‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 323 sur 469 · PL 34, fig · texte numérisé non relu

PL 34, fig

GENRE AMPÏX. DALMAN.

1843. Goldfuss, dans sa classification, place le genre Ampyx comme indépendant, parmi les Trilobites sans yeux. Il en reproduit les caractères connus, en énumérant les espèces antérieurement nommées. (N. Jahrb. /'. Miner. Heft V. p. 542.)

1843. Burmeister donne la caractéristique du genre Ampyx et se borne à énumérer les trois formes Scandinaves. (Or y an. d. Trilob. p. 128.)

1843. Portlock, après avoir défini le genre Ampyx d’après Dalinan, observe que les plèvres ne pouvant s’imbriquer, ne permettent pas à l’enroulement de s’effectuer comme dans les Calymene et Asaphus. Par cette considération , il rapproche Ampyx de Trinucleus. Il décrit et figure deux formes d’Irlande, qu’il considère comme identiques aux deux espèces de Norwège, dont il change les noms, savoir: Amp. Sarsii Portl. = Amp. rostralus Sars, et A. Austinii Portl. = A. mammillatus? Sars. Nous n’avons pas les documens nécessaires pour pouvoir juger ces identités. La troisième forme , Ampyx baccatus Portl. parait être la tête d’un Encrinurus. ( Geol . Rep. p. 258. PI. 1 — 2.)

1845. Sir Rodéric Murchison, de Yerneuil et le Cte. Keyserling indiquent l’existence de Amp. nasutus , aux environs de St. Pétersbourg. (Russie et Oural, p. 395.)

1845. Emmrich, dans sa seconde classification, reconnaît l’indépendance du genre Ampyx, auquel il avait antérieurement uni Cryptolithus. Il cite les noms des 3 espèces Scandinaves. (N. Jahrb. f. Miner. Heft I. p. 45.)

1846. Geinitz reproduit la caractéristique du genre Ampyx et énumère les mêmes espèces. (Grundr. d. Verstein. p. 235.)

1846. Pictet donne les mêmes indications que Burmeister. ( Traité élém. de Pal. IV. p. 78.)

1846. Mac Coy énumère les deux formes d’ Ampyx d’Irlande. Il identifie avec A. nasutus, celle que Portlock avait nommée A. Austinii, et il rétablit pour A. Sarsii Portl. le nom primitif A. rostralus Sars. (Synops. of SU. foss. Irel. p. 56.)

1846. Dans nos premières publications, nous décrivons, sans figures, une espèce nouvelle de Bohème, que nous nommons Amp. Portlocki , et qui n’a que 5 segmens thoraciques. (Nouv. Trilob. p. 9.)

1847. Corda décrit et figure, sous le nom de Amp. Bohémiens , l’espèce que nous avions déjà fait connaître. C’est par erreur qu’il indique 6 segmens au thorax. Il transporte arbitrairement le nom, Amp. Portlocki , à un fragment hétérogène. (Prodr. p. 38. PI. 3. fiy. 19.)

1847. Boll décrit et figure Amp. Bruckneri, nouvelle espèce trouvée dans un bloc erratique, près Neubrandenburg. (Dunk. u. May. Palaeont. Bd. I. Liefg. II. PI. 17. fig. 8.)

1847. Le Dr. A. de Volborth observé la suture faciale de Amp. nasutus. ( Verh. d. k. Min. Ges. St. Petersb.)

1848. Phillips et Salter décrivent et figurent Amp. parvulus, Forbes. Cette espèce est la première qui ait été signalée dans la division supérieure du Système Silurien, et elle ne présente que 5 segmens thoraciques. (Mem. geol. Surv. vol II. p. I. 350. PI. X.)

1849. E. Forbes décrit et figure, avec beaucoup de détails, Amp. nudus, qui avait été originairement classé parmi les Trinucleus, sans limbe, par Sir Rodéric Murchison. A cette occasion, le Prof. Forbes fait une revue des autres espèces connues du même genre et propose le nom de Brachampyx pour la section comprenant les formes caractérisées par 6 segmens thoraciques et par une glabelle plus courte et plus arrondie que celle des espèces à 5 segmens. (Mem. geol. Surv. Dec. II.)

1850. Mac Coy, dans sa classification des Trilobites d’Angleterre, se borne à énumérer le genre Ampyx, dans la famille des Ogyginae. Il décrit, sous le nom de Amp. latus, une forme nouvelle des schistes de Builth, ayant 5 segmens thoraciques. (Ann. and Mag. Nat. Hist. Ser. 2. vol. IV. p. 410.)

1851. Ce Trilobite est décrit et figuré par le même savant. (Syn. Brit. pal. foss. p. 147. PI. I. E. fig. 13.)

Caractères génériques.

Le corps entier figure un ovale, approchant un peu de la forme d’un losange. La trilobation est bien marquée dans toute son étendue. La tête, sub-trianglaire , est rarement pourvue d’un limbe, mais elle est ordinairement armée de longues pointes génales. La glabelle, toujours très-distinctement limitée par les sillons dorsaux, se fait remarquer par la saillie du lobe frontal, en avant du contour des joues. Cette saillie, variable suivant les espèces, se termine par une longue pointe, rectiligne, horizontale, dirigée suivant l’axe. — Le nombre des sillons latéraux varie beaucoup. On en distingue jusqu’à 3 paires dans Amp. mammillatus, Sars, tandisque A. rostratus, Sars, en paraît totalement dépourvu. Ces sillons et les lobes correspondons sont toujours peu prononcés. Le sommet de la grande suture, occupant la station marginale, est caché sous la saillie frontale. Les branches faciales apparaissent sur le contour, plus ou moins près du bord de la glabelle. Elles sont un peu courbes, et s’avancent peu vers l’intérieur de la tête. Elles aboutissent au bord postérieur^ près de la pointe génale, qui reste attachée à la joue mobile. On ne connaît aucun organe de la vue, dans ce genre. L’hypostôme n’a pas été observé.

Le nombre des segmens thoraciques varie de 5 à 6, suivant les espèces. Une d’entr’elles, Amp. RouaulU, nous permet d’observer des individus, qui n’étant pas encore complètement développés, ne possèdent que 3 ou 4 segmens thoraciques. Les premiers âges de celte espèce nous sont cependant inconnus. L’axe thoracique est toujours bien déterminé. Les lobes latéraux forment une surface plane. La plèvre, horizontale sur presque toute son étendue, se coude seulement près de son extrémité, et forme un talus très-court. Elle est divisée par un sillon oblique, qui s’étend depuis le sillon dorsal, jusqu’au bout.

Le pygidium, sub-triangulaire, parfois arrondi, présente une superficie horizontale, sur laquelle l’axe domine par son relief. Il est toujours assez distinct et montre des articulations, en nombre très-variable, suivant les formes. Ainsi, Dalman n’en distingue aucune trace, dans Amp. nasulus, tandisque nous en voyons près de 2 0 dans A. nudus. Les lobes latéraux offrent, presque toujours, des indices de segmentation. Le contour du pygidium est formé par une sorte de limbe, presque vertical, comme celui des Trinucleus, et comme celui-ci représentant-* la doublure du test, qui n’existe pas autrement.

Les ornemens signalés sur la surface des espèces connues, consistent dans une granulation variable, ou dans des scrobicules et rarement des stries. Cependant, la surface du limbe, ou doublure, autour du pygidium, est ordinairement striée. — La faculté d’enroulement est constatée pour diverses espèces.

Dimensions. Tous les Ampyx connus sont de petite taille, et les plus grands ne semblent pas dépasser la longueur de 25 à 35 m. m.

Distribution verticale et horizontale clés espèces.

En Bohême, le genre Ampyx n’apparaît nullement dans la Faune primordiale, mais seulement vers la fin de la Faune seconde, dans la formation des schistes gris-jaunâtres , couronnant notre étage des quartzites D. C’est la hauteur occupée par Amp. Portlocki, dont les restes n’ont été trouvés qu’en un seul point, près Kônigshof. L’autre espèce, A. Rouaulti caractérise la base de notre division supérieure, et ne s’élève pas même jusqu’au sommet de notre étage calcaire inférieur E. Elle a été recueillie sur diverses localités très-éloignées, sur la surface de cet étage. En somme, les Ampyx ne s’étendent, en Bohême, qu’à une faible hauteur, soit au dessous, soit au dessus de la limite de nos deux divisions, dans lesquelles nous les voyons également et faiblement représentés.

En considérant l’ensemble des Ampyx connus dans les contrées étrangères, le développement de ce genre parait avoir été le plus grand, dans la division Silurienne inférieure. C’est ce que nous montre le tableau suivant, dans lequel nous avons rapproché les formes publiées, sans avoir les moyens de discuter leur indépendance spécifique.

GENRE AMPYX. DALMAN.

Divis. Silurienne

Contrées.

Espèces.

infér.

supér.

Bohême . .

Ampyx

Portlocki. . . .

Rouaulti. . . .

Barr.

Barr.

A. (Trin.J nudus .

Murch. (sp.)

Angleterre

tumidus inéd.J

Forbes.

parvulus. . . .

Forbes.

latus .

M’Coy.

Irlande . . .

Sarsii ( rostratus ?)

Portl.

Austinii (nasutus?)

Portl.

Suède-Russie .

nasutus. . .

Daim.

Norwège . .

mammillatus. . .

Sars.

rostratus. . . .

Sars.

Bruckneri. . . .

Boll.

Canada . .

(Logan.)

Nous savons, d’après un passage de J. Hall, que le genre Ampyx jusqu’ici inconnu aux Etats- Unis d’Amérique, a été découvert au Canada, par M. Logan, dans le groupe de Hudson river, qui couronne la division inférieure. (Pal. of. N. -York. I. p. 260. )

Outre les formes que nous venons d’indiquer, il existe dans la collection de notre ami M. de Yerneuil, parmi les fossiles de Feuguerolles, (Normandie) un fragment de Trilobite qui nous a paru appartenir à un Ampyx. Il consiste dans 3 segmens thoraciques, et un pygidium à 4 articulations, offrant aussi des rapports, mais cependant plus éloignés, avec les formes des Trinucleus. Les schistes, où ce fragment a été trouvé, représentent la division supérieure en France, avec ceux de St. Sauveur-le- Vicomte , localité voisine. Si notre détermination est exacte, il y aurait donc, en somme, 4 formes A Ampyx, dans la division Silurienne supérieure, tandisqu’on en compterait au moins 7, dans la division inférieure, même en adoptant 1 identité des espèces d’Irlande, avec celles de la Scandinavie.

La décroissance de la force vitale des Ampyx, dans la division supérieure, ne se manifeste pas uniquement par la diminution du nombre des formes existantes. Nous pouvons en observer encore un autre signe, dans l’extrême exiguité de leur taille, relativement à celle des espèces de l’époque antérieure. Tandisque Amp. nudus et ses contemporains ont communément une longueur d’environ 30 m. m. , Amp. latus, la plus grande espèce signalée dans la division supérieure, n’a que 10 m. m. A. parvulus et A. Rouaulti ne dépassent pas 8 m. m. et l’espèce que nous admettons en France serait encore plus petite. Cette grande réduction des dimensions semble montrer une sorte de dégénérescence dans ce type. La rareté relative des individus, dans toutes les contrées et à toutes les hauteurs géologiques, prouve d’ailleurs, que sa force prolifique était fort inférieure à celle de beaucoup d’autres genres.

Les limites géologiques entre lesquelles se trouve comprise l’existence entière des Ampyx, semblent indiquées en Angleterre, où A. nudus caractérise des roches profondément placées dans le groupe de Llandeilo, c. à d. vers l’origine de la Faune seconde, division inférieure, tandisque A. parvulus est signalé à la base du groupe de Ludlow, dans la division supérieure. — Ce genre n’a jamais été observé dans les formations Dévoniennes.

Rapp. et différ. Une grande affinité lie les Ampyx avec les Trinucleus et Dionide.

I. Les rapports entre Trinucleus et Ampyx ont été signalés par plusieurs paléontologues, et ils ont paru assez intimes à Emmrich, pour induire ce savant à les incorporer dans un même genre. Cependant, cette réunion n’a pas été adoptée, et l’auteur lui-même l’a abandonnée dans ses travaux postérieurs.- — Nous avons discuté ci-dessus (p. 618) les caractères par lesquels ces deux types se rapprochent, ou se distinguent, et nous prions le lecteur d’y jeter un coup d’oeil.

II. Dionide offre aussi des rapports avec Ampyx , savoir: — 1. Le manque d’yeux et de suture faciale. — 2. Le nombre des segmens thoraciques. — Le premier de ces genres se distingue. 1. Par la forme de son pygidium. — 2. Par le limbe perforé qui entoure sa *’ tête.

Classification des espèces.

Le nombre des segmens thoraciques variant de 6 à 6 , suivant les espèces, peut fournir un moyen simple de les grouper, pour l’étude. Le Prof. Forbes a remarqué, que dans les espèces à 5 segmens, la glabelle se projetant fortement en avant du front, la tête prend une forme triangulaire, prononcée, tandisque dans les Ampyx à 6 segmens, la. glabelle ayant le lobe frontal émoussé, la tête paraît beaucoup plus courte, et arrondie. Une seule espèce, Àmp. nasutus, contrarie cette observation, car tous les auteurs du Nord, à partir de Dalrnan, l’ont décrit avec 6 anneaux au thorax, et Ion sait qu'il a la glabelle alongée. Le Prof. Forbes est porté à croire que Dalrnan s’est trompé, en comptant comme un segment du thorax, la première articulation du pygidium. ( Mem . geol. surv. Dec. II.) Sans doute, il serait très-intéressant de vérifier ce fait, et de voir confirmer, sans exception, le rapport reconnu par le savant Anglais, entre la forme de la tête des Ampyx et le chiffre de leurs articulations thoraciques. Alors le nom de Brachampyx proposé pour la seconde section , à tête courte , pourrait être utilement employé. ' En attendant cette vérification, nous rangerons les espèces en 2 groupes, suivant le nombre de leurs segmens, en laissant dans un 3». groupe, celles dont on ne connaît pas encore le thorax.

Groupement des Ampyoc.

6 segmens au thorax.

5 segmens au thorax.

thorax inconnu.

* A. nasutus. Daim.

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