Amp. Rouaulti. Barr
Si l’on fait abstraction de la saillie de la glabelle, la forme générale du corps est ovalaire, transverse. La largeur maximum, au droit du sillon occipital est à la longueur suivant l’axe, dans les individus de la forme large, comme 8:5. Si l’on tient compte de la partie saillante de la glabelle, non compris la pointe, les deux dimensions comparées deviennent à peu-prés égales dans les individus de la forme longue. La tête, dans son ensemble, présente la figure triangulaire, observée par le Prof. Forbes, comme accompagnant ordinairement le nombre de 5 segmens thoraciques. La glabelle, très-enflée dans les individus non comprimés, a une forme rhomboidale, dont la plus grande diagonal^ coincide avec l’axe du corps. La petite diagonale, indiquant la largeur maximum, correspond au point où la glabelle se détache du contour gênai. L’extrémité frontale est armée d’une pointe rectiligne, horizontale, dont la longueur semble égale à celle du corps entier. A la base, la glabelle est légèrement tronquée par le sillon occipital, qui est linéaire, ainsi que l’anneau occipital. Dans les têtes non comprimées, nous distinguons, de chaque côté de la glabelle, près de sa base , deux impressions creuses, représentant autant de sillons latéraux. Les sillons dorsaux sont profonds et rectilignes.
Les joues, de chaque côté, figurent un quart de cercle^ et occupent ensemble les deux tiers de la superficie de la tête. Elles sont notablement bombées, en tout sens, dans les exemplaires qui n’ont pas subi un aplatissement. Elles présentent, sur tout leur contour latéral et postérieur, un petit limbe, ou rebord filiforme, déterminant une rainure concentrique, très-marquée. Chaque branche faciale de la grande suture, partant du contour antérieur, près de la glabelle, se dirige en ligne presque droite vers le contour postérieur, qu’elle atteint au droit de l’extrémité de la première plèvre. L’origine de la pointe génale, au lieu d’être sur le limbe, comme dans la plupart des ïrilobites, se trouve distinctement placée un peu à l’intérieur de la rainure du bord, c. à d. sur la surface de la joue mobile. Cette disposition, assez rare, se remarque aussi sur Acid. Buchi. (PL 36 — 3 7.), Acid, mira (PL 39.) &c. A partir de leur naissance, les pointes génales s’étendent presque transversalement, jusqu’à environ 1 mm. du bord, et là elles se coudent brusquement, à angle droit, pour converger un peu vers l’axe. Elles atteignent une longueur totale au moins double de celle du corps.
5 segmens au thorax, nombre constant sur tous, les adultes. Quelques jeunes individus n en présentent que 3 ou 4. Nous n’avons pas pu découvrir les premiers âges, avec un nombre de segmens au dessous de 3.
L’axe, très-étroit, occupe environ I de la largeur du thorax. Il s’amincit assez rapidement vers l’arrière. Les segmens se distinguent par un caractère particulier, qui n’a été signalé, jusqu’ici, que dans Amp. parvulus , par le Prof. Forbes. C’est que leur étendue, considérée le long de l’axe, diminue très-rapidement, à mesure qu’ils s’éloignent de la tête. Ainsi, dans un individu dont le thorax a 2.2 5 mm. de longueur, le premier segment occupe seul 1 mm. et le dernier est réduit à 0.2 5 mm. Les trois segmens intermédiaires suivent une progression décroissante, entre ces deux limites. Les anneaux de l’axe sont très-distincts et ont un fort relief. Chacun d’eux porte à ses extrémités, un nodule très-prononcé, qui s’efface en partie, dans les derniers segmens. Entre le corps de chaque anneau et son genou articulaire, il y a une cavité, bien marquée de chaque côté. En outre, le premier anneau présente à droite et à gauche de l’axe, une autre cavité conique, profonde, et beaucoup plus large, un peu en avant de celle que nous venons d indiquer, de sorte qu’il parait composé de deux anneaux soudés ensemble. Les plèvres, horizontales, rectilignes, se coudent à peine au bord thoracique. Elles sont divisées par un sillon profond, en deux bandes très-inégales. La bande antérieure est très-large, la bande postérieure très-étroite. Ce contraste est surtout très-frappant dans les premières plèvres, où le sillon pleural prend une forte obliquité, près du sillon dorsal, pour courir ensuite dans une direction transverse.
GENRE AMPYX. DALMAN.
Le pygidium figure un segment de cercle, dont la longueur, suivant l’axe, est à la largeur, comme 1:5. Le contour de ce segment offre constamment une échancrure, au droit de l’axe, qui atteint le bord. Ce bord est formé par un limbe presque vertical, représentant la doublure, et ayant toujours un peu plus de hauteur, dans la partie échancrée, que près du thorax. L axe montre trois articulations, non compris le genou articulaire. Chaque lobe latéral porte trois sillons intercostaux assez profonds, un peu obliques, marqués jusqu’au contour. Ils prennent naissance à la rainure des anneaux correspondans, ce qui montre que chacun d’eux représente, en effet, le sillon pleural. Ils déterminent deux côtes distinctes, non compris la demi-côte articulaire. La surface de ces côtes est inclinée vers l’arrière, et ne montre aucune trace du sillon suturai.
Le test paraît lisse sur presque tous les individus. Nous en possédons un seul dont toute la surface montre des stries, analogues à celles de certains Illaenus. On voit constamment des stries concentriques, sur le limbe vertical ou doublure du pygidium.
L’enroulement n’est pas constaté.
Dimensions. Le plus grand individu a une longueur, de 8 m. m. sur 8 m. m. de largeur maximum, en faisant abstraction des pointes. Nous avons déjà fait remarquer, que les proportions varient, suivant la forme longue et la forme large. — Plusieurs des jeunes individus, qui nous montrent seulement 4 segmens thoraciques, n’ont que 2 m. m. de longueur.
Gisem‘„. et local. Cette espèce appartient à notre étage calcaire inférieur E, dont elle caractérise la base seulement, sans le traverser -tout entier. Nous l’avons trouvée en divers points très-éloignés les uns des autres, sur la surface de notre bassin, savoir: à Butowitz, à Tachlowitz et Hinterkopanina, au Sud-Ouest de Prague, et à Borek, au Sud de Béraun. Elle est partout associée avec Proet. decorus, Acid, mira, Acid. Prevosti, les Cardiola fyc.
Rapp. et dijfér. Les Ampyx à 5 segmens , les seuls à . différencier de l’espèce que nous décrivons, se distinguent comme il suit.
1. Amp. Portlocki a tous les segmens thoraciques à peu-près égaux en longueur, mesurée suivant l’axe. Son pygidium est triangulaire, sub-équilatéral &c.
2. A. rostratus Sars. a aussi les segmens thoraciques sub-égaux entr’eux. Son pygidium est beaucoup plus développé et porte, sur l’axe, des rongées de points.
5. A. Sarsii. Portl. présente la même égalité de longueur entre les segmens du thorax. Son pygidium est triangulaire, alongé, sans aucune indication de segmentation, ni sur l’axe, ni sur les lobes latéraux.
4. A. latus M’Coy nous est connu par une succinte description, qui ne fait aucune mention de l’inégalité des segmens, circonstance qui aurait sans doute frappé le savant auteur de cette espèce, si elle eût existé. Nous apprenons par le texte, sans figures, que l’axe du pygidium de A. latus montre 17 articulations. Cela suffit, dans tous les cas, pour le distinguer de A. RouomIU qui n’en a que 5.
5. A. parvidus Forbes. est réellement la seule forme qui ait de grandes analogies avec celle qui nous occupe. Leur affinité se reconnaît aisément, dans leur fades, dans la lobation de la glabelle, l’inégale étendue des segmens thoraciques, et la conformation du pygidium. Cependant, ces deux espèces différent: — 1. par la carène indiquée à l’arrière de la glabelle de A. parvidus. — 2. Par la proportion de l’axe thoracique, qui, dans l’espèce Anglaise occupe presque ls de la largeur du thorax, tandisqu'il est réduit à \ dans l’espèce Bohême. — 3. Les bandes des plèvres sont presque égales entr’elles dans A. parvulus , et au contraire très-inégales dans A. Rouaulti. — 4. Les anneaux de l’axe thoracique, dans le premier, offrent un nodule, comme dans le second, mais il est placé vers l’arrière de l’anneau, au lieu d’être situé en avant de l’extrémité de celui-ci, comme dans notre espèce. • — 5. Enfin, le pygidium de A. parvidus est décrit avec 4 articulations , au lieu de 3 qu’on trouve sur celui de A. Rouaulti et il n’est pas échancré à l’arrière. D’après ces observations, nous devons admettre l’indépendance des deux
espèces comparées. Peut-être, un jour, les affinités qui les rapprochent s’étendront-elles à d’autres formes , assez nombreuses pour constituer un groupe dans le genre. Ce groupe présenterait beaucoup d’intérêt, s’il ne comprenait que des espèces appartenant à la division Silurienne supérieure, comme les deux que nous venons de mettre en parallèle.
Genre Dionide. Barrande.
Dione = Dionide. Barrande.
Pojytomurus. Corda.
1846- Nous fondons ce genre, sous le nom de Dione, que nous avons immédiatement modifié en Dionide. (N. Jahrb. fur Miner. 1847. Hft. IV. p. 391. J Nous décrivons succintement Dion, formosa , la seule espèce jusqu’ici connue. (Not. prélvrn. p. 32.)
1847, M. Corda substitue le nom de Polytomurus à celui que nous avions proposé. Il ajoute 1 indication de la forme de l’hypostôme, aux caractères antérieurement établis. Il décrit et figure 1 espèce typique, à laquelle il ajoute Pol. speciosus , qui n’est que la forme large de Dion, f rmosa. (Prodr. p. 37. PI. III. fig. 16.)
Caractères génériques.
Corps ovale, aminci vers l’arrière; trilobation distincte. Tête semi-circulaire; glabelle saillante, en ovale tronqué à l’occiput, portant près du sillon occipital deux sillons longitudinaux. Limbe’ perforé, analogue à celui des Trinucleus, mais rudimentaire et moins distinct des joues. Yeux et suture faciale invisibles. Suture rostrale sur l’arête saillante du limbe, traversant l’angle gênai sur la surface supérieure, de manière à laisser la pointe génale, avec la doublure du limbe.
Hypostôme elliptique, portant deux allés très-développées, en forme d’arc, sur sa partie antérieure. Bord postérieur entier, entouré d’un petit bourrelet saillant, comme le bord antérieur.
b segmens au thorax. Laxe, bien marqué par les sillons dorsaux, montre un nodule isolé, en avant des extrêmilés de ses anneaux. Plèvres horizontales, creusées par un sillon oblique d’avant en arrière.
Pygidium sub-triangulaire, plus ou moins arrondi à l’extrémité. L’axe porte un nombre d’articulations très-variable, et qui s’élève jusqu’à 26. Nous comptons, sur chaque lobe latéral, jusqu’à 19 côtes, subdivisées par le sillon suturai.
Le test présente, sur les joues, sur le limbe et sur une partie de la plèvre, des cavités analogues à celles des Trinucleus. Elles ne paraissent perforantes que sur le limbe.
L’enroulement n’est pas constaté.
Distribution verticale et horizontale. La seule espèce de ce genre que nous connaissons, appartient aux formations des schistes noirs feuilletés et des schistes gris-jaunâtres, faisant partie,
1 une et 1 autre, de notre étage des quartzites D. Ces deux formations sont séparées verticalement, par celle des schistes très-micacés, et diverses bandes de quartzite, dans lesquelles on n’a reconnu, jusqu à ce jour, aucune trace du genre Dionide. Il y aurait donc eu une lacune dans son existence en Bohême. Un pygidium qui offre beaucoup d’analogie avec celui de Dionide formosa a été figuré par le Capt'. Portlock. (Geol. Rep. PL I. B. fig. 15.) Ce savant l’a classé parmi les Trinucleus, sans lui donner aucun nom spécifique.
Rapp. et différ. Le genre Dionide se rapproche des Trinucleus, Ampyx, et Harpes.
1. En ce qui touche les rapports et différences entre Dionide et Trinucleus, nous avons eu 1 occasion de les développer au sujet do ce dernier genre, et nous prions le lecteur de vouloir bien consulter le passage où il en est question, (p. 619.)
GENRE DIOMDE. BARRANDE.
II. Les Ampyæ ont aussi avec Dionide des analogies, que nous avons indiquées ci-dessus, (p. 656.)
III. Les genres Harpes et Dionide se rapprochent par le manque de la suture faciale, et par la forme des plèvres du thorax. La conformation du limbe, le nombre des anneaux du corps et la forme du pygidium séparent d’ailleurs suffisamment le premier type du second, pour qu'il soit inutile d’insister sur ce point.
Dion, formosa. Barr.
1846. Diane formosa. Barr. Not. prélim. p. 33.
1847. Dionide id. Barr. N. Jahrb. f. Miner. Heft. IV. p. 391.
1847. Polytomurus formosus. Cord. Prodr. p. 37. PI. III. fig. 16.
P. speciosus. Cord. ibid.
L’ensemble du corps figure un ovale, fortement dilaté en avant et très-aminci en arrière. Le rapport entre les axes principaux varie suivant la forme longue ou la forme large. Nous le trouvons de 5:4 dans la première, et de 9 : 8 dans la seconde. Sur la longueur totale, la tête et le thorax occupent chacun un peu moins d’un tiers, et le pygidium est un peu plus long que chacun d’eux.
Le contour extérieur de la tête est semi-circulaire. Il est formé par un limbe étroit, perforé, qui, laissant un petit intervalle jusqu’au front de la glabelle, contourne les joues, et se prolonge au delà de l’angle gênai, par une pointe concave au corps et ayant une longueur double de celle de ce dernier. Cette pointe présente, sur le milieu de sa surface supérieure et inférieure, une arête rentrante, longitudinale, qui est constante, et ne paraît pas être un effet de la compression. Le contour intérieur de la tête est arqué vers le thorax; l’anneau occipital est étroit mais bien marqué. La glabelle, bombée, bien déterminée par les sillons dorsaux, a la forme d’un ovale tronqué à l’arrière. Elle porte, vers la nuque, deux sillons courts, profonds,
presque parallèles à l’axe, et aboutissant dans le sillon occipital, un peu en dedans des sillons
dorsaux. Nous apercevons aussi quelques impressions transverses, mais incertaines, sur sa surface, et une cavité vers le milieu des flancs, dans le sillon dorsal. La partie médiane présente une sorte de carène, derrière laquelle se trouve une protubérance. M. Corda a figuré une longue
pointe qui s’en détache. On en voit, il est vrai, la trace sur un exemplaire de la collection
Hawle, mais l’existence de cet ornement ne nous paraît pas cependant hors de doute. Il n’existe
aucun indice ni de la suture faciale ni des yeux. Nous reconnaissons une suture marginale, qui
contournant l’arête saillante du front, traverse la pointe de la joue, de manière à la détacher avec la doublure du test, comme dans les Trimicleus. Il en résulte, que lorsque la tête a perdu
la doublure, par suite de la décomposition, l’angle gênai se présente arrondi, comme le montre
une de nos figures. Cette doublure paraît ne s’étendre, d’après les impressions, qu’à une distance de 1 m. m. vers l’intérieur, et c’est sur elle que s’ajuste l’hypostôme. Les joues sont un peu bombées au milieu, et s’inclinent doucement vers les bords. Elles s’unissent au devant de la glabelle, par le limbe concentrique au front, et qui semble se prolonger, autour de la surface de chaque joue, jusques à une ligne creuse, faiblement tracée. Ce limbe est analogue à celui des Trimicleus, mais moins distinctement séparé. Les cavités de sa surface ne paraissent perforantes que dans une ou deux rangées, les plus voisines du contour. Les autres perdent peu à peu de leur profondeur, à mesure qu’elles s’avancent sur la joue. Il y a aussi, sur la surface de celle-ci, deux nervures en relief, qui, partant ensemble du voisinage de l’angle gênai, s’écartent un peu vers le milieu de leur cours, et. se dirigent diagonalement vers la petite cavité déjà indiquée, sur le flanc de la glabelle, où elles se réunissent.
L’hypostôme a une pièce centrale elliptique, bombée, couverte de tubercules irréguliers. Le bord antérieur, presque rectiligne au milieu, présente un petit bourrelet, qui s’écarte de la pièce centrale, pour former les ailes en arc de cercle, faiblement inclinées sur le corps principal. Le bord buccal, ou postérieur, est entouré d’un bourrelet semblable. Les ailes, vues en place sur un exemplaire non figuré, s’ajustent sur les sillons dorsaux, un peu en arrière du front. L’hypostôme atteint, par son bord postérieur, le sillon occipital.
6 segmens au thorax. L’axe bien marqué par les sillons dorsaux, peu bombé, occupe un peu moins d’étendue que chacun des lobes latéraux. Ses anneaux offrent une particularité analogue à celle que nous avons signalée, dans Ampyx Rouaulti. Elle consiste dans un nodule placé devant les extrémités de chacun d’eux et isolée du corps de l’anneau, par un petit sillon très-profond, incliné à 43° par rapport à l’axe, en divergeant, par rapport à celui-ci, d’avant vers l’arrière. Vers son sommet intérieur, ce petit sillon se coude à angle droit, et isole la partie médiane de l’anneau. Les plèvres horizontales se coudent à peine vers le bout extérieur, terminé en pointe émoussée. Leur surface est creusée par un sillon étroit, oblique d’avant vers l’arrière, déterminant deux bandes à peu-près égales, et marquées jusqu’au bord. La bande postérieure porte un renflement saillant, près du sillon dorsal.
Le pygidium est triangulaire, plus ou moins aigu à l’extrémité, suivant la forme longue ou la forme large. L’axe montre les mêmes caractères qu’au thorax et s’étend distinctement, jusqu’à une très-petite distance du bord. Nous comptons sur sa longueur, de 18 à 26 articulations, suivant le degré de développement des individus. Les 5 à 6 premiers anneaux montrent, à leurs extrémités, le nodule déjà mentionné; les autres n’en portent plus la trace. Les lobes latéraux, légèrement inclinés vers l’extérieur, sont entourés d’un limbe peu marqué, par une impression concentrique au bord. Nous comptons sur chacun, de 16 à 19 côtes, séparées par des sillons très-étroits, qui se distinguent jusques sur le limbe. La surface aplatie de chaque côte porte en outre le sillon suturai, reconnaissable même sur les dernières. Nous croyons que la doublure du test a sa limite intérieure indiquée par la largeur du limbe.
Le test a été dissous dans les schistes, mais nous trouvons ses impressions partiellement conservées, sur la substance ocreuse qui couvre le fossile. La surface de la tête et de l’axe paraissent constamment lisses. Les joues sont couvertes de petites cavités rondes, comme celles qui ornent le limbe, et dont le diamètre va en croissant vers le bord.
Le bourrelet formant le contour est strié dans le sens de sa longueur, sur sa surface supérieure et inférieure, et' nous voyons les stries se prolonger sur l’empreinte de la pointe génale. Les plèvres du thorax présentent, sur leur bande antérieure seulement, les mêmes petites cavités que les joues ; leur bande postérieure est lisse. Nous observons le même contraste sur les côtes du pygidium, avec cette différence, qu’ici la bande postérieure de la côte est ornée, tandisque la bande antérieure est lisse. Ce renversement est tout naturel, puisque chaque côte est formée de deux demi-plèvres contiguës.
Nous n’avons observé aucun exemplaire enroulé.
Dimensions. Le plus grand individu figuré a une longueur de 35 m. m. et une largeur maximum de 33 m. m. au droit de l’anneau occipital.
GiseiwL et Local. Dionide formosa caractérise la formation des. schistes noirs feuilletés, qui repose sur la bande des quarlzites des monts Drabow. Elle disparaît dans la hauteur des schistes très-micacés, et nous la retrouvons au dessus, dans les schistes gris jaunâtres. Elle est partout assez rare. Nous l’avons principalement rencontrée sur les côteaux dits Winice, près Béraun, entre Zahorzan et Ptak; et près Trubin. Nous l’avons aussi recueillie, sur le prolongement de la bande des schistes noirs, vers le Nord-Est, entre Béraun et Lodenitz, et enfin, dans les schistes gris-jaunâtres, aux environs de Kônigshof et de Karlshiitte.
GENRE ASAPHUS. BRONGNIART.
IX'. Famille, comprenant trois genres, dont un seul est représenté en Bohême:
Asaphus. — *Symphysurus. — ‘Ogygia,
Genre Asaphus . Brongniart.
Entomolithus. Linnaeus. Goldfuss.
Trilobus. Brünnioh.
Ti'ilobites. Schlottheim. Quenstedt. Boeck.
Entdinostracil es. Wahlenberg.
Asaphus. Brongniart. Stokes. Dalman. Holl. Bander. Goldfuss. Bronn. Hisinger. Buckland. Murchison.
Emmrieh. Eiclrvvald. Milne Edwards, de Bueh. Duc de Leucbtenberg. Burmeister. Portlock. Mac Coy. Barrande. Geinitz. Pictet. Corda. Kutorga. Salter.
Isotelus. (pars) Dekay. Green. Milne-Edwards. Vanuxem. Emmons. Goldfuss. Portlock. J. Hall. Mac Coy. Cryptonymus. (pars) Eichwald. Goldfuss.
Brongniartia. (pars) Eaton.
Asapîutgus. Troost.
Aperçu historique.
1768. Linné, dans sa classification générale, comprend fous les Trilobites. alors connus, sous le même nom générique et spécifique, Entomolithus paradoxus , en distinguant cependant, comme variété, a. expansus, un des crustacés fossiles les plus communs en Suède. Ce Trilobite est le plus ancien type du genre qui nous occupe. (Syst. nat. XII. eclit. III. p. 160. J
1781. Brünnich mentionne la même espèce, sous le nom de Trilobus dilatatus. ( Kiobenh . Selsk. Shrivt. Nye Samml. I. p. 393. No. 4.)
? Schlottheim décrit et figure le même Trilobite, sous le nom de Trilobites novas. ( Leonh . Miner. Taschenb. IV. p. I — 12. Pl. I. fig. 7 — 6.J
1820. Schlottheim énumère la même espèce, sous le nom de Trilobites cornigerus. (Petref. 1. 38 et Nachtr. II. 16. 34.)
1821. Wahlenberg décrit, sans figures, le même fossile Suédois, sous le nom, Entomostracites expansus. Il distingue 3 variétés: «• P- y- (Nov. Act. Soc. Sci. Ups. VIII. p. 25.) Dans le supplément à son mémoire, il décrit et figure une seconde espèce du même pays, et la nomme: Entom. extenuatus. (Ibid. p. 295. Pl. VII. fig. 4) Il observe leur suture faciale.
1822. Alex. Brongniart fonde le genre Asaphus , en prenant pour type, Tril. cornigerus Schlott. = Entom. expansus. Linn. Il décrit et figure également: As. de Buchii, As. Hausmanni, As. caudatus, As. mucronatus et As. laticauda. — Les caractères génériques indiqués pour relier entr’elies ces 6 formes, sont: la prolongation en pointe de l’angle postérieur de la tête; la réticulation des yeux; 8 à 12 segmens au thorax; une expansion membraneuse, ou limbe, entourant le post-abdomen, et souvent prolongée en appendice caudal. Les affinités ainsi définies laissaient une trop grande latitude, pour que le genre fût homogène, et pût se maintenir. Aussi voyons nous 4 des S espèces citées, passer dans d’autres types. As. De Buchii a été transféré par Burmeister, parmi les Ogygia. — As. Hausmanni, As. caudatus et As. mucronatus, sont devenus les types du genre Dalmania Emmrieh. — - As. laticauda a été reconnu pour un Bronteus. Il ne reste donc aujourd’hui parmi les Asaphus, que le type du genre, As. expansus. (Grust. fosse p. 17. Pl. II. — III)
1822- Ch. Stokes décrit et figure, sous le nom de As. platycephalus , divers fragmens d’une des formes Américaines, comprises depuis lors parmi les Isotelus de Dekay. Il reconnaît, en place, l’hypostôme ou corps fourchu des Asaphus. ( Trans . geol. Soc. Vol. I. Ser. 2. p. 208. Pl. 27.)
1824. Dekay fonde le genre Isotelus, sur deux formes de l’Amérique du Nord, qu’il décrit et figure sous les noms : Is. gigas et Is. plonius, paraissant également appartenir à l’un des groupes
du genre Asaphus. (Ann. Lyc. Nat. Hist. N -York I. p. 176. PL 12. fia 1—2 et PI 13 li!J- 1-2)
1825. Eichwald reconnaissant le defaut d homogénéité du genre Asaphus, en distrait l’espèce typique, comme base du nouveau genre Cryptonymus , auquel il assigne les caractères suivans:
— Tête trilobée par une ligne (suture) qui s’étend du bord antérieur au bord postérieur, en
passant par les yeux. — 8 à 40 segmens thoraciques, portant un sillon médian. — Pygidium entier, ayant un axe saillant, tantôt segmenté, tantôt lisse. — Le Profil. Eichwald décrit et
figure les diverses modifications que présente As. eæpansus , suivant l’âge, sous 4 noms spé¬
cifiques: Crypt. Schlottheimü , C. Weissii, C. Panderi, C. Lichtensteinii. Il incorpore à ce genre, comme Sect. II., III. crassicauda, sous o noms. — Les o Irilobites, de diverse nature générique,
qu’il décrit comme Asaphus, n’appartiennent nullement à ce type, tel qu’il est actuellement limité!
(Geogn. Zool. . . . nec non de Trilob. observ. p. 44. PL II à IV.)
1826. Dalman, adoptant le genre Asaphus de Brongniart, lui donne réellement l’extension
d une famille, ce qui 1 oblige a établir 6 sections, sous les noms suivans : — I. Asaphi genuini.
II. A iléus. III. Illaenus. IV. Liehas. — V. Awpyx. — Les caractères génériques, destinés à relier entr’elles tontes ces formes hétérogènes, offrent une plus grande latitude que ceux de Brongniart et se réduisent aux suivans: — yeux saillans, distincts. — corps contractile.
— 6 à 10 segmens thoraciques. — Pygidium souvent aussi grand que la tête, et formé de
segmens soudés ensemble. Les cinq sections de Dalman étaient trop tranchées, pour rester réunies dans un même type. Chacune d’elles est devenue un genre indépendant, reconnu par tous les paléontologues, excepté Nileus, que quelques uns ont considéré comme sous-genre des vrais Asaphus.
Le tableau suivant montre la classification du savant Suédois.
Sect. I.
Sect. II.
Sect. III.
Sect. IV?
Asaphi genuini.
Nileus.
Illaenus.
Liehas.
(nommés ci-après.
N. armadillo. Daim.
* cornigeri.
centrotus. Daim.