Agnost. integer. Beyr. sp
1845, Battus integer.
Beyr.
üb. Bôhm. Trilob. p. 44. Fig.
1846. Batt.
id.
Barr.
Not. prélim. p. 14.
Batt.
Orion.
Barr.
ibid. p. 16.
Batt.
affinis.
Barr.
ibid. p. 17.
Bail.
cuneifer.
(pars)
Barr.
ibid. p. 18.
1847. Mesospheniscus cuneifer.
Cord.
Prodr. p. 46.
Diplorrhina rolundata.
Cord.
ibid. p. 47.
Dipl.
triplicata.
ibid.
Dipl.
Orion.
Cord.
ibid.
Dipl.
umbonata.
Cord.
ibid. p. 48.
Dipl.
Sirius.
Cord.
ibid. PL 3. Fig. 23.
Dipl.
elliptica.
Cord.
ibid.
Dipl.
asperula.
Cord.
ibid. p. 49.
Dipl.
selenophora.
ibid.
Dipl.
monas.
Cord.
ibid.
Dipl.
affinis .
Cord.
ibid.
Dipl.
cristata.
Cord.
ibid. p. 50.
Peronopsis integra.
Cord.
ibid. p. 115. PL 6, Fig. 62.
Il est
peu de Trilobites
dont
la synonymie soit aussi multipl:
Nous y avons contribué par trois noms inutiles, constatant qu’ à 1’ époque de notre première publication, nous considérions comme autant d’especes distinctes, des formes que nous avons bientôt après reconnues comme des degrés successifs du développement d’un seul Trilobite. Les memes apparences ont induit M. Corda à établir 3 genres et 13 espèces , reposant sur la même unité spécifique. Agnost. integer nous permet d’observer 5 métamorphoses dans lesquelles rentrent toutes les formes dont nous venons d’indiquer les diverses dénominations.
leü Degré de développement. Le trilobite ne présente que la tête et le pygidium, juxtaposés, figurant chacun un demi-ovale, et sans aucune indication des segmens thoraciques, soit libres soit soudés. C’est la forme que nous avons décrite en 1846, sous le nom de Batt. cuneifer.
La tête, assez fortement bombée en travers, lorsqu’elle n’a pas été aplatie par la compression, se compose de 3 parties distinctes et séparées l’une de l’autre par des rainures étroites, mais très-prononcées. La glabelle, occupant la moitié de la largeur totale, figure un rectangle, qui s’étend depuis la base céphalique, jusques près du milieu de la longueur. Son bord antérieur est coupé carrément, tandisqu’ à 1’ arrière elle est un peu arrondie et amincie. Elle porte un tubercule sur 1’ axe , près de sa base. La zone génale occupe au devant de la glabelle autant de longueur que celle-ci, et s’ étend de chaque côté par une bande étroite, parallèle à l’axe, jusqu’au contact du pygidium. Le limbe, plat, très-distinct, a sa plus grande largeur au front, et il se réduit graduellement, de manière à disparaître avant d’atteindre la base de la tête. — Le pygidium, dont la forme tend à devenir trapézoidale, est aussi bombé que la tête et présente, comme celle-ci, trois parties bien dessinées par des rainures très nettes. Le lobe médian figure un triangle, à surface enflée, dont la base est au contact de la glabelle, et dont le sommet aigu atteint les j de la longueur totale de cette partie de corps. Ordinairement, la base de ce triangle est un peu plus large que celle de la glabelle juxtaposée. La surface triangulaire, presque toujours lisse, nous montre quelquefois, par exception, deux légers sillons transversaux, première indication des segmens thoraciques qui doivent se développer plus distinctement dans le second degré. La zone intermédiaire, embrassant le lobe médian, varie dans sa largeur en raison inverse de celui-ci. Elle montre
GENRE AGNOSTUS BRONGNIART.
une tendance à se diviser en deux lobes distincts, au droit de l’axe, derrière la pointe du triangle décrit. Le limbe, aplati, un peu plus large que celui qui entoure la tête, se déver l°ppe graduellement, à partir du bord antérieur jusques vers 1’ arrière, où il offre sa plus grande dimension. Longueur moyenne d’un individu de cet âge: 1.50 mm.; largeur: 0.50 mm.
2™ Degré. La forme de la tête reste comme dans le degré précédent. Seulement, la glabelle s’accroît d’un lobe demi-circulaire, placé au front et formé aux dépens de la zone intermédiaire, par le prolongement des sillons dorsaux vers l’avant. D’après cette nouvelle disposition, la zone génale est ramenée à une largeur uniforme sur toute son étendue, c. à. d. en avant de la glabelle, comme sur ses côtés. Il apparaît un petit lobe de chaque côté, à la base de la glabelle. — Le pygidium, dans son ensemble, conserve la même apparence que nous venons de décrire. La différence principale consiste en ce que 1’ on voit, sur sa partie antérieure, deux rainures traversant toute sa largeur et indiquant les deux segmens thoraciques en voie de formation. Le second paraît occuper, le long de l’axe, plus de longueur que le premier. Un petit tubercule alongé se montre vers la pointe de la surface triangulaire du lobe médian. La séparation de la zone intermédiaire au droit de l’axe, devient très-distincte. Le limbe s’épate, surtout vers l’arrière, et sa surface s’ enfle légèrement. Dimensions: longueur: 1.5 0 mm.; largeur : 0.60 mm.
3™? Degré. La tête, en se développant, conserve exactement les formes déjà décrites. Le thorax se compose d’un segment libre, tandisqu’on voit le second segment encore soudé à la partie antérieure du pygidium. L’ apparence du bouclier caudal se maintient d’ ailleurs, comme dans le second degré. Les dimensions seules ont un peu augmenté. Pour la première fois, nous apercevons sur certains individus de cet âge la trace légère de rides ou plis transverses, ornant la surface de la zone intermédiaire, aussi bien sur la tête que sur le pygidium. Dimensions: longueur: 1.7 5 mm.; largeur 0.7 5 mm.
4T Degré. L’ individu paraît complet, c. a. d. qu’ il possède tous les élémens du corps comme dans 1’ âge adulte, excepté les dimensions et les ornemens de la surface. C’ est la forme que nous avons nommée Batt. Orion, dans notre première publication. La tête conserve les formes décrites ci-dessus, et montre distinctement, de chaque côté de sa base, un très-petit lobe isolé semblable à un tubercule. — Le thorax présente deux segmens libres. — Le pygidium a subi quelques modifications. D’abord, le lobe médian paraît beaucoup plus saillant et l’on voit une carène longitudinale se dessiner sur son sommet, tandisque quelques légers sillons obliques se manifestent de chaque côté, sur sa surface. Les lobes latéraux ont perdu une partie de leur largeur relative, et ils sont complètement isolés l’un de l’autre derrière le lobe médian. Au contraire, le limbe s’ élargit et s’ enfle notablement vers F arrière. Dimensions: longueur 3.oomm.; largeur 1.00 mm., dans la forme longue, et un peu plus dans la forme large.
5mJ Degré. — Age adulte. — Cette espèce nous permet de distinguer la forme longue et la forme large, dont nous indiquerons ci-après les proportions. — La tête, médiocrement bombée, se compose de trois parties toujours très- distinctes, et figure dans son ensemble un demi-ovale, tronqué et un peu rétréci au bord thoracique.
1. La glabelle, alongée, arrondie au front, peu saillante, occupe un peu plus du tiers de la largeur et environs les § de la longueur totale. Elle est légèrement conique vers 1 avant et son contour est déterminé par des sillons dorsaux prononcés et étroits. Sa surface est traversée par une rainure rectiligne, ou un peu concave vers F avant, détachant un lobe frontal qui représente h de la longueur. Vers la base de la glabelle, près du thorax, on voit un tubercule alongé, qui forme la partie culminante, et on trouve de chaque côté un très-petit lobe, résultant de la bifurcation du sillon dorsal. Durant le jeune âge, la surface de la glabelle parait lisse, mais dans F âge adulte elle présente quelques dépressions ou plis d’ apparence variable, et le plus souvent au nombre de deux, de chaque côté de l’axe. — 2. La zone génale a une forme régulière et concentrique tout autour de la glabelle. Ordinairement lisse dans les jeunes individus, elle se plisse assez fortement dans les adultes. Les plis, variant en nombre, prennent naissance au sillon dorsal et se dirigent obliquement vers F avant. D’ autres ont une
position irrégulière sur la surface de la zone. — 3. Le limbe, déterminé par une rainure prononcée, figure une petite bande aplatie, concentrique au front, et diminuant de largeur sur les côtés, jusqu’ à la base céphalique.
Les segmens thoraciques nous montrent distinctement leurs deux élémens. L’ axe , aplati, occupe au moins les f de la largeur du corps. Chacune de ses extrémités se projette en avant, sous la forme d’un nodule écrasé. Les plèvres, très courtes, portent un sillon qui les divise en deux bandes, de largeur et d’apparence assez variable, suivant les individus.
Le pygidium, plus bombé que la tête, offre un peu moins de longueur, et au contraire un peu plus de largeur que celle-ci, principalement vers 1’ arrière. Il se compose toujours de trois parties. — 1. Le lobe médian très-saillant, occupant la moitié de la largeur, offre la forme d’un fer de lance, tronqué au bord thoracique, et dont la pointe atteint la rainure du limbe. Sa surface porte une carène rectiligne, commençant au thorax, et s’étendant sur la moitié de la longueur, où elle s’efface. De chaque côté de cette carène, on voit dans les adultes, 2 à 3
dépressions transverses ou plis, analogues à ceux que nous avons signalés sur la glabelle.
Souvent il existe un pli semblable derrière la carène. — 2. Les lobes latéraux toujours isolés l’un de l’autre dans les adultes, sont déterminés par des rainures bien prononcées, et figurent chacun une bande suivant les contours du lobe médian. Nous n’ observons jamais aucun plissement sur leur surface. — 3. Le limbe s’ élargit graduellement à partir du bord thoracique
jusqu’ au droit de la pointe du lobe central, où il atteint sa largeur maximum. Là, il s’inflé¬
chit brusquement et il forme un angle presque droit. Le sommet de cet angle a été pris pour la base d’une pointe, dans les figures données par le Prof. Beyrich et par M. Corda, d’après des individus imparfaitement conservés. Cette pointe n’ existe pas. Par suite de 1’ élargissement du limbe, le pygidium prend une apparence trapézoïdale, très-caractéristique de cette espèce. Son contour postérieur est terminé en arc aplati, qui se transforme en angle très-obtus, dans certains individus. Le test, remplacé par une couche mince d’oxide de fer pulvérulent, paraît dénué de tout autre ornement que les plis ci-dessus indiqués.
La faculté d’ enroulement n’ est pas constatée.
Dimensions. Le tableau suivant montre les proportions relatives aux divers degrés de développement.
Segmens
libres
soudés
longueur
largeur
^er
Degré
mm.
mm.
id.
id.
id.
id. !
forme longue
forme large
GisemK et local. Cette espèce, appartenant exclusivement à la Faune primordiale de Bohème, offre un intérêt particulier, parcequ’ elle est jusqu’ici la seule de ce genre qui se trouve à la fois sur la bande schisteuse de Skrey et sur celle de Ginetz. Par suite de circonstances locales, que nous ne saurions apprécier, les individus de Ginetz sont relaivement plus petits et moins bien conservés. Nous n’avons pu découvrir aucun représentant du jeune âge, dans cèlte localité. Tous ceux qui constatent les métamorphoses proviennent de Skrey.
Rapp. et différ. Les plis de la surface et la conformation particulière du pygidium distinguent aisément Agn. integer de toutes les autres formes congénères à notre connaissance.
Cette espèce a été décrite par M. Corda sous 3 noms génériques et 13 noms spécifiques,
GENRE AGNOSTUS BRONGNIART. 903
fondés sur les matériaux de la collection Hawle, que nous avons sous les yeux et que nous allons passer en revue.
1. Mesospheniscus cuneifer est représenté par six individus bien conservés, au premier degré de développement.
2. Diplorrhina elliplica est fondée sur 6 à 7 fragmens et sur un exemplaire montrant un segment libre et un segment encore soudé au pygidium c. a. d. appartenant au 3e. degré.
3. Diplor. monas est aussi représentée par un individu ayant un segment thoracique libre et 1’ autre soudé au pygidium, c. a. d. étant au 3e. degré de développement. Il y a de plus 4 à 5 exemplaires isolés du pygidium, portant un segment soudé.
4. Diplor. affïnis est représentée par 4 têtes et un pygidium isolés, appartenant à des individus probablement du 4e. degré.
6. Diplor. selënophora est représentée par 2 têtes isolées, un peu tronquées à l’arrière, et par un seul pygidium, tous de forme large. Ces 3 fragmens, dont la taille rappèle celle du 4e. degré, se distinguent par un bombement très-prononcé, montrant qu’ils ont échappé à toute compression.
6. Diplor. asperula consiste dans deux têtes isolées, un peu plus grandes que celles dont nous venons de parler.
7. Diplor. Sirius est représenté par 5 individus, plus ou moins bien conservés et par 4 fragmens isolés, appartenant au 5e. degré de développement, bien qu’ils ne montrent pas les plus grandes dimensions des adultes.
8. Diplor. umbonata est représentée par 3 têtes et 6 pygidium isolés, conservés avec tout leur bombement, et choisis parmi ceux des adultes en voie de croissance, qui ne montrent aucun pli sur leur surface.
9. Diplor. cristala est réduite à un seul pygidium isolé, présentant 4 plis de chaque côté, sur le lobe médian.
10. Diplor. rotundata est représentée par un fragment composé de la tête et des 2 segmens thoraciques d’un individu du 5e. degré, dépourvu de plis et n’ayant pas atteint la plus grande taille.
11. Diplor. triplicata est représentée par 2 exemplaires bien conservés, adultes, de forme large, et par 5 fragmens du même âge, montrant des plis sur la tête et sur le pygidium.
12. Diplor. Orion est représenté par 5 individus plus ou moins intacts, et par 6 fragmens, à peu-prés adultes, et un peu moins plissés que ceux de la forme précédente.
13. Peronopsis integra est représentée par les individus provenant de Ginetz et parmi lesquels nous voyons deux exemplaires complets, adultes, mais presque sans plis, et ayant une taille trés-inférieure à celle des individus de Skrey.