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Gisent, et local. Trin. ornatus caractérise deux des formations de notre étage des quartziles D ; savoir, celle des schistes noirs feuilletés et celle des schistes très-micacés. Nous l’avons recueilli dans la première, sur les coteaux dits Winice, près Béraun, à Czernin, aux environs de Hfedl, Trubin, et aux environs de Lodenitz. Dans la seconde, nous le trouvons sur tout le contour de notre bassin en commençant par l'extrémité Nord-Est: à Stèrboholy, Bracz, Hodkowicek, Gross-Kuchel, Radotin, Swinarz, Lazowitz, Radausch, Wotmitz, Praskoles, Zahorzan, Wraz, Lodeniz, Prague, Lieben, Wisocan, Stromky, M‘. Bohdaletz, Wrschowitz, Bucanka &c. Dans tous ces gites, il est associé avec d’autres fossiles caractéristiques de cette formation, tels que: Daim, socialis var. proaeva, Calym. pulclira, Nucula Bohemica fyc.
Rapp. et dijfér. Malgré les grandes analogies qui lient Tr. ornatus aux autres espèces congénères de Bohême, nous croyons pouvoir distinguer celles-ci, comme il suit:
I. Tr. Goldfussi a le contour extérieur céphalique très-arrondi, presque en demi-cercle à tous les âges, tan disque celui de Tr. ornatus figure une courbe aplatie, comme une ellipse transversale. — 2. Le limbe du premier se montre constamment incliné de 3 5° à 4 5°, et sa surface n’offre aucune inégalité. Le limbe du second est ordinairement presque horizontal dans toute son étendue, à tous les âges, et l’on voit près du bord, une sorte de bourrelet concentrique, sur lequel se trouve une rangée de perforations. — 3. La longueur de la tête est relativement plus grande, par rapport au corps, dans Tr. Goldfussi.
II. Tr. ullimus a un limbe horizontal, comme celui de Tr. ornatus , mais sans bourrelet près du bord. Nous le reconnaissons surtout, par le contour de la partie postérieure de ce limbe, qui, au lieu de converger vers l’axe, comme dans l’espèce comparée, diverge à 4 5° ainsi que la pointe génale.
III. Tr. Bucklandi a une glabelle toute différente, et présente des tubercules oculaires.
Parmi les formes étrangères, Tr. radiatus Murch. (SU Syst. PL 23 fiy. 3.) semble offrir des analogies avec Tr. ornatus, ainsi que Burmeister l’a déjà observé. — J. W. Salter dans f article déjà cité (Quart. Jour. yeol. soc. Lond. Aug. 1847), assure que ces deux formes sont différentes. Il est mieux informé que nous à ce sujet 5 son opinion doit faire autorité. Le même savant, dans ce mémoire, réunit en une seule espèce tous les Trinucleus portant les noms suivans:
Tr. ornatus. Sternlb. 1833.
Tr. tessellatus. Green. Monogr. 73.
Tr. Bigsbyi. Green. ib. 76.
IMurch. Sil. Syst. 659. PI. 23. fi. 1.
Tr. Caractaci. /Portl. Report. PI- I. B. fig. 3 à 6.
(Burin. Org. d. Tril. PI. I. fig. 1.
Il divise ensuite cette espèce en quatre variétés, sous les dénominations suivantes:
a. Tr. Sternbergii. Sait. = Tr. ornatus. Sternb. y. Tr. elongatus. Portl.
/?. Tr. Caractaci. Murch. Burin. â. Tr. pavas. Sait.
Tr. elongatus. Porll. Geol Rep Pl. I. B. fig. 7.
Tr. latus. Portl. ib. ib. fig. 10 à 14. Tr. Goldfussi. Barr. Nouv. Tril. p. 39.
GENRE TRI1SUCLEUS. LHWYD.
Après avoir indiqué les caractères de ces variétés, l’auteur ajoute : qu’elles diffèrent considé- «rablement, dans la prolongation de l’angle gênai, dans la grandeur et la forme des pores, mais ■ quelles s’accordent dans les tous caractères importans: le limbe uniformément plat, sans flexion «ni division, le pygidium triangulaire, peu segmenté, et la direction des épines.
Cette réunion montre que l’auteur conçoit l’idée de l’espèce, dans de larges limites, sur lesquelles nous n’avons pas à discuter. Nous trouvons dans les formes en question, comme M. Salter, de grandes différences, que ce savant aurait encore mieux appréciées, s’il avait eu comme nous, sous les yeux, un très-grand nombre d’exemplaires des formes de Bohême, très-bien conservés, et reproduisant les contrastes spécifiques, à tous les âges. La nécessité d’avoir une distinction nominale, qui permette d’indiquer chacune des formes réunies, a forcé M. Salter à établir 4 noms de variétés, dont deux: Sternbergi et favus sont nouveaux. La nomenclature est donc loin d'être simplifiée, et nous ne trouvons aucun inconvénient à maintenir provisoirement nos dénominations.
Nous avons réuni à Trin. ornatus les formes érigées en espèces et en genres par M. Corda, sous les noms qui suivent:
1. Tr. Senftenbergii. Gord, indique les individus provenant des schistes noirs feuilletés des côteaux dits Winice, qui sont nommés schistes de Ptâk dans le Prodrôme. Ordinairement, le contour latéral du limbe, dans ces individus, est plus arrondi que dans la plupart des exemplaires de Praskoles, mais nous possédons cependant, parmi ces derniers, des formes aussi arrondies que celles des schistes de Winice. Cette différence n’est donc qu’individuelle. En second lieu , les Trinucleus des schistes noirs feuilletés ont quelquefois la glabelle couverte de petites cavités, et le plus souvent les joues lisses, tandisque ceux des schistes très-micacés ont la glabelle lisse, et le plus souvent les joues ornées de cavités à tous les âges. Cette distinction nous paraît cependant très-peu importante, car la majeure partie des individus de Winice a la glabelle lisse comme ceux de Praskoles. Quant aux joues, nous trouvons sur tous les individus du jeune âge, et sur ceux d’un âge moyen, des schistes de Winice, des cavités aussi distinctes que celles qu’on observe sur les âges correspondant des individus de l’autre formation. Divers exemplaires adultes parmi les premiers , nous permettent d’ailleurs d’observer aussi les cavités sur les joues , mais beaucoup moins prononcées que dans les individus également développés des schistes très-micacés. On voit donc qu’il n’existe, ni dans la forme du limbe, ni dans les ornemens du test, aucune différence absolue, autorisant à établir l’espèce en question, qui ne présente pas même les déviations constantes d’une variété. Nous avons déjà dit, que l’hypostôme attribué arbitrairement à cette espèce, par M. Corda, est un corps étranger, de nature inconnue. Il est à peine besoin de faire remarquer, que la glabelle de ce Trilobite est figurée, par le même auteur, d’une manière inexacte, avec un redent, sur chaque côté, et une pointe occipitale exagérée. fProdr. PI. III. fig. 1 1 .)
2. Trin. cribrosus. Cord. Ce nom a été créé pour une tête unique et mal conservée de Trin. ornatus. La glabelle paraît lisse, la surface des joues est enlevée. Le limbe, horizontal dans son ensemble, est partiellement incliné, par suite de la pression dont on reconnait les effets dans l’obliquité de toute la tête.
3. Tr. elegantulus. Cord. désigne de jeunes individus de Trin. ornatus provenant des schistes noirs feuilletés des côteaux dits Winice, et dans lesquels M. Corda a pu compter 6 segmens. Il a créé un genre particulier, pour de plus jeunes exemplaires, sur lesquels il n’a pu reconnaître que quatre segmens thoraciques. Telle est l’origine du nom suivant.
4. Tetrapsellium pulchrum. Cord. fProdr. PI. III. fig. 1 8. J Si l’on fait abstraction du nombre des segmens, il est absolument impossible de distinguer Tetraps. pulchrum de Trin. elegantulus. Nous en trouvons la meilleure preuve, dans les matériaux qui ont servi aux travaux de M. Corda, et appartenant, les uns à la collection Hawle, les autres au Musée Bohême. Ces exemplaires sont tous réunis en ce moment sous nos yeux, et nous constatons, sur eux, les effets de la préoccupation de l’auteur du Prodrôme. Ce savant, décrivant le genre Tetrapsellium avec 4
segmens, n a pas remarque, que les trois seuls individus de la collection Hawle qu'il compte dans ce genre, n’ont que trois anneaux thoraciques. Nous ne trouvons le chiffre typique de quatre segmens, que sur quelques morceaux du Musée Bohême.
En admettant, que dans la tête, l’axe, les plèvres, &c., Tetrapsellium reproduit les formes
des Trinucleus, M. Corda énumère comme différences caractéristiques de son nouveau type:
1. L’existence d’un petit lobe triangulaire, à la base de la glabelle. — 2. La forme du pygidium.
1. Le petit lobe existe certainement, non seulement dans la forme nommée Tetrapsellium, mais aussi dans celle qui a reçu du même auteur, le nom de Trin. elegantulus, ainsi que nous le voyons dans les exemplaires qui ont servi à ses observations. C’est une petite protubérance placée dans le sillon dorsal, et de grandeur microscopique, qui paraît s’effacer avec l’âge. -Elle ne ressemble nullement aux deux corps coniques, alongés, aigus, parallèles à la glabelle, et occupant la moitié de sa longueur, qu on voit sur la figure de Tetrapsellium pulchrum, donnée dans le Prodrôme. Ce prétendu lobe se retrouvant dans la forme reconnue pour Tr. elegantulus, ne saurait être considéré comme un caractère générique.
2. La forme du pygidium a également trompé M. Corda, parcequ’il avait trop peu de ma¬
tériaux sous les yeux, pour reconnaître la série des développemens de Trin. ornatus, que nous avons exposée ci-dessus (p. 625). Il a donc cru, que les proportions de l’axe, occupant au jeune âge, une grande partie de la surface, indiquaient un autre type. Mais s’il avait pu comparer
un grand nombre d’individus, il aurait sans doute reconnu, comme nous, les progrès de l’âge,
dans l’amincissement successif du lobe médian, par rapport aux lobes latéraux de cette partie du corps.