‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 389 sur 469 · Cheir. scuticauda. Barr · texte numérisé non relu

Cheir. scuticauda. Barr

1 846. Cheirurus scuticauda. Barr. Nouv. Trileb. p. 4.

1 847. Placoparia macroptera. Corel. Prodr. p. 129. (pygidium.)

Forme générale du corps ovalaire, peu alongée. La tête occupe environ le tiers et le pygidium un sixième de la longueur totale.

Le contour extérieur de la tête, sémi-circulaire, est formé par un bord épais, très-étroit au front, et augmentant en largeur jusqu’à l’angle postérieur de la joue, où il se prolonge par une pointe, forte, oblique, qui n’atteint pas le bout de la première plèvre. Un sillon variant de même dans sa largeur, limite intérieurement ce bord. Le contour postérieur de la tête est rectiligne et offre un semblable limbe le long des joues. L’anneau occipital, plus haut et plus large, se projette un peu en arrière. Il est surmonté d’un grain sur l’axe.

La glabelle a sa largeur maximum un peu en arrière du front. Elle est médiocrement bombée, peu saillante au dessus des joues. Sa plus grande hauteur correspond à la partie la plus large. Ses trois sillons latéraux, à peu-près parallèles, sont inclinés à 45° par rapport à l’axe. Les paires ne se réunissent pas au milieu , et il reste entre les bouts opposés un quart de la largeur correspondante de la glabelle. La suture faciale, tracée sur l’arête externe du

bord frontal, jusqu’au droit du sillon dorsal, se dirige à partir de ce point, un peu obliquement vers l’oeil. Après avoir contourné le lobe palpébral, elle court presque transversalement vers le bord latéral de la tête, qu’elle atteint un peu au dessous de la projection oculaire. La joue fixe est donc très-petite, triangulaire , curviligne. L’oeil, peu développé, est placé au droit du sillon antérieur de la glabelle, à mi-distance entre celle-ci et le contour de la joue.

L’hypostôme est inconnu, on bien ne se distingue pas de celui de Ch. claviger enseveli dans les mêmes bancs.

10 segmens au thorax. Dans une de nos publications préliminaires, (Nouv. Trii. p. 4)

nous avons indiqué 11 segmens pour cette espèce, d’après un exemplaire, qui, soumis à divers observateurs, leur a paru présenter en effet ce chiffre. Nous nous sommes aperçu plus tard, que l’un des anneaux, interrompu par une petite faille, avait été compté deux fois. Cette erreur est d’ailleurs devenue manifeste, par la découverte d’un autre individu à 10 segmens, et par la

concordance de ce nombre avec celui que nous trouvons dans le thorax de Ch. tumescens. • — L’axe,

peu saillant, occupe le quart de la largeur totale et s’amincit fort peu jusqu’au pygidium. Ses anneaux sont séparés par des rainures bien distinctes. Les plèvres, enflées, épaisses, en forme

de bourrelet aplati, se coudent doucement vers la moitié de leur longueur. Au droit du coude,

on voit un petit nodule caractéristique. La partie interne, horizontale, porte un sillon médian, linéaire, peu profond, orné de petites cavités, comme celui de Ch. claviger. Il détermine deux surfaces égales et parallèles. La partie externe se courbe en arrière , et se prolonge en forme de coutelas, un peu plus long que la partie interne. La doublure de la plèvre s’étend jusqu à la séparation de ces deux parties

Le pygidium est sémi-circulaire. L’axe montre quatre segmens distincts, dont le dernier

est rudimentaire. Son relief est peu considérable et sa largeur diminue très-rapidement. A ces quatre articulations, correspondent quatre paires de plèvres bien développées, larges, épaisses, arrondies au bout, comme dans Ch. claviger. Leur partie externe libre, est nettement séparée de la partie interne qui est soudée. Les lignes creuses, qui, sur chaque lobe, tracent la

séparation entre ces deux parties des plèvres du pvgidium, sont droites et figurent un triangle, dont le sommet est placé à l’extrémité de l’axe. Ce triangle rappèle la forme du pygidium des Trinucleus ou celle d’un écusson armorial, qui devient surtout distincte par la chûte de la partie externe des plèvres.

La doublure du test s’étend vers l’intérieur jusqu’aux bords du triangle; elle correspond à celle des plèvres du thorax.

Le test a été dissous dans les schistes qui renferment cette espèce. D’après les impressions qui restent, nous jugeons que sa superficie était lisse sur le thorax et le pygidium. La glabelle nous montre une granulation médiocrement forte, et peu serrée. Les joues portent les impressions creuses, caractéristiques du genre.

L’enroulement n’a pas été constaté.

Dimensions. Longueur de l’individu figuré: 28 m. m. Sa largeur maximum, au droit du sillon occipital, est de 20 m. m.

Gisem ‘ et local. Cette espèce, très-rare, paraît appartenir exclusivement à la formation des schistes noirs feuilletés dans notre étage des quartzites D. Jusqu’à ce jour, nous ne l’avons trouvée que sur les céteaux dits Winice, au Nord-Ouest de Béraun.

Rapp. et différ. Plusieurs espèces présentent de grands rapports avec Ch. scuticauda. Nous les différencions comme il suit.

1. Ch. claviger se rapproche beaucoup par la forme de la tête et des segmens thoraciques. Il se distingue aisément, parcequ’il porte 12 segmens au thorax, au lieu de 10, et au contraire, 5 plèvres développées au pygidium, au lieu de 4.

2. Ch. tumescens a la glabelle très-enflée au milieu et notablement amincie vers la base. Son pygidium porte, de chaque côté, quatre plèvres développées, comme celui de Ch. scuticauda, mais elles sont plus minces, plus longues, plus isolées les unes des autres, et presque parallèles à l’axe.

3. Ch. insocialis présente, dans la forme de son pygidium, la plus grande ressemblance avec celui de Ch. scuticauda, car il porta. 4 plèvres aussi larges et arrondies au bout. Il existe, au contraire, un grand contraste entre les têtes de ces deux espèces; celle de Ch. insocialis est globuleuse et a l’angle gênai arrondi, ce qui le distingue suffisamment.

4. Ch. globosus a également 4 plèvres développées de chaque côté du pygidium, mais elles sont relativement minces, et beaucoup plus espacées entr’elles que dans Ch. scuticauda. A cette différence s’ajoute celle- qu’offre la tête globuleuse de la première espèce, la forme de sa plèvre, très-fortement étranglée vers le milieu et le nombre 11 de ses segmens thoraciques.

Page 1