Cheir. gibbus. Beyr
1 833. Trilobites 1843. Cheirurus
1846. Ch.
1847. Ch.
Ch.
Ch.
Ch.
Sternbergii. Stem, (non Boeck) Verh. d. Vat. Mus. p. 53. PL II. fig. 3. a. gibbus. Beyr. Üb. Bohm. Tril. p. 16. fig. 5. id. Barr. Not. prêt. p. 86.
id. Cord. Prodr. p. 134.
cruciatus. Cord. ibid. p. 135.
verrucosus. Cord. ibid. p. 135.
globifrons. Cord. ibid. p. 136.
La forme générale du corps est ovalaire et paraît très-alongée, parceque les lobes latéraux, dans toute leur étendue longitudinale, sont reployés presque verticalement. Le rapport des deux axes est de 13 : 6. La tête occupe au moins un tiers, et le pygidium un cinquième de la longueur totale du corps.
Les joues étant extrêmement inclinées, la surface céphalique présente un bombement transversal très-grand, et une apparence étroite, sémi-elliptique. Son contour extérieur est formé par un bord assez large et épais, disparaissant sous la saillie du front, où il est plus étroit, et s’élargissant vers l’arrière. Ce limbe se prolonge à l’angle gênai par une pointe très -courte. Le sillon qui sépare le bord de la joue est bien marqué. Le contour intérieur de la tête est rectiligne. Le bord postérieur, très-prononcé, rappèle par sa forme celle de la plèvre thoracique, et porte la trace du nodule externe. Le sillon qui le précède est très - profond. L’anneau occipital s’élargit beaucoup au milieu, et présente une forme triangulaire, dont le sommet est vers l’avant. Son relief, presque égal à celui du lobe frontal, domine un peu la partie intermédiaire de la glabelle. Il porte sur l’axe un grain saillant.
La glabelle est comprise entre deux sillons dorsaux étroits, profonds, rectilignes, divergeant un peu vers l’avant. Le lobe frontal s’élargit de chaque côté, s’arrondit au front, et figure presque un quart de sphère, plus ou moins élevé en relief, au dessus des lobes placés en arrière. Cette enflure paraît varier suivant les individus et peut-être aussi d’après l’âge. Les sillons antérieurs et moyens sont transverses et se réunissent au milieu de la glabelle, formant ainsi des rainures profondes, parallèles entr’elles, un peu infléchies au point de leur fusion, et légèrement concaves vers l’avant. Les sillons postérieurs, également profonds, inclinés à 45 °, se rencontrent sur l’axe, où ils tombent dans le sillon occipital, avec lequel ils semblent figurer deux diagonales croisées. Celui-ci est un peu plus étroit, et forme un angle obtus, ouvert en arrière. Les lobes postérieurs de la glabelle sont un peu enflés et plus longs dans le sens de l’axe, que les lobes antérieurs et moyens.
La suture faciale est immédiatement appliquée autour du lobe frontal, dont elle détache le bord. S’écartant ensuite graduellement, de chaque côté, elle se dirige vers l’oeil , presque parallèlement à l’axe, un peu en dehors, mais très -près du sillon dorsal. Après avoir contourné le lobe palpébral, les branches divergent obliquement, par une courbe concave vers l’axe, et qui atteint le contour latéral à peu de distance au dessus de l’angle gênai c. à d. fort au dessous de la projection latérale de l’oeil. La position de ce point d’intersection nous offre, parmi toutes les espèces du genre, une des limites des variations de la suture faciale, tandisque Ch. Haivlei
GENRE CHEIRURUS. BEYRICH.
(PL 42), nous montre la limite opposée. D’après le cours de la ligne faciale, les joues fixes sont moindres et les joues mobiles plus grandes que dans la plupart des espèces congénères. Ces dernières sont triangulaires, et se trouvent très-souvent séparées' de la pièce médiane de la tête, par suite de la décomposition. Les yeux sont médiocrement développés, et cependant assez sailians. Le lobe palpébral très-petit, en segment de cercle, couvre à peine la moitié de la saillie horizontale de la surface visuelle, qui a la forme annulaire. Nous voyons, à la base de l'oeil, un bourrelet saillant qui l’entoure. Les lentilles montrent un relief très-sensible, et forment des files obliques. Elles sont très -petites et à peine visibles sans le secours de la loupe. Nous
évaluons leur nombre à environ 400. L’oeil est situé au droit du lobe antérieur de la glabelle,
tout près du bord de la joue.
L’hypostôme a la plus grande analogie avec celui de Ch. insignis , dont nous nous dispenserons de répéter la description. La différence notable, qu’il est important de remarquer, c’est qu’il porte une petite pointe, parallèle à l'axe, à chacun des angles du bord buccal.
11 segmens au thorax. L’axe, très-bombé, varie dans son étendue transversale, suivant la forme longue ou la forme large. Ses anneaux, dont les bouts sont légèrement enflés et projetés en avant, sont séparés par de profondes rainures, de moitié aussi larges qu’eux. Les sillons dorsaux sont très - distincts , étroits et profonds. Les plèvres montrent, au plus haut degré de
développement, tous les caractères du type. La séparation des parties interne et externe est
marquée par un étranglement prononcé. La partie interne, presque horizontale, n’a pas plus du tiers de la longueur de la partie externe. Sa surface est partagée en deux triangles égaux, par un sillon diagonal très-profond. Ces triangles sont enflés et ont l’aspect de nodules. Les bandes de ta plèvre sont très-distinctes, de chaque côté. Elles s’élargissent et se relèvent sous la forme dë lèvres accolées, au droit de l’étranglement. Celle des deux qui est placée en avant, domine l’autre en largeur et en hauteur. Le nodule, à l’origine de la partie externe de la plèvre, étant assez enflé, l’espace qui le sépare de la partie interne a l’air d’un sillon parallèle à l’axe. A partir de ce nodule, la plèvre s’élargit un peu et s’amincit ensuite., pour se terminer en coutelas. Elle conserve une assez forte épaisseur. Cette partie externe est coudée à 45 0 par rapport à la partie interne, et sa pointe présente une légère courbure vers l’arrière. La doublure du test paraît s’étendre jusqu’à l’étranglement.
Le pvgidium forme une surface presque horizontale , sur laquelle l’axe fait une très - forte saillie, et occupe un tiers de la largeur totale, fl se compose de quatre articulations, dont la dernière est rudimentaire. Les anneaux ont la même forme que ceux du thorax. L’axe s’amincit et s’abaisse rapidement. Le dernier élément présente, à chaque bout, une fossette profonde. Chacun des lobes latéraux nous montre trois plèvres développées. La première est complète, c. a d. qu’elle est presque identique aux plèvres thoraciques. Dans la seconde, le sillon se réduit beaucoup; il apparaît encore sous la forme d’une cavité, sur la troisième. L’ensemble des parties soudées forme une surface plus large que dans la plupart des espèces congénères. Les pointes sont arquées vers l’arrière, un peu épaisses, et diminuent de longueur à partir de la première. Elles se dilatent horizontalement, d'une manière très-caractéristique pour cette espèce, et elles sont nettement séparées de la partie interne, par un étranglement analogue à celui de la plèvre ' thoracique. Il n’y a d’autre trace de la quatrième paire de plèvres, qu’une pointe méplate, au droit de l’axe. • .
Nous ferons observer, que le pygidium isolé attribué par le Prof. Beyrich à Ch. gibbus, fil. Stück. jj. 3. PI. IV. fig. 5.J appartient réellement à Ch. Sternbergi. ■ — • Le test de Ch. gibbus présente une épaisseur qui dépasse un demi-millimètre sur le thorax, et qui est encore plus forte sur le pygidium. Il est orné d’une granulation dont l’apparence varie suivant les individus, et aussi sur les différentes parties du corps. En général, nous trouvons des grains assez sailians, mais peu serrés et parfois assez rares, sur la glabelle, sur l’axe du thorax et du pygidium. Les flancs de l’axe, et la partie interne des plèvres sont souvent presque lisses. Le bord extérieur de la tête est finement granulé, ainsi que les parties externes des plèvres .du thorax et du pygidium.
Entre les grains qui ornent la paroi externe du test, sur la glabelle, nous apercevons quelquefois de petites cavités, irrégulièrement distribuées. L’individu figuré (PL 41) nous montre, sur le milieu de chaque anneau de l’axe, quelques grains très-saillans , dont le nombre et- la disposition ne sont pas constans. L’autre exemplaire (PL 42) en partie dépouillé de son test, nous permet d’observer sur le moule de petites cavités, annonçant une granulation de la surface intérieure, analogue à celle de la paroi externe c. à d. composée de grains d’inégale grosseur. Nous avons remarqué le même fait, dans Ch. Sternbergi , Ch. pauper, Conoceph. Sulzeri, Calym. interjecta, et divers autres Trilobites. (voir p. 243.) Les joues sont ornées des cavités caractéristiques du genre, et qui nous paraissent, en général, assez petites. Nous voyons, dans les intervalles qui les séparent, des grains saillans, quelquefois assez nombreux, sur certains exemplaires.
L’enroulement est en partie constaté, par divers individus à demi-contractés.
Dimensions. La longueur de l’individu figuré (PL 42) est de 75 m. m. et sa largeur, au' droit du sillon occipital, est de 32 m. m, Nous jugeons, d’après des fragmens, que divers exemplaires dépassaient ces dimensions.
Gisent L et local. Ch. gibhus apparaît dans notre étage calcaire moyen F, et il s’élève dans l’étage calcaire supérieur G, où il est très -répandu. Les localités qui nous fournissent cette espèce dans les calcaires moyens, sont: Konieprus, Mnienian, les collines qui s’étendent entre Bubowitz et Lodenitz; les environs de Lochkow, de Slichow et Dworetz au Sud *de Prague. Nous la trouvons dans presque tous les gîtes fossilifères appartenant à l’étage G, comme: Tetin, Hostin, Bubowitz, les collines dites Listice près Béraun, Luzetz, Hinter-Kopanina, Lochkow, Kozor, Branik, Dworetz, &c. Dans cet étage, elle accompagnée par Daim. Hausmanni , Daim. Réussi , Clieir. Sternbergi , <Sçc.
Rapp. et dijfér. Nous lisons dans les recherches du ProfL Beyrich sur les Trilobites, (IJ. Stück p. 3.J que Ch. gibbus a été découvert dans les minerais de fer de Büchenberg, près Elbingerode, dans le Harz. Ce savant n’indique pas quelle est la partie du corps qui a été observée. Cette indication, très-intéressante, ne suffit pas cependant, pour que l’identité spécifique soit entièrement hors de doute. Il en est de même de l’espèce Dévonienne découverte par les DD. Sandberger, dans le Duché de Nassau et assimilée à Ch. gibbus. La tête figurée par ces savans ( Verst . d. Rhein. Sch. Syst. Pl. II. fig. 2) ne se distingue pas, il est vrai, de celle de notre Ch. gibbus; mais le pygidiurn isolé qui lui est associé fibid. fig. 2. a J est très-différent de celui de l’espèce Bohême. Il paraît presque identique au pygidiurn de Ch. Sternbergi. Si ces deux fragmens appartiennent à une seule espèce, elle est évidemment indépendante de Ch. gibbus. Dans le cas, au contraire, où la tête et le pygidiurn en question représenteraient deux Gheirurus différens, nous aurions l’espoir de voir deux espèces communes entre la Bohême et la contrée de Nassau. La tête figurée par le ProfL Phillips, sous le nom de Cal. Sternbergii Münst. (Pal. foss. üev. PL 56. fig. 247 J paraît à peu-près identique avec celle de Ch. gibbus. Le reste du corps étant encore inconnu, nous ne saurions nous prononcer sur ce Trilobite, qui appartient aussi au Système Dévonien, comme les formes de Nassau. Il est très - remarquable , que les caractères de ces Gheirurus étrangers reproduisent constamment ceux de la tête de Ch. gibbus , qui caractérise la partie la plus élevée du Système Silurien. Ce fait nous semble confirmer la succession verticale admise dans ces formations, bien que nous ne connaissions encore aucune localité, qui montre leur superposition matérielle.
Les espèces de Bohême les plus rapprochées de Ch. gibbus , se distinguent comme il suit:
1. Ch. Sternbergi (PL 41) a la tête beaucoup moins bombée en travers; le lobç frontal de sa glabelle, au lieu d’être enflé, est déprimé; ses sillons antérieurs et moyens s’unissent sous un angle prononcé, ouvert du côté du front; son pygidiurn présente des pointes étroites, alongées, presque rectilignes.
2. Ch. Cordai (PL 40) a la tête aplatie, et les yeux très -petits, situés très -près du contour frontal.
GENRE CHEIRURUS. BEYRICH. 795
3. Ch. pauper (PI. 41) a la partie interne de la plèvre plus longue que Ch. gibbus; les pointes de son pygidium sont relativement étroites et plus alongées.
4. Ch. Quenstedti (PI. 42) se distingue par les mêmes différences que nous signalons dans Ch. pauper.
Nous reconnaissons Ch. gibbus dans les formes qui ont reçu de M. Corda les noms spécifiques suivans. Les fragmens qui les représentent appartiennent à la collection Hawle, et sont en ce moment sous nos yeux.
1. Ch. cruciatus Cord. (Prodr. p. 135) est le nom donné à une tête fortement voûtée en
travers, et dans laquelle le lobe frontal paraît faire, à sa base, une saillie latérale un peu faible.
Ces deux circonstances se représentent à des degrés très-variables, sur la série de nos exemplaires, et ne nous paraissent pas sortir des limites qu’on doit accorder aux modifications individuelles.
2. Ch. verrucosus Cord. (ibid.) montre sur la tête quelques traces de granulation très -peu distincte. Cette granulation se voit à divers degrés sur les individus provenant de différentes localités, comme sur ceux d’un même gîte. Elle paraît aussi plus ou moins, suivant l’état de conservation et ne saurait être considérée comme un caractère spécifique.
3. Ch. globifrons Cord. indique les têtes isolées dans lesquelles le lobe frontal est le plus
enflé et a le relief le plus saillant, au dessus du niveau du reste de la glabelle. Ce développement du lobe frontal varie par degrés insensibles, en comparant un grand nombre d’individus. On ne saurait donc assigner aucune limite entre l’espèce Ch. gibbus et celle que propose M. Corda. Il serait même impossible d’établir sur ce seul caractère une variété, car l’enflure dont
il est question n’a aucune constance. Les diverses têtes de Ch. gibbus que nous avons figurées,
montrent au lecteur les limites extrêmes de ces différences, qui sont, en somme, peu considérables.
Variété interrupta. Barr.
Nous avons représenté une tête, qui a tous les caractères spécifiques de Ch. gibbus , mais qui en diffère par un seul trait, savoir l’interruption du lobe antérieur de la glabelle, par un sillon longitudinal, qui réunit les sillons antérieurs avec les sillons moyens. Cette interruption se présente avec la même apparence sur divers exemplaires, appartenant à la collection Hawle, et à la nôtre. Les uns proviennent de l’étage calaire moyen F, et les autres de l’étage calcaire supérieur G. Cette forme ne nous est connue que par les têtes, et par conséquent nous ignorons si elle est liée à quelque modification importante dans le reste du corps. Nous ne croyons pas qu’on puisse fonder une distinction spécifique sur un caractère de cette nature, qui paraît simplement accidentel, car nous en voyons l’indication de moins en moins prononcée, sur des têtes isolées. Cependant, il nous semble convenable de désigner cette forme comme une variété, sous le nom de Var. interrupta.