‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 397 sur 469 · Cheir. Cordai. Barr · texte numérisé non relu

Cheir. Cordai. Barr

1846. Cheir. Cordae. Barr. Not. prélim. p. 76.

La tête figure une demi-ellipse, dont la surface se fait remarquer par un très-faible bombement transversal. Le contour externe est formé par un bord étroit, qui disparaît devant la glabelle, et qui augmente un peu de largeur vers l’arrière. Il se prolonge à l’angle des joues par une pointe oblique, courte et épaisse. Le contour intérieur est presque en ligne ‘droite; un peu convexe vers le thorax. Le bord postérieur des joues est analogue au bord latéral et se raccorde avec lui, pour donner naissance à la pointe. L'anneau occipital plus épais et plus large, se projette un peu en avant. Son relief surpasse celui de toute la tête.

La glabelle s’élargit très-lentement à partir de sa base, jusqu’à la naissance du lobe frontal, où elle a sa plus grande largeur. Son front est plus étroit et arrondi. Toute sa surface est aplatie, et ne présente qu’un faible relief au dessus des joues. Les sillons antérieurs et moyens traversent parallèlement toute la largeur, en présentant une légère concavité vers l’avant. Les sillons postérieurs, inclinés à 45° sur l’axe, ne se rejoignent pas complètement au milieu, où chacun d’eux atteint séparément le sillon occipital, qui est très-bien marqué. Les lobes postérieurs sont toujours un peu enflés.

La joue fixe, très-grande, occupe presque tout le lobe latéral de la tête; la joue mobile est réduite à un état presque rudimentaire et s’étend très-peu au delà de la surface de l’oeil. La suture faciale, immédiatement appliquée au lobe frontal, après avoir traversé le sillon dorsal, atteint l’oeil , qui en est très-rapproché. A partir de cet organe, elle se dirige un peu obliquement vers le bord gênai. Son cours est donc extrêmement limité. L’oeil, petit, assez saillant, est situé vis-à-vis le premier sillon de la glabelle, dans l’angle formé par le sillon dorsal et le contour gênai. Sa surface, très -finement réticulée, nous montre des lentilles en relief, c. à d. couvertes d’une cornée générale, bosselée. Nous évaluons leur nombre de 250 à 300 par oeil.

La surface du test paraît lisse, à l’exception des joues ornées des cavités caractéristiques.

Les autres parties du corps sont inconnues.

Dimensions. La tête figurée, appartient à un jeune individu. Les têtes des adultes ont une longueur de 20 m. m. sur 50 m. m. de largeur à la base.

Gisem1. et local. Cette espèce appartient à notre étage calcaire moyen F, et n’a été trouvée jusqu’ici, que sur la montagne Kotis près de Konieprus, où elle est rare.

Iïapp. et différ. Toutes les espèces qui ont les sillons antérieurs et moyens de la glabelle réunis sur l’axe, offrent une grande analogie avec la tête que nous venons de décrire. Cependant, cette tête se reconnaît aisément par sa surface aplatie, contrastant avec le bombement trèsprononcé, qui caractérise celles des espèces les plus rapprochées : Ch. gibbus et Ch. Sternbergi.

Il serait possible, que le thorax et le pygidium décrits ci-après, sous le nom de Ch. pauper, appartiennent à une même espèce, avec Cheir. Cordai. Nous n’avons sur ce sujet que des indications trop peu sûres pour incorporer ces fragmens, qui ne proviennent pas tous dune même localité.

La tête de cette espèce nous est encore inconnue. Cependant, il est possible que ce soit celle que nous venons de décrire, sous le nom de Ch. Cordai.

Les parties interne et externe de la- plèvre sont nettement indiquées par un étranglement trèsmarqué. La partie interne, un peu inclinée en dehors, est à peine plus courte que la partie externe. Sa surface est . divisée par un sillon profond, d’abord très-oblique près de 1 axe et devenant transverse dans son prolongement. Les triangles déterminés par ce sillon sont caractérisés par cette particularité, que chacun d’eux s’enfle en forme de nodule près du sillon dorsal, tandisque leurs surfaces s’aplatissent également à l’extrémité opposée. C’est la seule espèce qui nous montre cette conformation, ainsi prononcée. Nous distinguons, de chaque côté de la partie interne, une bande étroite, qui se relève au droit de l’étranglement. La partie externe, inclinée à 45°, a la forme d’un coutelas, sensiblement arqué vers l’arrière. Le nodule, à son origine, est très-enflé.

Le pygidium présente un axe saillant, composé de 4 articulations, dont la largeur et la hauteur diminuent rapidement vers l’arrière. La dernière, rudimentaire, est accompagnée dune fossette profonde, de chaque côté. Chaque lobe latéral porte trois plèvres développées, et on voit de plus un rudiment au droit de l’axe. Le sillon et les nodules de la partie interne sont très-marqués sur la première plèvre, encore distincts sur la seconde, et effacés sur la troisième. Les pointes sont arquées vers l’intérieur et assez larges, sans être épatées.

Le test nous montre sur l’axe, dans toute sa longueur, une granulation assez forte et égale, qui s’étend sur toute la surface du pygidium et de ses pointes. Par contraste, les plèvres thoraciques sont lisses sur leur partie interne et on aperçoit seulement quelques grains épars sur leur partie externe. Le moule intérieur, mis à nu sur le milieu des anneaux de l’axe, est couvert de cavités assez fortes, qui sont les empreintes de la granulation développée sur la paroi interne du test, comme dans Ch. gibbus, Ch. Sternbergi, et autres Trilobites mentionnés (p. 245).

Dimensions. D’après le fragment décrit, cette espèce atteindrait presque la même taille que Ch. Sternbergi, c. à d. 110 à 120 m. m. de longueur.

Gisem1. et local. Cette forme, très -rare, s’est présentée dans deux de nos étages. Le

il est associé avec Bront. Brongniarti et Calym. interjecta. Nous avons trouvé des pygidium isolés, de même conformation, mais avec une plus faible granulation, aux environs de Mnienian, dans les couches de notre étage calcaire moyen F.

Bapp. et différ. Ainsi que nous l’avons déjà dit, il serait possible que la tête ci-dessus nommée, Ch. Cordai, appartienne à la même espèce dont nous décrivons les fragmens. Aucun fait ne prouve encore cette identité, d’ailleurs assez vraisemblable, puisque la tête et le pygidiuin isolés se trouvent dans la même localité. En maintenant ces deux formes provisoirement séparées, nous reconnaissons, que les espèces les plus rapprochées de Ch. pauper, sont Ch. gibbus et Ch. Sternbergi. Il se distingue de l’un et de l’autre par la disposition des deux nodules de la partie interne de sa plèvre; par la forme des pointes de son pygidium, et par la granulation qui orne cette dernière partie du corps.

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