‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 301 sur 469 · Calym. Baylei. Barr · texte numérisé non relu

Calym. Baylei. Barr

Cal. Baylei. Barr. Not. prél. p. 51.

Cal. „ Gord. Prodr. p. 87.

La forme générale du corps, un peu amincie en arrière, rappèle un parallélogramme, dans la longueur duquel la tête et le pygidium occupent chacun environ un quart, et le thorax la moitié. Le contour de la tête est presque semi-circulaire. 11 est formé par un limbe très-étroit, ou bourrelet peu saillant, qui, au droit du front, laisse un grand intervalle plat jusqu’à la glabelle, mais s’applique immédiatement au bas des joues. Les angles postérieurs sont arrondis. Le contour de la tête vers le thorax est rectiligne; le sillon occipital large, l’anneau occipital étroit.

La glabelle, sub-carrée au front et déterminée par des sillons dorsaux profonds, s’élève à peine au niveau des joues, entre les quelles elle est comme encaissée. Ses lobes sont prononcés. Les derniers sont arrondis par l’effet de la bifurcation des sillons postérieurs. Un peu en avant du petit lobe antérieur, nous voyons dans le sillon dorsal, une petite cavité, semblable à l’effet d’une pointe. Les yeux saillans sont situés au droit du lobe antérieur. Les joues sont fortement bombées, abruptes vers le dehors.

L’hypostôme a le corps central très-fortement voûté, surmonté d’un grain très-saillant, vers le bout antérieur. Le bord frontal est convexe, un peu relevé. Les bords latéraux, plus étroits, sont échancrés. Le bord postérieur, découpé au milieu, présente les deux saillies typiques, rappelant la fourche des Asapkus.

13 segmens au thorax. L’axe saillant est moitié moins large que les lobes latéraux. Ses anneaux ont leurs extrémités courbées en avant et un peu enflées. Les plèvres, horizontales sur la moitié de leur étendue, se coudent ensuite à angle droit. Le bord antérieur de la partie coudée est taillé en biseau; le bout est large et arrondi. Leur surface est creusée par un sillon très-peu oblique, qui atteint les deux extrémités, et détermine deux bandes parallèles, dont la plus large est à l’arrière. La doublure du test paraît s’étendre à 2 m. m. vers l’intérieur , à partir du bout, mais nous voyons qu’elle remonte jusqu’au coude, sous la bande postérieure seulement.

Le pygidium, arrondi au contour extérieur, se distingue par un axe qui n’occupe que le tiers de la largeur des flancs, et s’abaisse vers l’arrière, jusqu’au niveau de ceux-ci. Il porte onze articulations distinctes, indépendamment du genou articulaire. Le dernier segment est plus long que les précédens, et triangulaire. II n’atteint pas le bord. Les flancs, inclinés à partir du milieu, montrent 8 côtes distinctes, outre la demi-côte articulaire. Ces côtes sont séparées par des sillons intercostaux étroits et profonds, qui s’effacent avec elles près du bord. Elles sont en outre divisées sur leur surface, par un léger sillon suturai, dans toute leur étendue. La doublure du test sous le bord, paraît très-peu considérable.

L’enveloppe crustacée, conservée sur divers fragmens, ne semble pas avoir un tiers de millimètre d’épaisseur. Sa superficie présente, sur tout le corps, une granulation médiocrement fine, inégale, de plus en plus serrée sur les bords, et surtout sur la paroi inclinée des joues. Elle est plus rare sur la glabelle, et disparaît dans- la cavité de tous les sillons.

Nous connaissons un individu enroulé, dans la collection du Ch", de Sacher-Masoch.

Dimensions. L’exemplaire entier figuré PL 43 a une longueur de 52 m. m. et. une largeur de 38 m. m. Nous jugeons par divers fragmens, que cette espèce atteint quelquefois des dimensions presque doubles de celles que nous indiquons.

Gisem '« et local. Cal. Baylei est une des espèces caractéristiques de notre étage calcaire inférieur E. Elle se trouve dans des bancs, qui avoisinent et couvrent ceux qui contiennent la masse des Céphalopodes, dominant dans cet étage. Le nombre des fragmens de la tête et des pygidium que l’on rencontre isolés, est très-considérable, mais il n’a été découvert, à notre con-

naissance, que peu d’exemplaires entiers, sur la montagne Dlauhâ Hora, au Sud-Ouest de Béraun. Outre cette localité qui setend aussi à lEst de Jarow, et vers Kolednik, nous avons trouvé cette espèce à Wohrada et à Reporyje, à l’Ouest de Prague, dans des couches calcaires exactement coi respondantes. Cal. Baylei , est ordinairement accompagnée par Crom. Beaumonti Cardiola interrupta, fyc.

Bapp. et différ. Nous ne connaissons aucune espece de ce genre, qui puisse être confondue avec Cal. Baylei, caractérisée par la forme de la tête, et surtout' par les proportions de l’axe et des lobes latéraux, dans le reste du corps. La forme la plus rapprochée est Cal. tenera, dont nous décrivons la tête et le pygidium. La première partie se distingue par son bord concave, et la saillie de la glabelle au dessus des joues; la seconde, par le 'bombement du pygidium et l’axe saillant jusqu’à son extrémité.

Il existe dans le groupe de Llandeilo, au pays de Galles, un Trilobite extrêmement semblable à Cal. Baylei. Le pygidium en a été découvert et décrit par Sir Rodéric Murchison, sous le nom de As.? duplicatas. (SU. Syst. p.661. PL 25. fig. 8.) D’autres fragmens encore inédits, ont été trouvés par les géologues du Geological Survey, et grâce à la bonté de M. J. W. Salter, nous en avons les moules sous les yeux. Ils représentent la majeure partie du thorax et la

tête , ainsi, tous les elémens du corps sont maintenant connus. En les comparant à nos exem¬

plaires de Cal. Baylei, nous n’apercevons que de très-légères différences, savoir: — 1. Le limbe frontal de la forme Anglaise est relevé à 45°, et atteint au moins le niveau de la glabelle, tandisque dans la forme Bohême, ce limbe est horizontal, et beaucoup moins élevé que le milieu de la tête. 2. La glabelle du Trilobite Anglais est sensiblement plus mince et plus alongée que celle du nôtre. o. La forme du pygidium est triangulaire dans le premier; elle est, au contraire, très-arrondie à l’arrière, dans le second. Nous trouvons d’ailleurs dans l’un et l’autre, sur cette partie du corps, le même nombre de segmens, en comparant des individus de même taille.

Il serait possible, que les différences que nous signalons, fussent individuelles, ce qui ne peut être reconnu, qu’au moyen d’exemplaires nombreux, qui manquent encore en Angleterre. Dans tous les cas, si les deux formes comparées sont spécifiquement distinctes, la grande' similitude qui les rapproche, n en est pas moins digne d’attention, car elles appartiennent chacune,

à une division différente du Système Silurien. Si, au contraire, l’identité de ces formes s’établit complètement, l’espèce qui nous occupe formera un nouveau lien, entre les deux divisions du Système. Elle contribuera puissamment à constater l’apparition successive des êtres paléozoïques en diverses régions. Elle fournira une des données les plus sûres, pour reconnaître la direction dans laquelle a eu lieu la diffusion et pour en estimer approximativement la durée,

par la comparaison des divers horizons géologiques où elle se trouve, en Angleterre et en Bohême.

Page 1