‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 306 sur 469 · Homal, rarus. Cord. (sp · texte numérisé non relu

Homal, rarus. Cord. (sp

1847, Plaesiacomia rara. Cord. Prodr. p. 55. Pt. III. fig- 30.

Un fragment unique, et extrêmement exigu, de la collection Hawle, a été décrit et figuré par M. Corda, qui en a fait le type d’un nouveau genre, sous les noms que nous venons t e citer. Avant tout, nous devons faire remarquer, que la figure de ce fragment donnée dans e Prodrom est très-inexacte, et ne pourrait qu’induire en erreur, sur la nature du fossile. Ayant réussi a dégager un peu mieux le fragment, nous l’avons figuré avec soin, et avec un grossissement suffisant, pour rendre ses formes perceptibles. En les comparant aux tetes^ de Hom. Bohemicus, nous y reconnaissons la pièce médiane, un peu mutilée, d’une autre espece du meme genre.

La glabelle, déterminée par des sillons dorsaux étroits et profonds, offre, dans son ensemble, la forme trapézoidale, caractéristique du genre Homalonotus. La longueur étant o, la grau e

base est à la petite : : 3:1 rapport beaucoup plus grand que dans toutes les autres formes connues, et constituant un des principaux traits spécifiques, auquel s’ajoute un autre caractère, non moins distinctif. C est que les cotés obliques de la glabelle, au lieu d’être rectilignes, éprouvent une flexion, ou angle obtus prononcé, un peu en arrière du milieu de leur longueur. Cet angle, exagéré dans la figure du Prodrome, la rend presque méconnaissable.

Les traces fugitives de deux paires de sillons latéraux se distinguent à peine, sur les côtés de la glabelle. Le sillon occipital est linéaire, bien marqué. L’anneau occipital est aussi étroit. Le bord postérieur de la joue, réduit à un filet mince près du sillon dorsal, s’élargit beaucoup vers l’angle gênai. Celui-ci paraît très-arrondi. Nous suivons la trace de la suture faciale, depuis cet angle jusqu à la place de l’oeil, mais nous ne la distinguons pas sur la partie antérieure de la tête, qui, quoique incomplète, laisse cependant apercevoir un limbe frontal, au droit de la glabelle.

Tout le reste du corps est inconnu.

Dimensions. Longueur de la tête: 3,5 m. m. largeur maximum: 7 m.m.

GisernL et Local. Ce fragment provient comme Hom , Bohémiens, de la bande des quartzites des monts Drabow, (d. 2) dans notre étage D.

Rapp. et différ. La forme de la glabelle distingue cette espèce de toutes les autres connues.

Observation. Ce qui donne plus d’intérêt au fragment que nous venons de décrire, c’est la grande analogie quil présente avec un fossile des grès de May en Normandie, déjà mentionné ci-dessus (p. 579). Ce fossile, figuré par le Profr. Eudes Deslongschamps, dans le mémoire cité, est compris par ce savant parmi deux formes rapprochées l’une de l’autre, et qu’il considère comme le pygidium de As. brevicaudatus. (PI. 20. fig. 2.) Nous regrettons beaucoup, de n’avoir pas sous les yeux les matériaux nécessaires, pour pousser plus loin cette comparaison, qui peut établir de nouveaux rapports, entre les grès de May et notre étage des quartzites D. Nous devons ajouter, que les fossiles de Normandie dont nous parlons, ont une dimension beaucoup plus grande , que le fragment de Bohême comparé, et qu’ainsi, ils se prêteront aisément à l’étude, que les paléontologues Français ne manqueront pas d’en faire.

Genre Lichas. Dalman.

Entomostraeites.

Trilobites.

Paradoxides.

? Triartlmis.

Asaphus (Lichas).

Ampyx.

Lichas,

Platynotus.

Arges.

Metopias.

Arctinurus.

Nuttainia.

Calymene.

Corydocephalus.

Dicranopelfis.

Acanthopyge.

Dici'anogmus.

Wahlenberg.

Schlottheim.

( partïm.J Brongniart. Green. Milne-Edwards.

Green.

Dalman. Bronn. Conrad.

(partïm.J Dalman. Goldfuss.

Holl. Ilisinger. Burmeister. Lovén. Beyrich. Barrande. Corda. Conrad. J. Hall.

Goldfuss. Beyrieh.

Eichwald. Duc de Leuchtenberg.

Castelnau.

Portlock.

(partïm.J Murchison.

Corda.

Corda.

Corda.

Corda.

Aperçu historique.

1821. Wahlenberg décrit, sous le nom de Entomostraeites laciniatus, le plus ancien pygidium connu du genre Lichas , auquel il associe une tête hétérogène. (Nov. ad. Soc. Sci. Uns. VIII. p. 34. PI. IL fig. 2. excl. capitej 1

GENRE LICHAS. DALMAN.

1822. Schlottheim mentionne ces fossiles, sous le nom de Trilob. laciniatus , (Petref. III. 26.36.)

1822. Brongniart reproduit les deux figures données par Wahlenberg, sous le nom de Paradox, laciniatus. (Crust. foss. p. 35. PL III. fig. 3. J

1826. Dalman classe ce Trilobite Suédois parmi les Asaphus, en établissant pour lui la 4e Section de ce genre, sous le nom de Lichas , qui est depuis lors devenu le nom générique. Il ne figure que le pygidium. ( Palaead . p. 53 et 71. PL VI. fig. 1.)

1828. Dalman décrit sous, le nom de Arnpyx pachyrhinus des têtes isolées, qui pourraient appartenir à son Lichas laciniatus , mais sans paraître soupçonner les rapports qui lient ensemble ces fragmens. (Arsberàtt. p. 136. J

1829. Holl reproduit la description donnée par Dalman dans ses Palaeaden, en employant le nom de Lichas, comme celui d’un genre indépendant ( Handb . der Petref. p. 170. J

1833. Green fait connaître une nouvelle forme d’Amérique, sous le nom de Paradox. Boltoni. ( Monogr . p. 60. fig. 5.)

1835. Bronn reproduit la description donnée par Dalman dans ses Palaeaden. ( Leth . geog. p. 11 6. J

1838. Conrad décrit, sous le nom de Platynotus Boltoni, l’espèce publiée par Green. (Ann. geol. Bep. New York. p. 118.)

1839. Goldfuss décrit et figure, sous le nom de Arges armatus, un Trilobite de l’Eifel, qui nous semble appartenir au genre Lichas (N. act. Ac. G. L. XIX. p, 355. Pl. 33. fig. 1. a c.)

1840. Milne Edwards cite parmi les Paradoxides, les formes décrites par Brongniart et Green, sous ce nom, en indiquant la nécessité d’en former un genre indépendant. (Crust. III. p. 344.)

1842. Conrad décrit et figure une nouvelle espèce de Lichas des Etats unis, sous le nom de Asaphus Trentonensis. (Journ Acad. Nat. Sci. VIII. p. 277. Pl. 16. fig. 16.)

1842. Eicbwald décrit et figure, sous les noms ' de Metopias Hübneri et Met. verrucosüs , des têtes qui paraissent appartenir au genre Lichas. Celles qu’il nomme Met aries semblent représenter un tout autre type. (Urw. Russl. p. 62. Pl. III. fig. 21 . à 23.)

1843- S. A. I. le duc de Leuchtenberg décrit et figure une nouvelle forme, sous le nom de Metop. coniceps. En même temps, il fait connaître divers détails relatifs aux espèces nommées par Eicbwald, Met. Hübneri, verrucosus et aries. (Thierrest. d. Urwelt. p. 10. Pl. 1.)

1843. Le CL de Castelnau reproduit, sous le nom générique, Arctinurus , l’espèce nommée Parad. Boltoni. par Green. ( Essai sur le Syst. SU. de 7 Amer. Sept. p. 21. PL 3. fig. 2.)

1843. Burmeister décrit, sous le nom de Lichas laciniatus , un pygidium qui semble différer notablement de celui qui a été décrit, et figuré sous ce nom par Dalman, et depuis par Lovén. (Organ. der Trilob. p. 132.)

1843- Le Capte. Portlock fait connaître une nouvelle espèce de Lichas, sous le nom de Nuttainia Hibernica. La forme qu’il nomme Nuit, obscura est un hypostôme de ce genre et probablement de la même espèce. (Geol. Rep. Lorulond. p. 274. PL 4. — 5. et Pl. 24. fig. 4.)

1845- Emmrich reconnaît le genre Nuttainia et croit retrouver l’espèce Irlandaise, dont nous venons de parler, dans une des formes Américaines de Lockport. (Jahrb. I. Refit, p. 42.)

1845. Lovén décrit et figure, sous le nom de Lich. laciniatus, deux formes de pygidium, entre lesquelles il fait remarquer des différences, et une troisième, distincte des deux premières, qu’il ’ nomme Lich. cicatricosus. Il reconnaît, que la tête décrite par Dalman, comme Arnpyx pachyrrhinus, doit appartenir à l’un de ces Lichas et qu’elle est presque identique à celle de Metop. Hübneri. Eichw. ( Ofvers . Konigl. Vetensk. Ah. Forh. Nr. 3. — April.)

1845- Beyrich rapproche tous les élémens connus des Lichas, et fixe les caractères génériques d’une manière assez complète, à l’exception de l’hypostôme. Il restreint le nom de Lich.

ladniatus à lune des formes figurées par Lovén. Il décrit Lich. Boltoni , et le pygidium de deux nouvelles espèces, Lich. dissidens et Lichas scabra. Cette dernière, découverte par nous, en 1843, appartient à la Bohême. fÜb. Bohm, Trilob. p. 24.)

1845. La même année, Sir Rod. Murchison énumère la plus ancienne forme de Suède, sous le nom de Calym. laciniata. (Quart, journ. geol. Soc.)

1846. Nous décrivons succintement sept nouvelles formes de Lichas, provenant de nos formations, sous les noms suivans : L. propinqua, L. palmata , L. simplex , L. Haueri, L. parms. Bront. ambiguus et Trilob. heterodytus. (Not. prél. p. 54 et p. 73.)

1846. Le Prof'. Beyrich décrit et figure, sous les noms de Lich. angusta et Lich. tricuspulata, deux têtes provenant des blocs erratiques. Il rectifie l’erreur qu’il avait commise, relativement à la tête de Lich. scabra. En même temps, il donne une nouvelle description et des figures de Arges armatus de l’Eifel. Il rapporte à ce genre une tête de Dudley, sous le nom de Arges anglicus, et notre Lich. palmata, sous le nom de Arges speciosus. ( Unt. üb. Tril. II. p. 6. PL 1 .)

1846. MacCoy décrit et figure, sous les noms de Lich. pumila, et Lich. laxata , deux formes nouvelles d’Irlande, avec lesquelles il énumère Lich. Hibernica Portl. ( Synops . of'Sil. foss. bel. p. 51. PL IV. fig. 8—9.)

1847. Corda fonde quatre nouveaux genres, sur les formes de Lichas déjà connues de notre terrain. Ces quatre types comprendraient suivant cet auteur, 13 espèces, savoir: Corydocephalus: 4. Dicranopeltis : 5. Acanthopyge : 3. Dicranngmus : 1. ( Prodrom . p. 138. ■ — - PL VII.) Nous aurons occasion de démontrer ci-après, que ces quatre dénominations ne représentent autre chose que le genre Lichas, et nous discuterons l’indépendance des espèces.

1847. J. Hall décrit Platynotus Trentonensis Conr. qu’il considère comme pouvant être un Lichas, très-semblable à P. Boltoni Green et à Nutt. Hibernica Portl. (Pal. of N. York. p. 235. Pl. 64. fig. 1.)

1848. J. W. Salter décrit et figure, sous les noms Lich. laxatus, Lich. verrucosus, deux formes nouvelles d’Angleterre. (Mem. geol. Surv. vol. II. p. 1. p. 340. PL 8.)

1850. Th. W. Fletcher décrit et figure plusieurs formes nouvelles de Dudley, qu’il nomme : L. Bucklandi M. Edw. L. hirsutus, L. Grayi, L. Salteri, L. Barrandei. (Proceed. geol. soc. Jan. 1850. p. 235. PL 27—27 bis.)

L’esquisse historique qui précède, montre, que le genre Lichas est une des formes le plus anciennement connues, mais qu’il a subi une grande variété de dénominations. En adoptant le nom qui a le droit de priorité, nous regrettons de ne pas en bien comprendre le sens. Nous concevons d’ailleurs ce type, dans toute l’étendue que lui a donnée le Prof'. Beyrich, et nous y adjoindrons encore les formes que ce savant a cru devoir en séparer, sous le nom d’ Arges.

Un diagramme construit d’après Lich. palmata, (au bas de la Pl. 28) combiné avec l’explication de la même planche, servira à reconnaître tous les élémens de la tête des Lichas, que nous allons mentionner.

Caractères génériques.

La tête est toujours très-bombée. Son contour extérieur généralement un peu parabolique, est formé par un limbe peu développé. Le contour intérieur figure souvent une courbe convexe au thorax, par suite de la réduction des joues, dont l’angle postérieur c. à d. l’angle gênai, portant ordinairement une pointe, est plus ou moins repoussé vers l’avant, jusqu’au droit de l’oeil.

La surface de la tête est divisée en un nombre assez considérable de compartimens, par des rainures, qui paraissent au premier abord très-compliquées, mais dans lesquelles on peut aisément retrouver les sillons latéraux, par lesquels s’opère habituellement la lobation, dans les autres genres de Trilobites. Le Prof'. Beyrich est le premier, qui ait analysé dans ce but, la tête des Lichas, et qui ait indiqué la correspondance de toutes leurs divisions avec celles des autres genres. Nous nous plaisons à reconnaître l’exactitude de ses vues, et si nous devons y

GENRE LICHAS. DALMAN.

apporter quelques rectifications, c’est parcequ’il nous a été donné d’observer des matériaux plus complets et plus étendus. Nous prenons pour base de nos explications, la tête de Lich. scabra,

ou de Lich. palmata; l’une et l’autre montrent tous les lobes et sillons, tandisque certains d’en-

tr’eux disparaissent ou se fondent, dans diverses espèces également connues.

Ce qui complique le plus la tête des Lichas, c’est la réunion des sillons latéraux de la

glabelle, par leurs extrémités internes, comme dans les Acidaspis; car cette circonstance tend,

au premier aspect, à faire considérer le corps médian de la tête, comme constituant la glabelle toute entière, tandisqu’il représente uniquement le lobe frontal des autres Trilobites. Ce corps médian est toujours assez bien déterminé et assez reconnaissable, pour nous servir de point de départ, dans nos indications. Il s’étend constamment sur la majeure partie de la longueur de la tête; quelquefois jusqu’au sillon occipital, comme dans notre Lich. Haueri. Dans d'autres espèces, il est limité par une rainure spéciale, qui unit les sillons moyens, comme dans Lich. scabra. La forme du corps médian varie beaucoup, dans les espèces connues. Tantôt, il paraît compris entre deux lignes parallèles; tantôt il éprouve un fort amoindrissement vers le milieu. Dans tous les cas, on remarque un évasement, plus ou moins marqué, vers l’extrémité frontale. Le maximum et le minimum de cet évasement, dans les espèces Bohèmes, nous sont montrés par Lich. ambigua et Lich. palmata. Le grand développement du front, en forme d’ovoide alongé, dans Lich. coniceps de Russie, peut être considéré comme la limite de l’extension du corps médian vers l’avant. Le profil transversal et longitudinal sont très-variables, dans le corps médian, et présentent des courbes très-différentes, soit selon les espèces, soit même selon l’âge des individus. Lich. palmata nous offre un exemple remarquable des variations dues à cette dernière cause, comme on peut le remarquer sur les diverses têtes figurées.

Les sillons qui limitent le corps médian ou lobe frontal, sont, comme dans les autres Trilobites, les sillons antérieurs de la glabelle. Ils prennent naissance, le plus souvent, au point où le sillon dorsal rencontre la rainure du limbe frontal. Leur forme, près de cette extrémité, est toujours celle d’un arc plus ou moins fermé, et convexe vers l’avant. Ils s’élèvent en s’inclinant plus ou moins vers l’axe, auquel ils tournent constamment leur convexité. Leur rapprochement et leur prolongement vers l'arrière, varient suivant les espèces. Ainsi, ils paraissent atteindre presque le sillon occipital, dans Lich. palmata , tandisqu’ils sont moins étendus dans Lich. Haueri. Le cours des sillons antérieurs que nous décrivons, subit deux exceptions à notre connaissance. — L Dans Lich. simplex , au lieu de s’étendre vers l’avant jusqu’au limbe, ils apparaissent seulement à partir du sommet du corps médian. — 2. Dans Lich. = Metop. verrucosus de Russie et Lich. — Nuttainia Hibernica, ils rejoignent les sillons dorsaux bien en arrière, par rapport au front.

Le sillon moyen existe également dans la plupart Lichas à nous connus, et quoique sa position absolue varie beaucoup sur la tête des diverses formes, on le reconnaît infailliblement, parcequ’il est toujours le plus voisin du sillon antérieur. Dans les espèces de Bohême, la conformation est constante en un point; c’est que le sillon moyen est à peu-près incliné à 45° par rapport à l’axe, en allant de l’extérieur vers l’intérieur. Son extrémité antérieure débouche dans le sillon dorsal, près de l’oeil, tantôt en avant, tantôt en arrière de cet organe. Son extrémité interne s’unit, en général, avec le sillon antérieur, comme dans Lich. palmata et plusieurs autres. Souvent, elle se prolonge jusqu’au sillon occipital, comme dans Lich. ambigua. Une rainure transverse réunit quelquefois les deux sillons moyens, comme dans Lich.. scabra. L’existence et la direction que nous signalons, comme constantes dans les sillons moyens de nos espèces, sont loin de présenter la même régularité dans les formes étrangères, mais la plupart d’entr’eiles nous sont trop peu connues, pour que nous puissions les comparer.

Le sillon postérieur n’est distinct que dans un petit nombre de Lichas. La Bohême nous en fournit cependant trois, qui nous le montrent d’une manière évidente, savoir: Lich. palmata , Lich. simplex , et Lich. scabra. — - Lich. Grayi Fletcb. et Lich. laxatus d’Angleterre offrent deux autres exemples de l’existence de ce sillon. Lich. Trentonensis nous l’a aussi montré, dans un

très-bon exemplaire de la collection de notre ami M. de Verneuil. Sa position absolue est variable, mais sa position relative est constante et le fait reconnaître, car il doit être immédiatement voisin du sillon moyen. Nos trois espèces s’accordent à nous présenter le sillon postérieur sensiblement parallèle au sillon moyen, aboutissant par un bout au sillon dorsal .et par l’autre au sillon occipital. Nous n’avons pas le droit de considérer cette constance de direction comme devant s’étendre à d’autres formes. Lich. scabra nous présente le passage entre les espèces possédant les trois sillons latéraux de la glabelle et celles qui n’en ont que deux; car son sillon postérieur, très-peu marqué, n’est bien visible que sur des individus très-bien conservés. Or,

le sillon qui tend ici à disparaître, est bien réellement le sillon postérieur. Ainsi, par analogie,

lorsque nous ne trouvons sur la tête d’un Lichas, que deux sillons latéraux, il nous semble rationnel de les considérer comme étant les sillons antérieur et moyen.

Les sillons dorsaux existent constamment. Ils sont représentés par une rainure plus ou moins profonde, quelquefois sinueuse, qui commence au bord postérieur de la tête, dans l’angle rentrant, à l’extrémité du sillon occipital. Ils s’élèvent en se dirigeant vers le front, et en recevant successivement l’embouchure des sillons postérieur et moyen, jusqu’au droit de l’oeil, qui reste un peu en dehors. Cette première moitié de leur cours est quelquefois faiblement tracée, ou presque effacée, comme dans Lich. Haueri. La partie antérieure est au contraire très-prononcée, et semble faire suite au sillon moyen, dans Lich. scabra, Lich. palmata, Lich. simplex,

&c. Elle achève le contour du lobe antérieur de la glabelle, en opérant la jonction des sillons moyen et antérieur, par leurs extrémités externes. Elle aboutit à la rainure du limbe frontal.

Les lobes, ou compartimens de la glabelle, varient en nombre, d’après les sillons que nous venons de décrire.

Le lobe antérieur, souvent ovoide, plus ou moins bombé, ne manque jamais. Il est ordinairement limité vers l’avant, par le sillon antérieur et le sillon dorsal; vers l’arrière, parle sillon moyen, quand il existe, comme dans Lich. palmata, Lich. scabra, ou bien, dans les cas contraire, par le sillon occipital, comme dans Lich. verrucosa.

Le lobe moyen est trapéziforme, bien limité et très-enflé dans Lich. palmata. Il est aussi très-distinct, dans Lich. simplex. Dans Lich. scabra, il n’est qu’à demi-séparé du lobe postérieur, et enfin il ne paraît pas exister dans Lich. Haueri. Beaucoup de formes étrangères nous montrent le lobe moyen très-réduit, comme Lich. laciniata, angusta, tricuspidata, figurées par M. Beyrich. (II. pl. 1.) D autres semblent en être totalement privées, comme Lich. verrucosa, et Lich. Hibernica.

Le lobe postérieur n’est distinct que dans les cinq formes déjà signalées et dont trois appartiennent à notre terrain. Il est toujours très-petit par rapport aux autres lobes, et par conséquent disposé à perdre son existence rudimentaire.

La suture faciale des Lichas a un cours peu étendu, sur chaque côté de la tête. Elle coupe le bord frontal, à peu-près sur la projection antérieure de l’oeil, et elle se dirige parallèlement à l’axe, vers cet organe, ne laissant entr’elle et la glabelle, qu’une bande étroite, sur laquelle est tracé le sillon dorsal. Derrière le lobe palpébral, elle diverge brusquement, en faisant un angle presque droit avec la direction de l’axe, et elle atteint le bord latéral, un peu en arrière de la projection de l’oeil.

La forme des joues, dans les Lichas, s’écarte notablement de celle qu’on observe dans la plupart des autres types. Par suite de la courbure convexe au thorax, que prend le contour postérieur de la tête, la surface composée des deux joues est plus ou moins réduite, et l’angle gênai est repoussé vers l’avant, jusqu’au droit de l’oeil. Nous conservons le nom d’angle gênai à l’extrémité postérieure de la joue mobile, qui, dans les Lichas est armée d’une pointe. Mais par suite d’une conformation particulière, le bord postérieur de la joue fixe paraît former, quelquefois, une autre angle indépendant, en arrière du premier. Cet angle , est plus ou moins prononcé suivant les espèces. Lich. Haueri nous le montre distinctement, avec une ouverture de 90 u,

GENRE LICHAS. DALMAN.

tandisque sur la figure de Arg. armatus, donnée par Beyrich, il paraît aigu, et prolongé en pointe. Il est arrondi dans Lich. scabra, palmata , &c. Dans tous les cas, il termine le bord postérieur de la joue fixe, qui est horizontal, et qui s’élargit rapidement, à partir de l’extrémité du sillon occipital, où il prend son origine. Le reste de la joue fixe se compose d’une surface toujours très-abrupte, située derrière l’oeil, entre le sillon dorsal et la suture faciale. Elle est très-visible dans Lich. palmata , scabra, &c.

La joue mobile est toujours très-petite, étroite et triangulaire, rarement conservée et distincte. Trois de nos espèces, Lich. palmata , Haueri et scabra , nous montrent, que cette pièce forme, sur chaque côté de la tête, une saillie qui rompt la continuité du contour parabolique, indiqué par la partie frontale. Les observations futures établiront, si cette conformation doit être considérée comme caractère générique, ou spécifique. Nous la reconnaissons sur la tête de L. Bucklandi figurée par M. Fletcher, dans le mémoire déjà cité.

La surface de la joue mobile est toujours fortement inclinée vers l’extérieur, et cependant peu élevée, en comparaison du relief de la tête. Elle est bordée par un limbe, qui se prolonge en pointe oblique, plus ou moins arquée vers l’arrière, et que nous considérons comme la pointegénale véritable. Celle dont nous avons indiqué l’existence à l’angle de la joue fixe A Arg. armatus , d’après la Profil. Beyrich, nous paraît purement accidentelle et accessoire. Nous ne l’avons pas trouvée dans les fragmens de cette espèce que nous connaissons.

L’oeil des Lichas nous est très-inparfaitement connu, car nous ne pouvons observer sa forme, que dans deux espèces: Lich. scabra , et Lich. Iiaucri. Dans Lich. scabra, cet organe est à peu-près semi-annulaire, peu élevé, et. recouvert par un lobe palpébral semi-circulaire et horizontal. Sa cornée lisse permet de distinguer une réticulation très-fine.

Par contraste, l’oeil de Lich. Haueri est ovoide, très-alongé, oblique, recouvert par un lobe palpébral long et ovale, incliné à 45°. — Ce contraste se présente aussi dans d’autres genres, tels que Cyphaspis, Acidaspis , &c., et il est possible que parmi les Lichas, il devienne encore plus frappant, lorsque l’oeil des autres espèces sera connu. Parmi celles qui ont été récemment décrites par notre ami Th. W. Fletcher de Dudley, Lich. Salteri se fait remarquer par le trèsgrand développement du lobe palpébral, qui paraît horizontal.

La doublure du test, sous le front, ne semble pas dépasser l’étendue du limbe frontal, et elle rend peu probable l’existence d’une suture rostrale. La suture hypostomale se trouve ainsi très-rapprochée du contour frontal.

L’hvpostôme des Lichas nous paraît très-caractérisé, et conserve son type dans toutes les espèces connues. Sa surface quadrangulaire est toujours un peu bombée en travers. Il est constamment dénué de bord frontal. Le corps médian figure un trapèze, dont les angles sont arrondis et dont la base principale est au front. Ce trapèze est doucement bombé, et isolé par une forte rainure. Chacun de ses côtés, vers le milieu de la longueur, est pénétré par une impression ou entaille, qui s’avance plus ou moins vers l’intérieur, sous un angle d’environ 45°. Les aîles latérales sont petites, triangulaires,, ajustées aux angles antérieurs du corps central, et reployées à angle droit derrière sa surface. Les bords latéraux et le bord buccal sont toujours larges. Ce dernier est quelquefois profondément échancré comme celui des Asaphus, par exemple, dans Lich. scabra. Dans d’autres espèces, cette échancrure est faible, comme dans Lich. palmata. Parfois, le bord buccal est droit, comme dans Lich. Haueri, et il tend à devenir convexe.

Onze seginens au thorax, nombre constaté sur plusieurs exemplaires de deux espèces : palmata et scabra, et reconnu aussi par notre ami Th. W. Fletcher, sur L. Bucklandi. Le nombre de 12 segmens a été indiqué avec doute, dans Lich. — (Platynot.) Tventonensis. La figure et la description cette espèce, données par J. Hall, (Val. of. N. York. PL 64. fig. 1. e.J démontrent, qu’il n’y a réellement que onze segmens, si on laisse au pygidium les trois derniers anneaux du corps, comme dans toutes les formes congénères. On a pu aisément se tromper dans ce calcul, pareeque le premier segment du pygidium paraît en .tout semblable aux segmens thoraci-

ques. L’indication de 10 segmens dans Lieh. = (Nuttain.) Hibernica. Portl. n’est fondée que sur un seul exemplaire incomplet.

L’axe, toujours assez saillant, s’amincit peu vers l’arrière. Les lobes latéraux sont coudés sur une partie de leur largeur. Les plèvres suivent le type à sillon, et dans les espèces où elles sont connues, elles ont leurs extrémités arquées vers l’arrière et prolongées en pointe plus ou moins longue. Lich. scabra et Lich. palmata peuvent aussi être considérées sous le rapport de la plèvre, comme les types de deux groupes parmi les Lichas. Toute la différence entre ces deux types consiste en ce que, dans Lich. scabra , les deux bandes ont leur surface également aplatie, tandisque dans Lich. palmata, la bande postérieure a un relief beaucoup plus saillant que l’autre. Cette modification du segment thoracique entraîne une conformation particulière, dans le pygidium de chaque groupe. Dans l’un et l’autre, le sillon de la plèvre est étroit et se

prolonge jusques près de la pointe. A partir du coude, l’extrémité de la plèvre présente, sur le

côté antérieur, un biseau peu prononcé.

Dans L. Bucklandi que nous avons récemment observé, à Dudley, chez M.M. Fletcher et Gray, la disproportion entre les deux bandes de la plèvre est plus grande que dans L. palmata.

La bande antérieure est encore plus réduite, dans l’espèce Anglaise, et comme elle est aussi

partiellement recouverte par la plèvre précédente, elle semble disparaître. Cependant, on la reconnaît aisément, en examinant les parties fracturées des divers segmens. La plèvre de . cette espèce, qui, au premier aspect semble reproduire le type à bourrelet, est donc conformée comme celle des espèces congénères, suivant le type à sillon.

La doublure du test, sous la plèvre, s’étend jusqu’au droit du coude.

Le pygidium des Lichas a une forme rapprochée d’un triangle, et quelquefois parabolique. Il est ordinairement très-peu bombé. Dans deux espèces, Lich. heteroclita et Lich. ambigua, il fait exception à cette dernière règle. L’axe et les lobes latéraux montrent, le plus souvent, trois segmens dans les formes connues. L’axe, dans le voisinage du thorax, est bombé, cylindroide, et porte deux articulations très-courtes, suivies d’une troisième beaucoup plus longue, qui, vers le milieu de la surface, s’affaisse subitement, et se prolonge souvent par une côte mince, jusqu’au bord.

Nous sommes porté à croire, par divers faits, que le nombre des articulations de l’axe dépasse le chiffre 3 dans plusieurs espèces. — '1. Le Prof. Burmeister dit avoir compté 7 segmens sur l’axe de L. laciniatus. (Org. d. Trilob. p. 1 32.) — 2. Nous voyons 6 articulations sur l’axe du pygidium de L. laxatus figuré par M. Salter. (Mcm. geol. Surv. vol. II. p. 1. PL 8. fuj. 5.J — 3. Enfin, nous remarquons constamment dans L. Haueri, L. ambigua, L. heteroclyta , que les tubercules sur l’axe du pygidium forment des rangées transverses, régulières, qui semblent indiquer l’existence de plusieurs anneaux soudés, sur la dernière articulation, dont la longueur permet de concevoir cette idée. Parmi les espèces étrangères, Lich. fArg.J armatus et L. hirsutus Fletch. nous présentent une semblable disposition.

Nous n’admettons donc, qu’ avec réserve, le nombre apparent de 3 segmens, au pygidium des Lichas.

Dans aucun cas, nous ne voyons l’indication de plus de 3 plèvres sur les lobes latéraux. Leur forme est un peu différente, dans chacun des deux groupes que nous avons jusqu’ici distingués.

Les trois plèvres de Lich. scabra, sont composées, chacune de deux bandes aplaties, entièrement analogues à celles des plèvres thoraciques. Seulement, dans le pygidium, chacune de ces bandes prend une certaine dilatation en largeur. — Chaque plèvre donne aussi naissance à une pointe sur le contour. Nous trouvons une conformation extrêmement semblable, dans Lich. laciiiiata et L. Bultoni; nous croyons donc très-probable, que leur plèvre est semblable à celle de Lich. scabra, et par ce motif, nous les adjoignons à ce groupe. Il est à remarquer, que dans le pygidium de ces espèces, les six bandes résultant des trois plèvres, sont toutes isolément amrquées, sur chacun des lobes latéraux, par les sillons correspondans.

GENRE LICHAS. DALMAN.

Le groupe de Lich. palmata se distingue par quelques particularités. D’abord, il est naturel, d’après la forme de la plèvre thoracique, que la bande postérieure de chaque plèvre soit représentée par une côte saillante, qui se prolonge hors du bord, en forme de pointe. Nous trouvons

cette sorte de côte, dans les deux premières plèvres, mais elle disparaît dans la troisième, comme dans Lich. heteroclita et L. ambigua, ou bien elle n’y est représentée que par une pointe au

contour, comme dans L. palmata, ou par une carène médiane, dans L. ambigua.

Arges armatus dont nous décrivons ci-après le pygidium, conserve la bande postérieure avec sa forme et son relief, dans la troisième plèvre, aussi bien que dans les deux autres. (PI. -8.)

La fusion de deux bandes en une seule est un fait très-ordinaire, dans le pygidium de la plupart des Trilo.bites, et si nous la remarquons ici, c’est à cause du contraste quelle présente, avec ce que nous avons observé dans le groupe de Lich. scabra, où aucune fusion de ce genre n’a lieu. Outre ce fait, on voit, dans Lich. palmata, que la bande postérieure, tant qu elle existe, conserve sa forme sans se dilater, tandisque la bande antérieure se dilate de plus en plus, dans chacune des deux dernières plèvres.

D’après la conformation du pygidium, nous adjoignons au groupe de Lich. palmata, , les espèces suivantes: Lich. Iiaueri, heteroclita, ambigua, appartenant à notre terrain et Lich. dmidens provenant des blocs erratiques de Sorau. ( Beyr . üb. Bohm. Tril. I. p. 30. fig. 18, ) M. Beyrich a fort bien remarqué la disparition du sillon de la troisième plèvre, dans cette espèce, ce qui ne l’a pas empêché de la réunir au genre Lichas. On pourrait la considérer comme établissant un passage, entre les deux groupes que nous venons d’indiquer, car la description et la ligure données par le savant cité, ne nous permettent pas de supposer une notable différence, dans le relief des deux bandes des plèvres.

Les nouvelles espèces de M. Fletcher, L. Bucklandi et L. hirmtus suivent le type de L. palmata.

Nous rangerons aussi dans le même groupe, Arges armatus, par des motifs que nous aurons occasion d’exposer ci-après.

La doublure du test, sous le pygidium des Lichas, s’étend jusqu’au droit du coude des lobes latéraux, partout où ce coude est appréciable. Dans tous les cas, elle pénètre assez avant sous la surface, comme on peut le voir, d’après quelques unes de nos figures.

Toute la superficie du test paraît généralement ornée, dans les Lichas, de tubercules tantôt arrondis, tantôt spiniformes, toujours inégaux, et souvent coexistans avec une granulation beaucoup plus fine. Une seule espèce, nommée Metop. Hübneri par Eichwald, a été décrite par ce savant, comme ornée de petites cavités rapprochées. Les tubercules se retrouvent sur le corps central de l’hypostôme de plusieurs espèces, tandisque sur d autres, ils sont remplacés par es cavités qui paraissent être leurs, empreintes. Il est remarquable, que ces cavités existent egalement sur les hypostômes de l’un de nos Lichas de chaque groupe, savoir: L. scabra, et L. ambigua. Cette circonstance sert à' montrer l’intime connexion, entre les modifications dun seul et même type. Outre ces ornemens, on trouve presque toujours quelques nervûres longitudinales, sur les bords latéraux de l’hypostôme. La paroi externe de la doublure, dans les diverses parties du corps, est constamment ornée de plis-sillons, concentriques aux contours extérieurs.

La faculté d’enroulement n’est pas constatée.

Dimensions. La longueur des plus grands individus de la Bohême, évaluée d’après des fragmens, ne paraît pas avoir dépassé 120 m.m. L’espèce Russe Lich. verrucosa a du avoir une taille au moins double de celle que nous venons d’indiquer. Mais Lich. Heberti découvert récemment en Bretagne par M. Rouault, paraîtrait dépasser de beaucoup ces proportions et atteindre une longueur de plus de 400 m.m. Si cette évaluation se confirme, ce Inlobite est presque le plus grand de tous ceux dont nous avons connaissance.

Distribution verticale et horizontale. Le nombre des formes de Lichas fournies par notre terrain est très-petit, si on le compare à divers autres genres. Toutes nos espèces, au nombre

de 6, appartiennent exclusivement à notre division Silurienne supérieure. Elles sont très-inégalement réparties entre les divers étages de cette division, ainsi que le montre le tableau suivant.

Espèces de l’étage calcaire inférieur E . . 5

* * » ■ moyen E . {

* ■ • ■ supérieur G . \

à déduire une espèce commune entre les étages F — G . . . . 1

total des espèces distinctes ... . 6

a D’après ce tableau, on voit que le genre Lichas a eu son plus grand développement, en Bohême, dès l’époque de son apparition dans cette région.

Il est remarquable, que cette apparition soit postérieure à l’existence des Lichas dans la majeure partie des régions Siluriennes. En effet, Lichas Heberti de Bretagne, dont nous venons de parler, Nutt. = Lich. Hibemica d’Irlande, L. laxatus du même pays et d’Angleterre, Licli. — Platyn,. Trentonensis des Etats-Unis d’Amérique, appartiennent tous à la division Silurienne inferieure, ainsi que les Lichas ou Metopias des environs de St. Petersbourg, et Lich. laciniatus de Suède. Nous ignorons si toutes les. contrées que nous citons, offrent aussi des Lichas ■ dans la division Silurienne supérieure. Les formations classiques d’Angleterre présentent des formes de ce genre, dans les deux divisions, et elles sont très-variées dans l’étage de Wenlock, auquel

appartiennent les 5 espèces récemment publiées, par notre ami M. Fletcher de Dudley.

La distribution horizontale, dans notre terrain, présente cette circonstance intéressante, que les espèces les plus répandues, telles que Lich. scabra et Lich. palmata, ne se trouvent jusqu’ici

que sur le contour Nord-Ouest de notre bassin calcaire. D’autres Trilobites appartiennent exclu¬

sivement aussi à ces mêmes parages, plus exposés au soleil.

En général, les Lichas sont rares en Bohême, et on ne recueille ordinairement que des fragmens de la tête et du pygidium.

Rapp. et différ. D’après les limites que nous assignons à ce genre, il n’en existe aucun autre, qui ait avec lui des rapports rapprochés. La réunion des sillons de la glabelle par leur extrémité intérieure et la multiplicité des compartimens de la tête, rappèlent un peu la conformation, des Acidaspis. Mais tous les autres caractères génériques sont tellement différens, que 1 affinité entre les deux types ne saurait être poussée plus loin. Nous avons à justifier l’extension que nous avons donnée au genre Lichas , en réunissant les cinq types génériques établis par M. Corda, sous les noms: Corydocephalus, Lichas, Dicrjmopeltis , Acanthopyge et Dicranogmus.

I. Corydocephalus a pour type Lich. palmata et se distingue génériquement, selon M. Corda, par la conformation de la tête, le nombre des segmens thoraciques et le pygidium.

1. En ce qui touche la tête, la description détaillée que nous donnons, ci-après, de celle de Lich. scabra et de Lich. palmata, — Corydoceph. flabellatus, démontre, qu’elles offrent l’une et 1 autre le même nombre de sillons et de lobes, disposés delà même manière, sans aucune différence, qui dépasse les limites des caractères spécifiques. Si, dans diverses formes que nous adjoignons aux Lichas, il arrive souvent que certains sillons de la tête disparaissent, et que des compartimens ou lobes contigus sè confondent, cette fusion n’a pas pour nous une importance plus grande, que celle que nous offre, par exemple, la tête des Paradoxules, portant tantôt un, tantôt quatre sillons, de chaque côté de la glabelle. Les sillons des Lichas ont, il est vrai, une forme un peu plus compliquée à nos yeux, que ceux des Paradoxides, mais leur importance absolue ne saurait être plus grande. Nous trouvons dans la conformation générale de la tête de tous les Lichas, dans leur suture faciale, et leur hypostôme, une telle affinité, que nous ne saurions la considérer comme rompue, par la modification accidentelle de quelque trait, qui devient un caractère spécifique.

GENRE LICHAS. DALMAN.

2. Le nombre des segmens thoraciques invoqué comme différent par M. Corda, est réellement de onze dans tous les Lichas bien connus. L’auteur du Prodrome n’en avait compté que dix, sur un individu défectueux de Lich. — ( Dicranop. ) scabra. De là son erreur.

o. La différence remarquée dans le pygidium dérive de la plèvre thoracique. Nous avons expliqué ci-dessus la modification de cet élément, qui ne dépasse pas les limites observées dans d’autres genres. Cette modification seule ne saurait avoir une importance générique, mais peut servir à distinguer deux groupes, que nous avons indiqués. 11 est probable, que diverses espèces formeront des passages entr’eux, et nous considérons Lich. dissidens, Beyr. comme un exemple de cette transition.

Les quatre formes de Corydocephalus que M. Corda a distinguées par des noms spécifiques, représentent divers âges, ou de légères modifications d’une seule espèce, Lich, palmata. (Voir ci-après.)

II. Lichas , tel . qu’il est limité par M. Corda, serait ' borné à l’espèce Suédoise, Lich. ladniata, et son principal caractère distinctif consisterait, dans le manque: — 1. d’un des sillons latéraux de la glabelle et — 2. d’une échancrure au droit de l’axe, sur le contour du pygidium.

Nous venons de rappeler, combien la disparition d’un sillon a peu d importance, dans divers genres. Quant au défaut d’échancrure derrière l’axe, nous la signalons aussi dans les formes que nous nommons Lich. heteroclita et Lich. ambigua. Elle ne nous paraît qu une des modifications peu importantes du bord, ou bien un degré plus intime de fusion, entre les dernières plèvres du pygidium.

III. Dicranopeltis a pour type, Lich. scabra, auquel M. Corda attribue, par erreur, 10 segmens au thorax. Ce que nous avons déjà dit de cette .espèce et des rapports intimes qui la lient à Lich. palmata = Corydoc. flabellatus, nous dispense de revenir sur ce sujet.

IV. Acanthopyge se distinguerait génériquement, selon M. Corda, par le manque du 5™ lobe de la glabelle, et par la forme de l’hypostôme. • — 1. En ce qui touche la disparition du 3, lobe, nous venons de montrer le peu de valeur de ce caractère. — 2. Quant à lhypostôme, nous lui reconnaissons, au contraire, tous les traits principaux qui distinguent cette pièce dans les Lichas , et les modifications qu’il offre, ne nous semblent pas dépasser là valeur des différences spécifiques. Parmi les trois espèces sur lesquelles le genre Acanthopyge est fondé, deux se trouvent être des fragmens du pygidium de Lich. palmata. La of est L. Haueri. Le nom Acanthopyga a été donné par Gray à un reptile, . avant d’être employé par M. Corda. (Agass. Index univers, p. 3.)

V. Dicranogmus est un genre fondé uniquement sur un fragment de tête, que nous avons reconnu être celle de notre Lich. simplex. Or, cette espèce ne diffère des autres Lichas , et particulièrement de Lich. palmata, que par les sillons antérieurs de la glabelle, qui prennent naissance vers le sommet de la tète, au lieu de se prolonger en avant, jusqu’à la rencontre des sillons dorsaux. Une modification de cette nature ne saurait avoir plus d’importance, que la disparition totale de certains sillons, que nous observons sur les espèces du genre Paradoxides , sans que leur essence typique en soit changée. Nous maintenons donc parmi les Lichas, notre espèce L. simplex, dont la tête seule est connue.

L’identité des genres Metopias, Nuttainia, et Platynotus avec Lichas, nous semble tellement reconnue par les paléontologues,, qu’il serait inutile de nous y arrêter. Mais il pourrait bien se Taire, que les fragmens décrits sous le nom de Metop. aries, dussent être rapportés a un autre type. Du moins, nous avouons qu’il nous est impossible de retrouver les caractères des Lichas, ni dans les exemplaires que nous avons sous les yeux, ni dans la description et les ’gaies qu’en a données S. A. I. le Duc de Leuchtenberg, avec plus de détails que le 1 roi . Eichwa < , dans ses premières indications. ( Thierr. d. Urw. p. 12. PL L fig. 7. 8.)

En admettant l’identité de Arges avec Lichas, nous cédons à la conviction que fait naître en nous la discussion des documens que nous trouvons, dans les travaux de Goldiuss et u

Prof. Beyrich. Ces documens sont complétés par les observations que nous faisons, sur une tête et un pygidium de Arges armatus , appartenant à notre collection.

Constatons d abord, quels sont les caractères distinctifs, qui ont été indiqués, comme devant séparer les deux types en question.

1839. Au temps où Goldfuss a établi le genre Arges, les têtes des Lic-has n’étaient pas connues, et parmi les formes de pygidium alors décrites, il ne s’en trouvait aucune, qui offrit des analogies bien frappantes avec le pygidium de Arges armatus. Il est donc tout naturel, que le fondateur de ce dernier type Fait considéré comme complètement nouveau, et sans affinité avec les genres connus.

1846. Le Prof. Beyrich, reprenant la description de Arges armatus , avait à sa disposition beaucoup plus de matériaux. Aussi, reconnut-il immédiatement les rapports de forme, entre ce Trilobite et les Lichas, mais il crut cependant devoir maintenir leur séparation générique. Son jugement se trouve résumé dans les paroles suivantes, que nous traduisons littéralement :

•Ainsi, Arges semble être un genre, qui, étant très-semblable aux Lichas, par la forme de ■la tête, ne se distingue essentiellement, que par la conformation du pygidium et vraisemblable- ■blement aussi par celle des plèvres thoraciques. (II. Stück. p. 8.J>

Plus loin, en décrivant Arges speciosus, (— Lich. palmata. Barr.y) le même savant s’exprime ainsi:

• La tête de Arges speciosus sera un appui important pour le maintien du genre, tant que

• celle de Arg. armatus sera imparfaitement connue. Comparée avec les têtes des Lich. laciniata » angusta , tricuspidata , elle se distingue, par l’existence d’un sillon moyen profond, qui, naissant •près de l’oeil et se dirigeant obliquement vers l’arrière, s’unit au sillon antérieur. Tout le reste

• est d'ailleurs comme dans les Lichas; c’est le même lobe frontal enflé, et le même cours des

• sillons antérieurs. Si on trouvait des têtes de Lichas, portant de même un sillon moyen, dis— ■tinctement creusé, je ne saurais réellement ce qu’on pourrait considérer comme essentiellement

• différent, dans la conformation de la tête des deux genres.*

Or, cette tête de Lichas avec un sillon moyen, c. à d. avec trois sillons latéraux distincts à la glabelle, est trouvée. Nous avons reconnu et décrit ces trois sillons, dans Lich. scabra Beyr. Le lecteur peut consulter à ce sujet soit notre description, ci-après, de ce Trilobite, soit celle des caractères génériques des Lichas, ci-dessus (p. 585). Trois espèces étrangères, que nous citons, présentent également les trois sillons latéraux de la glabelle.

Voilà donc l’affinité entre les têtes, complétée jusqu’à l’identité générique, par la disparition de la seule différence que la tête de Arg. speciosus semblait faire supposer, par rapport à celle des Lichas.

Mais ce n’est pas encore la preuve la plus frappante de cette identité, car Arg. speciosus Beyr. = Lich. palmata Barr. n’est pas le type du genre, et le savant Beyrich sentant cette objection, s’est borné sagement, à considérer la conformation de la tête de cette espèce comme importante, tant que celle de la tête d' Arges armatus serait imparfaitement connue.

Or, nous sommes parvenu à dégager parfaitement de la roche, une tête de Arg. armatus que nous devons à Goldluss, et nous voyons distinctement, qu’elle ne porte que deux sillons latéraux de la glabelle, comme la plupart des Lichas. Elle présente même, comme certaines lormes de ce genre, une conformation exceptionnelle, par la disparition des sillons dorsaux, dans toute leur étendue entre l’oeil et le bord postérieur de la tête: Arg. armatus doit donc être rangé parmi ceux des Lichas, dont la tête offre, par exception, ' le moindre nombre de sillons et de compartimens, tandisque par opposition, Arg. speciosus — Lich. palmata, se trouve être, parmi toutes les formes connues, celle qui en présente le nombre le plus élevé. On voit que le hazard avait mal servi M. le Prof. Beyrich , lorsqu’il a cru pouvoir substituer provisoirement les caractères de la tête de Arg. speciosus, à ceux de Arg. armatus. Il est constant maintenant, que sous le rapport des divisions céphaliques, ces deux formes sont très-éloignées, et dans l’état de nos connaissances, elles représentent presque les limites opposées, dans l’étendue de ce groupe.

GENRE LICHAS. DALMAN.

Nous pourrions nous arrêter là et conclure avec droit, que la tête des Arges ne se distingue pas génériquement de celle des Lichas , mais les matériaux que nous avons sous les yeux nous permettent de pousser encore plus loin l’identité générique, par la comparaison de la joue mobile et de l’hypostôme.

La 'joue mobile est très-petite, dans toutes les espèces qui nous ont permis de la voir:

L. scabra, palmata, Haueri, et lors même qu’elle est en place, on serait tenté de la croire absente. C’est ce qui nous semble être arrivé au sujet de Arg. armatus, car nous sommes persuadé, que la pointe extérieure dessinée par Goldfuss et Beyrich, n’est autre chose que celle qui termine la joue mobile. Notre interprétation se trouve confirmée par ce fait, que dans la tête de Arg. armatus qui est sous nos yeux, la joue mobile étant enlevée, il ne reste aucune trace de cette pointe externe, considérée par Beyrich, comme un des appendices de la pièce centrale.

Goldfuss et Beyrich s’accordent aussi à figurer une forte pointe intermédiaire, qui prend •

naissance immédiatement en dehors du sillon moyen de la glabelle, c. à d. au point ocupé par

l’oeil dans tous les Lichas. Les figures données par ces savans étant restaurées, nous ne pouvons savoir, si la pointe entière existe, ou bien si son existence a été admise d’après sa base. Au cas ou cette pointe existerait comme dans les dessins, elle pourrait être un ornement ou prolongement du lobe palpébral, tel que nous le voyons dans BronU palifer, et autres espèces de ce genre. Mais si la pointe n’a été admise que d’après une base cylindroide, brisée, nous serions porté à considérer cette base, comme celle de l’oeil. Nous voyons en effet, dans Lich. Haueri, l’oeil alongé, et comme élevé sur un pédoncule, de telle sorte que sa base peut très-aisément être prise pour celle d’une pointe. Le lecteur s’en convaincra comme nous, en jetant un coup d’oeil sur les têtes de cette espèce. (PI. 28.) Ces têtes reproduisent tous les traits que nous venons d’analyser dans la tête de Arg. armatus, à l’exception des pointes qui ornent le sommet de la glabelle. Celte ressemblance est complétée par ce qui nous reste à dire de l’bypostôme.

Le passage qui précède était écrit depuis longtemps, lorsque dans une visite à Bonn, nous avons eu l’occasion de revoir les fragmens originaux d 'Arges armatus. Nous nous sommes convaincu, qu’il ne montrent pas la longue pointe indiquée dans les figures données par Goldfuss et Beyrich, à la place où se trouve ordinairement l’oeil. Nous avons reconnu en ce point, une

brisure, qui paraît la base d’un oeil analogue à celui de Lich. Haueri, ou d 'Acid. mira. (PL 39.)

L’hypostôme de Arg. armatus porte le type non méconnaissable de cette pièce dans les Lichas.

Si nous le comparons avec l’hypostôme de nos diverses espèces de Bohême, ou avec celui d’un Metopias de Russie, qui est sous nos yeux, ou bien avec celui que Portlock a figuré comme Nuttain. obscura, nous retrouvons exactement la même conformation générale. On pourrait même croire, d’après les figures, que l’hypostôme de Arg. armatus est identique à celui de Lich. Haueri, l’un et l’autre étant distingués entre tous, par une forte protubérance arrondie, sur le milieu du bord buccal. Cette protubérance est très-distincte, sur la figure donnée par Beyrich.

Après toutes les affinités que nous venons d’indiquer, et auxquelles nous n’avons aucune différence à opposer, le lecteur sera sans doute amené comme nous à admettre, que la tête d Arges ne peut pas être distinguée génériquement de celle des Lichas. Considérons maintenant les caractères que le thorax et le pygidium pourraient fournir, pour la distinction de ces deux genres.

U n’existe malheureusement aucun fragment, qui permette de reconnaître la forme des segmens thoraciques de Arg. armatus, ainsi que M. le ProfL Beyrich l’a constaté, sur les morceaux originaux. 11 faut donc considérer comme non avenue la figure du thorax, que Goldfuss a dessinée arbitrairement. En donnant aux plèvres la forme du type à bourrelet médian, ce savant a été induit en erreur par un fragment de Acid, elliptica, qu’il supposait appartenir à la même espèce, et qu’il a figuré sur la même planche. Nous ignorons sur quoi il a fondé le nombre de sept segmens, dont il a composé le thorax de Arg. armatus.

Malgré le manque absolu de cette partie, le pygidium peut nous faire concevoir, par analogie, la forme de la plèvre thoracique. On sait que dans la plupart des Trilobites, cette forme est reproduite, presque sans modification, par la première plèvre du pygidium, et pour se

convaincre que cette reproduction a aussi lieu parmi les Lichas , on n’a qu’à consulter les figures que nous donnons de Lich. scabra et palmata , ou bien celles de Nuttain. Iiibernica Porti. et Platyn. Trentonensis Hall, dans les ouvrages cités.

Or, si nous examinons la première plèvre du pvgidium de Arg. armatus, sur l’exemplaire parfaitement conservé que nous possédons, nous voyons qu’elle est exactement conformée comme celle de notre Lich. palmata. L’une et l’autre sont composées d’une bande antérieure, plate et étroite, longeant le thorax, et d’une bande postérieure plus élevée, dont le relief forme une côte, et dont l’extrémité se prolonge en pointe, hors du contour. Nous sommes donc induit à conclure par analogie, que les plèvres thoraciques sont aussi à peu-près semblables dans les deux espèces, c. à d. composées d’une bande antérieure plate et d’une bande postérieure plus saillante en relief.

Goldfuss et Beyrich n’ont pas marqué, d’une manière distincte, la bande plate ou antérieure de la première plèvre du pvgidium. Ils l’ont considérée, sans doute, comme étant la surface articulaire, et ils l’ont recouverte par la dernière plèvre du thorax. Mais cette surface articulaire n’existe sur les lobes latéraux du pygidium d’aucun Lichas, à notre connaissance.

Si nous continuons maintenant I analyse du pygidium de Arg. armatus, nous retrouvons, sur chaque lobe latéral, les deux autres plèvres, avec les modifications déjà observées sur Lich. palmata. Ces modifications consistent, dans la dilatation progressive de la bande antérieure, ou aplatie, dans la seconde et surtout dans la troisième plèvre. La bande postérieure de chacune d elles conserve, comme dans 1 espèce comparée, une forme invariable, et se prolonge au dehors, par une pointe principale. L’inclinaison de ces bandes élevées varie de telle sorte' que la première est perpendiculaire à l’axe, tandisque la troisième lui est à peu-près parallèle. Nous remarquons en passant, comme caractère spécifique, le grand écartement des pointes principales des troisièmes plèvres, dans Arg. armatus, contrastant avec leur rapprochement dans Lich. palmata. Ces pointes, dans la première espèce, montrent, à leur origine, une tendance à s’unir par une sorte de bourrelet, bien indiqué par M. Beyrich. Nous le trouvons aussi dans notre exemplaire, mais complètement effacé au droit de l’axe.

La forme de l’axe du pygidium de Arg. armatus ne concorde pas moins bien, avec celui des Lichas. Vers le thorax, il ne présente qu’un seul anneau, beaucoup plus élevé que le reste, mais presque filiforme, et donnant naissance, par ses extrémités, aux deux premières côtes. Le second anneau n est qu’indiqué, comme dans Lich. Haueri, par deux nodules qui s’élèvent, l’un de chaque côté, près du sillon dorsal, à la naissance de la seconde côte. Tout le reste de l’axe ne montre aucune division, et sa surface s’arrondit en se terminant brusquement, vers les deux tiers de la longueur totale. 11 est à remarquer, que cette disparition est complète, comme dans Lich. heteroclita, tandisque dans les autres espèces, l’axe se prolonge par une côte mince, jusqu’au bord.

Vers l’extrémité de l’axe, nous trouvons la trace d’un fort tubercule spiniforme, que Goldfuss et Beyrich ont diversement restauré, et probablement aussi, beaucoup exagéré. Quoique la surface des lobes latéraux soit plane dans son ensemble, les bords s’affaissent subitement, de sorte que 1 arête du contour est déprimée au dessous du niveau, où se trouvent les pointes principales. C’est cette arête qui porte les pointes secondaires que M. Beyrich considère, avec raison, comme ornementales Leur nombre, leurs proportions et disposition sont très-différens dans la figure donnée par ce savant, et dans celle que Goldfuss avait fait dessiner, d’après les mêmes exemplaires. C’est la preuve que ces ornemens étaient peu distincts. Nous pouvons au contraire les observer parfaitement dans notre échantillon, où nous les avons complètement dégagés de la roche. Persuadé qu’ils pourraient bien être variables dans les individus, nous passerons sous silence les contrastes que présente, sous ce rapport, la figure que nous donnons, comparée à celles que nous avons citées. Nous ferons seulement remarquer, que le contour du pygidium de Lich. palmata nous offre des épines analogues, ornementales, entre les pointes principales.

A la série des analogies que nous venons d’exposer, entre Arg. armatus et les Lichas, nous n’avons à opposer aucune autre différence, que celles que nous avons fait remarquer en

GENRE LIC H AS. DALMAN. 595

passant. Aucune d’elles ne dépasse la portée d’un caractère spécifique. Nous nous croyons donc autorisé à réunir le genre Arges au genre Lichas.

Division du genre Lichas.

La forme de la plèvre thoracique nous semble fournir une base de classification des espèces, d’autant plus convenable, qu’elle entraîne une modification correspondante, et très-apparente, dans la forme du pygidium.

En prenant la plèvre pour base de nos subdivisions, nous nous mettons dans l’impossibilité

de pouvoir y classer les formes dont on ne connaît que la glabelle. Cet inconvénient disparaîtra

probablement avec le temps, à mesure qu’on découvrira les parties du corps qui manquent. 11 nous serait d’ailleurs mal aisé de fonder la division des espèces sur les têtes elles mêmes, à cause de leur grande diversité. Celles d’entr’elles qui sont isolées, formeront un groupe provisoire, jusqu’à ce qu’on découvre les autres parties des espèces auxquelles elles appartiennent.

Nous prenons Lich. scabra comme type du premier groupe, à l’exclusion de Lich. laciniata,

pareeque l’espèce Bohême nous montre les trois sillons de la glabelle, et qu’elle est d’ailleurs

la seule de ce groupe qui nous soit complètement connue.

Classification des Lichas.

Syst.

Silurien

Espèces.

iZ

supérieur

CS

Oh

scabra. .

Beyr. PI. 28 .

Ent.

l Pygidium j

eccatricosa.

Lov. Ofvcrs. 1845. PI. 1. fig. 8.

T,r léchancré au/

Ier. groupe. 1 , , \

a 1 droit de 1 axe. J

Boltoni.

Green. Monogr. p. 60. fig. 5.

Hibeniea.

Portl. Report, p. 274. PI. 4. et. 5.

Ent.

Les deux J 1

Barrandei.

Fletch. Proceed. geol. Soc. Jan.

! bandes de la \ \

1850. PÎ. 27 bis. fig. 5.

plèvre apla- J Pygidium , , ties. jnonéchancré I

laciniata. .

Wahl. Upsal. VIII. p. 34. PL 2.

fig. 2» .

1 au droit de j

Trentonensis.

Conr. Journ. Nat. Sci. VIII. 277.

! 1 axe. f

PI. 16. fig. 16. . .

Ent.

palmata.

Barr. PI. 28 .

Ent.

Haueri.

Barr. PI. 28 .

ambigua. .

Barr. PI. 28 .

IIe. groupe.

heteroclyta.

Barr. Pt. 28 .

dissidens. .

Beyr. Tril. 1. Stiiek. fig. 18. . .

La bande postérieure de

armata.

Goldf. Nov. Act. XIX. PI. 23. fig.

la plèvre, saillante.

Bucklandi. .

M. Edw. Fletcb. 1. e. PL 27. et 27. bis.

Ent.

hirsutus.

Fletch. 1. c. PL 27. fig. 5. . . .

laxalus.

M'Coy. Mem. geol. Surv. II. p. II.

p. 340. PL 8. fig. 4. 5.

simplex.

Barr. PL 28 .

Hübneri.

Eichw. Lrw. Russl. p. 62. Pt. 3.

fig. 21—22 .

verrucosa. .

Eichw. ibid. fig. 23 .

aries ? . .

Eichw. ibid. fig. 19 .

IIIe. groupe.

pachyrhynus.

Daim. • Ofvers. 1845. PL 1. fig. 6.

Têtes isolées.

coniceps. .

Leucht. Thierr. Urw. p. 11. Pi. 1.

fig. 10. 11 .

tricuspidata.

Beyr. Tril. IL St. p. 7. PL 1. fig 7.

angusta.

Beyr. ibid. p. 6. PL 1. fig. 6. .

Salteri.

Fletch. 1. c. Pt. 27. et 27. bis.

Gragi. . .

Fletch. 1. c. ib. ib. . .

putnila.

M’Coy. Syn. Sil. foss. PL 4. fig. 8.

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