‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 257 sur 469 · SOS · texte numérisé non relu

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Caractères génériques.

La forme générale du corps est ovalaire, et la trilobation distincte dans toute son étendue. La tête occupe ordinairement un peu moins du tiers et le pygidium environ le quart de la longueur totale. Le contour extérieur de la tête est tantôt arrondi, tantôt parabolique. Il est formé par un limbe, qui est toujours à l’état rudimentaire autour du lobe frontal de la glabelle, et qui s’élargit de plus en plus le long de la joue, jusqu’à l’angle gênai, toujours arrondi. Ce bord est limité vers l’intérieur, par une rainure très-marquée, à partir de la saillie latérale de la glabelle, jusques vers l’arrière, mais le plus souvent à peine sensible autour du front. Dans ce dernier espace, on trouve au contraire sous la trace du bord frontal, une forte rainure faisant suite à celle qui creuse l’arête saillante des joues. Le contour intérieur de la tête , plus ou moins concave vers le thorax, offre un bord analogue, mince près de l’axe et s’élargissant vers l'angle gênai. Le sillon postérieur de la joue est très-prononcé et se raccorde par un arc arrondi, avec le sillon latéral. L’anneau et le sillon occipital sont toujours très-distincts.

La glabelle, plus ou moins bombée en travers, a toujours une forme pentagonale, dont l’angle frontal est tantôt obtus, tantôt arrondi. ' Les sillons dorsaux forment deux côtés rectilignes de ce polygone, dont le plus petit côté est toujours la base perpendiculaire à l’axe. Le lobe frontal se projette plus ou moins en avant du limbe rudimentaire , au droit duquel se trouve la plus grande épaisseur de la glabelle. Sur la surface de celle-ci, on distingue, de chaque côté, trois sillons, ordinairement peu profonds et quelquefois réduits à un simple trait. Le sillon antérieur part du sillon dorsal, au droit de l’angle antérieur de l'oeil. Il décrit un petit arc convexe vers l’axe, et très-rapproché du bord de la glabelle. Les sillons moyen et postérieur figurent de petits arcs concaves vers l’arrière, transverses à l’axe, et occupant un peu plus du tiers de la largeur correspondante. Le sillon moyen est toujours très-rapproché de l’extrémité du sillon antérieur, et le sillon postérieur est aussi très-voisin dè la base de la glabelle. Immédiatement derrière cette base, se trouvent un sillon et un anneau que nous nommons intercalaires , et qui par leurs formes, semblent une répétition du sillon et de l’anneau occipital. L’anneau intercalaire porte toujours des nodules à ses extrémités. Sur le test, il s’étend d’un sillon dorsal à l’autre, tandisque sur le moule, il paraît se réduire à une protubérance transverse, placée sur l’axe. Le sillon et l’anneau occipital, qui suivent , vers l’arrière, sont toujours bien prononcés.

La suture faciale a ses branches unies autour du lobe frontal de la glabelle , où on les distingue rarement bien. Chaque branche, à partir de l’angle postérieur de l’oeil, décrit un S, pour aller aboutir au bord latéral de la joue. Le point où elles atteignent le contour, .est trèsvariable. Tantôt il est très-rapproché de l’angle gênai, comme dans la plupart des espèces de Bohême, et tantôt il en est très-éloigné, comme dans Phac. cryptophtalinus Emm'r. des terrains Dévoniens de la Thuringe. Les pièces dont se compose la carapace céphalique, ne se trouvent presque jamais isolées dans ce genre, ce qui indiquerait une différence dans la nature de la suture faciale.

Les Phacops possèdent encore la suture hypostomale, qui a la forme d’un arc aplati, et qui permet la séparation très-aisée de l’hypostôme.

Les yeux sont le plus souvent très-développés- et saillans. Dans une seule espèce, Phac. Volborthi. (PI. 23.) ils sont très-exigus, et sans relief au dessus de la paroi de la joue. Dans toutes les espèces, leur surface visuelle inclinée de 50° à 80°, vers l’extérieur, représente la forme conique tronquée (p. 141). Elle est occupée par des lentilles assez fortes, encadrées dans le test, par les ouvertures duquel elles font saillie, constituant ainsi le premier type décrit p. 155. Elles forment des files à peu-près verticales, alternant de manière à produire un quinconce. Ces lentilles sont souvent inégales, celles du sommet de la file étant les plus petites, et parfois comme noyées dans le test. Nous avons appelé l’attention du lecteur (p. 135) sur l’enflure qu’éprouve, par l’effet de l’âge, le test qui occupe l’intervalle entre les lentilles. La surface visuelle offrant une hauteur variable dans son étendue, les files 'Verticales sont aussi inégales, et

les plus longues - occupent ordinairement le second quart de l’étendue de l’oeil, à partir de l’avant. Dans chaque espèce, le nombre maximum des lentilles des plus longues files est très-variable suivant les individus. Au contraire, le nombre des files n’éprouve que de faibles oscillations individuelles, au dessus ou au dessous d’un chiffre normal. On peut donc le considérer comme un des caractères spécifiques. Le lecteur trouvera ci-après, sur le tableau de la classification, les chiffres qui indiquent, pour les Phacops de Bohême, les limites des variations qu’offrent ces divers élémens de l’oeil. Le lobe palpébral figurant un segment de cercle plus ou moins large, est toujours séparé de la joue, par une dépression concentrique au bord supérieur de l’oeil. Il a sa surface tantôt horizontale, tantôt inclinée vers l’extérieur. La joue fixe, dans la partie qui longe le sillon dorsal, présente ordinairement une protubérance ou enflure de forme alongée, qui a l’air d’un pédoncule placé derrière l’oeil, et limité en avant, par la dépression que nous venons d’indiquer. La joue mobile, le plus souvent très-inclinée vers le dehors, se détache quelquefois de la glabelle, dans un petit nombre d’espèces, formant le groupe de Phac. Glockeri. Dans toutes les autres, elle est constamment en place. L’arête saillante du bord des joues est creusée en dessous par une profonde rainure, dans laquelle s’emboîte le contour du pygidium, lorsque l’animal est parfaitement enroulé. A partir de cette rainure, vers l’intérieur, la bordure sous-frontale forme un segment de cercle plus ou moins large, mais dont la surface est toujours un peu enfoncée dans la cavité céphalique Au bord interne de cette doublure, s’ajuste l’hypostôrne.

L’hypostôme est bombé en travers, alongé, un peu aplati vers l’extrémité buccale. Sa forme est sub-triangulaire. Son contour antérieur offre un arc aplati , sans limbe distinct. Les aîles inclinées presque à angle droit derrière la surface, vont s’ajuster par leur arête extrême à la carapace céphalique, suivant le premier sillon de la glabelle. Les bords latéraux du corps central s’unissent aux aîles, par une extrémité, et par l’autre ils se raccordent, pour former le bord buccal, quelquefois orné de pointes. Sur le bord latéral, on voit un pli du test plus ou moins saillant vers l’intérieur de la tête, et offrant son plus grand développement dans le voisinage de l’aîle. La surface centrale de l’hypostôme porte des impressions musculaires, concentriques au bord buccal, et rapprochées de cette extrémité.

Onze segmens au thorax, sans exception. L’axe, toujours saillant en demi-cercle, est limité par des sillons dorsaux distincts. Sa plus grande largeur se voit ordinairement près- de la tête. Les anneaux portent un nodule à chaque extrémité. Les plèvres coudées vers le milieu de leur longueur, ont leur extrémité arrondie. Elles sont creusées par un sillon large et oblique, qui, commençant au sillon dorsal, se prolonge un peu sur le talus et détermine deux bandes à peu-

près égales. A partir du coude, la plèvre est taillée en biseau, et s’imbrique sous celle qui pré¬

cède. Aucune imbrication n’a lieu sur la partie horizontale. La doublure du test, sous la plèvre, s’étend depuis le bout, jusques un peu au dessous du coude. Les formes et proportions des segmens varient d’une manière à peine sensible, dans les espèces connues.

Le pygidium, dont la forme se rapproche d’un demi-cercle, est en général, fortement bombé en travers. Il porte rarement un limbe au contour. L’axe très-prononcé n’atteint jamais le bord postérieur, mais se. termine vers le dernier sixième de la longueur totale. Ses articulations ne présentent pas, sur leurs extrémités, les nodules qui ornent les anneaux du thorax. Les lobes laté¬

raux portent des côtes, qui montrent le plus souvent, la trace du sillon suturai. Ces côtes varient en nombre d’une espèce à l’autre.

Le test n’offre d’autre genre d’ornement que la granulation, sur la surface dorsale, et rarement des scrobicules. La paroi de la doublure est souvent ornée de la même manière. Dans quelques espèces, la doublure sous-frontale est chagrinée, ou couverte de rides transverses, semblables à des stries en relief, comme dans Pli. fecundus. (PI. 21.)

La faculté d’enroulement est constatée, pour presque toutes les espèces connues.

Dimensions. La plus grande taille des Phacops ne paraît pas dépasser 450 m. m. de longueur, sur 68 m. m. de largeur maximum.

GENRE PIIACOPS. EMMRICII.

Distribution verticale et horizontale. Le genre Phacops , tel que nous le définissons, n’a laissé

aucune trace d’existence, dans la division inférieure du système Silurien de la Bohême. Les espèces qui occupent la position la plus basse dans notre terrain, sont celles du groupe de Phacops

Glockeri, qui se trouvent à la base de notre étage calcaire inférieur E. Il est remarquable, que

ce groupe constitue en même temps par les formes de la tête, une sorte de passage entre les Phacops et les Dalmania , dont l’existence est antérieure. A partir du point que nous indiquons, les Phacops traversent toute notre . division supérieure. Leur distribution horizontale embrasse toute la surface de cette division, et la plupart des espèces sont communes à un grand nombre de localités. La diffusion horizontale est toujours en proportion directe avec la durée de chaque espèce, ou son étendue verticale, dans les formations successives. Les 15 espèces que nous admettons en Bohême, sont réparties ainsi qu’il suit, entre les divers étages de notre division supérieure. Le tableau de la classification des espèces, ci-après, indique la hauteur où se trouve chacune d’elles.

Etage calcaire inférieur . . E .

» » moyen F .

* » supérieur .G .

» des schistes culminans II .

Il faut déduire les espèces qui sont communes à divers étages, savoir.

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