‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 321 sur 469 · Trin. Goldfussi. Barr · texte numérisé non relu

Trin. Goldfussi. Barr

1846. Trin. ornatus. Barr. (non Sternb.) Not. prélim. p. 31.

1846. Trin. Goldfussi. Barr. Nouv. Trilob. p. 39.

1846. Trin. ornatus. Beyr. (non Sternb.) Unt. üb. Tril. II. 29. PI. IV. fig. 1.

1847. Trin. Barrandei. Gord. Prodr. p. 41.

Trin. minor. Cord. ibid.

Trin. Pragensis. Cord. ibid.

La tête occupe environ la moitié, et le pygidium le cinquième de la longueur totale du corps.

Le contour extérieur du limbe forme un demi-cercle, qui se prolonge de chaque côte par une ligne à peu-près parallèle à l’axe, et dont l’étendue vers l’arrière croît avec l’âge, sans jamais dépasser la moitié de la longueur du thorax. A partir de l’extrémité de cette ligne droite, commence la pointe génale, qui diverge en faisant avec elle un angle à peine sensible. Le contour intérieur se modifie encore plus suivant l’âge. Dans les plus, jeunes individus, nous le voyons figurer une ligne transverse presque droite, dont les deux extrémités sont à peine obliques vers l’arrière. A mesure que les individus se développent, ces parties obliques s’inclinent progressivement, de sorte que dans les adultes, elles forment deux pans coupés à 45 ü par rapport à l’axe. La partie intermédiaire reste droite, légèrement arquée en arrière, au droit de 1 anneau occipital, toujours distinct, mais peu saillant, portant sur l’axe une longue épine, inclinée sur le thorax. Le sillon occipital est aussi marqué, quoique peu sensible. Le long des joues, il existe toujours un bord postérieur mince, relevé, déterminant un sillon assez large, qui disparaît en atteignant le limbe.

A tous les âges, ce limbe est incliné de 35° à 45° par rapport à la surface générale du corps. Le minimum de son inclinaison correspond au front, et le maximum à l’extrémité postérieure. Il augmente progressivement en largeur jusqu’à l’angle gênai. Sa surface est ornée de 6 à 8 rangées concentriques de perforations, variant avec l’age, mais ne dépassant jamais 4, au

GENRE TRimCLEUS. LHWYD.

devant de la glabelle. Le minimum des rangées visibles, dans le jeune âge, est de 5 à l’arrière et de 3 à l’avant. Les cavités sont rondes, et disposées en lignes sub-rayonnantes un peu irrégulières. Sur les plus grands individus, leur diamètre ne paraît pas dépasser un demi-millimètre. Outre les 6 à 8 rangées que nous indiquons, il y a encore, à l’arrière de la joue, quelques perforations sur la petite surface triangulaire de raccordement avec le bord intérieur, de sorte qu'on peut compter quelquefois jusqu’à 9 ou 10 cavités, sur la dernière ligne rayonnante, voisine du thorax.

La pointe qui termine la joue est forte, et présente un profil triangulaire, dont les faces sont un peu concaves. Elle se prolonge au delà du corps, d’une longueur au moins égale à celui-ci, et elle forme une courbe légèrement concave vers l’axe.

La glabelle est très-forte, ép’aisse et saillante. Sa forme est ovoide, fortement amincie vers la nuque. Sa largeur maximum est un peu moindre que celle des joues. La partie supérieure est arrondie, le point culminant correspond au tiers de la longueur, à partir du front. Dans certains individus, nous trouvons sur cette partie un grain saillant. Sur d’autres, nous en observons deux, disposés sur l’axe, à peu de distance l’un de l’autre. PI. 53. La paroi frontale, presque verticale au jeune âge, mais un peu inclinée en arrière, devient de plus en plus proéminente, de sorte que, dans les plus grands individus, elle forme saillie en surplomb, sur le limbe. A la base de la glabelle, vers l’arrière, nous distinguons de chaque côté, deux impressions, obliques, courtes, très-rapprocbées du sillon occipital, et représentant les sillons latéraux. Celle qui avoisine le sillon occipital est très-prononcée; l’autre est à peine visible. Les joues sont triangulaires, curvilignes, doucement bombées au centte, mais abruptes dans le voisinage du limbe, avec lequel elles se raccordent. Nous n’avons jamais distingué aucune trace ni de l’oeil, ni de la suture faciale. La suture marginale suivant l’arête du limbe, détache la doublure inférieure qui porte la pointe génale. — Au fond du sillon dorsal, près du front, il existe une cavité conique, profonde, éloignée et distincte des perforations du limbe.

L’hypostôme figure un demi-ovale, tronqué en avant, et dont la surface est bombée en travers. Nous l’apercevons dans l’intérieur de plusieurs têtes, mais le plus souvent déplacé. Il ne nous est possible de distinguer ni aîles, ni bords, ni impressions sur sa paroi.

6 segmens au thorax. Quelques jeunes individus, figurés, n’en ont que 4 ou 5. Nous n’avons pas eu l’occasion, jusqu’ici, de pouvoir observer les premiers âges. L’axe, assez fortement bombé, occupe un peu plus de la moitié de la largeur d’un lobe latéral. Il est déterminé par des sillons dorsaux peu marqués. Ses anneaux sont séparés par d’assez larges rainures, vers le bout desquelles nous voyons, sur le moule, une cavité profonde, comme dans Tr. Bucklandi. Les plèvres sont horizontales, et à peine coudées à l’extrémité. Leur surface est creusée, dans toute sa longueur, par un large sillon, très-peu oblique. La pointe est émoussée, un peu inclinée vers l’arrière.

Plusieurs exemplaires nous montrent le canal alimentaire, dans l’intérieur de l’axe, ainsique M. Beyrich l’a d’abord observé.

Le pygidium, sub-triangulaire, porte un axe saillant, prolongé jusqu’au bord postérieur, et sur lequel nous pouvons compter 6 à 8 articulations, dans un grand individu. Ordinairement elles sont effacées sur les. moules provenant des quartzites. Les lobes latéraux, horizontaux, ne permettent de reconnaître que deux à trois sillons. Le bord, presque vertical, représentant la doublure du test, a sa plus grande hauteur au droit de l’axe, et diminue sur les côtés, vers le thorax.

Le test a été dissous dans les quartzites. Les impressions laissées sur la roche nous montrent, que la surface de la tête, à l’exception des sillons, était ornée de petites cavités, surtout dans* le jeune âge. Au contraire, le moule de nos plus grands exemplaires est complètement lisse, quoique provenant de la même localité, dite Wesela. Quelques têtes trouvées dans des sphéroides calcaires au milieu des schistes, présentent des cavités, à divers degrés d’intensité,

sur la glabelle et sur les joues. L’un d’eux a conservé une partie du test, sur laquelle ces ornemens sont très-marqués, tandisque le moule intérieur est complètement lisse. Nous présumons que cette ornementation s’étendait sur tout le corps, comme dans Tr. ornatus, mais nous n’en avons pas la preuve. — L’enroulement le plus complet a été constaté sur un assez grand nombre d’individus, dont le pygidium est appliqué sous la tête, en laissant le limbe en dehors.

Dimensions. Le plus grand individu figuré, en faisant abstraction des pointes, a une longueur de 28 m. m. sur 28 m. m. de largeur maximum, y compris le bord. La largeur du thorax n’est que de 18 m. m. La tête isolée que nous figurons, ferait supposer une taille d’environ 35 m. m. pour les exemplaires les plus grands.

GisertL et local. Cette espèce a eu son plus grand développement dès l’époque de son apparition en Bohême, c. à d. durant le dépôt de la formation que nous nommons bande des quartzites des Monts Drabow. Cette formation, située à peu-près au milieu de la hauteur de notre étage D, est aussi celle sur laquelle se trouve le gîte très-connu du ravin de Wesela. Trin. Goldfussi a laissé de très-abondans débris, principalement des têtes, dans les couches de ces quartzites, où ils sont associés avec Daim, socialis, Calym. pulchra, Asaph. ingens, Acid. Buchi, épc. <$çc. Outre les monts Drabow et Wesela, nous trouvons encore Trin. Goldfussi sur le prolongement de la même bande des quartzites, dans les deux sens, sur le côté Nord-Ouest du bassin. Nous ne l’avons jamais observé sur le côté Sud-Est. Cette espèce a continué son existence durant le dépôt des deux formations superposées à ces quartzites, les Schistes noirs feuilletés et les Schistes très-micacés. Nous l’avons trouvée dans les premiers, sur les c.ôteaux dits Wimce près Béraun, et dans les seconds, près de Lodenitz, et aussi dans la tranchée de la Bruska, sur les coteaux du Belvedére, et à Grosskuchel, près de Prague.

Rapp. et différ. Si nous comparons Trin. Goldfussi aux autres espèces de Bohême, nous distinguons aisément ces dernières, malgré les grandes analogies qui les rapprochent toutes.

1. Tr. ornatus Sternb. a un limbe horizontal, entouré d’un bourrelet en relief. Ses pointes génales font un angle très-prononcé avec le limbe.

2. Tr. Buchlandi a la glabelle divisée en deux parties distinctes. La partie antérieure est

saillante et sphérique; la partie postérieure est basse et étroite. Ses joues sont ornées de tu¬

bercules oculaires.

3. Tr. ultimus a d’abord le limbe horizontal, comme Tr. ornatus. En second lieu, le contour de ce limbe se termine, vers l’arrière, par une ligne très-oblique, et par une pointe qui fait un angle d’environ 45° avec la direction de l’axe du corps.

Parmi les Trinucleus des régions étrangères, Tr. Caractaci Murch. est très-rapproehé de Tr. Goldfussi s’ils ne sont identiques. Nous n’avons pas les matériaux nécessaires pour décider cette question, qui a déjà été touchée, sans être résolue, par le Dr. Beyrich. (2tes St. p. 31. J Si

nous en jugeons par les figures, ( PI. 23. du Sil. Syst.) les têtes des deux formes seraient à

peu-près semblables, dans la plupart des détails. Cependant, aucune de ces figures ne nous montre, si le limbe est horizontal ou incliné. Le corps de Tr. Caractaci paraît proportionnellement plus alongé que celui de l’espèce Bohême. Le pygidium est aussi un peu plus grand. Mais de pareilles différences peuvent être individuelles. Quant au nombre des segmens visibles sur l’axe et les flancs de cette partie du corps, nous ne pouvons y attacher grande importance,

parceque l’expérience nous apprend, qu’il dépend, le plus souvent, de l’état de conservation. En

somme, d’après toute apparence, Tr. Goldfussi nous semble devoir être réuni tôt ou tard à Tr. Caractaci. Si nous n’avons pas opéré cette réunion, à laquelle nous avons pensé depuis que nous connaissons là forme Bohême, c’est parceque nous croyons, qu’en pareille matière, on ne

peut prononcer, qu’après avoir comparé soigneusement un certain nombre d’exemplaires en nature.

C’est ce qu’il ne nous a pas été possible de faire jusqu’à ce jour, à cause de la difficulté' d’obtenir des exemplaires de la forme Anglaise. L’opinion que nous exprimons est celle de M. Salter, qui, dans le mémoire déjà cité, réunit dans sa variété Tr. Caractaci Murch. avec Tr.

GENRE TRINUCLEUS. LHWYD.

Goldfussi Barr. et Tr. tessellatus Green. Nous possédons des têtes de cette forme Américaine

provenant de Cincinnati, Ohio, et nous les trouvons très-semblables à notre espèce Bohême, mais ne connaissant pas les autres parties du corps, nous ne saurions nous prononcer d une manière plus étendue.

L’identité de tous les TrinucUus Américains avec Tr. Caractaci a été admise par J. Hall. (Pal. of N. York. I. p. 249.) Le nom de Tr. concentrions, sous lequel il a opéré cette réunion, étant le plus ancien, devra aussi s’étendre à la forme que nous venons de décrire, lorsque les doutes qui existent encore seront complètement dissipés.

L’accord de nos vues avec celles de M. Salter, sur le point qui vient de nous occuper,

ne s’étend pas jusqu’à reconnaître avec lui, que Trin. Goldfussi , est une variété de Irin. ornatus.

Nous avons décrit ce dernier, en laissant aux paléontologues le loin d’apprécier les différences

qui nous portent à maintenir la distinction spécifique.

Nous avions d’abord appliqué le nom de Tr. ornatus au Trilobite que nous décrivons en ce moment comme Tr. Goldfussi, et nous avons rectifié notre erreur dans notre brochure intitulée: Nouveaux Trilobites. p. 39. M. Beyrich, trompé comme nous, par les mêmes circonstances, avait aussi décrit comme Tr. ornatus la forme qui nous occupe. (Unt. ü b. Tril. IL p. 30.)

Nous avons réuni à Tr. Goldfussi deux espèces établies par M. Corda, sous les noms suivans.

1. Tr. rainor. Cord. désigne des individus de petite taille qui se trouvent dans une des couches de quartzite du mont Drabow. Ils n’offrent aucune divergence quelconque de forme, par rapport aux jeunes individus de Wesela, et nous en possédons d ailleurs de toute taille, provenant de chacune de ces localités.

2. Tr. Pragensis. Cord. est le nom donné à un exemplaire trouvé entre les murs de Prague, dans la couche adventice ou lentille de calcaire, enclavée dans la formation de nos schistes très-micacés. Cet individu, le seul observé par M. Corda, reproduit toutes les formes de Trin. Goldfussi, mais présente de plus deux grains saillans sur la partie culminante de la glabelle. Nous possédons plusieurs têtes semblables et autres fragmens provenant aussi de sphéroides calcaires renfermés dans la même formation, sur divers points de son étendue, et notamment aux environs de Béraun. Les unes nous montrent deux grains (PI. 35) comme la tête décrite dans le Prodrôme, d’autres n’en portent qu’un seul, et enfin nous en trouvons qui en sont complètement dépourvues. Nous considérons donc cet ornement comme individuel, et sans aucune valeur spécifique. Il est même trop peu constant pour devenir la base d’une variété. Nous avons signalé dans Trin. ornatus une apparition analogue tantôt d’un grain, tantôt de deux grains, sur la glabelle, mais sans aucune constance.

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