ADDITIONS A DIVERS GENRES
Acidaspis rebellis. Barr.
Tout ce que nous connaissons de cette espèce, se réduit au pygidium, portant un fragment incomplet et très-peu distinct d’une plèvre thoracique. L’axe montre deux segmens, dont le dernier atteint presque le bord. Ils occupent un peu moins du tiers de la largeur totale. Sur le contour, de forme triangulaire, nous voyons les pointes principales assez fortes et alongées. A l’extérieur, de chaque côté de ces pointes principales^ se trouvent trois pointes secondaires, dont la plus rapprochée du thorax est la plus courte. Ces caractères sont très-analogues à ceux de diverses espèces, telles que Acid. Prevosti } Acid. Leonhardi , Acid. Dormitzeri Sfc. Mais l’espèce que nous décrivons, se distingue par cette circonstance particulière, qu’elle ne possède aucune pointe secondaire entre les principales. Elle offre ainsi un passage entre la plupart des formes du genre Acidaspis } et Acid. Buchi (PI. 36. 37.), Acid. Hawlei (PI. 2 5), les deux seules en Bohême, qui sont complètement dépourvues de pointes secondaires, sur tout le contour du pygidium. La surface du moule interne que nous observons, porte la trace d’une granulation peu prononcée.
Dimensions. Longueur du pygidium, non compris les pointes. 5 mm. Largeur: 15 mm.
Gisent* . et local. Le fragment décrit provient des collines de Listice, et des couches calcaires de notre étage inférieur E.
Rapp. et différ. Nous venons d’indiquer le caractère spécial par lequel Acid, rebellis se distingue de toutes les autres espèces analogues. — Nous devons faire observer, que nous avons décrit ci-dessus (p. 75 1) sous le nom de Acid. Grayi une tête isolée, provenant de la même localité. Il est très-possible, que ces deux parties du corps appartiennent à une seule et même espèce, dont le thorax est encore inconnu.
Acidaspis. Hawlei. Barr.
La tête, quoique incomplète, dans le seul exemplaire que nous connaissons, nous permet cependant de reconnaître quelques traits distinctifs de cette espèce. Le corps médian de la glabelle est peu large, tandisque les lobes latéraux, très-développés, ovoides, occupent tout l’espace jusqu’au filel oculaire, dont ils ne sont séparés que par le sillon dorsal. Ainsi, le triangle interne de la joue fixe disparaît complètement. Le filet oculaire, un peu courbe, est bien marqué. L’oeil, de forme ovoide, est élevé sur un pédoncule un peu étranglé. Il nous montre^ des lentilles très-distinctes, couvertes d’une cornée commune, bosselée par leur saillie. Au dessous de l’oeil, on aperçoit la trace d’une forte pointe génale^ brisée, dont l’origine se trouve sur la surface de la joue, comme dans Acid. Buchi. et Acid, mira } au lieu de partir du limbe, comme dans la plupart des autres espèces. — Nous ne voyons aucune pointe ornementale sur une partie du contour gênai qui est conservée; mais cela peut tenir à l’état détérioré de cet exemplaire.
9 segmens au thorax. L’axe occupe un peu moins de largeur que chacun des lobes latéraux. Les plèvres portent un bourrelet très-peu saillant, et séparé par un léger sillon de la bande intérieure. La bande postérieure est très-peu sensible. La pointe qui se détache du bourrelet, est cylindroide. La longueur de cette pointe va en croissant, depuis la première plèvre jusqu’à la huitième, qui porte la plus longue. La première est presque transverse 5 les suivantes s’inclinent successivement jusqu’à la pénultième, qui devient parallèle à l’axe. La dernière est un peu plus courte, et fortement concave vers l’intérieur. Nous ne distinguons aucune pointe secondaire à l’extrémité de la bande antérieure. — Le pygidium, assez petit, a la forme d’un segment de cercle. L’axe, occupant un peu moins du tiers de la longueur, nous montre deux segmens, dont le dernier s’efface assez loin du bord. Du premier anneau partent deux bourrelets donnant naissance aux pointes principales. Nous ne pouvons juger leur longueur, parcequ’elles sont brisées, sur les exemplaires qui sont sous nos yeux. Il n’existe sur le contour aucune trace quelconque de pointes secondaires, qui paraissent manquer totalement dans cette espèce, à moins qu’elles ne fussent très-faibles, et quelles n’aient complètement disparu avec le test.
La surface de la tête offre une granulation médiocrement prononcée. Le thorax présente la trace de rangées de grains sur le bourrelet des plèvres. Nous n’observons sur le pygidium qu’une superficie rugueuse, détériorée par la décomposition.
Dimensions. Longueur: 19 mm. Largeur: 10 mm. non compris les pointes, dans l’une ni l’autre.
GisemK et local. Cette espèce, très-rare, appartient à notre étage calcaire inférieur E. Elle a été trouvée sur les collines de Listice, dans les bancs calcaires qui renferment Sphaerex. mirus, Illaen. Bouchardi, Acid, mira Sfc.
Rapp. et différ. Bien que Acid. Hawlei se rapproche de toutes les espèces des groupes de Acid. Leonhardi , et Acid. Roemeri (p. 706) par la pointe unique de sa plèvre, elle se distingue, au premier coup d’oeil, de chacune d’elles, par le manque de pointes secondaires au contour du pygidium. Ce caractère établit au contraire , une grande analogie entr’elle et Acid. Ruchi (PI. 36. 37.). Cependant, tous les autres traits de leur conformation sont si différens, que nous croyons pouvoir nous dispenser de pousser plus loin ce parallèle.