‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 396 sur 469 · PL 4L · texte numérisé non relu

PL 4L

1825. Trilobites (Paradoxites ?) Sternb. Verh. d. Vat. Mus. p. 85. PI. I. fig. 5.

1827. Trilobites Sternberqi.

Boeck. Not. til Laeren. Mag. for Naturv. I. 1.

1835. Tril.

id.

Sternb. Verh. d. Vaterl. Mus. p. 51.

1843. Tril.

id.

Burm. Org. d. Trilob. p. 132. PL III. fig. 7. 8.

1 845. Cheirurus

id.

Beyr. Üb. Bôhm. Tril. 15. fig. 4. (tête.)

1846. Cheir.

id.

Barr. Not. prélim. p. 86.

1846. Cheir.

gibbus.

Beyr. Unt. üb. Trilob. II. p. 3. PL 4. fig. 5. (pygid.)

1847. Cheir.

Sternbergi.

Cord. Prodr. p. 135.

. Cheir.

affinis.

Cord. ibid. p. 136.

Le profil transversal de la tête est fortement bombé, et on voit comme une carène arrondie, sur l’axe de la glabelle. Le profil longitudinal offre aussi un notable bombement, dont le point culminant est vers le centre.

Le contour extérieur se rapproche d’un demi-cercle. Il est formé par un bord peu large, épais, qui se prolonge à l’angle gênai, par une pointe longue d’environ 16 m. m. , un peu oblique à l’axe. Le sillon déterminé par ce bord est prononcé. Le contour intérieur de la tête forme un arc concave vers l’avant. Le bord postérieur des joues est épais, et rappèle la forme de la plèvre thoracique. L’anneau occipital prend une grande largeur sur l’axe, en figurant une sorte de triangle, dont le sommet est en avant. Son -relief est très -élevé, et il porte un grain saillant sur l’axe.

La glabelle, comparée sur divers exemplaires, est comprise entre deux sillons dorsaux étroits, bien marqués, tantôt presque parallèles,. tantôt un peu rapprochés au milieu. Dans tous les cas, sa plus grande largeur correspond à la base du lobe frontal, et la moindre se trouve au droit de l’anneau occipilal. Ses sillons latéraux sont larges et très-distincts. Les sillons postérieurs, inclinés à 45°, aboutissent ensemble, sur l’axe, dans le sillon occipital, avec lequel ils ont l’air de former deux diagonales croisées. Les sillons . antérieurs et moyens également unis sur l’axe, forment des courbes parallèles, toujours concaves vers le front, mais qui s’infléchissent un peu en arrière, près du sillon dorsal. Le lobe frontal n’occupe pas plus du tiers de la longueur .de la tête. Il est fortement déprimé et incliné au front, dont le contour extérieur présente un aspect polygonal, résultant de trois lignes d’égale longueur, dont il est formé. Celles qui sont latérales représentent un limbe rudimentaire, qui n’existe pas au milieu du front. Les lobes postérieurs, triangulaires, sont constamment un peu plus enflés que le reste de la surface céphalique, excepté l’anneau occipital.

La suture faciale suit le contour du polygone frontal, en détachant le bord, ou doublure sous-frontale. Après avoir franchi l’extrémité les sillons dorsaux, elle se dirige parallèlement à l’axe vers l’oeil , contourne le lobe palpébral , et diverge ensuite presque perpendiculairement, pour atteindre le bord gênai un peu au dessous de la projection latérale de l’oeil. La joue fixe est très - grande , la joue mobile petite. L’oeil est situé au droit du lobe antérieur de la glabelle, à mi-distance entre le sillon dorsal et le bord. Nous ne connaissons que sa position.

L’hypostôme est alongé. Le corps central, fortement bombé, est ovoide, aminci vers la bouche. Le bord frontal plat et étroit au milieu, fortement convexe vers le front, s’élargit aux extrémités, pour former les allés recourbées en arrière. Les bords latéraux, séparés des ailes par un petit espace, et du corps central par un large sillon, conservent une largeur uniforme sur toute leur étendue. Ils se recourbent à angle droit sous leur surface, en formant une espèce d’entonnoir, ouvert du côté des ailes, comme dans les Asaphus. Le bord postérieur est semblable aux bords latéraux, mais plat, non reployé en dessous, et il s’arrondit concentriquement au corps central. Il porte à chaque angle une pointe courte, mince, très-caduque.

Nous ne connaissons le thorax que par des segmens isolés. L’axe paraît occuper un cinquième de la largeur totale, et il est très-bombé. Les parties interne et externe de la plèvre sont nettement séparées l’une de l’autre par un étranglement. La partie interne, horizontale, plus courte d’un tiers, est divisée par un sillon profond, oblique à 36°, qui détermine deux triangles égaux et enflés. Les deux bandes qui la bordent, sont très-étroites. La partie externe, inclinée à 60°, porte un tubercule prononcé, à son origine. Elle a la forme d’un coutelas, à peine arqué vers l’arrière. On voit une carène qui parcourt sa surface, depuis le nodule mentionné, jusqu’à la pointe aigue. Nous ferons remarquer, que le segment décrit provient de l’étage calcaire moyen F, et que nous n’avons pas pu trouver cet élément du corps dans l’étage G, où Ch. Sternbergi est plus fréquemment représenté par des têtes isolées.

Le pygidium se distingue par de longues pointes rectilignes, analogues à celles qui terminent les plèvres thoraciques et les angles des joues. L’axe, fortement bombé, montre trois anneaux, et une articulation rudimentaire aplatie, triangulaire, atteignant le contour postérieur, qui est rectiligne entre les dernières pointes. Ces anneaux sont séparés par de larges rainures. Le premier, reproduisant, les formes des anneaux thoraciques, se rétrécit au milieu et s’élève en pointe. Les deux autres s’abaissent progressivement jusqu’au segment rudimentaire qui est plat, et accompagné

GENRE CHEIRURUS. BEYR1CH.

d’une profonde fossette de chaque côté. Les lobes latéraux portent trois plèvres, dont la partie soudée diminue rapidement de largeur vers l’arrière. Le sillon oblique est marqué sur les deux premières seulement. Leurs pointes coniques, presque rectilignes, divergent régulièrement, et augmentent en longueur jusqu'à la troisième paire. Nous remarquons, sur le bord de la première plèvre, la bande antérieure analogue a celle des plèvres thoraciques. Elle forme un filet saillant, qui se prolonge par une petite pointe rectiligne. La bordure du test s’étend jusqu’à la partie soudée.

Le test, fort mince sur la tête, est presque lisse. Sur la glabelle, nous apercevons çà et là, vers le front et sur l’anneau occipital, quelques grains épars. Nous retrouvons la trace de ces grains sur les anneaux de l’axe, au thorax et au pygidium. Les joues sont ornées de cavités

assez grandes vers les bords et un peu moindres vers le milieu de leur surface. Ces cavités

sont rondes, profondes, irrégulièrement semées et laissent entr’elles de grands intervalles, sur lesquels on voit quelques grains rares. L’hypostôme présente une granulation très-prononcée sur le corps central, tandisque les bords sont lisses. Le test du pygidium, un peu plus lort que

celui de la tête, atteint un demi-millimètre d’épaisseur, et ne montre d’autres ornemens que les

grains mentionnés sur l’axe. Les apparences que nous décrivons, sont celles de la superficie externe du test, qui est rarement conservé. Les moules internes, qu’on recueille le plus souvent, offrent un aspect notablement différent. Leur surface, dans certains individus, est parsemée de points creux, très-petits, semblables à des piqûres d’aiguille, et on voit çà et là des cavités plus grandes. Nous reconnaissons dans ces traces l’empreinte de la paroi interne du test, qui est

ornée d’une granulation fine et de quelques gros grains. Nous avons signalé un fait semblable

dans Ch. gibbus , et dans plusieurs autres Trilobites de genres divers (p. 243 ). — M. Corda n’ayant pas remarqué l'absence du test, a décrit la surface du moule intérieur, comme si elle eût

été la paroi externe du test lui-même. Nous avons sous les yeux la tête appartenant au Musée

Bohême, qui a servi à ses observations, et qui nous montre l’erreur commise. Il paraît, que la granulation de la paroi interne ne se développait pas également sur tous les individus, et n’existait pas à tous les âges, car nous trouvons beaucoup de tètes sur lesquelles on ne peut pas l’observer. Le plus souvent, nous apercevons les petites piqûres entre les cavités des joues, bien quelles ne se voyent pas sur les autres parties du corps.

Dimensions. Les têtes les plus grandes ont une longueur de 42 m. m. et une largeur de 80 m. m. au droit du sillon occipital. Le pygidium est comparativement assez grand, à cause des pointes des plèvres; longueur: 22 m. m. largeur: 45 m.m. Nous évaluons la longueur du thorax à 55 m.m. Ce Trilobite aurait donc environ 120 m.m. de longueur totale. C’est la plus grande espèce de ce genre dans la division Silurienne supérieure, et sa taille n’est dépassée que par celle de Ch. claviger, dans la division inférieure.

Giseint'. et local. Ch. Sternbergi caractérise les 4 étages de notre division supérieure, mais il s’y montre très-inégalement développé. — 1. Dans l’étage calcaire inférieur E, nous n’avons trouvé que quelques pygidium isolés, que leur forme nous induit à identifier avec cette espèce. Cependant, comme nous n’avons pas encore découvert la tête correspondante, il pourrait se faire qu’eile offrît quelque caractère spécifique particulier. Les fragmens dont nous parlons, proviennent de la montagne dite Dlauha Hora , au Sud-Ouest de Béraun. — 2. Dans l’étage calcaire moyen F, Ch. Sternbergi a été trouvé dans une seule localité, sur la montagne Kotis, près Konieprus, où ses fragmens sont ensevelis dans une seule couche calcaire, d’un aspect jaunâtre, renfermant encore Proet. (Phaet.) planicanda, Bront. thysanopeltis , Harpes Montagnei <SfC. — 5. Dans l’étage calcaire supérieur G, a eu lieu le plus grand développement de Ch. Sternbergi, car nous observons ses traces dans presque tous les gîtes fossilifères, à cette hauteur. Nous eiterons: Dworetz, Branik, Wiskocilka, Hlubocep, Hinter-Kopanina, Chotecz, Karlstein, Gross-Kucharz, Srbsko, Bubowitz &c. Nous ferons remarquer, que malgré cette grande diffusion horizontale, les fragmens de cette espèce sont partout très-rares et se réduisent ordinairement à la tête. Nous n’avons pas pu découvrir un seul fragment du thorax, dans cet étage, et il est très-difficile de rencontrer

le pygidium. — 4. L’étage des schistes culminans H, nous a fourni quelques fragmens de Ch. Sternbergi, derrière le village de Hlubocep, au Sud de Prague.

Rapp. et dijj'ér. Les espèces les plus analogues à Ch. Sternbergi sont celles dont les sillons latéraux sont unis, par paire, sur l’axe de la glabelle. Nous les distinguons comme il suit.

1. Ch. gibbus (PL 42) a le lobe frontal enflé et semblable à un quart de sphère; ses sillons antérieurs et moyens forment une ligne presque droite, ses joues sont plus inclinées et moins développées; sa pointe génale est courte; la partie interne de sa plèvre est plus réduite; son pygidium porte des plèvres épatées et très-arquées, avec un rudiment au droit de l’axe.

2. Ch. Cordai (PL 40) a la surface céphalique aplatie; les yeux placés très-en avant, les pointes génales rudimentaires.

5. Ch. pauper (PL 41) montre, sur la partie interne de sa plèvre, deux nodules très-prononcés, auprès du sillon dorsal; son pygidium présente des pointes plus larges et arquées, avec un rudiment au droit de l’axe; toute la surface de cette partie du corps est fortement granulée.

4. Ch. Quenstedti (PL 42) a les sillons antérieurs et moyens faiblement réunis au milieu de la glabelle; son pygidium ne porte que deux pointes développées de chaque côté.

Nous reconnaissons Ch. Sternbergi dans la forme à laquelle M. Corda a donné le nom spécifique de Ch. affinis. C’est celle qui se trouve dans notre étage calcaire moyen F. Elle nous semble réunir tous les caractères de la forme appartenant à l’étage calcaire supérieur G, si ce n’est peut-être quelques modifications très-légères, qui peuvent résulter de la différence dps localités et de l’époque de l’existence, comme la longueur un peu moindre ? de la pointe génale.

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