‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 382 sur 469 · Acidasp. Grayi. Barr · texte numérisé non relu

Acidasp. Grayi. Barr

Nous ne connaissons de cette espèce que la tête isolée. Sa surface est fortement bombée. Son contour extérieur figure à peu-près une demi-ellipse transverse, dont la largeur est à la hauteur :: 5:2, abstraction faite des pointes. Le contour interne est presque rectiligne. Le corps médian de la glabelle est enflé et très-notablement amaigri vers l’avant. Le lobe frontal, occupant un tiers de la longueur, est déterminé par un étranglement prononcé, au droit du lobe laté-

ral moyen. Les faux sillons sont bien marqués, ainsi que les sillons latéraux moyen et postérieur, et les sillons dorsaux. Les deux lobes qu’ils circonscrivent, sont ovalaires, tuméfiés et très-inégaux. Le lobe postérieur est deux fois aussi gros que le lobe moyen. Le triangle interne de la joue fixe forme une surface arquée, étroite, alongée, distincte par son relief, entre les sillons dorsaux et la rainure du filet oculaire. Celui-ci figure un arc de cercle, mince, en forme de bourrelet. La bande extérieure qui l’accompagne, est assez large vers le front, pour donner naissance à une fossette triangulaire. La suture faciale, dans sa partie antérieure, décrit une ligne presque droite, inclinée à 30° par rapport à l’axe. L’oeil ne nous est connu que par une brisure correspondant à sa base. Il est placé près du bord postérieur de la tête, et paraît être élevé. La joue mobile forme une paroi sub-triangulaire, très-inclinée vers l’extérieur. Elle est entourée par un limbe enflé, très-mince au front, et qui s’élargit vers l’arrière. Son arête externe est ornée d’une série d’épines très-fortes, dont la plus longue peut avoir 3 m. m. Elles sont dirigées normalement au contour. Le limbe de la joue mobile, combiné avec un bord analogue formant le contour postérieur de la joue fixe, se prolonge par une pointe génale extrêmement développée, dans une direction presque perpendiculaire à l’axe. Sa longueur semble dépasser 15 m. m.

Le sillon occipital est marqué par une légère impression transversè. L’anneau occipital, mal défini, continue, vers l’arrière, le corps médian de la glabelle, sous la forme d’un appendice cylindroide, très-volumineux, horizontal, couché sur le thorax. Nous ne connaissons de sa longueur, qu’un fragment d’environ 10 m. m. 11 porte un tubercule assez gros, un peu en arrière du sillon occipital.

Le reste du corps est inconnu.

Le test est parsemé de grains épars sur toute la surface de la tête, et de ses pointes, excepté les sillons. On distingué quelques grains plus gros sur le corps central de la glabelle.

Dimensions. Abstraction faite des pointes, la longueur de la tête est de 10 m. m. et sa largeur maximum de 25 m. m.

Cxisein ‘ et local. Les têtes isolées que nous décrivons, appartiennent à notre étage calcaire inférieur E. Elles proviennent des collines dites Listice, près Béraun, où elles sont associées avec Cheir. insignis, Deiphon Forbesi, Sphaer. mirus, Stauroc. Murchisoni, Lich. scabra, Lich. palmata fyc.

Rapp. et différ. Il existe une grande ressemblance entre cette tête et celle de l’espèce typique du genre, Acid. Brigthü , figurée récemment par M. M. Phillips et Salter. (Mem. geol. Surv. II. p. I. p. 348. PI. IX. /ig. 6 excl. aliis.)

Nous eussions été tenté de réunir ces deux formes, comme identiques. Cependant, nous avons observé entr’elles des différences qui nous portent à croire, que • nous en reconnaîtrions encore d’autres, si nous pouvions comparer les corps entiers de ces deux Trilobites. — 1. Les pointes génales de l’espèce Anglaise sont inclinées à 4-5° par rapport à l’axe, au lieu d'être étendues transversalement, comme dans la forme Bohême. — 2. La pointe occipitale paraît moins développée dans Acid. Brigthü , et elle ne présente pas, près de son origine, le tubercule constant dans notre espèce. — 3. Suivant la figure citée, le filet oculaire serait rectiligne dans la première, tandisqu’il est très-arqué dans la seconde. — 4. Enfin, la granulation forte et serrée qui est figurée sur la tête de Acid. Brigthü, diffère beaucoup • des grains clair-semés sur celle de Acid. Grayi. Ces motifs nous ont déterminé à séparer spécifiquement ces deux Acidaspis, qui, outre les analogies de leur conformation, sont encore liées entr’elles par celle de leur position géologique. En effet, l’une se trouve dans le calcaire de Wenlock, et l’autre, dans notre étage calcaire inférieur E, c. à d. également à la base de la division Silurienne supérieure.

Calymene. (partïm.) Dalrnan. Holl. Goldfuss. Hisinger. Eichwald. Münster. Phillips. Archiac et Verneuil. Lovén. Otarion. (partïm.) Zenker. Goldfuss.

Ceraurus. Green. Goldfuss. J. Hall. Mac Coy. Verneuil.

Paradoxides. {partïm.) Murchison. Münster.

Phacops. (partïm.) Emmrich. Burmeister.

Asaphus. (partïm.) Münster. Goldfuss.

Arges. (partïm.) Goldfuss. Portlock.

Cyphaspis. (partïm.) Burmeister.

Amphion. (partïm.) Portlock.

Clieiruius. Beyrich. Mac Coy. Barrande. M. Bouault. Corda. Verneuil. Phillips et Salter. Sandbereer

Actinopeltis. (pars.) Corda. s

Eccoptochile. (pars.) Corda. Mac Coy.

Cryphaeus. (pars.) Mac Coy.

C’est une tête, que le Cle Sternberg caractérise en peu de mots, sans nom spécifique et dont il donne une figure très-reconnaissable, mais sans yeux. Il paraît la considérer comme appartenant au genre Paradoxides de Brongniart. Cette tête, nommée Trilob. Sternbergi, par Ch. Boeck, en 1827, est aujourd’hui Cheir. Sternbergi, type historique du genre. fVerh. des Vaterl. Mus p 86 PL I. fig. 5. J

1826. Dalman énumère avec doute parmi les Calymene, sous le nom de Calyrn. ? speciosa, un fragment de la tête d’un Trilobite provenant de l’île d’Oeland, et qu’il rapproche de la tête que le Cte Sternberg avait observée en Bohême. (Palaead. p. 76. edit. Allem .)

1827. Ch. Boeck donne au fragment figuré par Sternberg, le nom de Tril. Sternbergi. Ayant observé la trace des yeux, il déclare ce Trilobite éloigné des Paradoxides, alors supposés aveugles, et il le considère comme devant devenir le type d’une section indépendante. (May. for Naturw. I. — Notits. til Laer om Trilob. J

1828. Dalman décrit, sous le nom de Calym. clavifrons, une tête, et sous celui de Cal.

ornata, un thorax de Trilobite de Suède, qui, selon divers savans, semblent appartenir au genre Cheirurus. Nous pensons que ce fait sera établi convenablement par les paléontologues Suédois, qui ont à leur disposition les fragmens originaux observés par Dalman. Ils feront ainsi cesser la confusion qui a eu heu jusqu ici, au sujet de Cal. clavifrons, car Hismger a figuré, sous ce

nom, la tête d’un Sphaerexochus, (1840) tandisque Sars l’a appliqué en 1836, à la tête d’une Cy¬

phaspis, et Burmeister a suivi ce dernier. Au contraire, nous avons vu récemment, en Angleterre, des têtes de Cheirurus que M. M. Salter et M’Coy ont identifiées avec la forme Suédoise, sous le nom de Cheir. clavifrons fArsberàtt. p. 134 — 135. teste Hisinger. J

1829. Holl énumère Cal. ? clavifrons et Cal. speciosa Daim, parmi les Trilobites dont la

nature générique est incertaine. ( Handb . d. Petref. p. 176.)

1832. Goldfuss comprend Cal. speciosa dans son catalogue des fossiles de la Grauvvacke. (Dechens Handb. d. Geogn. DelaBeche. p. 538.)

1833. Zenker décrit et figure, sous le nom de Otarion squarrosum, deux fragmens appartenant aux Cheirurus de Bohême. L'un, qu’il considère avec doute comme la tête, est un hypostôme, et l’autre est un pygidium, incorrectement figuré, mais dont la forme se rapproche de celle de notre Cheir. Quenstedti. ( Beytr . z. Naturg. d. Urw. p. 47. PL 4. fig. S. a et L. c.J

1833. Le Cle Sternberg, dans sa seconde revue des Trilobites de Bohême, énumère Tril. Sternbergii Boeck. La tête qu’il figure sous ce nom, nous paraît appartenir à Cheir. gibbus Beyr. Il lui associe un pygidium isolé, qui est celui de notre Gromus Beaumonti. ( Verhandl . d. Vaterl. Mus. p. 51. PL II. fig. 3.)

1833. Green donne le nom de Ceraurus pleurexanthemus à un Trilobite indéterminable, d’après son mauvais état de conservation. Cette espèce a été reconnue depuis lors, sur de meilleurs exemplaires, comme appartenant au genre Cheirurus. ( Monogr . p. 84. fig. 10. J

1835. Sars décrit et figure, sous le nom de Cal. speciosa Daim, la pièce médiane de la tête d’un Trilobite de Norwège, portant les principaux traits caractéristiques des Cheirurus, savoir: 3 sillons latéraux à la glabelle, la suture faciale suivant le type, le contour polygonal du lobe frontal, et la pointe génale. La glabelle qu’il figure comme Cal. clavifrons Daim, nous paraît appartenir au genre Cypliaspis Burm. flsis. Heft V. PI. IX. fig. 7 et 8. J

1837. Hisinger décrit en peu de mots et sans figures, Cal. ornata, Cal. clavifrons et Cal.? speciosa de Dalman. Il remarque dans cette dernière, que les côtés de la tête portent des points creux, ce qui indiquerait un Cheirurus. (Leth. Suec. p. 12.) (voir 1840.)

1838. Boeck reconnaît, que le fragment figuré par Sars (1855) sous le nom de Cal. speciosa est réellement Cal. clavifrons Daim. En même temps il établit, que Cal. clavifrons Sars n’est pas Cal. clavifrons Daim, mais représente l’espèce nommée Tril. sphaericus par Esmark. fGaea Norweg. p. 140.)

1839. Sir Bodéric Murchison décrit et figure, sous le nom de Paradox, bimucronatus, une partie du thorax et le pygidium d’un Cheirurus, de l’étage de Wenlock. (SU. Syst. p. 658. PL 14. fig. 8—9)

1839- Emmrich range parmi "les Phacops l’espèce nommée clavifrons par Dalman. Il en donne la description, d’après la figure que Sars avait publiée (1835) comme Cal. speciosa. (De Trilob. Dissert. p. 21.)

1840- Hisinger décrit et figure, comme Cal. ? speciosa Daim, la pièce médiane très-caractérisée de la tête d’un Cheirurus. (Leth. Suec. Suppl. II. p. 6. Pl. 39. fig. 2. a. b.) — La figure donnée par ce savant, sous le nom de Cal. clavifrons, Daim, paraît appartenir à un Sphaerexochus. ( ibid . PL 37. fig. 1 . a. b. c.)

1840. Eichwald nomme, parmi les fossiles de l’Esthonie, Cal. Sembnitzkii, qui, d’après des fragmens que nous devons à la bonté du Dr. A. de Volborth, est un Cheirurus. (Sil. Syst. Esthl. p. 68.)

1840. Le C,e Munster décrit et figure 3 têtes de Cheirurus de la Franconie, sous les noms : Cal. Sternbergi, Boeck. Cal. propinqua et Cal. artïculata. Le pygidium tronqué de l’une des espèces est figuré sous le nom de Parad. brevimucronatus. Durant un voyage récent à Munich et à Bayreuth, nous avons reconnu sur les fragmens originaux, la nature générique, qui avait été déjà très-bien indiquée par le Profr. Beyricb, d’après les figures du C'e Münster (1845). Les deux têtes Sternbergi et propinqua, appartenant au groupe de Cheir. insignis, nous paraissent identiques, et elles sont très-rapprochées de celle de notre Cheir. Hawlei. (Pl. 42) Le pygidium, quoique mutilé, nous semble n’avoir que la première pointe développée, comme celui de l’espèce Bohême que nous citons. Nous serions donc porté à l’associer aux 2 têtes, en appliquant à cette espèce le nom de Ch. yropinquus, Münst. — La tête, articulata, ' reste indépendante et entre dans le groupe de Cheir. gibbus. — Ces têtes étant dépouillées de leurs joues mobiles, très-petites, le Cle Münster a considéré le vide qui en résulte, comme occupé uniquement par l’oeil, qu’il a figuré au sommet de la joue fixe. (Beytr. III. p. 37. PL V. fig. 5 — 6 — 7 — 12)

GENRE CHEIRURUS. BEYRICH.

1841. Phillips décrit et figure, sous le nom Cal. Sternbergii (Münster) la tête d’un Cheirnrus des formations Dévoniennes d’Angleterre. (Pal. foss. of Devon. p. 128. PL 56. fuj. 247 J

1842. Eichwald constate l’existence en Russie de divers Trilobites, qu’il compare, les uns

avec Cal. propinqua et Cal. articulata, de Münster, et les autres, avec Cal. clavifrons et Cal.

speciosa de Dalman. (Urw. Russl. II. p. 61 et 66. J

1842. Le V,e d’Archiac et de Verneui! énumèrent parmi les fossiles paléozoiques, les Tri¬

lobites du C,e Munster que nous venons d’indiquer (1840). (Foss. of the Rlien. Prov. in Trans. geol. Soc. Lond. VI. p. 381. )

1842. Le Cte Münster décrit et figure, comme pièce centrale de la tête d’As. dubius, un ' hypostôme appartenant à l’un des Cheirurus de Franconie, antérieurement publiés par lui, sous

le nom de Calymene (1840). (Beytr. V. p. 113. PL 10. fig, 12. J

1843. Goldfuss, dans sa classification, range parmi les Arges l’espèce Anglaise, Parad. bimucronatus Murch. — Il énumère divers autres Cheirurus déjà mentionnés, sous les noms: Otarion squarrosum Zenk. — Ceraurus pleur exanthcmus Green. — Cal. propinqua Münst. Cal. articulata Münst. — As. clavifrons (Calym.) Daim. — Trilob. brevimucronatus (Parad.) Münst. (N. Jahrb. f. Miner, tleft V.J

1843- Burmeister, induit en erreur par Sars, qui avait figuré une glabelle de Cyphaspis, sous le nom de Cal. clavifrons, Daim. (Isis 1835) incorpore à son genre Cyphaspis, la forme primitive Suédoise Cal, clavifrons Daim. (Organ. d. Trilob. p. 104.) Dans l’appendice à cet ouvrage, il range parmi les Phacops l’espèce figurée par Hisinger sous le nom, Cal. speciosa, Daim, et les trois têtes de Franconie nommées par Münster Cal. Sternbergii, C. propinqua, C. articulata. Enfin, il figure la tête de Tril. Sternbergii, (Boeck.) de Bohême, dont il ne croit pas pouvoir déterminer la nature générique, se bornant à indiquer une très-grande affinité entre cette forme et celle des Olenus et Triarthrus.

1843. Portlock décrit et figure, sous le nom, Amphion gelasinosus , une tête, et sous le nom, Arges planospinosus, un pygidium, provenant d’une même formation Silurienne d’Irlande, et qui pourraient bien appartenir à une seule espèce de Cheirurus. (Geol. Rep. p. 272. PL III. fiq. 4, et p. 289. Pl, V. fig. 9.)

1844. Lovén décrit Cal. ornata Daim. Il constate, que les yeux sont réticulés. Les indications générales qu’il donne sur les traits de la tête et du pygidium, permettent de reconnaître un Cheirurus. (teste Beyrich.) (Ofv. af kongl. Vet. Ak. Forh. p. 63.)

1845. Sir Rod. Murchison, de Verneuil et le Clc Keyserling énumèrent parmi les Trilobites de Russie, les formes dont le Profr Eichwald avait annoncé l’existence. (1840 — 1842) (Russie et Oural, p. 394)

1845. Beyrich fonde le genre Cheirurus, d’après 4 espèces de Bohême, savoir: Tril. Sternbergi, Boeck. et 3 formes qu’il nomme: Ch insignis, Ch. claviger et Ch. gibbus. Nous avons déjà signalé la dernière, comme figurée par Sternberg en 1833. Les deux autres ont été mises au jour par nos recherches. Le Prof' Beyrich fixe les caractères génériques et décrit les 4 espèces, avec toute la précision et l’étendue que lui permettaient les matériaux incomplets à sa connaissance, en admettant le chiffre normal de 1 1 segmens thoraciques. Il passe en revue les Trilobites de Franconie, de Suède, de Norwège, d’Angleterre, d’Irlande et d’Amérique, que nous venons de citer, comme appartenant au genre Cheirurus. (Üb. Bôhm. Trilob. p. 5. fig. 1. à 5.)

1846- MacCoy énumère parmi les fossiles Siluriens d’Irlande: Cheir. bimucronatus, Murch. Cheir, brevimucronatus Münst. et Ch. gelasinosus Portl. (Synops. of Silur. foss. Irel. p. 44.)

1846. Nous décrivons succintement, dans nos premières publications, 10 espèces de Clieirurus de la Bohême, sous les noms suivans :

Page 1