‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 385 sur 469 · Cheir. clamgçr. Beyr · texte numérisé non relu

Cheir. clamgçr. Beyr

Cheir.

claviqer.

Beyr.

üb. Bohm. Tril.

Ch.

id.

Barr.

Not. prél. p. 30

Eccoptochile clavigera.

Cord.

Prodr. p. 130.

Ecc.

aspera.

Cord.

ibid. p. 131.

Ecc.

perlata.

Cord.

ibid.

Ecc.

curta.

Cord.

ibid.

Si l’on compare un certain nombre de fragmens appartenant à divers individus de cette espèce, il est très-aisé de distinguer parmi eux la forme longue et la forme large. Dans la première, le rapport entre les axes principaux du corps est de 2:1, tandisqu’il est ordinairement de 6 : 5 dans la seconde. Cette différence se montre plus ou moins, dans tous les fragmens isolés du corps.

La tête occupe environ un tiers et le pygidium un sixième de la longueur totale de l’individu. La surface céphalique est médiocrement bombée. Son contour externe, un peu parabolique, est formé par un limbe horizontal, épais, dont la largeur est de 2 m. m. au droit du front et va en croissant vers l’arrière. Ce limbe détermine à l’intérieur une forte rainure. 11. donne naissance à une pointe génale, oblique, méplate, atteignant à peine la seconde plèvre, et paraissant relativement plus développée dans le jeune âge, que dans l’âge adulte. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne. L’anneau occipital, bien développé, s’élève au niveau de la glabelle et

GENRE CIŒIRURUS. BEYRICH.

porte un grain sur l’axe. Le bord postérieur des joues va en s’élargissant, à partir du sillon dorsal jusqu’à l’angle gênai, où il se fond avec le limbe latéral, pour former la pointe. Il est toujours enflé, et limité par un sillon très-marqué.

La glabelle a un relief prononcé au dessus des joues, et elle atteint le maximum de sa hauteur, entre les sillons antérieurs, point qui correspond aussi à sa plus grande largeur, qui d’ailleurs varie fort peu dans toute son étendue. Les sillons dorsaux , étroits et profonds , se réunissent en demi-cercle autour du lobe frontal , qui occupe le tiers de la longueur de la glabelle. Les sillons latéraux sont tracés par des lignes bien distinctes, étroites et profondes d’une extrémité à l’autre. Ils sont également espacés entr’eux sur un même côté. Les sillons moyens pénétrent jusqu’au tiers de la largeur de la glabelle. Les sillons postérieurs s avancent un peu plus, et courbent leur bout intérieur en opposant leur convexité. Les sillons antérieurs, au contraire, laissent entr’eux plus du tiers de la largeur correspondante. Bien que parallèles entr’eux dans leur ensemble, les sillons offrent chacun une courbure diverse: l’antérieur est concave vers l’arrière; le moyen est à peu-près rectiligne; le postérieur décrit un S alongé, dont l'extrémité interne atteint presque le sillon occipital. Celui-ci s’élargit notablement dans cette partie, et il s’infléchit vers l’avant, pour rejoindre le sillon postérieur, ce qui arrondit le lobe

compris entr’eux. Les divers lobes ont. leur surface bombée, suivant le profil transverse de la

tête, et ils n’offrent aucune enflure particulière. (PL 4-0.)

La suture faciale, autour de la glabelle, suit l’arête du contour frontal. Au droit de la projection antérieure de l’oeil, elle pénètre sur la surface céphalique, et elle se dirige parallèlement à l’axe, jusqu’au lobe palpébral, à une petite distance du sillon dorsal. Après avoir contourné l’oeil , elle diverge obliquement , pour atteindre le bord latéral, à mi-distance entre la projection latérale de l’oeil et l’angle gênai. La joue fixe est comparativement très-étendue et la joue mobile très-étroite, en forme de triangle de peu de hauteur.

L’oeil est placé au droit du sillon médian de la glabelle, à peu de distance du sillon dorsal. Il est peu développé et peu saillant. Sa surface visuelle, rarement conservée, porte environ 4 00 lentilles, comptées sur un jeune individu.

L’hypostôme est doucement bombé. Le corps central, ovalaire, peu alongé, est séparé des bords par une rainure peu large mais très-marquée. Ses impressions latérales, très-prononcées,

se réunissent sur l’axe et détachent la partie extrême, vers l’arrière, sous la forme d un croissant,

concentrique au bord buccal. Le bord frontal, arqué en demi-cercle, est étroit au milieu et s’élargit subitement vers les extrémités, pour former les aîles, fortement ployées en arrière. Le bord latéral prend naissance près de celles-ci, dont il est séparé par une profonde échancrure. Il acquiert une largeur double vers l’arrière. Le contour buccal est arrondi. Les proportions des deux diamètres de l’hypostôme varient beaucoup, si l’on compare la forme longue à la forme large. Leur rapport est de 5:4 dans la première, et de 1 : 1 dans la seconde.

12 segmens au thorax, comptés sur un assez grand nombre d’individus de toute taille. Les premiers âges nous sont inconnus. L’axe, peu bombé, compris entre des sillons dorsaux peu profonds, mais distincts, occupe un peu moins de largeur qu’un lobe latéral. Ses anneaux

laissent entr’eux une assez large rainure. Les lobes latéraux forment une surface plane, coudée

seulement vers le dernier tiers. Les plèvres enflées , épaisses , portent sur leur bourrelet un sillon médian, étroit, très-peu profond, orné de 10 à 14 cavités. Ce sillon disparaît aux deux tiers de la longueur, au point où la plèvre montre une sensible dépression, immédiatement suivie d’une protubérance arrondie, et fondue avec la surface voisine. A partir de celte protubérance, la plèvre se coude et en même temps se courbe un peu en arrière, pour se terminer en pointe

épaisse et peu aigue. De chaque côté du bourrelet, dans la partie interne de la plèvre, nous

apercevons une bande très-étroite. La doublure du test, sous la plèvre, s’étend jusqu au dessous de la protubérance, à l’origine de la partie externe.

Le pygidium présente une surface plane, sémi-circulaire, ou sémi-elliptique, suivant la forme considérée. L’axe occupe moins du tiers de la largeur totale. Il est bien déterminé par les

sillons dorsaux, et il se prolonge jusqu’au bord. Il porte quatre articulations, dont la dernière est rudimentaire, c. à d. réduite à une nodule saillant. Aux trois premiers segmens de l’axe correspondent autant de plèvres sur les côtés. Leur forme, analogue à celle des élémens du thorax, s’en distingue par une largeur et une épaisseur beaucoup plus considérables, et une extrémité arrondie. Leur surface porte, sur les deux premières paires, le sillon ponctué qui orne les plèvres thoraciques. Ce sillon diminue rapidement avec la longueur des plèvres, et on voit à peine sa trace sur la troisième paire, voisine de l’axe, et très-raccourrcie. La doublure du test s’étend jusqu’au point où les segmens cessent d’être soudés entr’eux. Dans les individus provenant des quartzjtes, les plèvres du pygidium sont séparées par des vides toujours très-distincts,

tandisqu’elles paraissent à peine isolées les unes des autres, sur les individus ensevelis et comprimés dans les schistes. On remarquera cette différence . sur nos figures.

Le test présente deux sortes de granulation. L’une est très-fine, difficile à voir sans le secours de la loupe. Elle paraît également étendue sur toute la surface du corps, et nous la trouvons avec les mêmes apparences, dans les individus provenant de toutes les formations, surtout dans ceux qui présentent tout lé développement de leur taille. La seconde granulation se compose de grains plus forts, très-visibles à l’oeil nu, plus ou moins serrés suivant les individus. Ces grains assez faibles, mais très-reconnaissables et déjà indiqués par le Dr, Beyrich, sur les individus de Wesela, se montrent très-gros, sur quelques têtes provenant des couches des M". Drabow, situées sur la même bande. Ils paraissent se développer graduellement dans les formations supérieures des Schistes noirs feuilletés , et des Schistes très-micacés. C’est ce que nous observons sur un assez grand nombre d’exemplaires, tirés de ces formations, et dont toutes les

formes s’accordent d’ailleurs parfaitement, pour indiquer une même espèce. La distribution de

ces grains est inégale sur les individus de Wesela. On les aperçoit presque toujours cependant sur la glabelle, mais très-peu sur le thorax et le pygidium, bien que nous puissions les reconnaître distinctement sur plusieurs de nos fragmens. Ils ont été aussi remarqués par M. Corda, sur des exemplaires tirés de cette localité, et principalement sur ceux qu’on trouve sur les Monts Drabow, et auxquels il a donné pour ce motif, le nom spécifique de Ecc. aspera. Les individus provenant des schistes noirs feuilletés nous montrent ordinairement les gros grains sur toute leur surface, bien que ces ornemens ne soient pas fortement développés sur le thorax et le pygidium, dans quelques individus de notre collection. Au contraire, nous trouvons, sauf quelques exceptions, tous les exemplaires des schistes très-micacés ornés de gros grains sur tout le corps, à l’exclusion des joues. Ces grains acquièrent, sur certains individus, une plus forte saillie, indépendante de la taille. (PI. 40.) Ils sont sans ordre sur la glabelle, mais ils forment, sur les segmens du corps et du pygidium, des rangées à peu-près parallèles à la direction de ceux-ci, et principalement une série sur chaque bande pleurale. Les joues sont ornées des cavités caractéristiques du genre, irrégulièrement disséminées et augmentant de diamètre, en approchant du bord gênai. La surface de l’h.y postâme paraît lisse dans la majeure partie de son étendue. Seulement, elle porte autour de la partie postérieure du corps central, des cavités analogues à celles des joues, et semées sans ordre. Au contraire, nous trouvons sur la partie antérieure et sur les bords latéraux, de gros grains semblables à ceux des plèvres. Il est presque inutile de dire, que le fond des sillons est lisse, sur tout le corps.

La faculté d’enroulement n’a pas été constatée.

Dimensions. Nous avons des fragmens d’après lesquels nous évaluons la longueur des individus adultes de la forme longue, à 180 m. m. La largeur maximum, au droit du sillon occipital, serait de 110 m. m. Les individus trouvés dans les schistes noirs feuilletés paraissent ne pas atteindre ces dimensions, communes à ceux des deux autres formations entre lesquelles ils sont enclavés. Cependant, certaines couches de quartzites des Monts Drabow ne nous fournissent que les fragmens d’exemplaires très-petits, faisant contraste avec ceux des bancs de Wesela, dont on connaît la grande taille. (PL 40.)

GENRE C11EIRURUS. BEYRICH.

Gisemt‘. et local. Ainsi que nous venons de le dire, Clieir. claviger traverse trois des formations les plus importantes de notre étage des quartzites D. La bande des quartzites des monts Drabow, les schistes noirs feuilletés et les schistes très-micacés. 11 est assez rare dans toute cette hauteur et il se présente ordinairement en fragmens, très-difficiles à séparer de la roche, à cause de leur granulation. Cette espèce est d’ailleurs assez répandue, pour devoir être considérée comme caractéristique dans ces trois formations, principalement dans les schistes très-micacés, dans les quels nous l’avons recueillie: à Praskoles, Wotmitz, Trubin, Zahorzan, Wraz, et Lodenitz. Les schistes noirs feuilletés nous l’ont fournie, sur les côteaux dits Winice, près Béraun. Enfin, elle se trouve à Wesela et sur les monts Drabow, au Nord de cette ville, dans la bande de quartzites à laquelle nous donnons le nom de ces montagnes. On remarquera, que ces gîtes nommés sont tous situés le long du contour Nord-Ouest de l'étage D, c. à d. du côté le plus exposé au soleil. Nous n’avons pas encore reconnu l’existence de Ch, claviger sur le bord opposé, ou Sud-Est, du bassin.

Des fragmens recueillis à la Hunaudière, en Bretagne, par M. Marie Rouault, semblent identiques avec Cli. claviger.

Rapp. et dififér. Cette espèce est suffisamment distincte de toutes ses congénères de Bohême, par la plupart des élémens du corps, et surtout par le nombre 12 de ses segmens thoraciques, ce qui nous dispense d’un plus long parallèle.

Parmi les espèces étrangères, Clieir. (Cryph.J Sedgwicki M’Coy a le même nombre de segmens et des formes si rapprochées de celles de Ch. claviger , qu’on pourrait les confondre, au premier aspect. Ayant vu récemment l’individu très-beau qui représente l’espèce Anglaise, au musée Woodwardien, à Cambridge, nous avons reconnu, comme M. ■ le Prof. Mac Coy, qu’il offre un axe thoracique, relativement plus étroit que celui de Ch. claviger. Quant à l’apparence très-mince des plèvres du pygidium, citée aussi comme différence, par l’auteur de cette espèce, elle pourrait être naturellement considérée comme résultant de la pression éprouvée par ce fossile, dans les schistes où il a été trouvé, ainsi que nous l’observons au sujet de Ch. claviger.

Ch. scuticauda. (PL 4-0) offre les plus grandes analogies, dans tout son corps, avec les deux espèces que nous venons de comparer. Il doit son indépendance spécifique à deux caractères importans, savoir: !0 segmens au thorax et 4 plèvres développées de chaque côté, au pygidium.

M. Corda a décrit Ch. claviger, sous le nom, Eccoptochile clavigera. Il en a reproduit diverses apparences, sous les trois noms spécifiques suivans, représentés par des fragmens de la collection Hawle, que nous avons sous les yeux.

1. Ecc. aspera, Cord. désigne la tête et 2 segmens d’un jeune individu, dont toutes les formes et proportions concordent avec celles des fragmens de grande taille. L’exemplaire unique qui a servi aux observations de M. Corda, provient des M15. Drabow, où il était enseveli dans un banc de quartzite. Son test ayant été transformé en une couche très-caduque d’ocre jaune, est tombé par la percussion, entraînant avec lui une partie de la surface du moule intérieur. Par suite de cet état de conservation, on n’aperçoit plus que la motié externe des sillons antérieurs et moyens de la gabelle, qui, ainsi réduits, sont considérés par M. Corda comme caractères spécifiques. Tous les autres détails de sa description rentrent dans celle que nous avons donnée de Ch. claviger.

2. Ecc. perlata , Cord. est le nom donné à un individu provenant des schistes noirs feuilletés. Il porte les gros grains dont nous avons parlé ci-dessus, et dont M. Corda remarque l’inégalité. Ses formes aplaties par la compression sont généralement élargies, sans perdre leurs caractères spécifiques.

3. Ecc. curta Cord. est représenté par un pygidium de Ch. claviger , provenant des mêmes schistes noirs feuilletés des collines de Winice. 11 appartient à un jeune individu et bien que l’exenqdaire unique ait perdu la majeure partie de sa surface supérieure, ce qui en reste montre

des grains épars, comme on peut s’attendre à les trouver au jeune âge, c. à d. un peu moins saillans que sur les adultes. La forme de toutes les parties de ce pygidium est d’ailleurs indentique à celle que nous avons décrite ci-dessus.

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