Ch. minutus. Barr
Nous constatons, que Cheir. claviger a 12 segmens thoraciques, ce qui modifie un peu la définition générique. (Not. prélim.) (Nouv. Trilob.J
1846. Marie Rouault annonce la découverte, à la Hunaudière, en France, de fragmens d’un Cheirurus semblable à Ch. claviger. (Bull. Soc. géol. de France. 2e. sér. IV. p. 309. J
1846- Beyrich décrit et figure, sous le nom de Ch. gibbus, un pygidium isolé de Bohême, qui appartient réellement à Cheir. Sternbergi. Il donne la description et la figure de 2 têtes isolées de Cheirurus, trouvées dans les blocs erratiques et qu’il nomme: Ch. exsul, et Ch. ornatus. Il annonce l’existence, dans le Harz, d’une autre espèce inédite, qu’il identifie avec Ch. gibbus. (Unters. üb. Trilob. II. St. p. 3. PL 4. fig. 5 — 6 — 7.)
1847. Corda répartit les Cheirurus de Bohême en trois genres, savoir: Eccoptochile avec 4 espèces; Actinopeltis avec 1 espèce; Cheirurus avec 11 espèces. Nous discuterons, ci-après, la valeur de ces trois genres et des 16 dénominations spécifiques. ( Prodrom.J
1847- Ed. de Verneuil énumère Ceraurus pleur exanth émus parmi les Trilobites de la division Silurienne inférieure, aux Etats-Unis d’Amérique. En même temps, il annonce la découverte de Cheir. insignis Beyr. dans la division supérieure. (Parall. des dép. pal. de l' Am. sept, et de l’Eur. p. 47. — Bull. soc. géol. de France.)
1848. J. Hall décrit et figure, sous le nom de Ceraurus pleur ex anthemus (Green.) deux formes de Cheirurus des Etats-Unis, qui paraissent spécifiquement différentes. Il nous semble, que la forme primitive, nommée par Green, est représentée seulement par les figures l.a. — 'l.b. (PI. 65). Les autres fragmens figurés, principalement fig. l.d. — 1 . i. — 1 . h. — l.m. — 1. — n., constitueraient une espèce indépendante, très-remarquable, et très -distincte de la première, par le développement des nodules sur les plèvres. — Ceraurus vigilans , figuré sur la même planche, ne montre pas les caractères des 'Cheirurus, et appartient à un autre genre (Pal. of N. York I. p. 242. PI. 65) — Cer. pustulosus (ibid. p. 246. PL 61. fig. 2) est un fragment trop insuffisant pour être déterminé. — Il paraîtrait que J. Hall, à l’époque où il a décrit ces Trilobites, n’avait pas connaissance des travaux du Profr. Beyrich, sur le genre Cheirurus , dont il ne fait aucune mention.
1848. Phillips et Salter décrivent et figurent, sous le nom de Ch. speciosus Daim, divers fragmens isolés, savoir, 2 têtes, une plèvre et un pygidium, qu’ils identifient avec Parad. bimucronatus, Murch Ces savans décrivent et figurent, sous le nom de Sphaer. juvenis Sait, deux têtes et un pygidium isolés, appartenant aussi au genre Cheirurus. Nous savons, par une communication particulière de M. Salter, que ces deux déterminations doivent être changées. La première forme est reconnue indépendante de celle que Dalman a nommée speciosa. Au contraire, les têtes qui portent le nom de Sphaer. juvenis semblent identiques avec l’espèce Suédoise Cal. clavifrons , Daim. (Mem. geol. Surv. Vol. II. p. I. p. 344. Pl. VII. fig. 1 à 7.)
1850- Mac Coy, dans sa classification des Trilobites Britanniques, adopte le nom de Ceraurus,
au lieu de Cheirurus, en restreignant ce genre aux espèces qui n’ont que 1 1 segmens au thorax. Il applique la dénomination générique , Cryphaeus Green = ? Eccoptochile Corda , aux espèces qui ont 12 segmens. Il place ces deux genres dans sa famille des Paradoxinae, et il donne succintement les caractères de chacun d’eux. — • Dans le même mémoire, il décrit trois Trilobites, sous les noms : Cryph. Sedgwickii, Cer. octo-lobatus et Cer. Williamsii. Ces formes devant être prochainement publiées, avec des figures, nous nous bornerons à constater, que nous leur avons trouvé les plus grandes analogies avec certaines de nos espèces de Bohême. (Ann. and
Mag. nat. Hist. Ser. 2. Vol. IV. p. 400 et 406.) — Quant aux dénominations génériques,
GENRE CHEIRURUS BEYRICH.
adoptées par le Prof. Mac Coy, nous nous permettrons d’observer, que le nom Oryphaeus Green, ne saurait, dans aucun cas, devenir synonime de Eccoptochile Corda. Le premier a été créé pour des Trilobites , qui ont 1 1 segmens au thorax et toute la conformation des Dalmania ( Phacops ) dont ils ne se distinguent que par des pointes au pygidium. Le second, au contraire, a été appliqué à une espèce de Cheirurus qui a 12 segmens thoraciques, et montre, d’ailleurs, peu d’affinité avec les Dalmania. — Nous allons revenir sur les noms Ceraurus et Cheirurus.
1850. Les DD. Sandberger décrivent et figurent, sous le nom de Cheir. gibbus Beyr. une tête et un pygidium isolés, provenant des formations Dévoniennes du pays de Nassau. La tête ne peut être distinguée de celle de Ch. gibbus de Bohême, tandisque le pygidium est trèsdifférent de celui que nous observons (PI. 42) dans les individus complets de cette espèce. Le pygidium figuré par les savans cités ressemble beaucoup à celui que le Prof. Beyrich a attribué à Ch. gibbus , tandisqu’il appartient réellement à Ch. Sternbergi. De là l’erreur. — Si les deux fragmens de Nassau représentent une seule espèce, elle doit recevoir un nom nouveau. ( Verst . d. Rhein. Sch. Syst. Nassau, p. 19. PL II. fig. 2.)
Le résumé historique qui précède, montre, que les fragmens connus des Cheirurus ont été associés à bien des types divers, jusqu’en 1845, époque où le ProP. Beyrich les réunit, pour constituer l’un des genres les plus tranchés, et les plus importans dans la tribu des Trilobites.
Ce genre a été si longtemps méconnu, à cause de l’état incomplet des fragmens, avant la dé¬
couverte des richesses de la Bohême. — Nous avons cru devoir maintenir le nom Cheirurus, bien qu’il soit démontré aujourd’hui, que Ceraurus a été antérieurement appliqué à une espèce de même nature générique. L'exemplaire original que Green a nommé Ceraurus pleur exanthemus, en 1833, était en si mauvais état de conservation, qu’il était impossible de reconnaître ses caractères. Aussi, plusieurs des plus habiles observateurs, parmi lesquels nous citerons Burmeister et Lovén, ont identifié ce fossile avec les Odontopleura = Acidaspis, uniquement à cause de l’apparence des plèvres terminées en pointe. L’absence de toute caractéristique et l’impossibilité absolue d’en établir une convenable ou suffisante, d’après le seul exemplaire connu, laissaient donc le champ parfaitement libre au Prof. Beyrich, lorsqu’il a caractérisé très-nettement, en 1845, le genre Cheirurus, d’après de bons matériaux. Nous croyons donc devoir adopter ce nom, puisque c’est le premier qui ait constaté l’existence d'un type auparavant indéfini, et indéfinissable. La véritable nature générique de Ceraurus pleurexanthemus n’a pu être réellement reconnue en Europe, qu’en 1847, lorsque J. Hall a publié la figure d’un exemplaire mieux conservé de la même espèce. Cependant, ce savant nous montre en même temps, que le genre
Ceraurus était encore incomplètement limité en Amérique, puisqu’il y comprend, sous le nom de Cer. vigilans, un Trilobite qui ne présente aucun des principaux caractères des Cheirurus.
Caractères génériques.
Forme générale du corps, ovalaire. Trilobation distincte dans toute son étendue. La tête occupe environ un tiers et le pygidium un cinquième de la longueur totale. Le contour céphalique extérieur est arrondi en avant, et se rapproche d’un demi - cercle. Il est formé par un limbe épais, plus ou moins apparent devant la glabelle, augmentant en dimensions vers l’arrière, et le plus souvent terminé à l’angle gênai, par une pointe oblique. Ce limbe est séparé de la joue par un sillon distinct. Le contour intérieur présente, le long des joues, un bord et un sillon analogues, raccordés par une courbe, avec les élémens du contour externe. Dans ce genre plus que dans tout autre, le bord postérieur de la joue fixe reproduit la forme de la plèvre du thorax, dans tous ses principaux traits. L’anneau occipital est très -développé, ordinairement saillant, et élargi au milieu. Le sillon occipital est également bien marqué.
La glabelle, toujours assez fortement bombée en travers, arrondie au front, est déterminée par des sillons dorsaux très-profonds, presque rectilignes, dans la plupart des espèces. Parfois, ces sillons sont presque parallèles à l’axe, comme dans Ch. Beyrichi et Ch. Haivlei (PL 42),
et alors la glabelle se rapproche de la figure d’un rectangle. Le plus souvent, les sillons étant sensiblement obliques, le lobe frontal s’étend en largeur, et il prend aussi, dans ce cas, un relief qui domine le reste de la tête, comme dans Ch. gibbus. (PI. 42.) Dans certaines espèces, toute la glabelle se tuméfie d’une manière remarquable, en offrant diverses combinaisons. — ■ 1. La principale enflure se montre au milieu, comme dans Ch. tumescens (PI. 40), Ch. clavifrons. (Sait.) f'Mem. geol. surv. II. p. I. pl. 7 .fig. 1.J — 2. La glabelle devient globuleuse, et sa partie antérieure prend une telle expansion, quelle surplombe de beaucoup le limbe frontal, en se projetant fortement en avant du contour des joues, comme dans Ch. glubosus (Pl. 35 — -40) et Cli. insocialis (Pl. 40). — 3. Enfin, le maximum de l’enflure se manifeste à la base de la glabelle, qui s’élève d’une façon insolite, au dessus du sillon occipital, qu’elle paraît surplomber vers l’arrière. Cette forme rare se présente sur la tête d’un Cheirurus inédit, des environs de S‘. Pétersbourg. Nous en devons des exemplaires à la bonté du Dr. A. de Volborth, qui ne tardera pas, sans doute, à la publier. En somme, la glabelle des Cheirurus offre des apparences très-diverses et très-opposées. Aux causes de variation que nous venons de signaler, s’ajoutent encore les modifications provenant des sillons latéraux, et du cours de la suture faciale.
Les sillons latéraux de la glabelle, constamment au nombre de trois paires, sont à peuprès également espacés, à partir de l’occiput, et plus ou moins obliques à l’axe. Leur extrémité externe aboutit au sillon dorsal. Les sillons antérieur et moyen, le plus souvent parallèles entr’eux, sont moins inclinés que le sillon postérieur. Dans chacune des deux premières paires, les sillons restent, tantôt isolés de chaque côté, comme dans Ch. globosus (Pl. 35), Ch. claviger, (Pl. 40), Ch. insignis (Pl. 41), Ch. Beyrichi (Pl. 42), tantôt ils se réunissent sur l’axe, comme dans Ch. Sternbergi (Pl. 41), Ch. gibbus et Ch. Quenstedti (Pl. 42). Cette fusion par paire est plus ou moins complète, et Ch. Quenstedti semble montrer le passage entre les deux dispositions. Les sillons postérieurs, dans chaque espèce, se rapprochent par leurs bouts internes à peu-près autant que ceux des deux autres paires, mais comme ils sont plus inclinés, ils aboutissent toujours au sillon dorsal, par lequel ils se trouvent unis. Cette circonstance fait, que le lobe postérieur se montre toujours isolé, sous une forme sub-triangulaire, plus ou moins arrondie, tantôt très-exigu, comme dans Ch. globosus (Pl. 35) tantôt très-grand, comme dans Ch. gibbus , (Pl. 42). Par exception, dans Ch. claviger et quelques autres, les sillons postérieurs n’atteignent pas le sillon occipital, bien que dans beaucoup d’exemplaires, ils en soient très-rapprochés.
La profondeur de tous les sillons étant très-marquée, la lobation est toujours bien distincte. Les lobes moyen et antérieur se modifient dans leur forme, suivant la réunion ou l’indépendance des .sillons correspondans. Le lobe frontal occupe habituellement au moins un tiers de la longueur de la glabelle, dont il présente aussi la plus grande largeur. Nous avons déjà indiqué les variations qu’il offre dans son bombement.
La suture faciale présente quelque inconstance dans son cours. Les deux branches, par leur extrémité postérieure, aboutissent au contour latéral de la tête, comme dans les Dalmania. Le point où elles coupent le bord est situé un peu en avant, ou un peu en arrière de la projection latérale de l’oeil, et varie avec la position de celui-ci. La limite que ce point atteint vers le front, paraît être dans Ch. Cordai (Pl. 40), Ch. Hawln (Pl. 42), et dans les espèces figurées sous le nom de Calymene, par le Cle. Miirister. fBeytr. III. Pl. V. fig. 5 — 6). Nous voyons la limite opposée dans Ch. gibbus (Pl. 42). Entre le contour et l’oeil, chaque branche décrit une courbe sigmoide, plus ou moins prononcée. Après avoir contourné le lobe palpébral, elle se dirige vers le front, en restant parallèle au sillon dorsal, à peu de distance de la glabelle. Les deux branches, dans la partie antérieure, s’unissent toujours pour former un arc concentrique au front, mais diversement placé. Dans Ch. gibbus (Pl. 42), Ch. insignis (Pl. 41) et beaucoup d’autres espèces, on voit cet. arc immédiatement appliqué au contour du lobe frontal, qui, dans ce cas, est dépourvu de limbe dans sa partie médiane et en montre seulement un rudiment, de chaque côté. A la limite opposée, c. à d. dans Ch. claviger, scuticauda (Pl. 40), Ch. pleur exanthemus, Ch. Sembnitzki fyc., nous trouvons, au contraire, autour du lobe frontal, un limbe continu, assez
GENRE CHEIRURUS. BEYRICH.
large, faisant corps avec la glabelle. L’arc de la suture faciale est tracé au contour extérieur de ce bord horizontal, et on peut le considérer comme placé sur l'arête externe, bien qu’il paraisse, tantôt un peu au dessus, tantôt un peu au dessous d’elle, suivant l’enflure plus ou moins grande de la doublure sous-frontale. Quelques espèces, telles que Ch. tumescens (PI. 40) paraissent offrir une forme intermédiaire entre les deux extrêmes que nous venons de signaler, car on aperçoit un mince filet représentant le limbe, autour de leur lobe frontal.
Quelle que soit la situation de la suture faciale dans cette partie de la tête, on trouve
constamment la suture hypostomale, à peu de distance au dessous de l’arête du contour frontal.
Ces deux sutures sont réunies de chaque côté, par une petite branche oblique, qui part de la suture faciale, à peu-près au droit de la projection antérieure de l’oeil. Nous avons reconnu ces branches d’union sur diverses espèces, telles que Ch. insignis (PI. 41), Ch. gibbus (PI. 41 — 42). Par suite de cette disposition, la doublure sous-frontale se touve isolée et constitue une pièce rostrale indépendante. Ainsi, dans les Cheirurus, la carapace céphalique est composée de 5 pièces, y compris l’hypostôme. La conformation que nous signalons, est rare parmi les Trilobites. Elle se reproduit d’une manière, si non identique, du moins très-analogue, dans les Illaenus et dans les Bronteus, où les branches de la suture faciale sont réunies par la suture rostrale, placée un peu au dessous du contour frontal, surtout dans le dernier de ces deux genres. 11 paraît que la même disposition existe aussi dans Homalonotus.
La joue fixe des Cheirurus a toujours une grande étendue. Sa surface, ainsi que celle de la joue mobile, est caractérisée par des cavités très -marquées, irrégulièrement semées, plus ou moins larges et profondes, suivant les espèces. Les intervalles qui les séparent sont quelquefois
ornés de grains isolés. A l’époque où le genre a été fondé, ces cavités semblaient appartenir
exclusivement aux Cheirurus, mais elles se retrouvent aussi à divers degrés, dans d’autres Trilobites,. tels que Daim, dubia (PI. 23), Cromus intercostatus (PI. 43), Proet. Bohémiens (PL 16). Par suite du tracé de la suture faciale, la pointe génale reste attachée à la joue fixe. Elle est toujours assez forte, oblique, peu prolongée. Par exception, elle n’existe pas dans deux espèces à notre connaissance: Ch. insocialis (PI. 40) et Ch. clavifrons = (juvenis) Sait. ( Mem . geol. Surv. II. p. I. PL 7. fig. 1.J
La joue mobile, triangulaire, offre en général, peu d’étendue, et souvent elle est très-exigue, comme dans Ch. Cordai (PI. 40) et Ch. Hawlei (PL 42). Son inclinaison, toujours en harmonie avec la courbure verticale de la plèvre thoracique, varie notablement, suivant les espèces. Elle paraît presque horizontale dans Ch. Quenstedti et Ch. Hawlei, tandisqu’elle est à peu-près verticale dans Ch. gibbus. (PL 42.) Nous avons déjà indiqué le bord épais qui forme son contour externe.
Les yeux des Cheirurus, généralement peu volumineux, varient dans leur position, tantôt très-rapproèhée du front, comme dans Ch. Cordai (PL 40), tantôt reculée vers l’arrière, comme dans Ch. exsul. Beyr.. (II. St. PL IV. (g. 6. J Leur structure suit le second type, défini p. 136. La cornée lisse et continue sur toute la surface visuelle, présente un aspect différent de celui du test céphalique. Dans plusieurs de nos espèces elle est bosselée, par la saillie très-sensible des lentilles, comme dans Ch. gibbus, Ch. insignis, Ch. Quenstedti, <Sçc. Ces lentilles, disposées en files obliques, excèdent rarement le chiffre de 20U à 300 par oeil. Elles sont habituellement moins grandes que celles des Phacops, car on peut rarement les distinguer sans le secours d’une loupe. La forme de l’oeil est ordinairement annulaire. Dans ( Cer.) Cheir. pleurexanthemus, il offre une disposition toute particulière. — Le lobe palpébral, en segment de cercle, porte fréquemment une cavité sur sa surface.
L’hypostôme, alongé, ovalaire , présente un corps central très-bombé. Le bord frontal est étroit' et ne paraît so'uvent que sur les côtés, pour former les aîles recourbées en arrière. Les bords latéraux sont horizontaux, et reployés en dessous c. à d. pourvus d’une doublure disposée de manière à constituer une espèce d’entonnoir ouvert du côté du front, parcequ’elle n’est pas
appliquée au contact contre le test. Les Asaphus offrent une conformation analogue (p. 652). Le bord buccal, tantôt plus ou moins arrondi, tantôt un peu échancré au milieu, porte quelquefois de petites pointes aux angles. Cet hypostôme s’ajuste par son arête antérieure très-convexe, presque immédiatement au contour de la glabelle, dont il est séparé par une pièce rostrale très-étroite.
10— 11 — 12 segmens thoraciques, suivant les espèces. Le chiffre 11 est beaucoup plus fréquent que les deux autres, qui n’ont été observés que dans les formes de la division Silurienne inférieure. L’axe, plus ou moins saillant, s’amincit régulièrement et lentement vers l’arrière. Ses anneaux sont séparés par des rainures très-marquées, et leurs extrémités, quelquefois enflées, se projettent en avant. Les sillons dorsaux, étroits, souvent peu profonds, sont cependant toujours très-distincts.
Les plèvres présentent une conformation toute particulière à ce genre, et qui semble réunir le type à bourrelet avec le type à sillon. Cependant, les caractères du premier de ces types restent toujours prédominans, tandisque le sillon n’apparaît que comme un élément accessoire. Nous avons figuré (PI. 6) la série des principales modifications que présentent les segmens des diverses espèces. En considérant les plèvres des Cheirurus dans le sens de leur longueur, les
subdivisions que nous nommons, partie interne et partie extenje de la plèvre (p. 174) sont sé¬
parées, dans la plupart des formes spécifiques, par un étranglement et par un sillon parallèle à l’axe du corps, parfois très-profond, parfois à peine indiqué. L’étendue relative des parties interne et externe est un très-bon caractère spécifique. La première est généralement la plus courte. Elle est horizontale, tandisque la seconde se coude plus ou moins dans le sens vertical et se courbe en arrière. La partie interne est aussi toujours plus enflée. La surface de son bourrelet est creusée par un sillon secondaire, dirigé, à partir de l’axe vers l’arrière, suivant un angle qui varie beaucoup selon les espèces. A l’une des limites, il figure la diagonale d’un carré, comme dans Ch. gibbus (PI. 6 — 42), tandisqu’à la limite opposée, il devient parallèle aux bords de la plèvre, comme dans Ch. claviger et Ch. Sembnitzki de Russie (PI. 6) &c. En général, plus la partie interne est courte, par rapport à la longueur de la plèvre, plus le sillon
est oblique. La réduction en longueur de la partie interne et l’obliquité croissante du sillon qui la divise, sont constamment accompagnés par un autre caractère, dont l’intensité varie dans le même sens. C’est la tuméfaction des surfaces déterminées par le sillon, sur la partie interne. Lorsque ce sillon est parallèle aux bords, si la plèvre n’offre aucun étranglement, ces deux surfaces sont comparables à- deux rectangles très -longs, comme dans Ch. claviger. (PI. 6). Si la plèvre est plus ou moins étranglée, comme dans Ch. g lob o sus , Ch. Sembnitzki, fyc. chacun des deux rectangles s’amincit vers le bout externe. Dans ces deux cas, cependant, on aperçoit sur la plèvre le bombement régulier et uniforme du bourrelet, qui occupe toute sa longueur, et qui montre l’impression légère du sillon secondaire. Au contraire, quand ce sillon devient oblique, on remarque, que chacun des deux triangles qu’il sépare s’enfle notablement, comme dans Ch. Quenstedti, Ch. insignis (PI. 6). Lorsque l’obliquité du sillon secondaire atteint son maximum d’intensité, comme dans Ch. gibbus (PL 6 — 42) chacun des deux triangles prend un relief semblable à un nodule. Nous reconnaissons des nodules de cette nature, et plus prononcés que dans nos espèces, sur les plèvres de Cheir. (Cer.J pleur exànthemus des Etats-Unis d’Amérique.
Lorsque les triangles de la partie interne de la plèvre se tuméfient, on voit l’origine de la partie externe s’enfler simultanément et offrir un troisième nodule. Alors, nous distiguons le sillon mentionné, plus ou moins profond, parallèle à l’axe du corps, et séparant la partie 'interne de la partie externe, comme dans Ch. insignis, Ch. gibbus Sfc. Ce sillon n’est autre chose que la prolongation du sillon secondaire, divisant la partie interne, et s’infléchissant vers l’avant, par son extrémité. On remarquera, que cette inflexion se fait dans un sens opposé à celle qui a lieu dans la plèvre à sillon, dont la rainure se courbe habituellement vers l’arrière.
Les deux triangles de la partie interne de la plèvre dont nous venons de décrire les ap-