Lich. simplex. Barr
1846. Lidias simplex. Barr. Not. prêt. p. 85.
1847. Dicranegmus püstulatus. Cord. Prodr. p. 146. PI. VII. fig. 77.
La tête est entourée d’un bord mince, horizontal, très-étroit au front et s’élargissant peu à peu sur les côtés.
GENRE LICHAS. DALMAN.
La glabelle s’élève presque en forme d’un demi-globe. Les sillons antérieurs, parallèles à l’axe, s’effacent sur la partie frontale. Les sillons moyens sont très-prononcés, ainsi que les sillons postérieurs. Toute la conformation de cette partie de la tête paraît presque identique à celle de Lich. palmata. Le sillon transverse derrière le lobe frontal est légèrement marqué. Le lobe postérieur est petit.
L’oeil est situé au droit du sillon transverse, et ne nous est connu que par le lobe palpébral, qui paraît élevé, à l’extrémité externe du lobe moyen.
Le reste du corps est inconnu.
Le test porte des grains ou tubercules coniques, irrégulièrement semés, inégaux en grosseur et en saillie, aussi bien dans le jeune âge, que dans l’âge adulte.
Dimensions. La plus grande des têtes connues a une longueur de 22 m. m. sur 26 m. m. de largeur.
Gisein',. et local. Les têtes, très-rares, de cette espèce ont été trouvées sur la montagne Dlauha Hora, au Sud-Ouest de Béraun, dans les bancs de notre calcaire inférieur E. L’une de ces têtes appartient à M. Hawle, et deux à notre collection.
Rapp. et dijfér. Lich. simplex se distingue de toutes les espèces congénères, par les sillons antérieurs de la glabelle, qui disparaissent sur la partie antérieure du lobe frontal.
M. Corda a établi son genre Dicranogmus sur le fragment unique de la collection Hawle, que nous venons de mentionner. Ce genre ne nous paraît qu’une inutile superfétation, puisque les têtes qu’il est destiné à comprendre, reproduisent tous les traits caractéristiques des Lichas. Le prolongement plus ou moins grand des sillons de la glabelle est un caractère très-variable
dans divers types, comme par exemple dans les Cheirurus, dont les sillons antérieurs sont tantôt
réunis sur l’axe, tantôt isolés. Nous ne voyons donc aucun motif qui puisse justifier la création du genre Dicranogmus. Quant à la dénomination spécifique, nous maintenons celle que nous avions proposée antérieurement.
M. Corda a appliqué erronnément le nom de Lichas simplex Barr. à la glabelle de notre
Cyphaspis depressa. Nous reconnaissons son erreur, d’après les fragmens de la collection Hawle,
qui ont servi de base à sa description, et que nous avons sous les yeux.
VÏII:. Famille comprenant les genres: Trinuclcus. Anipyx. Dionide.
Genre Trinucleus. Lhwyd.
Trinucleum. Lhwyd. Parkinson.
Geaitterte Kâfennuschel. Lindacker.
Entoinustracit.es.
Trilobites.
Asaphus. (pars.) Mttainia. (pars.) Cryptolithus.
Trinucleus.
Anipyx. (part'im.) Tretaspis.
Wahlenberg.
Brongniart. Sternberg.
Dalman. Holl. Hisinger.
Eaton.
Green. Harlan. Bronn. Goldfuss. Quenstedt. Emmrich.
Murchison. Milne-Edwards. Burraeister. Portlock. Lovén. Barrande. Beyrich. Mac Coy. Rouault. Corda. J. Hall.
Emmrich.
Mac Coy,
1698. Les premières observations relatives à ce genre, sont dues à Lhwyd. ( Philos . Trans. XX. No. 243. August. p. 279.) Le nom de Trinucleum donné par ce savant à des fossiles divers, dont la nature était alors fort peu distincte, a été appliqué, en 1839, par Sir Rodéric Murchison, au type qui nous occupe. ( Silur . Syst. p. 659.)
1791- Lindacker décrit, sous le nom Allemand, gegitterte Kàfermuschel, uri Trinucleus des environs de Prague, probablement l’espèce qui a été nommée plus tard, Tr. ornatus. Sternb. (Mayer s Sarnnl. phys. Aufs. vol. I. p, 37)
1821. Wahlenberg décrit et figure, sous le nom de Entomostracites granulatus, la première forme Suédoise de ce genre. (Nov.- act. Ups. VIII. p. 30.)
1822. Brongniart reproduit la figure et la description du fossile Suédois, sous le même nom, en laissant le genre incertain, fl figure aussi, d’après M. Ch. Stokes, des fragmens de Trinucleus provenant sans doute d’Angleterre, et il se borne à les désigner, sous le nom de Trilolobites. fCrust. foss.)
1826- Dalman, en modifiant notablement les travaux de Brongniart, et fondant plusieurs nouveaux sous-genres, réunit simplement aux Asaphus, Entom. granulatus de Wahlenberg. fPalaead. p. 43. Ed. allem.)
1827. Boeck, dans son mémoire sur les Trilobites de Suède et de Bohême, rappèle l’origine de la dénomination de Trinucleum, Lhwyd, en faisant observer, qu’elle était primitivement étendue à des formes diverses, dont l’une était spécialement désignée par le nom : Trinucleum fhnbriatum vulgare. f'Phil. Trans. XX. N°. 243. 1798) cité dans': ( Notits . til. Laer. om. Tril. Magaz. for Nalurwid.)
1829. Holl reproduit, d’après Dalman, la description de l’espèce Suédoise As. granulatus , déjà indiquée, fllandb. d. Petref. p. 163.)
1832. Eaton comprend dans le genre composé d’élémens hétérogènes, Nultainia, sous le nom de Nutt. concentrica, une des formes de Trinucleus, que Green a bientôt après revendiquée, avec raison, comme appartenant à son genre nouveau, Cryptolithus. (Geol. text-Book. p. 128)
1833. Au commencement de cette année, le C*'. Sternberg décrit et figure Triiob. ornatus , qui, d’après les localités, nous paraît être la même forme de Trinucleus, précédemment découverte en Bohême par Lindacker. fVerh. d. Vaterl. Mus)
1833. Dans le courant de la même année, Green publie la définition du genre Cryptolithus, destiné à réunir toutes les formes que nous venons d’indiquer. Il admet de 6 à 10 segmens au thorax, et l’absence d’articulations au pygidium. Il décrit Cr. tessellatus, C. Bigsbyi et C. concentrions. fMonogr. of lhe Tril. of N. Amer)
Quelques savans, au nombre desquels nous distinguons Bronn et Goldfuss, ont maintenu le nom de Cryptolithus, qui, sous certains rapports, a le droit de priorité. La plupart des paléontologues ont employé de préférence la dénomination plus ancienne de Trinucleus, bien qu’elle date d’une époque où la nomenclature systématique n’était pas encore introduite dans la science. Il y a là une question de droit, qui nous semble compliquée. Il ne nous appartient pas de la résoudre, et dans le doute, nous avons adopté le nom généralement admis dans tous les pays, et que nous voyons introduit jusqu’en Amérique, par J. Hall, dans son bel ouvrage sur la Paléontologie de New-York.
1835. Le Prof'. Bronn reproduit la description de Crypt. tessellatus , Green. (Le/h. geogn. I. p. 117.)
1837. Hisinger ne connaissant probablement, ni la Monographie de Green, ni la Lethaea de Bronn, décrit et figure l’espèce Suédoise, sous le nom dAs. granulatus. En même temps, il publie une nouvelle forme, sous deux dénominations spécifiques: As. seticornis = As cyllarus. (Leth. Suec. p. 14. et Suppl. H. p. 3.)
1837. Quenstedt fait à peine mention de Cryptolithns tessellatus, dans son essai de classification. (Wiegm. Arch. 1837. IV. Heft. p. 347.)
1838. Ch. Boek énumère toutes les formes de ce genre, déjà publiées. Il indique trèsbien les principaux caractères génériques, savoir: le limbe occupé par des cavités et des élévations; l’angle gênai prolongé en pointe, et le nombre des segmens du thorax ne dépassant pas
GENRE TRINUCLEUS. LHWYD.
six. Il annonce 4 espèces de Norwège, sous les noms spécifiques: granulatus, , Wahl, ornatus, Sternb Trinucleum, Boeck. Bronnii, Boeck. Le nom de Trinucleum, emprunté à Lliwyd, est employé comme purement spécifique, car Ch. Boeck n’adopte dans le travad cité, aucun nom générique. ( Gaea Norveg. p. 143.)
1839. Sir Rodéric Murchison applique au genre qui nous occupe, le nom de Tnnucleus employé par Lhwvd. En décrivant six formes spécifiques d’Angleterre, savoir: Tr. Caractaci , fnnbriatus , radiatus, Lloydü, nudus, asaphoides , cet éminent géologue fait remarquer les perforations particulières du limbe, caractérisant ce type, et il indique de 5 à 7 anneaux thoraciques, réunit à son Tr. Caractaci , des formes Irlandaises, alors récemment figurées par le CaptF. I ortlock (Ordn Surv. Irel. VIII. PL 1. 2. 3.J ouvrage que nous n’avons pu consulter, et dont la date’ nous manque. (SU. Syst. p. 659.) Durant ces dernières années, Tr. nudus a été reconnu
pour un Ampyx par le Profr. E. Forbes, et Tr. asaphoides pour le jeune âge de ügyg. Buclu,
par -J. W. Salter.
1839. La même année, le Profr. Emmrich, frappé par les analogies qui existent entre Ampyx et Trinucleus, incorpore le second type au premier, en établissant deux sections ou sousgenres, sous les noms de Ampyx et Cryptolithus. Il fixe à six le nombre des segmens thoraciques et il donne la description de 6 espèces : granulatus Wahl, tessellatus Green. Caractaci Murch. fimbriatus Murch. radiatus Murch. Lloydü Murch. f De Trilob. diss. p. 49.)
1840. Milne-Edwards adopte le genre Trinucleus, d’après Murchison. Il reproduit la des¬
cription de toutes les espèces antérieurement nommées par divers auteurs, en éliminant Tr. nudus et Tr. asaphoides. Murch. comme privés du limbe caractéristique. fCrust. III. p. 330.)
1840. Le Pro'fr. Eichwald indique l’existence, aux environs de Réval et dans l’île d’Odms-
holm, d’un Trilobite qu’il nomme Trin. Spaskii. Cette espèce, représentée par une tête et 2 segmens, lui paraît ne pouvoir être distinguée de Trin. Caractaci Murch. Comme ce savant ne donne ni description, ni figure de ce fragment, nous nous abstenons de tout jugement sur a nature du Trilobite. Il a été de même énuméré dans la Géologie de la Russie et de l (Jurai (IL p. 394.), parmi les espèces inconnues aux auteurs de ce bel ouvrage. ( Eichw . SU. Syst. p. 86. et Urw. Russl. I. p. 21.)
1843. Le Profr. Burmeister reconnaît l’indépendance du type Trinucleus, et le nombre 6 des segmens du thorax. Il n’a pas l’occasion d’observer les perforations du limbe sur lequel il indique des points saillans, d’après des impressions. Il n’admet que cinq espèces: Tr. Caractaci Murch. Tr. granulatus Wahl. Tr. fimbriatus Murch. Tr , ornatus Sternb. Tr. tessellatus Green. (Organ d. Trilob. p. 65.)
1843. Le Cf Munster décrit et figure, sous le nom de Trinucleus, divers fragmens de Harpes et1 de Bronteus de la Franconie. (Beytr. III. PI. V.)
1843. Le Capt Portlock décrit et figure cinq formes de Trinucleus d’Irlande, parmi lesquelles il croit reconnaître deux espèces déjà nommées par Sir Rod. Murchison: Tr. Caractaci et Tr. radiatus, ainsi que Tr. seticornis His. Nous pensons comme M. le Prof. Beyrieh, que cette identification paraît mériter d’être revue, sur de bons exemplaires, ainsique la création des deux nouvelles espèces Tr. latus, Tr. elongatus que M. Salter a réunies au type de Tr. ornatus Sternb. ( Geol . Rep. Londond. p. 262.) ,
1843- Le Prof. Goldfuss dans sa classification des Trilobites, adopte le nom générique Cryptolithus, et reproduit les caractères déjà établis. Après avoir énuméré les diverses formes que nous avons indiquées, il y ajoute 5 noms spécifiques, donnés par le Cf Munster à des fragmens de tête de Harpes et de' Rronteus de Franconie, erronément pris pour des Tnnucleus. (N. Jahrb. f. Min. Heft V. p. 542.)
1845. Le Prof. Emmrich, dans son second travail sur les Trilobites, admet 1 indépendance du genre Cryptolithus — Trinucleus, qu’il avait d’abord incorporé au genre Ampyx, dans sa dissertation. fN. Jahrb. f. Min. Heft I. p 44.)
o ,, ugur» aveu neaueuup ue détails, Tnn. seticornis et Tr
granulatus de Suède. Il établit un parallèle entre les deux types, Trinucleus et Harpes. ( Ofvers 0/ kongl. Vetensk. AL Forhandl. N°. 4'j 1
1 l>ro['- Pictet énumère les espèces de Trinucleus adoptées par Burmeister. (Traité
de Paléont. IV. p. 67.) r '
, l846n n6 F™/’ MacC°y enumère 5 formes d’Irlande, sous les noms: Caractaci, Murch. elongatus, Portl. fimbriatus, Murch. radiatus, Murch. seticornis, His. Au sujet de cette dernière ce savant annonce avoir fréquemment observé sa suture faciale, dont il indique la direction par une ligne droite, oblique, passant par l’oeil et aboutissant à l’angle latéral de la tête. (Svnom of Sil. foss. of Irel. pp. 55—56.) ’ 1
1846. Nous annonçons, par une description sommaire, l’existence de deux nouvelles espèces de Irinucleiis, en Bohême: Tr. Goldfussi et Tr. Bucklandi. (Notice Prél. p. 30.) (Nouv. Tril.j
1846. Le Profr. Geinitz suit Burmeister pour la caractéristique du genre Trinucleus , et
enumère les mêmes espèces, au nombre de cinq. (Grundr. der Verst. p. 236.)
1846- Le Prof . Beyrich décrit une des nouvelles espèces de Bohême, sous le nom de
Ir. ornatus que nous avions aussi d’abord appliqué par erreur à cette forme. Il y ajoute de
savantes observations sur la conformation du limbe, la suture, &c. &c. et sur la synonimie des formes connues. ( Unters . üb. Tril. II p. 29.)
1846. Marie Rouault décrit et figure Trin. Pongerardi, qui se distingue par la bifurcation
des pointes génales. Il décrit avec tous les détails désirables la conformation du limbe et de ses perforations. Il fait connaître l’enroulement double de cette espèce. (Bull. soc. qéol. de France 2e. Sér. p. 309.) . *
1847. M. Corda, en décrivant sommairement les Trinucleus de Bohême, croit y trouver matière pour établir 9 formes spécifiques. Il donne au jeune âge de Trin. ornatus le “nom générique, 7 etrapsellium pulchrum. (Prodr. p. 38.)
1847. J. Hall décrit et figure Trin. concentrions, qu’il considère comme la seule espèce des Etats-Unis. (Pal. of N. York. Vol. I. p. 249.)
1847. M. J. W. Salter publie un intéressant mémoire sur la conformation des Trinucleus , avec des observations sur les espèces. Il montre les analogies de ce genre avec Ampyx et Harpes et il étudie surtout, la structure du limbe, dont il suit les modifications progressives, depuis les cavités non perforantes des Harpes, jusqu’aux épines de Ceraurus Green. — Acidaspis Murch. __ Odontopleura Emmr. Il annonce la découverte de la suture faciale dans les Trinucleus.
Il réduit toutes les formes connues à 5 espèces :' Tr. ornatus Sternb. Tr. seticornis His. Tr. qranulatus Wahl. Tr. fimbriatus Murch. Tr. radiatus Murch. Nous aurons occasion, ci-après, de revenir sur divers points de ce travail, le plus étendu qui ait été publié sur le genre qui nous occupe. (Quart Journ. geol. Soc. August.)
1848. Le Profr. Phillips et J. W. Salter décrivent et figurent, sous les noms de Trin.
ornatus var. S. favus une forme (ju gP0Upe de Llandeilo. (Mem. geol, Surv. II. p. I. p 350 PL 9. fi, g. 3.) r r ■
1848. Marie Rouault, dans une cpmmunication à la société géologique de France discute historiquement l’établissement de ce fait, que le limbe des Trinucleus est orné de véritables perforations. (Bull. soc. géol. de France. 2. Sér T. VI.)
1850. Le Profr. Mac Coy établit le genre Tretaspis, sur un exemplaire de Trin. seticornis d Irlande, présentant seulement 5 segmens au thorax, au lieu de 6. Comme second caractère genenque, il rappèle l’existence de la suture faciale et des yeux de cette espèce, déjà indiqués par lui en 1846. (Classif of some Brit. Crust. in Ann. and Mag. Nat. Ilist. Ser. 2. vol. IV. p. 410. ) Nous discuterons l’indépendance de ce type, à la fin des généralités relatives au genre qui nous occupe.
GENRE TRINUCLEÜS LHWYD.
En résumé, le genre Trinucleus est caractérisé par des traits si distincts et si particuliers, qu’à partir de l’époque où il a été établi par Green, il a été reconnu par tous les paléontologues. Depuis son origine, il n’a subi aucune notable variation dans ses limites, ainsi que le montre l’aperçu historique qui précède.
Caractères génériques.
Forme «-énérale ovalaire, abstraction faite du limbe qui entoure la tète. Trilobation distincte dans toute l’étendue du corps. La tête, très-développée, occupe plus d’espace que le thorax.
Le contour extérieur de la tête, plus ou moins arrondi, est formé par un limbe tres-large, plus ou moins incliné, orné de perforations qui le traversent de part en part. Le limbe se prolonge à l’angle gênai, par une longue pointe. Le contour intérieur, d’abord convexe, puis rectiligne dans le jeune âge, devient concave vers le thorax dans les adultes. Le sillon et l’anneau occipital, le sillon et le bord postérieur des joues sont distincts, mais faiblement marqués. La o-labelle, très - saillante , dilatée au front, amincie vers l’arrière, est déterminée par des sillons dorsaux prononcés, qui divergent à partir du sillon occipital, suivant deux lignes légèrement concaves l’une vers l’autre, et s’arrêtent au limbe. Au fond du sillon dorsal, près du front il existe une cavité conique, assez profonde, comme dans les Lalymene , Cheirurus <fcc. (voir p. 230.). Les sillons latéraux sont plus ou moins indiqués, au nombre d’une ou de deux paires dans plusieurs espèces. La grande suture est représentée par une suture marginale, qui suit l’arête extérieure du limbe, et contourne l’angle postérieur de la joue, en passant sur la surface supérieure, de sorte que la pointe reste attachée à la couche inférieure, ou doublure du test. Cette suture s’étend sur le bord postérieur de la tête tout le long du bord perforé. Les branches faciales, réduites au minimum, consistent dans le trait rudimentaire, qui traverse à l’origine de la pointe génale, entre le bord latéral et le bord postérieur de la joue. Les yeux paraissent indiqués par des tubercules situés sur les joues de quelques espèces et independans de toute suture. Les joues forment deux surfaces triangulaires curvilignes, plus ou moins bombées, ordinairement plus larges que la glabelle, mais beaucoup moins saillantes que celle-ci.
La doublure du test, autour de la tête, s’étend sous le limbe. Elle porte le même nombre de perforations, correspondant, une à une, à celles de la paroi supérieure.
L’hypostôme, ovale, tronqué au front, est assez fortement bombé en travers. Sa surface paraît sans impressions , sans ailes, ni bords distincts, du moins, dans le petit nombre de cas
où nous pouvons l’observer. .
6 segmens au thorax dans tous les adultes. Ce nombre varie, suivant l’âge des individus entre 0 et 6. L’axe saillant, déterminé par de faibles sillons dorsaux, est moins large que les lobes latéraux. Ses anneaux sont séparés par des rainures marquées; il s’amincit progressivement vers l’arrière. Les plèvres, planes, se coudent légèrement vers leur extrémité émoussée. à peine inclinée vers l’arrière et portant un biseau peu etendu. Leur suiface est cicuséc dans toute sa longueur, par un sillon peu oblique, large et bien marqué.
Le pygidium, triangulaire ou arrondi, forme une surface horizontale, sur laquelle s élève l’axe, dont les proportions en largeur et en hauteur, varient notablement suivant l’âge, et ont leur maximum dans la jeunesse. Son relief est toujours marqué jusqu’au bord postérieur. Le nombre des segmens de l’axe est très-variable, suivant les espèces, ainsi que celui des côtes sur les lobes latéraux. Autour du pygidium, se trouve un bord presque vertical , ou très-incliné, dont la hauteur va en augmentant à partir du thorax, jusqu’au droit de î axe. Ce bord, ordinairement strié horizontalement, représente la doublure du test, qu’on voit habituellement reployée et cachée sous la surface externe, dans la plupart des Trilobites.
Les ornemens du test consistent dans de petites cavités plus ou moins répandues sur toute la surface du corps, dans deux espèces Bohèmes. Les espèces Suédoises ont le test lisse^ suivant Lovén, mais elles montrent, sur la doublure du limbe, les stries concentriques au bord, que nous observons sur nos espèces et que nous avons figurées PL 29.
La faculté d enroulement complet a ete constatée sur plusieurs formes. Cet enroulement parait présenter un second degré, dans Trin. Pongerardi (Rouault) dont le pygidium se reploie d’abord sous le thorax, et celui-ci sous la tête (voir p. 2 08.).
Distribution des espèces.
Tous les Trinucleus que nous a fournis la Bohême, appartiennent exclusivement à notre étage des quartzites D. Ils sont répandus sur toute la hauteur de la partie fossilifère de cet étage, mais nous remarquons que leur nombre devient très-petit, dans la formation des schistes gris-jaunâtres qui le couronne. Nous ferons observer, que les Trinucleus ne descendent pas dans notre étage C, renfermant notre Faune primordiale, caractérisée par les Paradoxides, tonocephaliles <fcc. Ac. Aucune trace de ce genre n’a été trouvée, jusqu’ici, dans les formations de notre division Silurienne supérieure.
En Scandinavie, les Trinucleus appartiennent aussi à la division inférieure du Système Silurien. Il existe dans cette région comme dans la nôtre, une distinction tranchée entre les formations qui contiennent les diverses espèces de ce genre, et celles qui présentent les Paradoxides.
L existence des Trinucleus a été indiquée en Russie, en 1840, aux environs de Réval, par le Prof. Eichwald, mais n’a pas été confirmée.
En Angleterre, les Trinucleus ne se trouvent pas dans le Trappean group du pays de Galles, qui renferme les Paradoxides et Olenus , représentant la Faune primordiale. Ils apparaissent dans le groupe de LIandeilo, qu’ils traversent, ainsi que celui de Caradoc. Cette extension verticale du genre est en parfaite harmonie avec celle que nous observons en Bohême.
En Irlande, diverses espèces caractérisent les formations, que le Capte. Portlock considère comme équivalentes aux Caradoc— Sandslones. Ainsi, dans les Iles Britanniques, le genre qui nous occupe paraît être propre à la division Silurienne inférieure. Cependant, on dit que dans ces derniers temps, on a trouvé des Trinucleus, dans les schistes de Wenlock. Ce fait, indiqué par notre ami M. de Verneuil, dans son mémoire sur le Parallélisme des dépôts Paléozoïques d’Amérique et d’Europe (p. 45), n’a pas encore été constaté, à notre connaissance, d’une manière suffisamment authentique.
En France, Trinucleus Pongerardi. Rou. la seule espèce connue, se trouve dans les schistes de la Bretagne, notamment à Poligné, avec Dalmanites socialis (= Phac. longicaudatus. Rou.) Acid. Buchi. (= Polyeres Dufrenoyi. Rou.) et d’autres fossiles, caractérisant 1 étage D, c. à d. la Faune seconde de Bohême, ce qui établit une harmonie remarquable entre ces deux régions.
En Amérique, Trin. concenlricus , la seule espèce reconnue par J. Hall, paraît dans le groupe du calcaire de lrenton, et s’élève dans le groupe du Hudson River, appartenant l’un et l’autre à la division Silurienne inférieure , couronnée par le dernier. Ainsi , les Trinucleus occupent, dans la région des Etats-unis, une hauteur géologique analogue à celle que nous observons partout en Europe.
En attendant que la présence des Trinucleus dans les schistes de Wenlock soit convenablement constatée, on peut donc considérer ce type, comme caractérisant généralement la division Silurienne inférieure^ et disparaissant à l’époque où les formations constituant la base de la division supérieure, ont commencé à se déposer. L’exception admise ne modifierait que taibleinent ce résultat d’observation, et établirait Hn lien de plus, entre les deux grandes divisions du Système.
Observations sur la conformation des Vrinttcletts. f. Limbe perforé.
Parmi les caractères du genre Trinucleus, l’étendue de son limbe et les perforations dont il est orné, ont frappé les yeux des premiers observateurs. Bien que ces caractères n’aient été