (Crust. Pl. /. fig. 5. A. B. C.) j et (Mem. geol. Surv. II. p. I. p. 335: PL V. fig. 1.)
GENRE PHACOPS. EMMRICH.