‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 428 sur 469 · Bront. pâli fer. Beyr · texte numérisé non relu

Bront. pâli fer. Beyr

1845. Bront. palifer. Beyr. Üb. Bohm. Tril. p. 38. fig. 11. (pygid.) fexcl. capite fin. 10.)

1846. Bront. id. Barr. Not. prél. p. 71.

1846. Bront. id. Beyr. Unt. üb. Trilob. 11. St. p. 13. PI. II. fig. 1.

1847. Bront. id. Cord. Prodr. p. 60.

Bront. gigas. Cord. ibid. p. 59.

Les fragmens de cette espèce nous permettent de distinguer la forme longue de la forme large, principalement dans les proportions du pygidium. La tête occupe un peu plus du quart et le pygidium T52 de la longueur totale. La surface céphalique, médiocrement bombée, figure un segment^ circulaire, un peu moindre qu’un demi-cercle. Son contour extérieur est formé par un rebord étroit, mince, relevé, qui détermine à l’intérieur une faible rainure devant la glabelle. Ce limbe s élargit, beaucoup et devient une surface un peu concave, le long de la joue mobile. Le contour intérieur de la tête est presque rectiligne. Avant d’atteindre le contour extérieur; il est échancré par une courbe un peu concave vers l’arrière, formant avec le contour externe un angle gênai aigu, sans prolongement. Le sillon et le bord postérieur de la joue, marqués faiblement près du sillon dorsal, s’effacent à une petite distance en dehors de l’oeil.

La glabelle, doucement bombée en travers, offre un profil longitudinal presque horizontal. Elle est comprise entre deux sillons dorsaux larges- et profonds dans toute leur longueur, et surtout au droit des yeux, où ils éprouvent une dilatation ovalaire, comme dans Br. planus. (Ph 42.) La largeur maximum de la glabelle, au milieu du lobe frontal, est à celle de sa base, près du sillon occipital, comme 5:2. Le lobe frontal, analogue à une ellipse transverse, occupe le tiers de la longueur de la tête. Ses extrémités latérales font chacune une forte saillie, qui se projette en dehors du reste de la glabelle, aussi loin que le bord externe de l’oeil. Les sillons latéraux sont plus distincts que dans la plupart des autres espèces , et à peu-près transverses. Ils prennent naissance dans le sillon dorsal, près duquel ils sont beaucoup plus dilatés. Les sillons antérieurs pénètrent, de chaque côté, jusques vers le tiers des la largeur correspondante, et se raccordent par une faible dépression, avec l’extrémité interne des sillons moyens. 11 en résulte un lobe antérieur arrondi, ovalaire, un peu enflé. Le sillon postérieur se bifurque, à peu de distance du sillon dorsal. Sa branche antérieure large et aplatie, se fond avec le sillon moyen, laissant entr’eux un petit lobe arrondi, peu saillant; tandisque sa branche principale traverse, la glabelle, en causant une dépression assez large mais peu profonde. En avant de cette dépression, sur laxe, s’élève une protubérance arrondie, formant le point culminant de la tête. Cette protubérance caractéristique paraît encore plus prononcée au jeune âge que sur

les individus adultes. Il en est de même des sillons latéraux, que nous trouvons plus distincts et relativement plus profonds , sur les plus petits exemplaires. Sur certains individus , la protubérance médiane se réduit au point de devenir presque insensible. Le sillon occipital est large et profond, mais il se rétrécit à ses extrémités, qui offrent une légère enflure. L’anneau occipital est gonflé, saillant, s’élève au niveau de la glabelle, et se projette un peu vers l’arrière. Il est surmonté d’un tubercule assez fort, sur l’axe. La suture faciale, à partir du contour frontal, suit d’abord concentriquement le sillon dorsal, à une petite distance vers l’extérieur; puis elle s’écarte graduellement pour gagner l’oeil. Lorsqu’elle a contourné le lobe palpébral , elle court presque perpendiculairement à l’axe. Après avoir dépassé de quelques millimètres la saillie latérale de la paroi visuelle, elle se coude brusquement, pour aboutir sur le bord postérieur de la tête. Sur tout son cours, cette suture est portée par un filet saillant, sur le haut duquel elle est tracée. Ses branches, après avoir franchi le contour frontal, se dirigent en convergeant, vers la suture hypostômale. (PL 46 fig. 9.) A une petite distance au dessous du bord frontal, elles sont réunies par la suture rostrale, tracée sur la même figure. Les yeux sont développés, saillans, et placés à peu de distance du contour postérieur de la tête, plus près du sillon dorsal que du bord gênai. Leur surface, finement réticulée, couverte d’une cornée générale, nous permet de compter jusqu’à 4000 lentilles, dont chacune produit un petit bombement, très-sensible sur les bons exemplaires. Le lobe palpébral, sémi-circulaire, ne couvre que la moitié de la saillie horizontale de la surface visuelle. Il est incliné d’environ 26° vers le sillon dorsal. Le long de son contour antérieur et postérieur, le bord de ce lobe s’enfle en forme de bourrelet, qui se prolonge au dehors, sous la forme d’une forte pointe rectiligne, relevée à 45°. Ces pointes, parallèles entr’elles, ont une direction transverse par rapport à l’axe du corps. — A la base du lobe palpébral, en contact avec le sillon dorsal, il existe une impression ovalaire, un peu creuse, et toujours sensible par sa paroi lisse, contrastant avec la surface striée qui s’étend vers l’oeil.

La joue fixe, alongée, consiste dans la surface étroite qui reste entre la suture faciale et le sillon dorsal, vers lequel elle est inclinée. La joue mobile, très-bombée, autour de l’oeil, forme une surface concave le long du contour extérieur.

L’hypostôme présente les caractères génériques décrits ci-dessus. Son bord buccal se termine par une pointe médiane, obtuse.

Le thorax ne nous est connu que par l’individu figuré (PI. 8.) L’axe, assez fortement bombé, offre, dans toute son étendue, une largeur uniforme et égale à celle d’un lobe latéral. Il est limité par des sillons dorsaux très-distincts. Ses anneaux éprouvent, à partir de leurs extrémités, un rétrécissement graduel jusqu’au milieu, de sorte qu’il reste entr’eux une forte rainure, et qu’on aperçoit une partie du genou articulaire. Ils sont surmontés d’un grain sur l’axe. Le premier anneau après la tête, a une forme un peu différente et se distingue surtout par la direction

oblique du sillon dorsal, qui le divise de la plèvre correspondante. Les plèvres montrent leurs

parties interne et externe nettement séparées par un étranglement. La partie interne, à peu-près aussi longue que l’autre, est horizontale, enflée, bordée de chaque côté par une petite bande

rudimentaire, qui s’élargit et se relève au droit de l’étranglement. La bande antérieure, dans

chaque plèvre, se prolonge un peu moins que la bande postérieure. La surface du bourrelet, qui paraît sans sillon sur le test, en montre une trace légère sur le moule, surtout dans les fragmens les plus développés. La partie externe de la plèvre s’aplatit, s’amincit, en prenant une légère inclinaison, et se courbant en arrière, en forme de coutelas. Il est à remarquer, que dans cette espèce, les plèvres augmentent sensiblement en longueur, à partir de la tête jusqu’au pygidium. Le rapport entre les parties interne et externe restant le même, la ligne tracée par le bout relevé des petites bandes est sensiblement oblique par rapport à l’axe. C’est la seule espèce qui nous montre d’une manière marquée cette particularité, analogue à celle que nous voyons dans les Illaenus.

La doublure du test paraît s’étendre jusques vers l’origine de la partie externe de la plèvre.

GENRE BRONTEUS. GOLDFUSS.

Le pygidium figure une demi -ellipse et nous montre dans ses proportions la forme longue et la forme large. Le rapport entre la longueur et la largeur est d’environ 5 : 6 dans la première, et de 5:4 dans la seconde. La surface, doucement bombée au milieu, s’aplatit ensuite, puis se relève un peu vers le bord, de manière à former une concavité marquée, concentrique au contour. La ligne d’articulation est droite sur les | de son étendue, et s’arrondit à son extrémité, par un arc de cercle de peu d’amplitude, de sorte que la largeur maximum se trouve à peu de distance du thorax. Le rudiment de l’axe forme une forte saillie triangulaire, au dessus de la surface. Il occupe environ le tiers de la largeur maximum. Il est trilobé par deux sillons parallèles à l’axe, déterminant un lobe médian un peu saillant, beaucoup plus étroit que la côte médiane à son origine, et surmonté d’un grain vers l’arrière. La côte médiane a une largeur presque double des côtes voisines. Elle est bifurquée à partir du milieu de sa longueur. Les sept côtes latérales sont à peu-près semblables entr’elles, et de moitié plus larges que les sillons qui les séparent. Leur surface est plane. Le fond des sillons est un peu concave; leur trace disparaît à peu de distance du bord.

La doublure du test se prolonge à l’intérieur jusqu’à une petite distance de l’axe. Dr. pa~ lifer présente, dans cette partie de son enveloppe, une conformation toute spéciale, et qui a échappé à l’observation de nos savans devanciers. La surface de la doublure reproduit, d’une manière parfaitement symétrique, les côtes et sillons de la surface supérieure. Dans les autres espèces au contraire, les sillons de l’une des surfaces se traduisent par des côtes sur la surface opposée. Nous avons fait dessiner (PI. 45. fig. 14) une section transversale qui montre la particularité en question, et qu’on peut comparer à une section analogue faite à travers le pygidium de Br. angusticeps, sur la même planche, (fig. 28.)

Le test de Br. palifer est d’une extrême ténuité. Son épaisseur, sur le pygidium, ne dépasse pas l de millimètre, dans les plus grands individus. Nous le trouvons un peu plus épais sur la tête, et il acquiert sur les plèvres son maximum d’épaisseur, environ un demi -millimètre. Sa surface, excepté dans les sillons, est ornée sur tout le corps, de stries irrégulières. Leur direction générale est concentrique au bord, sur le lobe frontal et sur les joues. C’est la partie du corps où elles présentent le relief le plus fort. Sur les lobes antérieurs, sur la protubérance médiane de la glabelle, et sur l’anneau occipital, elles décrivent des courbes concentriques, autour du point le plus saillant. Leur nombre et leur saillie varie beaucoup suivant les individus. Sur le thorax, elles sont un peu obliques, mais leur obliquité sur l’axe est opposée à celle des plèvres. Sur le pygidium, elles sont légèrement obliques à la direction des côtes. Leur finesse les rend difficiles à voir à l’oeil nu. Elles sont beaucoup plus serrées que sur les autres parties du corps. Elles se reproduisent sous la même forme, sur la surface externe de la doublure, dont nous voyons l’empreinte. (PI. 45. fig. 11.)

L’enroulement n’a pas été constaté.

Dimensions. D’après divers fragmens, nous évaluons la longueur totale des plus grands individus de cette espèce, à plus de 22 centimètres. Cette taille se rapproche de celle de notre As. nobilis. Nous possédons des fragmens du jeune âge, dont la taille est seulement T'j du maximum que nous venons d’indiquer.

Gisem‘. et Local. Bront. palifer n’a été trouvé jusqu’ici que dans deux localités, savoir, la montagne Kotis auprès de Konieprus, et les environs de Mnienian. Dans le premier gîte, on rencontre des couches entières, remplies de ses débris, mais les fragmens bien conservés sont assez rares. Les mêmes bancs calcaires contiennent Harpes venulosus , Proetus Bohémiens, Spir. Nerei, Pent. Sieberi, fyc. Spc., et quelques fragmens très-rares de Br. campanifer. Aux environs de Mnienian, on ne trouve que quelques fragmens rares et douteux de l’espèce que nous décrivons. Dans l’une et l’autre localité, elle appartient exclusivement à notre étage calcaire moyen F. Il est vraiment étonnant, qu’une espèce qui atteignait de si fortes dimensions, et à laquelle on serait tenté de supposer un grand pouvoir de locomotion, ait existé exclusivement dans un espace, qui n’a pas plus de 4000 mètres de longueur.

D’après des documens erronés, le savant auteur qui a le premier publié cette espèce, mise au jour par nos recherches, a indiqué la localité de Litten, comme un gîte où elle se trouve. Ce village, situé sur les formations de notre étage des quartzites D, est à plus d’une heure de distance de la montagne Kotis, où est la vraie localité de Br. palifer.

Rapp. et différ. Bront. palifer se distingue de toute espèce jusqu’ici décrite, par la conformation toute particulière de la doublure du pygidium. C’est un caractère aisé à reconnaître, sur presque tous les fragmens de cette partie du corps, ordinairement plus ou moins endommagée.

Si on ne considère que la tête, Br. palifer se rapproche plus ou moins de plusieurs de nos espèces Bohèmes, que nous différencions comme il suit:

1. Bront. angusticeps (PL 47) se distingue au premier coup d’oeil: par l’étranglement considérable qu’éprouve la glabelle au droit des sillons moyen et postérieur réunis; par la saillie

prononcée de la partie qui reste en arrière de cet étranglement; par la longue pointe qui s’élève sur l’anneau, occipital.

2. Br. Zippei ne porte sur la glabelle que des traces très -faibles de lobation; ses yeux sont en proportion beaucoup plus gros que ceux de Br. palifer ; leur lobe palpébral est horizontal, et n’est orné d’aucune pointe saillante; son pygidium est d’ailleurs très-fortement bombé.

3. Br. umbellifer a la glabelle beaucoup moins évasée au front; ses joues sont couvertes

de rugosités; . sa surface est ornée d’une fine granulation; il ne porte pas de protubérance entre

les lobes moyens, &c. &c.

4. Br. caelebs se distingue, par la courbure très -prononcée de la glabelle dans le sens

longitudinal et surtout du lobe frontal; par la direction des sillons dorsaux, qui, au lieu de s’écar¬

ter l’un de l’autre, au droit du lobe frontal, se rapprochent graduellement.

5. Br. Haidingeri porte des cavités isolées à la place des sillons latéraux. Sa surface

est d’ailleurs granulée.

6. Br. Partschi ne présente qu’une trace presque insensible de lobation sur la glabelle; il n’a pas de protubérance sur l’axe; son lobe palpébral est horizontal, et n’est pas orné de pointes.

Nous ferons remarquer, que la tête attribuée par le ProfL Beyrich à Br. palifer est celle de notre Br. angusticeps. var. inermis , qui ne porte pas de tubercule spiniforme entre les lobes de la glabelle, et qui a d’ailleurs une forme plus alongée que celle de Br. palifer.

Parmi les Bronteus des régions étrangères, qui offrent des stries ornementales, Br. signatus Phill. (non Goldfuss.) se rapproche par sa forme de Br. palifer. On distingue aisément l’espèce Anglaise, par les sillons transversaux qu’elle porte sur l’axe. En second lieu, sa côte médiane n’est pas bifurquée, &c. &c.

Br. insignitus Beyr. = [Br. signatus Rom.) a la côte médiane aussi étroite que les autres, et des sillons aussi larges que les côtes. On voit d’ailleurs par la fig. 2. (Rom. Harz. PI. XI.) que la doublure du test sous le pygidium ne s’avance pas au delà du milieu de la longueur, tandisque dans Br. palifer elle s’étend jusques près de l’axe.

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