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I. Caractères géognostiques

Les considérations que nous avons déjà exposées sur la nécessité de recourir aux traces de la vie, pour séparer des formations composées de roches semblables et à stratification concordante, nous ont fourni pour l’étage C une limite inférieure très-tranchée. Nous comprenons dans cet étage des schistes fossilifères argileux, contenant une faible proportion de silice et d’oxide de fer. Ils ont un grain fin, imperceptible à l’oeil, et on aperçoit dans leur pâte, de très-petites paillettes de Mica, quelquefois assez abondantes, quoique très-rares dans certaines couches. Leur couleur est souvent verdâtre, comme celle de la plupart des roches Siluriennes de l’Angleterre, mais ils prennent aussi une teinte brune par suite de la décomposition. Leur structure est toujours un peu feuilletée, et présente des plans de division dans divers sens, de sorte qu’il serait

difficile de distinguer la véritable surface de dépôt, si on n’était guidé par le gisement des fossiles. Ces divers plans de division se remarquent surtout dans les environs de Skrey, au Nord-

Ouest de l’axe; tandisque les schistes correspondans de Ginetz, sur le côté opposé du bassin, montrent au contraire une forte tendance à la décomposition sphéroidale, par couches concentriques. C’est ce qu’on observe sur toutes les parties de ces roches longtemps exposées à l’action des agens atmosphériques. Les sphéroïdes résultant d’une force quelconque d’aggrégation , dans des. couches originairement homogènes, renferment souvent des fossiles, dont la position correspond toujours au plan du dépôt.

Les schistes que nous venons de définir, constituent de chaque côté du bassin une bande étroite et alongée, dont la direction est presque parallèle à celle de l’axe. Sur la bande au Sud- Est de cet axe se trouve le gîte de Trilobites de Ginetz, tandisque celui de Skrey est situé sur le côté Nord-Ouest. Ces bandes ne se réunissent point par leurs extrémités, et ainsi notre étage C dont le corps principal consiste dans ces schistes, est le seul qui ne présenterait pas un con-

tqur fermé. Cette circonstance ne nous semble infirmer en rien les considérations qui nous font

regarder les deux bandes comme représentant un même horizon géologique. Nous trouvons en effet: 1. qu’elles sont dans une position symétrique et synclinale par rapport à l’axe; 2. que les schistes qui les constituent ont les mêmes caractères pétrographiques, ont également pour

base des conglomérats , et sont développés de chaque côté, avec une puissance à peu-près égale.

5. Chacune de ces bandes présente dans la moitié du bassin où elle est située, le seul dépôt des restes organiques d’une même Faune primordiale, caractériséé par les mêmes genres et par des espèces identiques.

Ces analogies nous paraissent justifier suffisamment notre manière de voir, soit qu’on admette, que chacune des bandes schisteuses est le résultat d’un dépôt local et isolé, soit qu’on veuille les considérer comme les affleuremens opposés d’une seule et même masse continue, occupant toute la largeur du bassin correspondant, et recouverte par l’étage D. Ces deux hypo-

thèses sont également admissibles, et en harmonie avec les faits observés sur les autres formations partielles de notre terrain, dont quelques unes semblent n’exister que d’un seul côté, tandisque les autres beaucoup plus développées, forment une masse qui s’étend d’une manière évidemment continue sur tout le contour du bassin.

Nous venons d’admettre que les deux bandes des schistes protozoiques de notre terrain, sont isolées l’une de l’autre, et nous ajouterons que nous n’espérons pas découvrir leur prolongement jusqu’à la limite Nord-Est du terrain Silurien. Le décroissement rapide en étendue horizontale et en puissance verticale, que nous avons déjà signalé dans les formations conglomératiques de l’étage B, à mesure qu’on s’avance du Sud-Ouest vers le Nord-Est, se fait aussi remarquer dans chacune de ces bandes , et nous autorise à croire qu’elles doivent disparaître bien avant d atteindre le contour Nord-Est du bassin. Mais outre cela, des circonstances locales nous empêchent de pouvoir constater toute l’étendue des schistes protozoiques vers chacune des extrémités. Si nous considérons par exemple la bande de Ginetz, nous voyons qu elle est intercalée entre deux masses tellement puissantes de conglomérats et de quartzites, que son épaisseur de 300 à 400™ disparaît presque entre elles. Après le soulèvement simultané de toutes ces formations, composant, la chaîne alongée du Trzemoschna et du Brdi-Wald, les schistes argileux offrant par leur nature peu de résistance aux agens atmosphériques, ont été fortement excavés sur leur tranche, dans toute leur étendue. Il en est résulté une sorte de vallée longitudinale occupant l’axe de la chaîne et bordée par les escarpemens parallèles, résultans de la dénudation des formations siliceuses beaucoup plus dures. Les couches saillantes de conglomérats et de quartzites, cedant peu à peu a l’action des élémens, ont ensuite, donné naissance à d’immenses débris, composés de blocs plus ou moins gros et anguleux, qui se sont successivement accumulés sur les flfyics des hauteurs, et ont fini par couvrir toute la surface de la vallée intermédiaire. A l’épaisseur considérable de ces ruines siliceuses, s’ajoute encore le sol végétal qui s’est formé sous la protection des forêts qui couvrent ces montagnes. La tranche des schistes protozoiques a donc disparu dans toute sa longueur, et aujourd’hui le géologue ne peut les atteindre quà la faveur de quelques coupures profondes à travers la chaîne entière. La plus considérable de ces coupures est le vallon de la Litawa, au fond du quel est situé le village de Ginetz. Vers le Sud-Ouest, une autre vallon dans lequel est le village de Welka, présente une seconde coupe transversale des schistes. En suivant la même direction Sud-Ouest, nous avons découvert leur trace jusques dans le vallon qui descend à Komarow. Dans la direction opposée , c. à d. vers le . Nord - Est de Ginetz, les schistes à Trilolntes semblent disparaître subitement sous les roches siliceuses. Mais après de longues recherches dans les forêts du Brdi-Wald, nous avons eu le bonheur de retrouver la bande schisteuse, au droit de Hostomitz. Elle est mise à nû par un petit vallon qui coupe le flanc Nord-Ouest de la chaîne. A quelque distance en amont du moulin de Zator, les schistes se présentent sur une largeur visible d’environ 100 mètres, avec la même inclinaison et la même direction que dans les autres localités que nous venons d indiquer. Ils nous ont aussi fourni les fragmens assez nombreux de plusieurs des Trilobites de Ginetz. La puissance de ces schistes imparfaitement visible dans ce vallon, est cependant assez considérable pour nous autoriser à supposer, qu’ils s’étendent encore plus loin vers le Nord-Est, malgré leur apparente disparition. Dans tous les. cas, la longueur d’environ 14 Kilomètres sur laquelle nous les avons reconnus, suffit pour justifier l’importance que nous attachons à cette formation.

Les schistes de Ginetz offrent encore une particularité qui mérite d’être mentionnée. Par l’effet d’un petit dôme de soulèvement très-peu étendu , et dont le sommet a . été dénudé par la Litawa, ils reparaissent à peu de distance en aval du Ginetz, comme s il existait une seconde bande parallèle et supérieure à la première . Mais l’étude de cette localité ne tarde pas à convaincre le géologue que les couches à l’aval du village ne sont que la continuation de celles qu il voit en amont. 'On peut en effet les suivre presque sans interruption dans le lit du ruisseau, et reconnaître les inclinaisons opposées du dôme, qui se manifestent aussi bien sur les schistes que sur la masse des quartzites qui leur est superposée, et qui forme le mont Pleschiwes.

ESQUISSE GÉOLOGIQUE

Si nous nous reportons de l’autre côté du bassin, sur la bande de Skrey, elle nous présente sa partie la plus accessible dans les environs de ce village, parcequ’elle est aussi mise à nû dans cette localité, par la grande coupure que forme la vallée de la Béraun. En aval de Skrey, les schistes protozoiques s’étendent sur les deux rives de la rivière, où il est aisé de les reconnaître jusqu’au dessous de Kaurimetz, c. à d. sur une distance d’environ 5 à 6 kilomètres vers le Nord-Est. Là, ils pénètrent dans une forêt dont le sol très-escarpé et couvert, soit par les débris d’autres roches, soit par la végétation, ne nous a pas encore permis de retrouver leur trace, approximativement indiquée sur la carte.

En nous dirigeant, au contraire, à partir de Skrey vers le Sud-Ouest, nous avons suivi la bande schisteuse sans aucune interruption, jusqu’au point où elle disparaît sous le bassin Carbonifère de Radnitz, un peu au dessous du village de Klein-Lohowitz. La bande de Skrey nous est donc connue sur une étendue d’environ 15 kilomètres, parallèlement à l’axe, c. à d. à peu-près sur la même longueur que celle de Ginetz. Elle nous a offert, d’un bout à l’autre,

les mêmes schistes et les mêmes fossiles qu’à Skrey. Nous ne doutons pas, que cette bande

ne traverse en dessous les formations houillères de Radnitz, mais la nature du sol ne nous a

pas encore permis de retrouver son prolongement au Sud-Ouest de ce bassin. Nous ne dé¬

sespérons pas cependant, de voir constater un jour son existence, dans les environs de Rokitzan, de manière à justifier l’opinion, ci-dessus énoncée comme probable, qu’elle fait corps avec la bande de Ginetz.

La puissance de l’étage C est clairement indiquée aux environs de Ginetz, où les schistes protozoiques sont enclavés entre les conglomérats de l’étage B, qui leur servent de base, et les quartzites de l’étage D, par lesquels ils sont recouverts. Nous avons évalué cette puissance, de 300 à 400 mètres. Cette évaluation n’est pas aussi simple sur la bande de Skrey. Cependant, si on ne voulait considérer que les schistes protozoiques, auprès de ce village, leur épaisseur verticale ne s’écarterait pas de celle que nous venons d’indiquer. On voit ces schistes alterner à leur limite supérieure avec quelques conglomérats, et avec des Porphyres, dont il serait difficile de les séparer par une ligne tranchée. Les couches schisteuses en contact avec ces Porphyres s’altèrent sensiblement et finissent par ne plus être comparables aux schistes de Skrey. L’impossibilité de fixer une limite à ces transformations, nous détermine à comprendre toute cette masse complexe dans l’étage C, dont la puissance devient au moins quintuple de celle qu’il offre à Ginetz, où il n’existe aucun Porphyre.

Le calcaire paraît manquer complètement dans cet étage, ou du moins nous n’en connaissons aucune trace, qui mérite d’être mentionnée.

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