‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 305 sur 469 · Homal. Bohémiens. Barr · texte numérisé non relu

Homal. Bohémiens. Barr

La trilobation est très-prononcée, sur toute l’étendue du corps. L’axe, limité par des sillons

dorsaux très-marqués, occupe à peine un peu plus de largeur que chacun des lobes latéraux,

qu’il domine par son relief, presque en demi-cercle.

Ces caractères généraux, dans notre espèce, sont aussi prononcés que dans la plupart des autres genres, tels que Phacops, Calymene fc. Ils sont totalement en discordance avec l’idée que nous avions conçue des Homalonotus, soit d apres le sens renferme dans cette dénomination générique, soit d’après les apparences des espèces les plus connues de ce type. Cette discordance nous a empêche, pendant longues années, de reconnaître le genre auquel appartiennent les fragmens figurés, dont l’un montre cependant le pygidium et onze des segmens thoraciques. Nous les eussions volontiers rattachés aux Phacops ou aux Calymene, si quelques détails de la conformation des segmens n’avaient contrarié cette assimilation. Pourquoi, nous dira-t-on, laisser enchaîner son intelligence par la signification d un nom? Pourquoi, répondrons-nous, vouloir renfermer la définition d’un genre, dans sa dénomination, tant qu’on n’est pas sûr de connaître toutes les espèces? Bref, on voit par les traits déjà indiqués, que Hom. Bohémiens s’écarte beaucoup du fades commun aux formes congénères, décrites jusqu’à ce jour. Cette divergence se retrouve encore dans quelques autres détails.

La tête ne nous est pas complètement connue. Les exemplaires isolés que nous en possédons, sont tous dépourvus de leurs joues mobiles. Ainsi, nous ne pouvons pas juger sûrement, si ces deux pièces se joignaient au droit du front, en longeant le limbe qui reste attaché à la glabelle, ce qui supposerait les deux branches de la suture faciale unies sur l’axe, et concentriques au contour, comme dans Iiom. delphinocephalus (SU. Sysl. PL 7 bis fig. I.jl Les fragmens que nous figurons, pourraient encore laisser supposer, que les deux branches de cette suture coupaient isolément le bord de la tête, comme dans la forme Américaine figurée par Bronn. (Jahrb. f. Min. 1840. p. 449. J Cette question reste à résoudre, mais l’apparence rectiligne, transverse, du limbe frontal de la glabelle nous induirait à considérer la seconde supposition comme la plus vraisemblable.

La glabelle figure, comme dans les espèces congénères, un trapèze alongé, dont la grande base est à la petite : : 5 : 3, et dont la longueur, suivant l’axe, est aussi de 5. La surface en est doucement bombée, et limitée par des sillons dorsaux très-marqués, déterminant le trapèze que nous venons de définir. De chaque côté, nous voyons deux sillons latéraux très-distincts, s’étendant jusqu’au tiers de la largeur correspondante. Le sillon postérieur, le plus profond, est

GENRE HOMALONOTUS. KOENIG.

incliné à environ 45° par rapport à l’axe. Le sillon antérieur est presque transverse. Le sillon occipital et le sillon postérieur des joues forment une ligne étroite, presque droite. L anneau occipital et les bords des joues sont aussi étroits, mais très-distincts. L’hypostôme est inconnu.

Le .thorax est incomplet, le plus grand de nos fragmens ne montrant que 11 segmens. Les anneaux de l’axe se font remarquer, comme dans presque toutes les formes congénères, par cette particularité, qu’une grande partie du genou articulaire de chacun d’eux reste à découvert, même lorsque l’animal est étendu. Cette apparence ne se produit ordinairement, dans les autres genres, que dans l’état d’enroulement. La largeur de l’axe diminue assez rapidement vers 1 arrière. Les lobes latéraux se coudent à angle droit, à peu de distance des sillons dorsaux. Les plèvres sont divisées en deux bandes parallèles, sub-égales, par un sillon qui parcourt presque toute leur longueur. La facette du biseau est très-marquee, le long du talus.

Le pygidium, sub-triangulaire, et paraissant presque équilatéral, a les lobes latéraux sensiblement moins coudés, que ceux du thorax. L’axe, très-prononcé par des sillons dorsaux profonds, occupe un tiers de la largeur. Il montre 7 à 8 articulations, outre le genou articulaire. La dernière porte un tubercule, au sommet, et se termine brusquement à une petite distance du contour. On compte, sur chaque lobe' latéral, 6 côtes, non compris la demi-côte articulaire. Les rainures intercostales sont étroites, profondes, et atteignent presque le bord. ■ Il ne paraît aucune trace du sillon suturai. Le contour est dépourvu de limbe. La doublure du test s étend à peine à un millimètre vers l’intérieur. Elle fait un angle de 45° avec la paroi dorsale. Ces deux derniers caractères se reproduisent ordinairement dans les Calymene.

Le test, complètement dissous dans les quartzites, n’a laissé sur la roche quune couche d’ocre jaune, sans aucune trace d’ornemens.

L’enroulement n’est pas constaté.

Dimensions. D’après les fragmens en notre possession, la longueur de II Bohémiens ne dépasserait pas 20 à 24 m. m. et sa largeur maximum, 12 m. m. Ce serait donc la plus petite des espèces publiées jusqu’ici. Nous avons vu chez M. Marie Rouault, à Paris, des formes h voniennes de France, d’une taille analogue, encore inédites.

Gisent',,, et Local. L’espèce décrite a été trouvée sur les monts Drabow, dans la bande des quartzites (d. 2.) appartenant à notre étage D. Elle y est associée avec Daim, socialis, ii». Goldfussi fyc.

Bapp. et différ. Nous distinguons Hom. Bohémiens de toutes les formes publiées: par sa trilobation très-marquée sur tout le corps, par les deux paires de sillons distincts sur la glabelle, la saillie de l’axe thoracique et ses proportions, &c. &c.

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