Batt. tardus. Barr
D’après nos observations ultérieures, ces formes se réduisent à 6 espèces. ( Not . prèlim. p. 14 et 35.)
1847. Corda établit parmi les Agnostus déjà publiés de la Bohême, les sept genres qui suivent, avec l’ indication du nombre des espèces attribuées à chacun d’eux dans le Prodrome.
Phalacromides. Espèces. ! Battoides. Espèces.
Phalacroina . . , . . 12 Arthrorhachis . 1
Mesospheniscus .... 1 ! Peronopsis . 1
Diplorrliina . 11 I Pleuroctenium .... 2
Condylopyge . 1
Les 4 premiers genres, constituant la famille des Phalacromides, sont rangés dans la division des Telejurides, tandisque les 3 derniers, formant avec Battus la famille des Battoides, sont placés dans la division des Odonturides. Outre ces huit types, M. Corda fonde encore parmi les Phalacromides le genre Lejopyge, pour Batt. laevigatus, Itis. et le type Selenoptichus, qui est représenté par un pygidium de Aeglina rediviva. Barr. Nous discuterons, ci-après, la valeur des 7 genres et des 29 dénominations spécifiques, relatifs aux Agnostus de Bohême. (Prodrom. p. 42 et 114.)
1847. J. Bail décrit et figure, sous le nom de Agn. lobatus, deux formes diverses. L’une (PI. 67. Fig. 5. c. — 5. d.) étant insymétrique, nous paraît être une Beyrichia, tandisque 1’ autre (Fig. 5. e — 5. f.) est symétrique et peut être un Agnostus. (Pal. of N. York I. p. 258. PI. 67.) Ces fossiles appartiennent à la division Silurienne inférieure. — Nous ferons remarquer en passant, que le Crustacé signalé par notre ami M. de Yerneuil , dans la même région, à la
base de la division supérieure, dans le groupe de Clinton, sous le nom de Agn. laïus, appartient aussi au genre Beyricliia. Nous en avons sous les yeux des exemplaires. (Parallél. des dép. paléoz. — Bull. soc. géol. 1847.')
1848. Phillips et Salter reproduisent, sous le nom de Agn. trinodus, 1’ espèce d’ Irlande nommée Trinodus agnostiformis par M’Coy. Ils y ajoutent une variété P- Agn. convexus, dont ils donnent la description et la figure. ( Mem . geol. Surv. II. p. 1. p. 351. PI. VIII. Fig 12. 13.)
1850. MacCoy, dans sa classification des Trilobites Britanniques , établit la famille des
Agnoslinœ destinée à comprendre les deux familles des Phalacromides et des Battoides fondées par M. Corda. (1847.) Il incline à considérer ces animaux comme des parasites, vivant sur
les plus grandes espèces des Trilobites. Il admet les genres Agnostus et Trinodus M’Coy
Arthrorhachis Cord .-Diplorrhina Cord. est énuméré comme sous genre des Agnostus , sans aucune définition particulière de ces types. (Ann. and. Mag. Nat. Ilist. Ser. 2. IV. p. 402.)
1851. MacCoy reproduit la description de Trinod. agnostiformis. Il y ajoute celle de
Trinod. tardas? dont la tête figurée offre des proportions notablement différentes de celles de 1’ espèce Bohême à laquelle nous avons donné ce nom. La forme dont il décrit et figure un fragment, sous le nom de Diplorrhina triplicata, nous parait aussi devoir rentrer dans le genre Agnostus. (Synops. Brit. pal. foss. p. 142. PI. 1. E. Fig. 9. 10. 11.)
1851. Angelin décrit et figure, sous les noms suivans, 12 espèces de Suède, toutes re¬
présentées par des individus complets:
Agn. glandiformis.
Agn. bituberculatus.
Agn. laevigatus.
Agn. brevifrons.
Agn. glabratus.
Agn. lentiformis.
Agn. pisiformis.
Agn. exsculptus.
Agn. planicauda, Agn. reticulatus.
Agn. punctuosus.
Agn. aculeatus.
(Palaeont. Suec. p. 5. PI. VI.)
Observation. Divers auteurs ont décrit, sous le nom de Battus ou Agnostus, des fossiles qui n’appartiennent pas à ce genre. Ainsi, Batt. tuberculatus Klôden. (Ver si. d. Mark. Br and. Pt. 1.) est une Beyrichia. Bail, gigas. Klod. (ibid. PI. II.) n’ a rien de commun avec le type qui nous occupe. Il en est de même de Agn. pisiformis indiqué par le C<® Münster parmi les Trilobites du calcaire d’ Elbersreuth. (Beitr. III. p. 121.) Le fragment auquel ce nom a été erronément appliqué, a été récemment sous nos yeux, à Munich, et nous a paru être la pièce médiane de la tête d’ un Proelus.
Agn. latus, Conrad, est une Beyrichia des Etats-Unis d’ Amérique.
Caractères génériques.
Les Agnostus s’ éloignent notablement de la conformation des autres Trilobites, à cause de 1’ apparence à peu-près semblable que la tête et le pygidium présentent dans ce genre. Si 1’ on fait abstraction de ce caractère tout particulier , on retrouve dans les trois parties du corps des Agnostus les mêmes élémens, plus ou moins développés, que nous observons dans tous les autres représentons de la tribu Trilobitique.
Le corps, dans son ensemble, figure une ellipse plus ou moins alongée dans laquelle le rapport entre les axes principaux varie entre les limites: 2:1 et 3:1. Le contour elliptique est toujours un peu aminci dans sa partie médiane, de sorte que la plus grande largeur se trouve rapprochée de chacune des deux extrémités. La surface du corps est assez bombée en travers, landisque sur le profil longitudinal, la tête, le thorax et le pygidium offrent à peu-près le même relief.
La conformation ordinaire des Trilobites est telle, que leur direction normale est toujours évidente, parceque la tête et le pygidium se distinguent 1’ un de 1’ autre, sans hésitation, soit assemblés avec le thorax, soit loisés. Dans les Agnostus au contraire, il peut souvent nâitre une incertitude passagère, pour la détermination des deux parties extrêmes du corps. Si on considère
GENRE AGNOSTUS BRONGNIART.
un individu complet, on peut aisément se laiser tromper sur sa direction normale, par cette circonstance, que les segmens thoraciques sont habituellement concaves vers l’avant, c. à. d. se courbent dans la direction opposée à celle qu’ on observe dans presque tous les autres Trilobites. On échappe à cette cause d’erreur, toutes les fois que 1’ espèce est ornée de pointes, soit à la tête, soit au pygidium, comme Ag. granulalus, car la direction de ces ornemens indique celle du corps. A défaut de ces signes , et surtout lorsqu’ on n’ a sous les yeux que des fragmens isolés, on reconnaît le pygidium, parcequ’ il porte sur son bord antérieur le genou articulaire, qui manque au bord postérieur de la tête. Il faut quelque attention pour ne pas confondre le genou dont nous parlons, avec le bord relevé qu’ on trouve aussi au devant du pygidium, ou avec l’anneau occipital placé derrière la tête.
Suivant le sens de 1’ axe, le corps des Agnostus est divisé en trois parties, entre lesquelles il existe un rapport assez constant. Le thorax occupe au minimum i et au maximum i de la longueur totale, dont le reste est partagé à peu-près également entre la tête et le pygidium. Dans le sens transversal, la trilobation, toujours distincte au thorax, n’ est pas constamment apparente sur les deux autres parties du corps. — La tête paraît sans subdivisions, dans Agn. nudus et Agn. billulatus, tandisqu’ elle est nettement trilobée dans Agn. rex, Agn. granulalus, etc. Les mêmes espèces nous fournissent des exemples d’ un pygidium sans lobation visible ou avec lobation marquée, en général, comme la tête correspondante. Ces apparences diverses rappèlent celles qu’ on observe dans divers autres genres, tels que les Illaenus, Homalonolus, etc.
La tête, lorsqu’elle est trilobée, présente les élémens composant ordinairement cette partie du corps dans les autres Trilobites, à 1’ exception de la grande suture et des yeux, qui n’ existent dans aucun Agnostus. — 1. Le lobe médian ou glabelle déterminée par les sillons dorsaux, n’ atteint jamais le contour antérieur. Elle est toujours dominante par son relief. Sa forme, souvent sémi-ovalaire, tronquée au thorax, varie suivant les espèces. Tantôt elle olfre un seul lobe, comme dans Agn. tardas, tantôt plusieurs , comme dans Agn. rex, Agn. granulatus , Agn. integer etc. Dans la plupart de ces espèces, le sillon et l’anneau occipital, plus ou moins développés, se reconnaissent derrière la glabelle. — 2. Les lobes latéraux de la tête forment ordinairement une bande concentrique au contour, et que nous nommerons zone génale, comme répresentant les joues des autres Trilobites. La forme de cette zone se modifie d’ après celle du lobe médian. On retrouve aux extrémités de la zone génale la trace du sillon et du bord postérieur de la joue. — 3. Le limbe entourant la tête est toujours plus large au front, et étroit vers le thorax. On distingue sur sa surface une rainure interne et un petit bourrelet externe, formant le contour. Quelquefois ce limbe donne naissance à une pointe génale, de chaque côté, comme dans Agn. granulalus.
2 segmens au thorax dans toutes les espèces connues. L’ axe est ordinairement très-développé en largeur, tandisque les plèvres sont très-réduites. Lorsque la tête et le pygidium sont distinctement trilobés, nous observons aussi une sorte de trilobation sur l’axe thoracique, comme dans Agn. rex , Agn. granulalus. Cette subdivision n’ est apparente ni dans Agn. nudus, ni dans Agn. bibullatus, dont la tête est dépourvue de sillons dorsaux. — La plèvre porte un sillon qui la subdivise dans sa longueur et qui détermine deux bandes plus ou moins enflées, analogues à celles que nous avons signalées dans les autres genres.
Le pygidium, sous le rapport de la trilobation, présente souvent une conformation analogue à celle de la tête, dans chaque espèce. Nous voyons cependant des exceptions à cette règle comme dans Agn. bibullatus, dont le pygidium porte des sillons dorsaux distincts, tandisque la tête n’en montre aucune trace. Dans le cas de la trilobation apparente, nous retrouvons au pygidium des Agnostus les élémens habituels. — 1. L’ axe ou lobe médian, plus ou moins développé en longueur et en largeur, domine par son relief. Sa surface montre, dans quelques espèces, telles que Agn. granulatus, et Agn. rex, trois segmens reproduisant d’ une manière visible, la conformation des anneaux de l’axe thoracique. — 2. Les lobes latéraux forment une zone concentrique au contour , et sont tantôt unis, tantôt séparés I’ un de 1’ autre, derrière 1’ axe. — 3. Le limbe, entourant le pygidium, est quelquefois orné de pointes, et il est conformé comme
celui de la tête. — On observe un petit bord relevé, au contact du thorax, dans le pygidium de diverses espèces. Ce bord ne doit pas être confondu avec le genou articulaire, au droit de 1’ axe.
Le test des Agnostus est lisse ou bien granulé, dans les espèces connues.
La faculté d’ enroulement est constatée pour plusieurs formes spécifiques.
Dimensions. La longueur des plus grands Agnostus ne paraît pas dépasser 16 à 18 mm.
Métamorphoses.
Le genre Agnostus , représenté en Bohême par 6 espèces, nous a permis de constater les métamorphoses pour 5 d’ entr’ elles , savoir:
Agn. integer.
Agn. nudus.
Agn. Mbullatus.
Agn. rex.
Agn. granulatus.
Si la 6e espèce, Agn. tardas, semble faire exception par rapport à ses congénères, nous croyons pouvoir attribuer ce fait à la très-grande rareté des exemplaires de ce Trilobite, appartenant à la Faune seconde, tandisque les 5 ci-dessus nommés font partie de la Faune primordiale. Les limites entre lesquelles nous connaissons les métamorphoses des Agnostus sont aussi étendues qu’ on pouvait espérer de pouvoir les observer , pour des êtres de si faibles dimensions, puisqu’ elles comprennent des formes réduites à la tête et au pygidium, sans aucune trace de segmens thoraciques, soit libres, soit soudés. Nous avons reconnu dans diverses espèces 5 degrés successifs de développement, à partir de 1’ état embryonnaire jusqu’ à 1’ âge adulte. Pour éviter les répétitions, nous prions le lecteur de lire dans le chapitre des métamorphoses (p. 2 65) les généralités relatives à ce sujet. Nous donnerons d’ailleurs, en décrivant chaque espèce, tous les détails concernant son évolution métamorphique.
Rapports et différences.
Le genre Agnostus possède une conformation si particulière, qu’ il ne saurait être confondu avec aucun autre type Trilobitique. Il est le seul, en effet, dont la tête présente une grande analogie de forme avec le pygidium et dont le thorax soit réduit à 2 segmens. Parmi tous les autres genres que nous admettons , Aeglina est celui qui s’ éloigne le moins de Agnostus, par le nombre de ses segmens thoraciques, variant de 5 à 6 selon les espèces (PI. 34.). Le faible rapprochement indiqué par ces chiffres s’ évanouit, lorsqu’ on considère le contraste de forme qui existe entre les parties extrêmes du corps dans Aeglina, dont toutes les espèces sont pourvues de très-grands yeux, et dont le pygidium rappèle celui des Bronteus, par son axe tronqué et sa segmentation radiale.
La synonymie que nous avons donnée (p. 891) montre que deux savans, M. M. MacCoy et Corda ont démembré le genre Agnostus, pour établir de nouvelles coupes génériques. Les caractères principaux sur lesquels ces nouveaux types ont été fondés consistent dans les divisions plus ou moins nombreuses, qu’ on observe sur la tête et sur le pygidium et surtout sur le lobe médian de ces deux parties du corps. Si nous consultons les analogies , le lobe médian dans la tête des Agnostus représente la glabelle des autres Trilobites, et par conséquent, on pourrait considérer les divisions de ce lobe, comme correspondant aux sillons latéraux de la glabelle. Or, nous avons vu (p. 110) que le nombre des sillons latéraux de la glabelle varie dans un même genre, suivant les espèces, et que parmi celles-ci quelques unes portent des impressions auxiliaires qui manquent totalement à leurs congénères. Nous ne saurions donc considérer comme caractères génériques les subdivisions de la glabelle des Agnostus. Nous ferons remarquer de plus, que dans certaines espèces, telles que Agn. integer. et Agn. rex, la glabelle ne montre qu’un seul lobe au premier âge, tandisque plus tard elle en présente plusieurs, qui se développent successivement jusqu’ à 1’ âge adulte. Celle circonstance rendrait impraticables les distinctions génériques fondées sur la lobation du lobe médian de la tête. Ce que nous
GENRE AGNOSTUS BRONGNIART.
disons de cette partie du corps s’ applique littéralement au pygidium. Dans les deux espèces que nous venons de nommer, le lobe médian du bouclier caudal ne porte aucune trace de divisions au premier âge, tandisqu’ il est composé, dans l’âge adulte, de plusieurs lobes apparaissant durant la série des métamorphoses. On sait d’ ailleurs, que dans presque tous les genres de Trilobites, le nombre des segmens apparens sur 1’ axe du pygidium varie notablement suivant chaque espèce (p. 19 8). On ne doit donc attacher aucune importance générique à une variation analogue dans les divisions du lohe médian, au pygidium des Agnoslus.
D’après ces considérations, et la conscience des connaissances très-bornées que nous possédons sur 1’ organisation de ces Trilobites, de taille si exigue, nous croyons devoir les maintenir tous dans le genre Agnostus. M. Angelin qui vient de publier 12 espèces de Suède, sous ce même nom générique, paraît s’être laissé guider par de semblables convictions.
Les genres établis anx dépens des Agnoslus par M. Corda, sont distribués par ce savant en deux familles: Phalacromides et Battoides. Il caractérise la première par le contour du pygidium uni tandisqu’ il est orné de pointes dans la seconde. Cette distinction, appliquée à la Tribu entière des Trilobites, a déjà été appréciée par nous au sujet de la classification admise dans
le Prodrome de M. Corda (p. 326.) et nous prions le lecteur de jeter un coup d’oeil sur cette
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Tous les vrais Agnostus de Bohême, sous quelque nom qu’ ils aient été décrits par M. Corda, se retrouvent dans la synonymie des 6 espèces que nous maintenons. Mais parmi ces trilobites ont été rangées quelques formes qui n’ appartiennent pas au type Agnoslus, et d’ autres qui sont étrangères à la tribu qui nous occupe. Comme ces formes ne peuvent pas être énumérées dans les synonymies, nous allons les signaler en particulier, d’après les exemplaires originaux de la collection Hawle, qui sont sous nos yeux:
1. Phalacroma priscum. (Prodr. p. AS.) est représenté par 4 exemplaires de Orbicula
obsoleta Barr. provenant des quartzites de la bande des monts Drabow.
2. Phalacr. applanatum. (Prodr. p. 45.) est représenté par un seul exemplaire d’ un
fossile de nature encore un peu incertaine et que nous avons nommé provisoirement, d’ après des analogies: Cyclus Boliemicus. Schistes noirs feuilletés des coteaux dits Winice, près Béraun.
3. Phalacr. lœvigatum. (Prodr. p. 45.) est un exemplaire très-mutilé, mais cependant trèsreconnaissable de Aeglina, dont 1’ espèce ne saurait être sûrement déterminée. Même localité.
4. Selenoplychus rotundatus. (Prodr. p. 46. PL 3. fig. 21.) est représenté par un individu
très-mal conservé de Aeglina, peut-être de 1’ espèce puchycephala. Il y a en outre une glabelle et un pygidium isolés, en mauvais état, et paraissant appartenir à la même espèce. En
figurant ce Trilobite restauré, M. Corda l’a placé à rebours c. a. d. , la tête en arrière et le pygidium en avant. B a aussi supposé deux segmens au thorax, au lieu de 5, parceque les matériaux à sa disposition lui laissaient toute latitude à cet égard. Même localité.
Distribution verticale et horizontale.
Le genre Agnoslus fait partie de la Faune primordiale de la Bohême, ensevelie dans notre étage des Schistes protozoiques C. D a donc apparu et coexisté avec les Paradoxides, Conocephalites, Sao , etc. Parmi les 7 genres qui constituent cette Faune, il est le seul qui soit répresenté
aussi, dans la faune seconde, c. à. d. dans l’étage de quartzites D. D a eu son plus grand
développement dès son apparition dans notre hassin, ainsi que le montrent les chiffres suivans:
Espèces de F étage des schistes protozoiques . . C — 5
id. communes aux étages . C — U — 0
id. de l’étage des quartzites . D — 1
total des espèces de Bohême . . 6
Les 5 espèces de la Faune primordiale se trouvent toutes dans les schistes de la bande de Skrey, situés au Nord-Ouest, par rapport à l’axe du bassin. Une seule d’ entr’ elles , Agn.
integer -, a été découverte dans la bande des schistes de Ginetz c. à. d. au Sud-Est, par rapport a 1 axe. Cette différence dans la diffusion horizontale est en harmonie avec les observations faites sur le plus grand nombre de nos Trilobites (p. 2 9 3.) et paraît dépendre de l’exposition au soleil, des rivages le long desquels vivaient ces anciens Crustacés.
La distribution verticale nous offre une circonstance remarquable. Les Agnostus ayant été anéantis avec toute la faune primordiale par le déversement des Porphyres qui recouvrent les schistes protozoiques dans une grande partie de notre terrain, n’ont pas reparu parmi les premiers genres de la Faune seconde, qui ont repeuplé la mer de Bohême, durant le dépôt de notre étage des quartzites D. Nous ne trouvons aucune trace de leur existence dans les diverses formations fossihfères de cet étage, telles que la bande des quartzites des Monts Drabow et les schistes très-micacés, qui renferment la majeure partie des fossiles caractéristiques de notre Faune seconde. La seule espèce Agnostus que nous connaissons dans l’étage D, Agn. tardus, parait dans la formation des schistes gris-jaunâtres, couronnant cet étage. ,C’ est 1’ époque de la première apparition dans notre bassin des genres: Ampyx -, Remopleurides et Dindymene. Ces divers Trilobites ont été associés avec les derniers représentans des Asaphus , Illœnus, Tri-r nucléus, Aeglina etc. dans notre Faune seconde, et ils ont tous été simultanément détruits par le déversement des Trapps, formant la base de notre division supérieure.
La lacune que nous signalons dans 1’ existence des Agnostus, en Bohême , est mesurée par la puissance des dépôts compris entre les schistes protozoiques C, et la formation des schistes gris-jaunâtres. C’ est une épaisseur variable suivant les diverses parties de notre bassin, et dont le minimum ne nous paraît pas au dessous de 2500 à 3000 m. Nous avons signalé des intermittences analogues, mais cependant moins considérables, dans l’existence de plusieurs autres genres, tels que Phillipsia et Dalmania (p. 47 8. voir la PI. 51.).
Les Agnostus des régions étrangères présentent, dans leur distribution verticale, la plus parfaite harmonie avec les faits que nous venons d’indiquer pour la Bohême.
1. En Suède, où ce genre offre la plus grande richesse spécifique, le gisement ne semble bien déterminé que pour 11 espèces, sur 12 décrites par Angelin. Parmi ces espèces, 3 appartiennent à la Région A, et 6 ou 7 à la Région B, représentant ensemble la Faune primordiale. Une seule espèce se trouve dans la Région C et une autre dans la Région D, dont l’ensemble renferme F équivalent de notre Faune seconde. R y a donc en Suède, dans la répartition des Agnostus entre les Faunes primordiale et seconde, la même proportion que nous avons signalée dans notre bassin. On sait que certaines espèces Suédoises, comme Agn. pisiformis, sont représentées par des myriades de fragmens. Ce genre caractérise donc la première Faune par son plus grand développement, mais on ne peut plus supposer avec Wahlenberg, que son existence a précédé celle des autres Trilobites dans ce pays. R n’ est pas rare de trouver des Agnostus avec des Oletius, dans un même fragment de roche de Scanie.
Angelin n’indique aucun Agnostus dans la Région E, c. a. d. dans les formations qui représentent la division Silurienne supérieure en Suède. Le fossile signalé par Sir Rod. Murchison sous le nom de Agn. (Batt.) luberculalus Klôd. comme existant dans les calcaires de F île de Gothland, est un crustacé appartemant au genre Beyricliia MacCoy. Ainsi, le genre Agnostus appartient exlusivement à la division Silurienne inférieure, en Suède comme en Bohême.
2. En Norwège, nous savons d’après un passage de Boeck, qu’il existe des Agnostus. Selon toute probabilité, ils appartiennent à la division Silurienne inférieure, mais ce fait n’est pas énoncé d’ une manière explicite, dans F ouvrage cité. QGaea norwegica p. 44.) Nous ignorons aussi le nombre des espèces connues dans celte contrée.
3. En Russie, le genre Agnostus a été découvert depuis peu d’ années, par le Dr. A. de Volborth dans les formations des environs de St. Pétersbourg, où il est associé avec les Asaphus, Illaenus et autres représentans de la Faune seconde. Nous ignorons combien d’espèces se trouvent dans cette région. Ne connaissant pas les fossiles indiqués par le Prof. Eichwald comme Agnostus, nous ne savons s’ ils appartiennent réellement à ce genre.
GENRE AGNOSTUS BRONGNIART.
4. En Angleterre , . deux espèces nous sont connues. La première décrite et figurée par Sir Rod. Murchison, sous le nom de Agn. pisiformis , et que nous avons récemment vue à Londres, nous parait indépendante de la forme homonyme de Suède. La seconde a été publiée par M. M. Philipps et Salter, comme variété de Agn. trinodus = Trinodus agnostiformis M’ Coy. Ces deux Trilobites appartiennent également au groupe de Llandeilo, du pays de Galles, où ils sont associés avec les divers et nombreux représentais de notre Faune seconde. Aucun Agnostus n’ a été découvert jusqu’ici dans les formations qui renferment les Paradoxides et Oienus, c. à. d. dans la Faune primordiale de cette région classique. Outre les deux espèces que nous venons d’indiquer, nous avons vu au Musée Woodwardien à Cambridge deux fragmens que M. le Prof. Mac-Coy a nommés Diplorrhina triplicala et Trinodus tordus. L’ un et l’autre est représenté par un exemplaire unique , dont P état de conservation rend la détermination trèsdifficile. Nous nous abstiendrons donc provisoirement de les compter parmi les espèces dont l’ indépendance est établie.
Le Crustacé énuméré par Sir Rodéric Murchison, sous le nom de Agn. tuberculatus, Klôd. parmi les fossiles du Vieux grès-rouge , [Sil. Syst. p. 604. PI. 3. Fig. 17. J appartient au genre Beyrichia.
Ainsi, en Angleterre comme en Bohême, Suède etc. les Agnostus ne s’ élèvent pas au dessus de la division Silurienne inférieure.
5. En Irlande, un Agnostus a été signalé par le Prof. MacCoy, sous le nom de Trinodus Agnostiformis, dans les schistes de Greenville, Comté de Wexford. Il y est associé avec les Trinucleus, Asaphus, Ampyx et autres genres, qui représentent la Faune seconde de Bohême. Cette position géologique concorde avec celle que nous signalons pour les congénères, dans les autres pays. — D’ après des communications que nous devons à la bonté de M. Salter, 1’ espèce que nous venons de nommer, a été aussi recueillie par les paléontologues du Geological Survey , dans les calcaires de Chair - Kildare , au midi de P Irlande. Elle y est accompagnée par la plupart des genres déjà connus de la Faune seconde, c. à d. par ceux qui caractérisent les groupes de Llandeilo et de Caradoc en Angleterre. Nous remarquons en outre, parmi eux, Aeglina et Bemopleurides, qui, en Bohême, sont pareillement associés, dans nos schistes grisjaunâtres, au dernier venu de nos Agnostus. (Agn. lardus.)
6. Aux Etats-Unis d’Amérique, d’après ce que nous avons déjà dit ci-dessus Çp. 893), le genre Agnostus ne serait représenté que par une seule forme, dont la nature peut encore offrir quelques doutes. Cette forme appartient à la division Silurienne inférieure, et à la Faune que nous considérons comme équivalente à la Faune seconde de Bohême.
Les autres régions Siluriennes, telles que la France, laFranconie, le Portugal, P Espagne etc. n’ont encore fourni, à notre connaissance, aucune espèce Agnostus. Les fossiles décrits sous ce nom appartiennent à d’ autres genres, comme ceux du CLe Münster et de Klôden, cités ci-dessus.
Le type Agnostus n’ est nullement représenté dans le système Dévonien.
Le tableau suivant résume les faits énoncés ci-dessus.
Distribution des Agnostus
Division Silurienne
inférieure
supérieure
Faune p ri mord”.
Faune
seconde
Faune
troisième
[ Bohême ....
t Suède .
1 Norwège ....
Espèces connues en J Russie ....
\ Angleterre . . .
I Irlande ....
f Etats-Unis d'Amérique
Nous ne prétendons pas identifier d’ une manière absolue les étages des contrées étrangères avec ceux de la Bohême, auxquels nous les assimilons, pour simplifier le tableau, mais la séparation des Faunes primordiale et seconde paraît également complète dans tous les pays où elles existent, et autorise nos rapprochemens.