Aegl. pachycephala. Cord. (sp
1847. Cyclopyge pachycephala. Cord. Prodr. p. 64.
La tête de cette espèce est presque en tout semblable à celle de Aegl. rediviva. Elle diffère uniquement par les yeux plus alongés et étroits, formant à chaque extrémité un crochet à angle droit, qui embrasse le contour de la tête. Il résulte de cette disposition, que les deux yeux se rejoignent presque sur l’axe, soit sur le bord frontal, soit sur le contour occipital. Leur surface est finement réticulée dans toute son étendue, et nous évaluons à environ 1000, le nombre des lentilles de chaque oeil. Le lobe palpébral se distingue sous la forme d’une bande étroite, le long du contour intérieur de la surface visuelle.
GENRE AEGLINA. BARRANDE.
S segmens au thorax. Ce chiffre est le maximum observé, et nous sommes porté à croire, qu’il est le nombre normal dans les adultes, comme dans Aegl. speciosa. Cependant, l’individu qui nous montre 5 anneaux étant très-petit, il pourrait se faire que le développement final de cette espèce ne nous soit pas encore connu. D’autres exemplaires, à peu-près de la même taille, ne portent que 4 segmens thoraciques, ce qui indiquerait un âge moins avancé.
L’axe peu bombé, bien déterminé par les sillons dors, aux, occupe près de la tête, les f de la largeur totale. Il s’amincit très-faiblement jusqu’au dernier anneau , qui représente encore la moitié de l’étendue transverse du corps. La dimension des plèvres varie en raison inverse de celle de l’axe, de sorte que le thorax conserve une largeur presque uniforme, dans toute sa longueur. Le sillon est fortement marqué jusques près de l’extrémité de chaque plèvre, qui est émoussée.
Le pygidium est constamment demi-ovale ; sa longueur est à sa largeur : : o : 7. Sa surface est peu bombée, si ce n’est autour de l’axe rudimentaire. Celui-ci présente un relief prononcé, et il est limité par les sillons dorsaux très-marqués, qui se réunissent derrière lui. Il occupe environ la moitié de la longueur totale du pygidium et montre constamment deux articulations nettement séparées, sans compter le genou articulaire. Le dernier segment est deux fois plus long que le premier. La surface des lobes latéraux présente rarement la trace d’une côte rayonnante, dans le voisinage du thorax. Divers exemplaires paraissent complètement lisses. Dans plusieurs, nous trouvons deux ou trois légères rainures rayonnant de l’extrémité de l’axe, et tantôt symétriquement, tantôt un peu irrégulièrement disposées, de sorte que nous ne saurions affirmer quelles correspondent réellement à des segmens. Elles atteignent le contour, qui est quelquefois un peu relevé sur les côtés, peut-être par l’effet de la compression.
Le test paraît avoir été lisse, car nous ne discernons aucune trace d’ornemens sur les empreintes, soit externes, soit internes.
L’enroulement n’est pas constaté.
Dimensions. Le plus grand individu a une longueur de 9 m.m. sur 5 m. m. de largeur maximum, derrière la tête.
Gisem‘. et. local. Cette espèce a été trouvée avec Aegl. rediviva, dans les deux formations des schistes noirs feuilletés et des schistes gris jaunâtres. Elle est très-rare dans l’une et dans l’autre. Nous ne l’avons pas encore découverte dans la formation des schistes très-micacés, qui est intermédiaire. Les localités sont: le ravin de Trubin, les côteaux dits Winice, et les environs de Kônigshof, près Béraun.
Ra.pp. et dijfér. Par la forme de ses yeux, Aegl. pachycephala se distingue sûrement de ses congénères. Nous trouvons un autre différence aisée à reconnaître dans son pygidium, dont l’axe plus alongé présente toujours deux articulations prononcées.
XIî. Famille, comprenant deux genres, dont le premier seul est représenté en Bohême :
Illaenus. TVileus.
Genre Illaenus . Dalman.
Entomostracites.
Asaphus?
Trilobites.
Cryp tony mus.
Asaph. Illaenus.
Illaenus.
Wahlenberg.
Brongniart.
Schlottheim. Quenstedt. Boeck.
Eichwald.
Dalman.
Holl. Bander. Sars. Itisinger. Murchison. de Buch. Eichwald. d’Archiac et de Verneuil. Goldfuss. Burmeister. Portlock. Emmrich. M. V. K. Salter. Rouault. MacCoy. Geinitz. Pictet. Barrande. Corda. J. Hall. Kutorga. Phillips et Salter.
Buinastus. (pars) Murchison. Munster.
Isotelus. (pars) Milne-Edwards.
Nilens. (pars) Milne-Edwards. Barrande. Corda. Rouault.
Thaleops. Conrad.
Dysplanus. (pars) Burmeister. Corda. MacCoy.
Aperçu historique.
1821. Wahlenberg décrit et figure, sous le nom de Entomostracites crassicauda , un des
Trilobites les plus communs de la Suède. Cette espèce est le plus ancien type connu du genre
qui nous occupe. (Nov. Ad. Soc. Sci. Ups. VIII. p. 27. Pt. II. fig. 5 — 6) Dans un supplément
à son mémoire, le même savant figure deux nouveaux exemplaires, destinés à montrer le cours de la suture faciale, qu’il a observée le premier, comme caractère, dans les Trilobites. ( ibid. p. 294. PL Vil. fig. 5—6.)
1822. Alex. Brongniart, ne possédant d’autres matériaux que ceux que nous venons de mentionner, se borne à indiquer Entom. crassicauda Wahl, comme pouvant appartenir au genre Asaphus. (Crust. foss. p. 25.)
1823. Schlottheim reproduit l’espèce de Wahlenberg, sous le nom de Trilobites crassicauda. (Nachtr. II. p. 37)
1825. Eichwald, cherchant à restreindre la trop grande latitude donnée par Brongniart au genre Asaphus, établit le nouveau type Cryptonymus, subdivisé en deux sections. La première, à 8 segmens, comprend, sous diverses dénominations, As. expansus type des vrais Asaphus. La seconde, à 10 segmens, renferme uniquement Entomostr. crassicauda de Russie, qui paraît sous trois noms spécifiques: Crypt. Rosenbergii, C. Parkinsonii, C. Wahlenbergii. Des rapports de forme entre ces derniers Trilobites et l’espèce Suédoise, décrite par Wahlenberg, sont indiqués par le Profr. Eichwald. ( Geogn . zool. . . . nec non de Trilob. Observ. p. 48. Pt, III. et IV)
1826. Dalman, dans son traité sur les Palaeades, suit l’indication de Brongniart, et range Entom. crassicauda parmi les Asaphus, en établissant pour ce type, la troisième section du genre, sous le nom de Illaenus. Cette section, comprenant trois espèces, est subdivisée en deux groupes, d’après la forme de l’angle gênai, et le nombre des segmens du thorax, savoir:
Cornigeri. à 9 segmens.
El. eentrotus. . . . Daim.
** Mutici. à 10 segmens.
El. crassicauda. . Wahl. ,(sp.) lit. laticauda. . Wahl, (sp.j
On sait, que lit. laticauda est le pygidium d’un Bronteus. Les caractères génériques des Illaenus sont en même temps définis par Dalman, d’une manière assez précise, pour contraster avec ceux des As aphi genuini, et des autres sections du genre Asaphus. Aussi, ces sections ont elles été bientôt après considérées, comme constituant autant de genres, indépendans. ( Palaead . 50 et 70. Edit. Allem.)
1827- Schlottheim décrit et figure lllaen. crassicauda, sous le nom de Trilob. Esmarckii. ( Isis . III. p. 315. PL I. fig. 8)
182? Frédéric Jukes publie une note et des dessins de J. de Carie Sowerby, relatifs à un nouveau Trilobite de Barr, qui a été nommé plus tard, Bumastus Barriensis. Murch. ( Loudon’s Mag. of Nat. Hist. II. p. 41)
1829- Iloll, dans son manuel de paléontologie, reproduit le travail de Dalman, en reconnaissant l’indépendance du genre Illaenus. Il rapporte à ce type divers Cryptonymus d’Eichwald, identiques avec III. crassicauda, sous d’autres noms déjà cités. ( Handb . d. Petref. p. 168.)
1830- Pander admet l’indépendance générique des Illaenus et décrit l’espèce typique, à laquelle il réunit toutes les formes distinguées par Eichwald et Holl, sous plusieurs noms spécifiques. Il cite comme synonime <£ Illaenus, le genre Deucalion (Stschegloff). • .(Beylr. z. Geogn.
GENRE ILLAENUS. DALMAN.
Russl. 137.) Nous apprenons par le Prof: Fischer de Waldheim, que Chtchegloff a écrit dans son journal, sur les Trilobites de Zarskoë-Sélo, parmi lesquels est cité Deucalion Brongniarti. f. 9. b. C’est tout ce que nous savons à ce sujet. ( Bibliogr . paleontol. p. 303)
1832. Goldfuss énumère Asaph. (Elaen.) crassicauda, parmi les fossiles de la Grauwacke. (IJechens Handb. d. Geogn. Delabeche. p. 539.)
1835- Bronn, dans sa Lethaea geognostica, maintient les Illaenus dans la position que leur avait donnée Dalman, comme section des Asaphus. Il décrit III. crassicauda, dont il donne la synonimie. (Leth. Geogn. p. 115.)
1835- Sars décrit et figure l’hypostôme d’Illaen. crassicauda, qui diffère de celui d’ As. expansus de manière à distinguer ces deux types, flsis. IV. p. 341. PL IX. fig. 10.)
1837. Hi singer reconnaît l’indépendance du genre Illaenus, et reproduit les deux espèces déjà décrites par Dalman: IlL centrotus et III. crassicauda. (Leth. Suec. p. 16. PL III.)
1837- Quenstedt énumère dans sa classification, sous le nom de Tril. Esmarkii, Illaen. crassicauda , dont il cite la synonimie. Il rapproche de cette espèce As. centrotus, Daim, qui n’offre que 9 segmens. ( Wiegrn . Arch. 1837. IV. p. 344.)
1838. Boeck énumère parmi les Trilobites de Norwège, Tril. crassicauda, Tr. centrotus. L’espèce Tr. asellus, indiquée à la suite, appartient peut-être au même genre. (Gaea Norveg. p. 1 43.)
1839. Sir Rodéric Murchison établit le genre Bumastus, sur une nouvelle espèce d’Angleterre, présentant des formes qui contrastent notablement avec celles du type crassicauda, et qui paraissent appartenir plus particulièrement à la division Silurienne supérieure. Il décrit et figure Bum. Barriensis et III. perovalis. (Silur. sigst. p. 656. PL 7 et 14. et p. 661. PL 23. fig. 7.)
1839- La même année, le Prof. Emmrich, dans sa thèse inaugurale sur les Trilobites, reproduit le système de Dalman, en rattachant les Illaenus aux Asaphus, comme 3e section. Il incorpore à ce type le genre Bumastus Murch. et il décrit trois espèces, III. crassicauda, III. centrotus et III. Barriensis. (De Trilob. dissert. p. 33.)
1840. Léop. de Buch décrit III. crassicauda de Russie. Il confirme la réunion aux Illaenus, de Bumastus Barriensis, et il indique l’identité de EL perovalis Murch. avec III. crassicauda. (Beytr. z. Gebirgsform. Russl. p. 43)
1840. Le Cle. Münster décrit et figure, sous les noms de Bumastus Franconiens et Bum. planus, deux formes paraissant appartenir à une seule espèce, des environs de Bayreuth. (Beytr. III. p. 42. PL V. fig. 17. 18.) Le fragment nommé et figuré dans le même ouvrage, sous le nom de EL perovalis, a été récemment sous nos yeux. Il est trop mal conserve pour être déterminable, et il nous paraîtrait appartenir à un Proetus. (ibid. PL V. fig. 11)
1840- Eichwald énumère parmi les Trilobites de Russie : TU. crassicauda, Daim. El. perovalis Murch. et III. centrotus Daim. (Urw. Russl. p. 19.)
1840- Milne Edwards n’admet pas l’existence du genre Illaenus, et il incorpore les espèces connues, à d’autres types, savoir: Bum. Barriensis aux Nileus; El. crassicauda, El. perovalis et III. centrotus aux Isotelus, parmi lesquels ils forment des subdivisions, en raison du nombre de leurs segmens thoraciques. Il figure seulement III. crassicauda. ( Crust . III. p. 295 et 300. Pl. 34. fig. 5.)
1842- Le Vle. d’Archiac et de Verneuil énumèrent, parmi les fossiles paléozoiques de l’Allemagne, les trois formes nommées par le C,e. Münster, et que nous avons déjà citées. Ils y ajoutent, El. triacantlms Goldf. dont nous allons parler. (Foss. of the Rhen. Prov. in Trans. Geol. Soc. Lond. VI. p. 3 81. J
1843- Goldfuss, dans sa classification des Trilobites, admet l’indépendance du genre Illaenus. Il décrit les caractères génériques et il énumère 4- espèces : III. crassicauda, El. perovalis, III. centrotus et III. asellus Boeck. Il reconnaît, que le fragment qu’il avait antérieurement nommé
III. triacanthus, n’est autre chose que l’hypostôme d’un Phacops de l’Eifel. (N. Jahrb f. Miner Heft V. p. 553.) ' 1
1843- Le Prof'. Burmeister considère Illaenus comme un genre indépendant, auquel il incorpore Bumastus Murch. Il limite ce type aux espèces qui ont 10 segmens au thorax. 11 les range en 2 sections, fondées sur les caractères qui distinguent la forme Bumastoide de celle du type crassicauda, savoir:
A. Largeur de l’axe ne dépassant par celle des lobes latéraux; sillons dorsaux profonds.
B. Largeur de l’axe dépassant celle des lobes latéraux; sillons dorsaux peu profonds.
Illaenus. Bumastus.
\ . RI. crassicauda. . . Wahl. (sp.) El. Bum. Barriensis. . . Murch. 2. III. giganteus. . . Burm.
Les espèces qui ne présentent que 9 segmens au thorax, sont placées par Burmeister dans un nouveau genre, Archegonus, qu’il divise en deux sections, comme il suit:
A. Angle gênai prolongé en pointe; glabelle indistincte; plèvres sans sillon; axe du pygidium rudimentaire.
Dysplanus.
Arch. Dyspl. centrotus. . Daim, (sp.)
B. Angle gênai arrondi; glabelle bombée, distincte; plèvres portant un sillon oblique ; l’axe du pygidium développé.
Archegonus.
Arcli. aequalis. . . . Burm.
A. globiceps. . . . Phill. (sp.)
Le seul caractère par lequel ces deux sections se trouvent associées en un même genre, consiste dans le nombre 9 des segmens thoraciques. Tous les autres élémens de ces Trilobites sont d’ailleurs assez contrastans. Suivant notre manière de voir, Dysplanus rentre parmi les Illaenus, dont il ne diffère que par le nombre des segmens, car on connaît .aussi actuellement, une espèce à 10 segmens, lll. tauricornis, Kutor. dont l’angle gênai est prolongé en pointe. Arch. aequalis et Arch. globiceps appartiennent au genre Phillipsia. Portlock a décrit le dernier parmi les Griffithides. fOrgan. d. Trilob. p. 118. PI. V.)
1843. Le Capf. Portlock admet le genre Illaenus, dont il retrace la caractéristique. Il décrit et figure trois formes d’Irlande, sous les noms: lll. centrotus, II. crassicauda et lll. ? quadrato-caudatus. ( Geol . Rep. p. 300. PL X. et XXIV.)
1843. Conrad décrit et figure, sous le nom de Tlialeops ovata, un Illaenus d’Amérique. (Proc. Acad. Nat. Sci. Philad. I. p. 332.)
1845. Emmrich, dans son second travail sur les Trilobites, range les Illaenus dans la famille des Asaphen, mais il reconnaît leur indépendance générique, et il admet également dans le genre, les espèces à 9 et à 10 segmens. Il énumère seulement: lll. crassicauda,, centrotus et (Bum.) Barriensis. (N. Jahrb. f. Miner. Heft I. p. 41.)
1845. Sir Bodéric Murchison, de Yerneuil et le Cle. Keyserling énumèrent les Illaenus de Bussie, qu’ils réduisent à lll. crassicauda et El. centrotus, en laissant dans le doute l’indépendance de III. Rosenbergii. Eichw. Ce dernier nom a été appliqué, en 1848, à une forme d’Angleterre, par M. M. Phillips et Salter. (Géol. de la Russ. et Our. p. 395.)
1845. J. \V. Salter donne le nom de El. Bowmanni à des individus provenant de Bhiwlas, pays de Galles, et qu’il a identifiés, en 1849, avec son III. Davisii. (Geol. Journ. I. p. 8 et 20.)
1846- Marie Rouault décrit et figure, sous le nom de Nileus Beaumonti, une nouvelle espèce de France, remarquable par la trace de la segmentation au pygidium, et qui nous paraît appartenir au genre Illaenus, bien qu’elle n’ait que 8 segmens au thorax. Ce savant cite aussi parmi les fossiles de Bretagne, El, crassicauda, et III. Desmaresti = El. giganteus. Burm. (Bull. Soc. géol. de France. 2e Sér. IV. p. 309)