‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 388 sur 469 · Cheir. tumescens. Barr · texte numérisé non relu

Cheir. tumescens. Barr

La tête présente un contour extérieur à peu-près sémi-circulaire, formé par un bord épais, très-étroit au droit de la glabelle et augmentant notablement de largeur vers l’arrière. Le contour intérieur, presque rectiligne porte un bord analogue, moins développé. Ces deux limbes, en se réunissant à l’angle gênai, donnent naissance à une pointe très-forte, aplatie, oblique, et dont la longueur équivaut aux f de celle de la tête.

La glabelle , lorsqu’elle n’a subi aucune compression , se montre très-enflée et elle domine beaucoup, par son relief, la surface /aplatie des joues. Son bombement est régulier dans les deux sens, et le point culminant de sa surface correspond au centre de figure. Cette figure pourrait être comparée à un trapèze très-alongé le long de l’axe, et dans lequel le bord frontal forme la plus grande base, tandisque la plus petite base parallèle est à l’occiput. Les côtés obliques du trapèze sont tracés par les sillons dorsaux, presque rectilignes. Le rétrécissement notable de la glabelle , vers l’arrière , la caractérise particulièrement. Les sillons latéraux sont très-distincts, bien qu’ils ne s’étendent qu’à une petite distance, à partir des sillons -dorsaux, dans lesquels ils prennent naissance. Les sillons antérieur et moyen, inclinés à 45", pénètrent à peine,

de chaque côté, sur le quart de la largeur correspondante de la glabelle. Le sillon postérieur très-court, se recourbe brusquement vers le sillon occipital qu’il atteint, et il circonscrit ainsi un petit lobe ovalaire, analogue à celui qu’on voit dans Ch. globosus (PL 55 — 40) et dans les Cyphaspis (PL 18.)

Le sillon occipital est étroit et profond. L’anneau occipital aussi étroit, est fortement projeté en arrière, et porte un grain saillant sur l’axe.

La joue fixe est ornée des cavités caractéristiques. La joue mobile, apparemment trèscaduque, manque à tous nos exemplaires. Le vide qui la représente est fort exigu. L’oeil est situé au droit du lobe moyen de la glabelle. Nous n’en connaissons que la trace.

L’hypostôme est inconnu.

10 segmens au thorax, d’après plusieurs individus de divers âges. L’axe, bombé en demicercle, occupe autant de largeur que la partie interne de la plèvre. Cette partie, enflée en bourrelet, est divisée par un faible sillon, parallèle aux bords et tracé par des points creux, comme dans Ch. claviger. Elle a autant de longueur que la partie externe, dont elle est séparée par un étranglement marqué. Nous voyons les bandes ordinaires sur les deux bords du bourrelet. La partie externe, inclinée à 50°, montre un nodule peu prononcé, au droit de l’étranglement. Elle s’arque un peu vers l’arrière, en conservant une assez forte épaisseur, et elle offre la forme d’un coutelas.

Le pygidium a un axe très-saillant, sur lequel nous comptons 4 articulations distinctes. Les quatre plèvres correspondantes sont tracées sur la surface des lobes latéraux et terminées par autant de' pointes sur le contour. Ces pointes épaisses, obtuses, sont dirigées presque parallèlement à l’axe, et elles conservent, surtout les deux premières de chaque côté, toute l’apparence des pointes des plèvres thoraciques. Dans les plus jeunes individus, comme celui qui est figuré, la dernière paire n’a pas encore atteint son développement normal, et paraît en arrière, par rapport aux autres. Dans les adultes, les pointes diminuent rapidement de longueur vers l’arrière, et leurs extrémités sont rangées sur une courbe très-peu concave vers l’avant. Elles laissent entr’elles des vides, de moitié moins larges que les pleins.

Le test paraît couvert d’une granulation fine, d’après les empreintes laissées sur la roche.

L'enroulement n’est pas constaté.

Dimensions. D’après les fragmens connus , cette espèce ne dépasserait pas 25 à 30 m. m. de longueur, sur 15 m. m. de largeur maximum.

Gisem'. et local. Nous avons trouvé Ch. tumescents dans les deux formations des schistes noirs feuilletés, et des schistes gris jaunâtres, où il est rare. Ses traces n’ont pas encore été découvertes dans la puissante formation des schistes très-micacés, intermédiaire entre celles que nous venons de nommer. Les localités qui nous ont fourni celte espèce, sont, pour les schistes noirs feuilletés, le ravin de Trubin et les environs de Chrustenitz; pour les schistes gris jaunâtres, les côteaux au pied du ML Kosow, entre Béraun et Kônigshof.

Jiapp. et différ. Les espèces les plus rapprochées de Ch. tumescens sont celles qui portent quatre plèvres développées de chaque côté du pygidium. Nous les différencions comme il suit.

1. Ch. scuticauda a la glabelle plus large à sa base, et tuméfiée seulement vers le front; les plèvres de son pygidium sont étalées en forme de palettes, et ne laissent entr’elles presque aucun vide.

2. Ch. globosus a la glabelle globuleuse, surplombant le bord frontal; sa plèvre est plus fortement étranglée vers le milieu de la longueur; les pointes de son pygidium sont rayonnantes et très-espacées les unes des autres. Il a 11 segmens thoraciques.

5. Ch. insocialis a la glabelle hémi-sphérique, et l’angle gênai dépourvu de pointe; les plèvres de son pygidium se terminent en palettes arrondies , juxtà-posées , presque sans intervalles vides

GENRE CHEIRÜRUS. BEYRICH.

4. Parmi les espèces étrangères , Ch. clavifrons — Sphaer. juvenis Sait, se rapproche aussi beaucoup de Ch. tumescens , mais il se distingue suffisamment par l’angle gênai arrondi, et par les plèvres du pygidium contiguës entr’elles.

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