‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 386 sur 469 · Cheir. globosus. Barr, . DI · texte numérisé non relu

Cheir. globosus. Barr, . DI

1 816. Clieir. globosus. Barr. Nouv. Tri'lob. p. u. (tête).

Cheir. radiatus. Barr. ibitj. p. 0. (pygidium).

1847. Actinopeltis Caroli-Alexandri. Çord. Prodr. p. 132.

L’ensemble du corps est un ovale plus ou moins alongé, suivant que l’on considère la forme longue ou la forme large, que représentent les figures 1 et 2 de la PL 35. — La tête occupe environ le tiers, et le pygidium le quart de la longueur totale.

La tête a la forme d’un demi-cercle, dans lequel est placé une hémisphéroide dont la moitié fait saillie au delà du contour frontal. Cet hémisphéroide, enfermé entre les sillons dorsaux, est la glabelle, qui ressemble à celle des Sphaerexockus , et en reproduit presque tous les traits. Elle est plus ou moins ; alongée, dans le sens de l’axe, suivant la forme, longue, ou la forme large, et la différence est telle, qu’on serait tenté d’y distinguer des espèces diverses. Dans la forme large, le diamètre transverse égale presque le diamètre longitudinal , tandisqu’il n’en représente que les deux tiers, dans la forme longue. Dans tous les cas , la glabelle se rétrécit un peu vers l’arrière, où elle est limitée par un sillon occipital profond,, suivi d’un anneau occipital analogue aux segmens de l’axe. Nous reconnaissons, sur les meilleurs exemplaires, de chaque côté de la glabelle, trois sillons, à peu-près également espacés sur sa longueur, mais de forme diverse. Le sillon postérieur, très-court, s’incline fortement en arrière, et retombe dans le sillon occipital, en déterminant un petit lobe placé au bas de l’hémisphéroide, entre les sillons dorsal et occipital. Les deux autres sillons latéraux de la glabelle ont, une forme rectiligne, presque transverse. Ils ne sont tracés que sur les flancs, et chacun d’eux reste très-éloigné du sillon correspondant, 'sur l’autre côté. Le front de la glabelle forme une forte saillie au delà du contour serai - circulaire des joues. Cette saillie est fermée en dessous par une surface qui se raccorde avec le limbe épais et continu qui unit les joues. La suture faciale suit le cours

ordinaire dans le genre. Sa partie antérieure, autour du front, est cachée sous la saillie de la

glabelle. Chacune des branches, après avoir contourné le lobe palpébral, diverge presque transversalement et aboutit sur le bord latéral de la tête, un peu en arrière de la projection de l’oeil. Les yeux, médiocrement développés, montrent une surface réticulée, sur laquelle nous évaluons le nombre des facettes à 70 ou 80. La joue mobile et la joue fixe sont entourées d’un limbe épais, qui s’élargit vers l’angle gênai et se termine par une forte pointe, très-oblique à la direction de l’axe. La surface des deux joues présente les cavités irrégulières, caractéristiques du genre.

L’hypostôme est un triangle curviligne, presque équilatéral, dont la base est au front, et le

sommet, vers la bouche. Le corps central est assez fortement bombé en travers. Il est en¬

touré, sur ses trois côtés, d’un bord étroit, relevé, déterminé par un sillon profond. Nous n’apercevons que la trace des ailes, qui paraissent prendre une direction perpendiculaire au corps central, près du bord antérieur, au point où l’on voit une solution de continuité, entre ce bord et les bords latéraux.

1 1 segmens au thorax sur tous les exemplaires bien conservés. L’axe, bombé, occupe une largeur presque double de celle d’un lobe latéral, abstraction faite de la partie externe des plèvres. Il est compris entre deux sillons dorsaux bien prononcés , presque parallèles entr’eux , depuis la tête jusques vers le neuvième anneau, de sorte que le rétrécissement de l’axe est très -brusque vers le pygidium. Les plèvres montrent tous les élémens signalés dans le type Cheïrurus.

GENRE CHEIRURUS. BEYRICH.

La partie interne est horizontale et enflée en forme de bourrelet. Elle diminue sensiblement de largeur en s’éloignant du sillon dorsal, et elle est nettement séparée de la partie externe, par un fort étranglement, à peu -près au milieu de la longueur de la plèvre. Sur le bourrelet de la partie interne, on voit un sillon secondaire, très -peu profond et marqué par de petites cavités, comme dans Ch. claviger. En avant et en arrière du bourrelet, on reconnaît aisément les bandes de la plèvre, d’abord étroites, puis assez larges au droit de l’étranglement, où leur extrémité se relève d’une manière très-sensible. La partie externe de la plèvre a la forme d’un coutelas, courbé en arrière. Elle porte, à son origine, un nodule un peu aigu, correspondant à l’étranglement. Son inclinaison verticale, par rapport à la partie interne, est d’environ 30°. La doublure de la plèvre s’étend sur toute la longueur de la pointe, jusqu’au nodule où elle prend naissance.

Le pygidium, dans son ensemble, forme un demi -cercle. Il présente quatre segmens bien distincts, marqués par quatre articulations sur l’axe, et autant de plèvres ou pointes correspondantes. Le dernier segment de l’axe est rudimentaire et s’aplatit vers l’arrière, entre deux petits creux. La première paire des plèvres porte la trace du sillon orné de cavités. Sur les quatre paires, on aperçoit aussi le nodule à l'origine de la partie externe, mais très-faiblement marqué. Les pointes du pygidium diminuent progressivement de longueur, à partir du thorax. Leur forme est cylindroide, un peu arquée vers l’arrière. Leur extrémité est arrondie et elles offrent en tout une apparence moins svelte que celle de la pointe des plèvres thoraciques. Elles figurent des rayons divergeant régulièrement, et les vides qui les séparent sont plus larges qu’elles. La doublure du test s’étend sur toute la longueur des pointes.

Le test de cette espèce a été dissous dans les schistes où elle est ensevelie. D’après les empreintes, nous sommes porté à croire que sa surface était faiblement granulée.

Nous avons trouvé des exemplaires dont le corps est ployé sous la tête, mais comme ils ont été fortement aplatis par la compression des schistes, nous ne pouvons distinguer, si c’est l’effet du hazard, ou d’un enroulement naturel.

Dimensions. Le plus grand individu que nous connaissions, parmi ceux de la forme longue, a 4-4 m. m. de longueur, et une largeur maximum de 25 m. m., au droit de l’anneau occipital. Les dimensions correspondantes de l’individu, forme large, sont: 42 et 50 m. m.

Gisem1. et local. Cheir. globosus caractérise la moitié supérieure de notre étage des quartzites D. Il apparaît d'abord dans la formation des schistes très-micacés, et nous le trouvons encore dans la formation des schistes gris - jaunâtres, qui couronnent cet étage. Il est cependant rare dans l’une et dans l’autre. Les localités qui nous ont fourni cette espèce, dans les schistes grisjaunâtres, sont les côteaux de Konigshof et de Karlshütte, à l’Ouest de Béraun. Nous la trouvons dans les schistes très-micacés: près Zahorzan à l’Ouest de Béraun, et près Lieben à l’Est de Prague; ainsi, à des points très - éloignée sur la surface de notre terrain. Tous ces gîtes sont situés sur le côté Nord-Ouest par rapport à l’axe longitudinal du bassin, c. à d. du côté le plus exposé au soleil. Nous n’avons découvert aucune trace de cette espèce sur le côté opposé, c. à d. au Sud-Est de l’axe.

Ge Trilobite nous offre un exemple remarquable de la constance avec laquelle certaines espèces habitent des parages déterminés, durant une succession de temps qui doit avoir été fort longue, si l’on en juge par l’épaisseur des deux formations que nous avons citées, car leur puissance réunie ne peut pas être évaluée à moins de 1500 mètres. Dans la formation des schistes très-micacés, Ch. globosus est associé avec Daim, socialis var. proaeva, Acid. Buchi, As. nobilis, Calym. incerta, tfc. Dans la formation des schistes gris - jaunâtres, avec Amp. Portlocki, Trin. Buchlandi , Calym. declinata tyc. — Lept. aquila traverse également toute cette hauteur; Lept. pseudo-loricata ne s’élève pas au dessus des schistes très-micacés.

Bapp. et différ. L’ensemble des élémens du corps de ce Trilobite est très - remarquable, car ses traits semblent empruntés à deux types différens. La tête, par la dilatation, par la

saillie de la glabelle au delà du contour gênai, par la forme des trois paires de sillons, pourrait être considérée comme appartenant au genre Sphaerexochus, dont elle réunit plusieurs des principaux caractères. L’hypostôme reproduit aussi, à très -peu près, le type de celui de Sphaer. mirus (PI. 42). Malgré ces puissantes analogies, la tête de Ch. globosus retient encore, dans la suture faciale et les cavités qui ornent les joues, les caractères distinctifs des Cheirurus. Ces caractères se reproduisent dans la forme des plèvres, et dans celle du pygidium, de telle sorte que la nature générique ne nous semble pas douteuse.

Parmi les espèces congénères de Bohême, les plus rapprochées sont celles qui ont, comme Ch. globosus , la tête plus ou moins enflée, et 4 plèvres développées au pygidium. Nous les distinguons comme il suit.

1. Ch. insocialis (PI. 40), offre, dans sa tête globuleuse, la plus grande ressemblance, et en même temps une différence très-notable, en ce que son angle gênai est dépourvu de pointe. Son pygidium se reconnaît par l’épatement des quatre plèvres, rapprochées au contact.

2. Ch. tumescens (PL 40) a la glabelle déprimée au front, tuméfiée au milieu, amincie vers l’arrière, avec une forme alongée, qui contraste avec celle de Ch. globosus. De plus, les quatre pointes de son pygidium, au lieu d’être rayonnantes, tendent à être parallèles à l’axe. Elles sont séparées par des vides étroits. — Il n’a que 10 segmens au thorax.

3. Ch. scuticauda, qui a également 4 pointes au pygidium, se distingue d’abord par leur forme aplatie en palette, et surtout par sa tête peu enflée, et par sa plèvre sans étranglement prononcé. — Il n’a que 10 segmens thoraciques.

4. Parmi les espèces étrangères , Ch. clavifrons = Sph. juvenis Sait, présente aussi une glabelle globuleuse et 4 plèvres développées au pygidium. D’après ces affinités, M. Salter a cité Ch. globosus , comme synonime. Nous croyons, cependant, que ces Trilobites sont spécifiquement indépendans, d’après les différences que nous saisissons sur les fragmens figurés. — • 1. La glabelle de Ch. clavifrons , bien que très-enflée, ne surplombe pas le contour frontal, qui reste trèsapparent. — 2. L’angle gênai de cette espèce est arrondi, c. à d. sans pointe; différence déjà remarquée par M. Salter. — 3. Les plèvres du pygidium ont leurs extrémités épatées, contiguës entr’elles, sub-parallèles à l’axe, et constrastent avec celles de Ch. globosus.

L’espèce que nous venons de décrire, ne nous étant connue que par des fragmens isolés, à l’époque où nous avons publié notre notice intitulée: Nouveaux Trilobites, nous avons cru prudent de donner le nom de Cheir. radiatus aux fragmens du corps et au pygidium , en indiquant leur identité spécifique probable, avec la tête nommée Clieir. globosus. Nos recherches nous ayant mis depuis lors en possession d’individus entiers, confirmant cette identité, le nom radialus passe dans la synonimie.

M. Corda a décrit Ch. globosus sous le nom générique : Actinopeltis. L’exemplaire qui a servi à ses déterminations appartient à la collection Hawle et se trouve sous nos yeux.

Actinopeltis Caroli-Alexandri est représenté par un exemplaire unique, bien conservé dans son ensemble, mais dans lequel un segment du thorax a disparu, probablement par le glissement de la tête vers l’arrière. Cet individu est d’ailleurs identique dans tous ses élémens, avec les exemplaires assez nombreux de notre collection, qui ont conservé les 11 segmens thoraciques. Nous avons discuté ci-dessus (p. 767), les divers caractères sur lesquels M. Corda a établi le genre Actinopeltis, et nous prions le lecteur de jeter un coup d’oeil sur cette page.

Page 1