‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 449 sur 469 · Agnost. nudm. Beyr. (sp.) PL · texte numérisé non relu

Agnost. nudm. Beyr. (sp.) PL

Battus

nudus.

Beyr.

üb. Boh. Trilob. p. 46.

Batt.

id.

Barr.

Not. prélim. p. 15.

Phalacroma

nudum.

Cord.

Prodr. 44.

Pliai.

emarginalum.

Cord.

ibid.

Phal.

carinatum.

Cord.

ibid.

Pliai.

scutiforme.

Cord.

ibid. p. 45.

Phal.

gibbosum.

ibid. p. 43.

Cette espèce est représentée dans notre collection par une suite d’ individus qui nous permettent de reconnaître le développement successif suivant 1’ âge , ou les métamorphoses.

1Z Degré de développement. (PL 49. fig. 1.) Les plus jeunes individus connus se composent uniquement de la tête et du pygidium juxtaposés et articulés P un sur P autre, sans aucune trace quelconque de segmens, soit libres, soit soudés. La surface de la tête est ovalaire, alongée dans le sens longitudinal, et tronquée par une ligne droite en contact avec le pygidium. Elle est doucement et régulièrement bombée, sans aucun sillon dans toute son étendue. Le pygidium offre un lobe plus saillant que le reste de la superficie. Ce lobe médian est déterminé par un sillon marqué, concentrique au contour externe. Il est ovalaire, alongé, dans des proportions variables, suivant la forme large ou la forme longue des individus. Dans tous les cas, il occup,e au moins le tiers de la largeur totale et la moitié de la longueur du pygidium. — Dimensions d’un exemplaire complet au premier âge: longueur 2. mm. largeur: 0.75 mm.

2“e Degré. (Fig. 2.) La tête, en prenant des dimensions un peu plus grandes, conserve la forme décrite au premier degré. Le pygidium, se développant de même montre, d’ abord, sur la partie antérieure du lobe médian, la trace très- distincte de deux articulations, qui, dans certains individus, ne paraît cependant que sur celle partie centrale et ne s’ étend pas sur la zone externe qui P enveloppe. Dans d’ autres individus, au contraire, nous distinguons la division segmentaire sur toute la largeur du pygidium. Nous considérons ces deux apparences comme appartenant cependant à un même degré de développement, parcequ’ elles n’ ont été observées que sur la seule espèce qui nous occupe. Le lobe médian du pygidium commence à prendre un bombement plus prononcé et sa surface s’ étend dans les deux sens, tandisque celle de la zone externe diminue en proportion. La rainure qui sépare ces deux parties s’ élargit notablement derrière le lobe médian. Celui-ci présente, sur sa partie culminante, une carène ou tubercule mince et alongé suivant P axe. Longueur d’ un individu complet: 2.7 5 mm; largeur: 1 mm.

3“e Degré. (Fig. 3.) La forme de la tête ne varie pas. Le thorax est représenté par un seul segment libre, tandisque P autre reste soudé au bord du pygidium, dont le lobe médian continue à se développer, pendant que la zone qui P entoure perd de sa largeur. Longueur d’un individu complet: 3.50mm. largeur 1.50 mm.

4Z? Degré. (Fig. 4.) La tête conserve la forme originelle. — Le thorax montre le nombre complet de deux segmens libres. Le pygidium a pris son apparence définitive, par le développement du lobe médian, autour duquel il ne reste qu’une zone étroite constituant le limbe. L’individu a donc subi tontes ses transformations, et il ne lui manque plus que de croître pour acquérir les dimensions qui appartiennent à P âge adulte. — Longueur 5. mm. — Largeur maximum 2.50 mm.

5™e Degré. (Fig. 5.) Dans les adultes, on peut aisément distinguer la forme large et la forme longue. Le rapport entre les principales dimensions du corps entier est de 3 : 1 dans la forme longue et de 2:1 dans la forme large. Dans tous les cas, la tête occupe la même longueur que le pygidium, tandisque le thorax est réduit à environ i de l’étendue de chacune des deux autres parties du corps.

La tête figure un quart d’ ellipsoïde médiocrement bombé. Sa surface n’ offre aucune trace de divisions, ni d’ ornemens quelconques. Le contour uni est dépourvu de limbe, mais il tend un peu à s’aplatir, surtout au front. La ligne de contact avec le thorax est droite, dans son ensemble. On y remarque cependant, vers chaque extrémité, une petite échancrure, recevant la saillie que la première plèvre thoracique fait vers P avant. En dehors de celte échancrure, P angle de la tête forme une sorte de pointe rudimentaire. Quelquefois on aperçoit sur le milieu de la tête, vers le thorax, une sorte de carène qui n’est qu’accidentelle, car elle n’existe pas sur les exemplaires les mieux conservés.

Le premier segment thoracique parait constamment un peu moins étendu que le second, suivant le sens de la largeur du corps. Dans l’un et l’autre, le lobe médian occupe environ les g de cette dimension dont chaque plèvre ne dépasse pas I . Les anneaux de P axe

GENRE AGNOSTUS. BRONGNIART.

sont séparés par une rainure étroite, bien marquée. Leur bombement est moindre que celui de la tête et du pygidium. Les sillons dorsaux, très-prononcés, sont paralèlles à 1’ axe du corps dans le second segment, et ils obliquent notablement vers l’ intérieur dans le premier ce qui donne une plus grande surface à la plèvre correspondante. C’ est la seule différence5 que nous observons entre les deux segmens, dont les plèvres offrent quelquefois une trace de sillon et peuvent être comparées à un limbe épais, de forme quadrangulaire.

Le pygidium dont nous avons signalé les apparences variables, suivant les degrés du développement individuel, se compose dans les adultes, d’ un corps central comparable à un quart d’ ellipsoïde , notablement alongé dans la forme longue, et assez rapproché d’une calotte sphérique dans la forme large. Sa surface est régulièrement voûtée et présente un bombement semblable à celui de la tête. Elle porte vers l’avant une petite carène médiane, rectiligne, qui ne dépasse pas le tiers de la longueur du corps central. Celui-ci est limité tout autour par une profonde et large rainure, déterminant un limbe étroit vers le thorax, et sensiblement plus large vers l’ arrière. Près du bord thoracique, on voit sur le limbe, de chaque côté, une petite rainure oblique, dans le prolongement de celle qui est tracée entre le genou articulaire et le coips cential du pygidium. La doublure du test, sous le pygidium a la même largeur que le limbe.

Le test, transformé en ocre jaune, n’ offre aucune ornementation quelconque.

La faculté d’ enroulement n’ est pas constatée.

Dimensions. Les plus grands exemplaires de la forme longue ont une longueur de 13 mm. sur 4.5 mm. de largeur. Les dimensions correspondantes dans la forme large sont: 9 mm. et 4.o mm. Le lecteur trouvera, dans le tableau suivant, la suite des proportions observées dans cette espèce, pendant son développement.

Segmens

Dimensions

Observations

soudés

libres

longueur

largeur

mm.

mm.

1er

Degré.

id.

id.

id.

adulte

forme large.

id.

id.

forme longue.

Gisem'. et local. Cette espèce appartient exclusivement à la Faune primordiale de Bohême. Elle na été trouvée jusqu’ici qu’ à Skrey, dans les schistes de notre étage C, avec la plupart des autres formes congénères, et avec les Paradoxides , Conocephalites, Sao, etc.

Rapp. et différ. La seule espèce Bohême dont les fragmens offrent de la ressemblance avec celle que nous décrivons, est Agn. bibullalus. Nous distinguons les têtes isolées, parceque cette partie du corps est toujours relativement plus alongée et plus aplatie vers le front, dans Agn. nudus. Elle ne montre jamais d’ailleurs aucun limbe, tandisqu’ il en existe un assez souvent, autour de la tête de Agn. bibullalus. — Le pygidium de Agn. nudus se reconnaît à première vue par le limbe très-développé qui l’entoure à tous les âges, tandisque le pygidium de Agn. bibullalus ne porte qu’un rebord rudimentaire, ou bien en paraît totalement dépourvu. Ce dernier est aussi plus bombé vers l’arrière et il est caractérisé par deux rainures longitudinales, qu’on n’observe jamais dans le premier.

Agnostus nudus a été décrit par M. Corda, sous le nom générique Phalacroma et sous 5 noms spécifiques cités dans la synonymie. Nous avons sous les yeux les matériaux de la collection Hawle qui ont donné lieu à ces dénominations, et qui représentent divers degrés de développement de 1’ espèce qui nous occupe.

1. Phalacr. emarginatum est fondé sur un seul exemplaire, du 2e degré, c. à d. montrant distinctement les deux segmens thoraciques encore soudés au pygidium.

2. Phalacr. carinatum est représenté par deux individus plus ou moins complets, parvenus au 3e degré, c. à d. ayant un segment libre au thorax, et l’autre encore soudé au pygidium. Il y a de plus 3 exemplaires du pygidium isolé, portant chacun un segment soudé.

3. Phalacr. nudum est représenté par 10 exemplaires, dont un seul est complet. A 1’ exception d’ un fragment appartenant à Agn. bibullalus , tous ces morceaux nous montrent l’âge adulte de Agn. nudus.

4. Phalacr. sculïforme est représenté par un individu adulte de forme longue, dont le thorax est incomplet, et par 5 fragmens, tête ou pygidium. En figurant cette forme restaurée, M. Corda a placé le Trilobite à rebours, c. à. d. le pygidium en avant, et la tête en arrière.

6. Phalacr. gibbosum est fondé sur un fragment si mal conservé qu’ il est indéterminable. Cependant, nous croyons y reconnaître le pygidium isolé de Agn. nudus: aux premiers âges.

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