GENRE PLAC0PA1UA. CORDA
près du bord. Il montre cinq articulations, dont la dernière est rudimentaire. Ces 5 articulations se retrouvent sur 5 exemplaires qui sont sous nos yeux, et de dimensions très-diverses. Le test a été complètement dissous et n’a laissé que des traces de granulation, dans la suiface grenue des bourrelets, au thorax, et au pygidium.
La faculté d’enroulement n’a pas été constatée.
Dimensions. D’après les plus grands fragmens, la longueur totale peut s’évaluer à 90 in. m. sur une largeur maximum de 5 0 m. m. mesurée au droit du sillon occipital.
Gisent, et local. Cette espèce, très-rare, appartient exclusivement à notre étage des quartzites D, c. à d. à notre Faune seconde. Nous l’avons trouvée aux environs de Béraun, dans la bande des quartzites des Monts Drabow, sur les montagnes de ce nom et près de Trubska. Elle est associée avec Acid, primordialis , Calym. pulchra, Daim, socialis Sfc. Il existe une complète incertitude, sur les localités qui ont fourni les exemplaires anciens, appartenant au Musée Bohème. Suivant le Comte Sternberg, deux d’entr’eux, qui ont été connus de lui et de Boeck, auraient été recueillis dans les environs de Slrassic = Straschitz, sur la seigneurie de Zbirow. Toutes nos recherches réitérées, pour découvrir ce gite, ont été infructueuses, et nous doutons de l’exactitude des indications données, sous ce rapport, au Comte Sternberg.
Rapp. et différ. Il n’existe, jusqu’à ce jour, qu'une autre espèce appartenant au même genre, savoir, Plac. Tourneminei Rou. Elle présente une telle ressemblance avec Plac. Zippei qu’on ne saurait les distinguer, au premier aspect. Lorsqu’on compte les segmens, on s’aperçoit, que l’espèce de France et d’Espagne n’a que 11 segmens au thorax, et 4 sur l’axe du pygidium • c. à d. un de moins que sa congénère de Bohême, dans chacune de ces deux parties du corps. Ce fait les différencie d’une manière remarquable.
M. Corda décrit, sous le nom spécifique de Placop. grandis, la tête isolée figurée PI. 29. fig. 30. Nous l’avons réunie à Placop. Zippei, avec laquelle elle est parfaitement identique.
Placop. macroplera Cord. décrite dans le Prodrome, n’est autre chose que 1 extrémité du pygidium de notre Cheirurus sculicauda. Le fragment qui a donné lieu à cette erreur est sous nos yeux, et appartient à M. Hawle.
Le nombre des espèces connues se réduisant à deux, il nous semblerait inutile d’établir une classification parmi les Placoparia. Cependant, nous ferons remarquer, que chacune de ces deux espèces pourrait devenir le type d’un groupe particulier , fondé sur le nombre des segmens thoraciques.
Genre Sphaerexochus. Beyrich.
Calymene. (partlm.) Hisinger.
Phacops? (partlm.) Burmeister.
Sphaerexochus. Beyrich. Barrande. Mac Coy. Corda. deVerneuil.
Aperçu historique.
1837. Hisinger figure, sous le nom de Calym. clavifrons , Daim, une tête qui appartient au genre Sphaerexochus et qui provient des calcaires de Furudal. C’est le fragment le plus anciennement connu de ce type, ( Leth . Suec. Suppl. II. PL 37. fig. 1).
1843. Burmeister énumère, avec doute, ce Trilobite Suédois, comme pouvant faire partie du genre Phacops. ( Organ . d. Trilob. p. 109.)
1845. Beyrich établit le genre Sphaerexochus , d’après les fragmens d’une espèce de Bohême, mise au jour par nos recherches, et qu’il nomme Sphaer. mirus. La tête et le pygi-
dium de ce Trilobite lui fournissent les principaux caractères génériques,, dont il montre les affinités avec ceux du genre Cheirurus. ( Üb. Bôhm. Trilob. p. 21.')
1846. Nous énumérons Sphaer. mirus Beyr. parmi les Trilobites de notre étage calcaire inférieur E, en rectifiant l’indication de la localité, donnée erronément par le Prof. Beyrich. ( Not . prélim. p. 48.)
1846. Beyrich figure, pour la première fois, la tête et le pygidium de Sphaer. mirus, et le pygidium d’une autre espèce non nommée, de File de Gothland. (Unt.üb. Tril. II. v. 6. PI 1 fig. 8 — 9.)
1846. MacCoy décrit et figure, sous le nom de Sphaer. calvus, une tête isolée des calcaires de Chair-Kildare , en Irlande. (Syn. Sil. foss. Irel. p. 44. PL 4. fig. 10.)
1847. Corda reproduit les caractères génériques du genre Sphaer ex o chus , d’après l’espèce de Bohême. (Prodr. p. 137 , PL 7. fig. 72.)
1847. Ed. de Verneuil signale l’existence, dans le groupe de Clinton, aux Etats-Unis d’Amérique, d’une espèce qu’il identifie avec Sphaer. mirus Beyr. Il annonce en même temps la découverte d’un Sphaerexochus , dans le calcaire de Dudley, en Angleterre. (Par ail. des dép. paléoz <fcc. — Bull. Soc. géol. de France, 2e. Sér. IV.)
1850. MacCoy place le genre Sphaerexochus parmi ceux qui composent sa famille des Paradoxinae. B en donne les principaux caractères, en admettant 11 segmens thoraciques. (Ann. and Mag. Nat. Hist. Ser. 2. vol. IV. p. 400.)
Caractères génériques.
Le corps est ovalaire; la trilobation est distincte sur toute son étendue. La surface céphalique est extrêmement bombée. Elle occupe environ le tiers de la longueur totale. Son contour extérieur est formé par un limbe étroit, épais, qui, au droit du front, est caché sous la saillie du lobe frontal. La glabelle est enflée en forme de sphéroide. Elle présente trois sillons latéraux de chaque côté. Les deux premiers, rectilignes, faiblement marqués, s’élèvent très-haut, et ne se rejoignent pas sur le milieu. Le troisième, beaucoup plus profond, se courbe en demi-cercle vers le sillon occipital, et détermine un lobe semblable à un gros tubercule arrondi. Le sillon occipital est profond, et l’anneau occipital bien développé. Il en est de même du bord et du sillon postérieur des joues. Celles-ci sont peu étendues, et lorsque le Irilobite est placé horizontalement, elles sont presque verticales. Le sommet de la grande suture n’a pas été observé. Chacune de ses branches faciales, partant du bord antérieur, un peu en dehors des sillons dorsaux, est concave vers l’axe, puis elle contourne l’oeil, et diverge rapidement pour aboutir au bord, vers le milieu de l’angle très-arrondi. L’oeil est trèspetit et situé près du sillon dorsal. Sa paroi visuelle parait réticulée.
L’hypostôme est terminé par une ligne droite, au bord antérieur. Le corps central, bombé, demi-elliptique, est entouré sur les côtés et vers l’arrière, par un bord large, déterminé par une rainure profonde. Ce limbe porte une petite échancrure sur le milieu du contour buccal.
1 0 segmens au thorax, nombre constaté sur divers exemplaires, non figurés, de notre collection et sur un individu enroulé, parfaitement conservé, que nous avons récemment vu à Dudley, dans la collection de M. Gray et dont nous possédons le moule. L’axe est fortement bombé, et occupe à peu-près autant de largeur qu’un des lobes latéraux. Les. plèves suivent le type à bourrelet.
Le pygidium, très-petit, occupe environ la sixième partie de la longueur du corps. Son axe, très-distinct, présente 3 articulalions, dont la dernière atteint le bord. A ces trois anneaux correspondent autant de plèvres, sur chaque lobe latéral. Elles sont séparées par de profonds sillons, et elles figurent des côtes, dont les extrémités forment des pointes très-arrondies, plus ou moins prononcées sur le contour.
Les ornemens connus du test se réduisent à une granulation très-fine.
GENRE SPHAEREXOCHVS. BEYRICH. 807
Dimensions. La plus grande espèce de ce genre ne paraît pas dépasser la longueur de 70 m. m.
Distribution verticale et horizontale.
Sphaerexochus mirus, la seule espèce que nous connaissons en Bohême, caractérise exclusivement notre étage calcaire inférieur E, c. à d. la base de notre division Silurienne supérieure, où il peut être considéré comme l’un des Trilobites les plus répandus. En effet il est associe, dans la plupart des gîtes fossilifères de cet étage, avec Cheir. insigms, Lich. scabra, Lich. patmata, Areth. Konincki, III. Bouchardi, Acid. Verneuili, Acid, mira Sfc.
En Angleterre l’espèce de Dudley, déjà mentionnée, occupe un horizon géologique correspondant, puisqu’elle se trouve dans les calcaires de Wenlock. D’après ce que nous connaissons de ce Trilobile , dont nous devons le moule à la bonté de M. Gray, nous serions dispose a le regarder comme identique avec Sphaer. mirus.
En Irlande, Sphaer. calvus M'Coy caractérise les calcaires de Chair-Kildare, compris dans les formations considérées comme équivalentes du groupe de Llandeilo, et renfermant les formes de la Faune seconde de Bohême. La glabelle de ce Trilobile que nous avons sous les yeux, ne se distingue pas de celle de Sph. mirus, mais le reste du corps que nous ne connaissons
pas, peut différer.
En Suède, il existe, à la base de la division supérieure, un Sphaerexochus, dont le Prof». Beyrich a figuré le pygidium, sans le nommer. (II. St. PL I fig. 9. J Ce fragment provient de
l’île de Gothland et il se distingue par la forme plus aigue et plus alongée de ses pointes. De
plus, nous connaissons la tête isolée, figurée par Hisinger sous le nom de Cal. clavifrons, et qui,
provenant des calcaires de Furudal, c. à d. de la division inférieure, représente peut-etre une
autre espèce.
Les blocs erratiques des environs de Berlin ont fourni au Profl Beyrich une autre glabelle, de forme différente, et qui provient probablement des contrées Scandinaves.
En Amérique, notre ami M. de Verneuil a signalé, dans le groupe de Clinton, vers la base la division supérieure, une espèce qu’il assimile à Sphaer. mirus. La glabelle de ce Trilobite, dont possédons un moule, nous semble parfaitement justifier l’opinion de cet emment paléontologue. Nous avons aussi dans notre collection, avec la glabelle mentionnée, le moule dune tete que nous ne saurions distinguer de celle de notre Lich. palmata, et un troisième moule qui reproduit, à s’y méprendre, les formes de la tête de notre Acid. Verneuili. Les trois fossi es ainsi représentés sont sans nom spécifique, et portent tous l’indication de la meme localité: Sprinqfield, Ohio. C’est une des deux localités indiquées par M. de Verneuil pour Sphaer. mirus. Si nous devons considérer les deux autres moules comme également authentiques, la coexistence de ces trois Trilobites, dans un même gîte, aux Etats-Unis, comme en Bohême, serait un fait d’une grande importance, et qui ne tardera pas, sans doute, a être convenablement constate.
En somme, la diffusion horizontale des Sphaerexochus paraît avoir été très-étendue , sur la surface du monde Silurien. Cependant, les apparences qui nous portent ^aujourd’hui a admettre l’existence d’une même espèce, dans des régions très-éloignées l’une de l’autre, étant seulement fondées sur la glabelle, pourraient bien s’évanouir, lorsque les formes de chaque contrée seront complètement connues. Ce genre, ayant traversé une partie notable des formations, dans chacune des deux divisions Siluriennes, établit entr’elles un lien, destiné à devenir tres-puissant, si 1 avenir constate l’identité aujourd’hui vraisemblable, entre les formes reconnues a des horizons tresdifférens. Si, par exemple, Sphaer. calvus, caractérisant le groupe de Llandeilo, ou la l'aune seconde, en Irlande, est identique avec l’espèce que nous trouvons à la base de la division supérieure, à Dudley et en Bohême, ce fait s’ajoutera à ceux que nous avons signales au sujet de divers Trilobites, des Graptolites &c., pour nous indiquer le sens de la diffusion des etres paléozoiques, et la durée relative de leur propagation. (Voir Graptolites de Bohême p. dJ.J
Le tableau suivant résume les faits connus.
Distribution des Sphaerexochus.
Division Silurienne
infér.
supérieure
1 Bohême ....
| Angleterre ....
Espèces connues en / Lr'a>n1<^e '
\ Suède .
1 Blocs erratiques .
[ Etats-Unis ....
Nous n’assimilons pas d’une manière absolue les étages des diverses régions.
Rapports et différences.
Les seuls types avec lesquels Sphaerexochus présente des affinités, sont ceux qui constituent la famille des Cheirurus. Ces rapports, déjà signalés pour le genre Cheirurus par le Profr. Beyrich, consistent principalement dans l’analogie du nombre des segmens du thorax et du pygidium et dans celle de la plèvre à bourrelet.
L Cheirurus, surtout si l’on considère Ch. globosus (PI. 35 — 40) offre une grande ressemblance avec Sphaerexochus , dans la forme de la glabelle et de sa lobation. Il reste cependant, même entre ces deux espèces, une grande différence, dans la suture faciale, la surface des joues, la forme de la plèvre, &c. Nous avons déjà touché ce sujet (p. 766) et nous prions le lecteur de consulter ce passage.
-■ Placoparia n’est liée avec Sphaerexochus , que par les rapports généraux de famille, cidessus indiqués, et qui sont plus que contrebalancés par le contraste que montre le premier de ces deux types, dans la forme et la lobation de sa glabelle, dans l’absence des yeux et de la suture faciale, dans sa plèvre, &c.
3. Staurocephalus se rapproche de Sphaerexochus par le boursouflement du lobe frontal de la glabelle, et par la forme de sa plèvre, dont le bourrelet paraît également enflé, et sans sillon secondaire. Ces affinités sont combattues par une grande différence dans tout le reste de la conformation de la tête du premier type et notamment, dans la réduction de sa glabelle à une sorte de col ou pédoncule étroit, derrière la partie frontale. Nous mentionnerons aussi, mais comme moyen accessoire de distinction, la pointe qui termine les plèvres de Staurocephalus , soit au thorax, soit au pygidium.
4 . Deiphon présente une glabelle sphéroidale, comme celle de Sphaerexochus, tandisque la forme insolite de 1 ensemble de sa tête et de son pygidium assurent suffisamment son indépendance générique, malgré l’ignorance où nous sommes encore, relativement aux élémens de son thorax.
Sphaer. mirus. Beyr.
1845. Sphaer. mirus. Beyr. Üb. einige Bohm. Tril. p. 21.
1846. Sphaer. id. Barr. Not. prél. p. 48.
1846 Sphaer. id. Beyr. Unt. üb. Tril. II. p. 5. Pt. I. fig. 8.
1847. Sphaer. id. Corel. Prodr. p. 138. PI. VII. fig. 72.
L ensemble du corps paraît former un ovale alongé. La tête occupe environ un quart et le pygidium un sixième de la longueur totale.
GENRE SPHAEREXOCHVS. BEYRICli.
Le contour de la tête, en projection horizontale, est rapproché d’un demi-cercle. 11 est formé au front par un bord étroit, caché sous la saillie de la glabelle. Autour des joues, ce bord, un peu relevé, est accompagné intérieurement dune large rainure, concave, qui s’unit au sillon occipital. Le bord et le sillon postérieurs de la joue ont une forme analogue, et ces élémens se raccordent par une courbe très-arrondie, à l’angle gênai. L’anneau occipital est saillant, mais moins large que le sillon qui le précède. La glabelle, enflée en forme de demisphéroide , porte sur l’arrière, de chaque côté, un lobe tuberculoïde , arrondi, déterminé par un sillon postérieur profond, qui, partant du sillon dorsal, aboutit au sillon occipital. De chaque côté en avant de ce lobe, on trouve deux sillons faiblement marqués, constans sur plusieurs exemplaires. Ils partent du sillon dorsal et ils s’élèvent normalement sur le quart de la surface de la glabelle. Nous les voyons en creux sur le test, tandisque leur trace sur le moule est une suture fine en relief. Ces sutures sont analogues à celles que nous présente la tête des Phacops, qui suivent le type de Pli. latifrons (PI. 20). L’espace qui reste sur la nuque, entre les deux lobes arrondis, est constamment plus grand que le diamètre de chacun d eux, mais varie un peu suivant les individus.
La suture faciale coupe le bord frontal, un peu en dehors du sillon dorsal. Les deux branches, un peu concaves l’une vers l’autre, se dirigent presque en ligne droite vers l’oeil qu’elles contournent. Vers l’arrière, elles sont aussi concaves vers l’intérieur , et divergent rapidement. pour aboutir au milieu de l’arc très-étendu, qui arrondit 1 angle gênai. Loeil, trèspetit, est situé au bord du sillon dorsal, vis-à-vis l’origine du sillon postérieur dont nous avons parlé. Sa paroi visuelle, annulaire, alongée, amincie vers les deux extrémités, parait réticulée. La surface des joues est presque verticale, la joue fixe est très-petite. La joue mobile forme un triangle sphérique, ordinairement détaché du reste de la tête. Lune et l’autre sont lisses.
L’hypostôme se compose d’un corps central très-bombé, comme un quart d’ellipsoïde, terminé vers le front par une ligne droite. Il est entouré, sur les côtés et en arrière, d un large bord concentrique, séparé par une rainure marquée. Ce bord est un peu échancré vers la bouche. Sur le côté frontal, il est très-étroit. Nous n’avons pas aperçu les ailes.
10 segmens au thorax. Nous ne connaissons encore qu’un individu complet, de nos loimations, et l’exemplaire déjà mentionné de Dudley.
Le segment thoracique, qu’on rencontre quelquefois isolé, est très-fortement arqué dans son ensemble, et se rapproche d’un demi-cercle. L'axe, très-bien déterminé par les sillons dorsaux, fait lui-même une forte saillie verticale, et il occupe moins du tiers de la largeur horizontale. Ses anneaux, séparés par de larges rainures, portent un genou articulaire trèsdéveloppé.
La plèvre, très-enflée, en forme de bourrelet, commence à se couder à peu de distance de l’axe. Sa surface ne nous permet de reconnaître aucune trace de sillon. Ses bandes ne sont pas distinctes. Sa partie externe s’amincit un peu et se termine en pointe tronquée et
arrondie. ,
La doublure du iest? sous les plèvres 5 s’étend jusqu à une petite distance de laxe5 de sorte que chacune d’elles forme un petit sac. Le pygidium a une figure polygonale, lobée sur le contour. Sa surface est fortement bombée en travers. L axe porte trois articulations, non compris le genou articulaire. Le dernier segment est à lui seul aussi long qxie les deux autres, et se prolonge jusqu’au bord, un peu échancré sous lui. Chaque lobe latéral montre trois plèvres, séparées par de larges sillons, qui se dilatent avant d atteindre le boid, de maniéré à produire autant d’échancrures sur le contour. Le bout des côtes forme saillie. Sur les deux premières paires, la surface porte la trace d’un léger sillon, dans les individus qui ont conservé leur test, mais cette trace disparait sur le moule. Cette circonstance est d autant plus remarquable, que nous ne voyons aucun sillon, sur le bourrelet de la plèvre thoracique. La doublure du test se prolonge à l’intérieur jusques vers le milieu de la surface.
Le test s’est conservé sur divers fragmens. Il a une épaisseur d’environ 1 mm., c. à d. plus considérable que dans la plupart des Trilobites. Sa surface est couverte, sur tout le corps, d’une granulation égale, serrée, qu’on ne voit bien qu’à l’aide de la loupe.
L’individu que nous avons fait figurer est dans l’état d’enroulement complet.
Dimensions. La longueur d’un exemplaire complet, étendu, non figuré, de notre collection est de 6 5 mm. et la largeur de 30 mm.
Gisenï. et local. Cette espèce est très-caractéristique pour la partie basse de notre étage calcaire inférieur E, hors de laquelle nous ne l avons jamais rencontrée excepté dans les colonies. Les localités où elle a été trouvée sont: la montagne DIauha Hora, Kolednik. les rochers de Kosel et les collines de Lislice près Béraun, les environs de St. Iwan, les collines entre Luzetz et Lodenitz, Wohrada et Wiskocilka près Prague. L’auteur du Prodrome a cité Chodaun et Khoda comme deux des localités qui fournissent Sph. mirus. Cette assertion est sans fondement. H. le Doct. Beyrich, a indiqué Komorau, (Komarow) d’après des renseignemens erronnés, qui lui ont été fournis.
Dans un mémoire sur le parallélisme des dépôts paléozoïques de l’Amérique du Ford et de l’Europe, M. de Yerneuil constate, que Sph. mirus a été trouvé à Springfield (Ohio) et à Madison (Indiana) dans le groupe de Clinton, appartenant au système Silurien supérieur de ces contrées. Cette position concorde avec celle que nous observons en Bohême. (Bull. soc. géol. de France. 2e. Sér. IV.) Nous croyons aussi, que l’espèce de Dudley est identique avec celle de Bohême, et il pourrait en être de même pour la forme Irlandaise, Sph. calvus M’Coy.
Rapp. et dijfér. Sphaer. (Calym.) clavifrons, de Furudal en Dalécarlie, si l’on en juge d’après la tête figurée par Hisinger (Lelh. Suec. Suppl. II. PI. 37) aurait la plus grande ressemblance avec notre espèce de Bohême. Nous ne la distinguons, ainsi que M. Beyrich, que par un intervalle un peu moindre sur la nuque, entre les deux lobes arrondis. Cette "différence, peut-être individuelle, suffirait difficilement pour fonder une espèce 5 mais le reste du corps n étant pas connu, dans le Trilobite Suédois, la question de l’identité reste indécise. Les sillons antérieurs et moyens de la glabelle, peu marqués, peuvent avoir échappé à l’observation de Hisinger. Le Prof. Beyrich a reconnu ces sillons sur une autre tête de Sphaerexochus, provenant des blocs erratiques des environs de Berlin, mais dont la glabelle lui paraît plus longue et plus haute que dans Sph. mirus. Elle diffère d’ailleurs par la forme des sillons postérieurs, qui n atteignent pas le sillon occipital, de sorte que les lobes de la nuque ne sont pas isolés sur tout le contour. D’après le. savant cité, celte espèce pourrait être celle que Dalman a décrite originairement, sous le nom de Cal. clavifrons (Üb. Bôhm. Trilob. p. 22).
Dans son second mémoire sur les Trilobites, le même savant a donné des figures exactes de la tète et du pygidium de Sph. mirus, sauf les sillons antérieurs et moyens de la glabelle, qui ont échappé à ses observations. Il a aussi figuré un pygidium d’une autre espèce congénère provenant de Golhland, et dont les côtes forment des saillies beaucoup plus considérables, analogues à celles des Cheirurus.
Genre Staurocephalus. Barrande.
Trochurus (caput~) Beyrich.
Staurocephalus Barrande. Beyrich. MacCoy.
Trochurus Corda.
Aperçu historique.
184o. Le Profr. Beyrich associe et décrit, sous Je nom de Trochurus speciosus , une tête et un pygidium isolés, hétérogènes, de Bohême. La tête., qu’il ne figure pas, mais qui est très-reconnaissable, d’après la description donnée, est celle de notre Stauroceph. Murchisoni. Le pygidium figuré appartient à notre Lich. palmata. ( Über bôhm. Tril. p.31.fig. 14.)
GENRE STAUROCEPHALUS. BARRANDE. 811
1846. Nous fondons le genre Staurocephalus t, d’après la tête de Staur. Murchisoni (Not. prélim. p. 52.)
1846. Le Prof. Beyrich rectifie l’erreur qu’il avait commise au sujet du genre Trochurus. Il ligure la tête de Staur. Murchisoni, sous cette dernière dénomination, en considérant le nom de Trochurus comme non avenu. (Unt. üb. Tril. II. p. 10. PL 1. fig. 10.)
1847. Corda n’ayant pas égard au sens du nom Trochurus (Beyrich ) évidemment relatif à la forme du pygidium pour lequel ce genre avait été constitué, (Lich. palmata. Barr. PI. 28.) substitue cette dénomination à celle de Staurocephalus. Il décrit et figure le corps et le pygidium de la seule espèce connue en Bohême. L’hypostôme isolé, qu’il lui attribue arbitrairement, appartient à Acid. Prevosti, et a été figuré d’une manière très-inexacte. ( Prodr . p. 137. PL VII. fig. 73.)
1850. MacCoy annonce la découverte, dans le calcaire de Rhiwlas, d’une tête isolée, qu’il identifie avec celle de Staur. Murchisoni. (Ann. and Mag. Nat. Hist. ser. 2. IV. p. 401.) Cette tête est décrite et figurée par ce savant en 1851. ( Brit . pal. foss. p. 153. PI. 1 F. fig. 15.)
Caractères génériques.
Ce genre n’étant jusqu’ici connu que par une seule espèce, nous nous bornons à indiquer ses principaux caractères.
La tête se distingue de celle de tout autre type connu, par trois parties enflées, inégales, disposées en croix. La première, au sommet, est le lobe frontal de la glabelle, qui a une forme hémisphérique. Derrière ce lobe, qui se projette beaucoup en avant du contour des joues, se trouve une sorte de col ou pédoncule cylindroide, prolongé jusqu’au sillon occipital, et portant de chaque côté trois sillons latéraux. Le sillon et l’anneau occipital sont très -distincts. Les sillons dorsaux limitant la glabelle sont larges et profonds. Les joues constituent, de chaque côté, une surface en dôme, très-élevée, surtout du côté extérieur. Elles sont entourées d’un limbe presque horizontal, assez large, qui, au devant du front, est caché par la saillie de la glabelle. La suture faciale coupe le bord antérieur au droit du sillon dorsal, et se dirige vers l’oeil en divergeant un peu par rapport à l’axe, et s’élevant sur le talus raide de la joue. Après avoir contourné l’oeil, elle court presque transversalement vers le bord latéral, qu’elle atteint au dessus de l’angle gênai, dont la pointe reste attachée à la joue fixe.
Le nombre des segmens thoraciques est de 10. La plèvre suit le type à bourrelet, et se termine par une pointe assez longue.
Le pygidium parait composé d’un petit nombre de segmens, qui est de 4 dans la seule espèce connue; trois portent une pointe développée.
Distribution verticale et horizontale.
En Bohême, Staur. Murchisoni appartient exclusivement à la hase de notre division supérieure, c. à d. à notre étage calcaire inférieur E. Ses fragmens sont assez généralement répandus sur toute la surface de cet étage, pour que nous comptions ce 1 rilobite au nombre de ceux qui caractérisent particulièrement cet horizon.
Nous avons déjà dit, que le Prof. MacCoy a signalé la même espèce dans les calcaires de Rhiwlas, au pays de Galles, c. à d. dans le groupe de Llandeilo, renfermant les représentons de la Faune seconde de Bohême. La détermination de ce savant est fondée sur un morceau, qui présente uniquement la pièce médiane de la tête, et que nous n’avons pas pu distinguer des fragmens analogues de Bohême. Cependant, il serait fort possible, que le reste du corps montrât quelque différence, lorsqu’il sera connu. Dans tous les cas, l’existence du genre Staurocephalus , dans la division Silurienne inférieure du pays de Galles, est un fait remarquable, et en harmonie avec divers autres faits constatés dans le cours de cet ouvrage, et notamment dans la tableau (p. 286). C’est une indication de la direction suivant laquelle a
eu lieu la diffusion des êtres paléozoiques. Ce fait acquerrait une valeur bien plus grande, si l’identité des formes de Rhiwlas et de Bohême venait à être mise hors de doute. Nous avons déjà touché ce sujet, à l’occasion de Cal. Baylei (p. 574) de Sphaerex. mirus (p. 807) Scc. (Voir Graploliles de Bohême p. 32).
Bapports et différences.
La forme de la plèvre de Staurocephalus et le chiffre de ses segmens, soit au thorax, soit au pygidium, le rapprochent des autres genres composant la famille des Cheirurus , dans laquelle nous l’avons placé. Il présente une analogie un peu plus particulière, par son pygidium, avec Ch. tumescens, et par sa plèvre sans sillon, avec Sphaer. mirus. Ces affinités ne peuvent contrebalancer les caractères tranchés que porte sa tête, comparée à celle des autres types voisins.
On peut aussi remarquer, que le pygidium de Staur. Murchisoni ressemble beaucoup à celui de Acidasp. pectinifera } (PI. 39) qui n’a cependant que 2 segmens sur l’axe et 2 paires de pointes développées, au lieu des 4 segmens et des 3 paires de pointes signalés dans le premier de ces deux Trilobites.
Staurocephalus Murchisoni Barr.
1845. Trochurus speciosus. Reyr. Üb. Rohm. Trilob. p. 31. (Caput excl. pygid.)
1846. Stauroc. Murchisoni. Barr. Not. prél. p. 52.
1846. Stauroc. id. Beyr. Unt. über Tril. IL p. 10. PL I. fig. 10.
1847. Trochurus speciosus. Cord. Prodr. p. 137.
Forme générale du corps ovalaire. La tête occupe environ deux cinquièmes, et le pygidium moins d’un cinquième de la longueur totale. La trilobation est marquée sur toute la longueur du corps.
La tête présente une surface sémi-circulaire, en dehors de laquelle se projette la glabelle. Le contour extérieur est formé par un bord épais, ou bourrelet, caché au droit du front, sous la saillie de la glabelle, déterminant une rainure marquée, le long de la joue et prolongé en arrière de chaque côté, par une pointe forte et divergente. L’arête inférieure de ce bord est ornée d’épines denliformes, dont nous comptons dix ou onze entre le lobe frontal et l’angle gênai. Cet ornement rappèle celui de Calym. pulchra et de Acid. Brighli. Le contour intérieur de la tête est légèrement concave vers l’arrière; l’anneau occipital est prononcé, précédé d’un sillon distinct et orné d’un grain saillant sur l’axe. Le bord postérieur des joues et le sillon qui le détermine à l’intérieur, sont bien marqués. La glabelle, très-longue, se compose de deux parties très-distinctes. La partie antérieure ou lobe frontal, occupant un tiers de la superficie de la tête, ressemble à un hémisphère, dont la moitié se projette en avant, hors du contour gênai. La partie postérieure, beaucoup plus basse, et de moitié moins large, est comme un col ou pédoncule alongé, compris entre les sillons dorsaux très-profonds et trèslarges. De chaque côté de ce pédoncule, nous distinguons deux sillons, un peu obliques, qui ne pénètrent pas jusqu’à l’axe, tandisque les sillons antérieurs, réunis, traversent la glabelle immédiatement derrière le lobe hémisphéroïde. La grande suture n’a pas pu être observée en avant de la glabelle. Chaque branche faciale apparaît sur le bord antérieur, au droit du sillon dorsal, et s’élève sur le talus raide de la joue, en restant presque parallèle à l’axe. Après avoir atteint et contourné l’oeil, elle diverge vers le bord latéral, dans une direction presque perpendiculaire à l’axe, et elle aboutit au contour, en arrière de la projection latérale du centre de l’oeil.
GENRE STAUROCEPHALUS. BARRANDE.
La joue fixe est assez grande, et présente deux parties en équerre, l’une le long du sillon dorsal, I autre parallèle aux plèvres. Celle-ci se termine par la pointe déjà signalée. La joue mobile est peu étendue et on la trouve ordinairement détachée, sous la forme d’un fragment de cône, bordé par le limbe horizontal, orné de ses épines verticales, déjà mentionnées. L’ensemble des joues constitue une protubérance en forme de dôme, dont la paroi externe est presque verticale et très-élevée. L’oeil est placé sur le haut de ce dôme, non pas au point culminant, mais un peu en arrière et en dehors, de sorte qu’il se trouve au bord du talus de la joue mobile. Sa forme est ovalaire, un peu étranglée à la base. Sa surface parait réticulée. Son lobe palpébral est à peu-près vertical.
L’hypostôme est inconnu. Celui que M. Corda a décrit comme caractérisant cette espèce, appartient à Acid. Prevosti, et se trouve inexactement figuré dans le Prodrome. (PL VIL fig. 73 a). Ce fragment, en ce moment sous nos yeux, est par hazard sur un même morceau de roche, avec un pygidium de Staurocephalus. C’est le seul motif qu’ait eu M. Corda, pour l’attribuer à ce genre.
10 segmens au thorax, très-distincts sur un individu à demi-enroulé de notre collection. Nous trouvons le même nombre sur l’exemplaire de la collection Ilawle, inexactement observé par M. Corda, qui n’a admis que 9 segmens. L’axe, fortement bombé, occupe un peu plus de la demi-largeur d’un lobe latéral; ses anneaux sont très-distincts et laissent entr’eux une rainure profonde, aussi large que leur surface. Les sillons dorsaux sont marqués. Les plèvres sont horizontales jusques vers le milieu de leur longueur, où elles se coudent à 45° et s’arquent fortement vers l’arrière, de sorte que leur pointe devient parallèle à l’axe. Elles sont conformées suivant le type à bourrelet. On aperçoit en avant une bande assez large, et en arrière, un bande filiforme, le long de la partie interne, horizontale. Cette partie interne porte un bourrelet d’apparence sémi-cylindroide. La partie externe est aussi épaisse et montre une sorte de biseau sur sa face antérieure, pour se prêter à l’enroulement. La doublure du test sous la plèvre parait s’étendre au moins jusqu’au coude.
Le pygidium est alongé, et ressemble à un peigne. L’axe montre quatre segmens, dont le dernier, plus long que les autres, présente une surface aplatie dans divers exemplaires. De chaque côté, on reconnaît trois plèvres, avec leurs pointes parallèles à l’axe, et ayant leurs extrémités sur une même ligne droite, transverse. Sur la première, près du thorax, on retrouve la bande antérieure, signalée dans les plèvres thoraciques.
Le test, parfois bien conservé, a une couleur brune, et une épaisseur assez forte, eu égard aux faibles dimensions de F individu. Sur toute la tête, à l’exception des sillons, il est orné d’une granulation sub-régulière , dont les aspérités ont une forme conique, aigue. Nous n’apercevons sur le thorax aucun ornement de ce genre, mais seidement quelques grains saillans sur le sommet de chacun des anneaux de l’axe. Quelques grains sont épars sur la surface du pygidium, mais on ne les voit bien qu’à l’aide d’une loupe.
La faculté d’enroulement n’est constatée, que par un individu à demi-enroulé.
Dimensions. La longueur totale, y compris le pygidium, peut être évaluée à 30 m. m. La largeur maximum, au droit de l’anneau occipital, est de 20 m. m.
Gisem' . et local. Cette espèce caractérise exclusivement notre étage calcaire inférieur E, et parconséquent la base de notre division Silurienne supérieure. Nous l’avons trouvée: sur la montagne Dlaulia Dora, près Kolednik, sur les collines dites Listice, et dans les rochers de Kozel près Béraun, à St. Iwan, entre Luzetz, et Lodenitz, à Lochkow et à Wiskocilka au Sud de Prague , <fcc. <fcc. Elle est rare dans toutes les localités , et en général mal conservée. Les exemplaires qui montrent le thorax, proviennent de Listice. Les fossiles qui accompagnent ordinairement Staurocephalus Murchisoni, sont tous ceux qui caractérisent la base de notre calcaire: Calym. diademata, Sphaerexochus mirus, Clieir. insignis, Acid, mira, Acid. Prevosti Leptaena sericea, Lichas scabra, Capulus priscus fyc., et divers Céphalopodes.
Nous avons récemment vu, au Musée Woodwardien, à Cambridge, une partie de la tête d’un Staurocephalus > de Rhiwlas, qui ne peut être distinguée de celle de l’espèce Bohême.
Rapp. et dijfér. La forme de ce Trilobite ne permet de le confondre avec aucune autre espèce à notre connaissance.
Genre Deiphon. Barrande.
Nous croyons devoir établir ce nouveau genre, pour y classer des Trilobites qui s’écartent notablement de tous les types connus. Malheureusement, nous ne connaissons jusqu’à ce jour que la tête et le pygidium de ces nouvelles formes, dont tous les fragmens paraissent se rapporter à une seule espèce. Avec des matériaux si restreints, il serait un peu aventureux de vouloir décrire les caractères génériques, que nous ne saurions bien démêler des caractères spécifiques. Nous laissons donc ce travail pour l’époque où nous serons mieux informé par la découverte, soit des parties du corps qui nous manquent, soit d’autres espèces. En attendant, nous décrirons les fragmens en question et nous ferons remarquer ensuite les traits principaux qui nous ont déterminé à les considérer comme appartenant à un nouveau type.