IX. fig
Nous rapportons à cette forme typique, une tête que nous avons trouvée dans les bancs les plus élevés de notre étage calcaire inférieur E. Nous voyons, dans ce fragment, tous les caractères qui distinguent C. Blumenbachi. Il est figuré. (PL 19.) Il ne reste pas malheureusement assez de test, pour nous faire juger l’identité de sa granulation, avec celle des exemplaires Anglais. Nous apercevons sur le moule calcaire, une grande quantité de cavités très-faibles, qui ne sont visibles quà la loupe, et qui proviennent de l’impression de la paroi intérieure du test. Il nous est impossible de trouver sur les individus- de Dudley des traces semblables, indiquant une granulation intérieure. Mais les fossiles Anglais que nous avons, ont tous conservé leur test, de sorte qu’une exacte comparaison est impossible sous ce rapport.
GENRE CALYMENE. BRONGNIART.
M. Corda décrit dans son Prodrome (p. 86), en peu de mots et sans aucune figure, sous le nom de Cal. affmis, une tête que nous avons fait dessiner PI. 43. et qu’il nous est impossible de distinguer, sous aucun rapport, de Cal. Blumenbachi. Ce savant dit lui avoir donné un nom spécifique distinct, parceque la granulation serait plus fine sur les côtés et plus grossière vers Je milieu, tandisqu’elle serait partout égale sur l’espèce typique. D’abord, il n’y a sur les fragmens observés par M. Corda, et appartenaut à M. Hawle, que des portions de test fort incomplètes, sur une seule tête. En second lieu, nous avons sous les yeux des exemplaires de Dudley, dans un parfait état de conservation, et nous retrouvons, sur la tête de l’un d’eux, la même différence, que M. Corda admet comme spécifique dans le fragment qu’il nomme, C. affmis Sur d'autres têtes de Dudley, nous voyons, au milieu de la glabelle, tantôt une granulation forte et serrée, tantôt rare et presque nulle, quoique le test soit également bien conservé. Divers individus de l’île de Gothland nous montrent les mêmes variations, qui paraissent individuelles. Nous sommes donc convaincu, que les fragmens de Bohême qui nous occupent, sont identiques avec Cal. Blumenbachi. Un de ces fragmens, complètement dépouillé du test, montre sur le moule les mêmes petites cavités que nous avons signalées sur la tête mentionnée ci-dessus; un troisième également sans test, offre la surface du moule toute lisse.
Un pygidium, qui a été trouvé dans les mêmes roches que ces têtes, paraît reproduire exactement les formes de celui de C. Blumenbachi. (Voir PL 43.) Nous comptons sur l’axe 8 segmens, non compris le genou articulaire, mais les deux derniers sont très-peu séparés, comme dans les individus lès mieux conservés de Dudley. Chaque lobe latéral porte cinq côtes, dont la dernière est peu distincte, non compris la demi-côte antérieure. Les côtes sont séparées par des rainures bien marquées, et elles ont de plus, sur leur surface, un sillon suturai distinct, à partir du milieu de leur longueur, comme nos exemplaires Anglais.
Dimensions. D’après le pygidium que nous venons de décrire, l’individu auquel il appartenait ne devait pas avoir plus de 7 à 8 centimètres de longueur.
Gisem'. et Local. La tête que nous avons indiquée d’abord, appartient aux bancs les plus élevés de notre étage calcaire inférieur E. Nous l’avons recueillie en place, sur la montagne dite Kaukolowa Hora, à l’ouest de Béraun. Nous l’avons aussi trouvée à Slichow, près Prague, dans les couches de notre étage calcaire moyen F.
Les fragmens nommés C. affmis, par M. Corda, proviennent des calcaires gris-blancs, des environs de Mnienian, qui appartiennent au même étage F. Ainsi, Cal. Blumenbachi aurait apparu en Bohême, vers la fin du dépôt de notre étage calcaire inférieur E. Cette époque correspond à celle de son grand développement en Angleterre et en Suède, mais elle est fort postérieure à celle de sa première apparition, dans la division Silurienne inférieure des lies Britanniques. Ce fait indiquerait une grande lenteur, dans la diffusion de cette espèce.