EXPLICATION DE LA CARTE TOPOGRAPHIQUE ET DE LA SECTION IDÉALE
Carte topographique.
La carte ci-jointe est destinée à montrer l’étendue géographique et la forme du bassin Silurien du centre de la Bohême. La surface de ce bassin se reconnaît, au premier coup d oeil, par les teintes dont elle est couverte. Une ligne fortement ponctuée indique ses limites extérieures. Nous prions le lecteur de ne pas considérer ces limites comme présentant une rigoureuse exactitude. Notre étage A se composant en partie de roches sémi-cristallines, on conçoit qu’il est presque impossible de déterminer, d’une manière absolue, la ligne qui doit le séparer des roches cristallines proprement dites, telles que le Gneiss et le Granit, sur lesquels repose notre terrain. En second lieu, la marche de nos études ne nous a pas permis de déterminer, point par point, le contour externe, que nous figurons en considérant seulement les niasses. En publiant nos études géologiques, dans le 3ème volume de cet ouvrage, nous donnerons, sur une plus grande échelle , deux cartes qui nous permettront d’établir les limites dans tous leurs détails, ainsi que celles qui divisent entr’ eux les étages A. B. C. D. E. F. G. H. Nous eussions volontiers exécuté cette tâche depuis plusieurs années, si nous avions eu à notre disposition une bonne carte topographique de la Bohême, comme celle que prépare le corps I- R.d’Etat-Major Autrichien. Malheureusement, la publication de ce travail s’ étant fait beaucoup attendre, nous avons été réduit aux cartes des cercles de la Bohême par Kreybich. On sait qu’elles sont loin d’ être parfaitement exactes. Les savans voudront bien excuser les imperfections qu’ils remarqueront peut-être dans notre croquis, et dont nous venons d’indiquer la source. Notre but se trouvera cependant rempli, puisqu’ il consiste uniquement à faire concevoir la position et l’étendue relative des divers étages qui constituent notre bassin. Ces étages présentent un caractère très-remarquable, dans leur forme concentrique. La division supérieure occupe le centre, et figure un ovale alongé, dont la surface est réservée en blanc. Nous avons indiqué seulement l’étage E qui en forme la base. L’espace ne nous a pas permis de tracer les limites des autres étages F — G— II — de cette division. Les savans se les figureront aisément, par des courbes concentriques à celle qui existe entre l’étage E, et la division inférieure. Celle-ci offre d’abord en descendant, autour de l’étage E, l’étage des quartzites D, dont la surface est finement ponctuée. Sur sa superficie on voit, de chaque côté de la division supérieure, une petite enclave réservée en blanc. Ce sont les colonies dont nous parlons dans l’esquisse géologique qui suit. Sur chacun des flancs de l’étage D, on aperçoit les aflleuremens de l’étage C, formant deux bandes symétriques, couvertes de hachures horizontales. Tout le reste du bassin, en dehors de la surface que nous venons de parcourir, est occupé par les étages azoiques A et B. Toute leur surface est uniformément couverte d’un réseau. Diverses enclaves, ou petits bassins Carbonifères, reposant sur les étages A et B, se distinguent par les lettres C B, et par des stries verticales.
Autant que l’espace nous Ta permis, nous avons placé sur notre croquis le nom des gîtes fossilifères ou localités , cités dans notre texte.
Section idéale en travers du bassin.
La section que nous présentons, quoique idéale, se rapproche cependant beaucoup de celle qu on observe réellement, dans la direction de Pribram, Ginetz et Skrey. La seule différence consiste, en ce que nous avons introduit dans notre profil la division supérieure, qui n’ est pas traversée par la ligne que nous venons d’indiquer. Nous donnons à notre section idéale des dimensions horizontales environ trois fois plus grandes que la largeur du bassin, d’après notre croquis, sur la ligne de Skrey et de Pribram. Les hauteurs verticales servant à faire juger approximativement le relief du terrain, sont multipliées dans une proportion beauc.oup plus forte. Nous n’avons pas cherché à régler ces hauteurs d’après des nivellemens exacts. Les profils que nous nous réservons de publier dans le troisième volume, fourniront à cet égard tous les documens nécessaires, avec la précision que comporte la science. Le fait de la concordance générale de loutes les formations qui se succèdent, en se superposant les unes aux autres, à partir de l’étage A jusqu’à l’étage H, est tellement général dans notre terrain, que nous avons cru pouvoir faire abstraction, dans notre section idéale, des plissemens, renversemens et autres irrégularités purement locales. Ces irrégularités, généralement de peu d’étendue, se trouvent surtout dans le voisinage du contour externe de notre bassin, et quelquefois aussi sur des points intérieurs de sa surface; notamment dans le voisinage de quelques masses Plutoniques.
Nous nous sommes borné à figurer les principales formations sédimentaires, composant nos divers étages. L’étendue de notre profil ne nous permettait pas d’y introduire les roches d’origine ignée, qui sont relativement beaucoup moins étendues et moins importantes pour notre but actuel, qui est purement paléontologique. Nous avons seulement indiqué la position des deux masses Plutoniques les plus importantes, parcequ’elles ont joué un grand rôle, dans la disparition des Faunes primordiale et seconde de notre bassin. L’une se compose de porphyres alternant avec des schistes métamorphiques, vers le sommet de l’étage C, sur la bande de Skrey. L’autre est un déversement de trapps, couvrant toute la surface supérieure de l’étage D, alternant avec des schistes à Graptolites et formant la base de la division supérieure. Si l’on considéré en grand ces roches Plutoniques, elles sont intercalées d'une manière conformable entre les étages sédimentaires de notre terrain. Il existe cependant de nombreuses apparitions de trapps et de porphyres, sous la forme de cheminées ou de dykes traversant en divers sens les dépôts fossilifères ; mais elles sont bien moins considérables que les deux grandes masses que nous avons figurées et nous aurons un jour 1 occasion de signaler leur position et leur etendue.
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Esquisse géologique.
IN os études géologiques proprement dites, ne devant être publiées que dans la seconde partie, (3«. vol.) de cet ouvrage, nous pensons qu’une courte introduction est nécessaire pour faciliter au lecteur l’intelligence des allusions fréquentes que nous devons faire à nos divisions géognostiques, dans 1 indication du gisement des fossiles que nous allons décrire. Tel est le but de cette esquisse, qui reproduit la substance de notre Notice préliminaire, avec les jmodifications que les progrès de la science et l’extension successive de nos observations, nous font considérer comme nécessaires ou comme utiles.
La dénomination de Système Silurien désignant l’ensemble des formations de la plus ancienne des quatre grandes périodes paléozoiques, est aujourd’hui si bien établie et si généralement adoptée, qu elle s applique tout naturellement à la Bohême. Tous les savans connaissent l’origine de cette dénomination, mais nous croyons devoir rappeler aux personnes moins versées dans les questions géologiques , comment elle a été introduite dans la science, et comment le type du Système Silurien a été constitué entre ses limites actuelles, dans le pays classique dlAngleterre.
Les travaux antérieurs des géologues avaient établi un ordre de succession en descendant, à partir des formations secondaires , jusqu’au Vieux grès rouge , au dessous du Calcaire Carbonifère. Ce Vieux grès rouge était alors considéré comme la base de toutes les formations connues, et les roches sous-jacentes ou plus anciennes étaient confondues sous le nom vague de Grauwacke, ou bien elles étaient désignées comme terrain de Transition, sans aucune distinction d’ordre, de subdivisions, ou de Faune caractéristique.
Après quatre années de recherches ininterrompues dans plusieurs Comtés d’Angleterre et du pays de Galles, principalement dans la région jadis habitée par les Silures , dont le célèbre Caractacus ou Car adoc fut le chef, Sir Rodéric Murchison proposa en 1855, l’établissement du Système Silurien, comme le résultat de ses découvertes, constatant la connexion de la partie supérieure de ces formations avec le Vieux grès-rouge, et un passage en descendant cà travers des couches caractérisées par une Faune entièrement distincte. En établissant définitivement ce Système en 1839, et le subdivisant en étages de Ludlow, Wenlock ( Dudley J, Caradoc et Llandeilo, cet éminent géologue insista sur ce point, que dans un but général géologique, son système devait être considéré comme composé seulement de deux groupes de formations, auxquels il donna le nom de Silurien supérieur et Silurien inférieur ). En même temps il fit remarquer que la limite inférieure de ce dernier groupe n était nullement fixée, et serait probablement placée plus bas, par suite des recherches ultérieures, parceque les fossiles provenant des roches provisoirement nommées Cambrien supérieur, étaient identiques avec ceux du Silurien inférieur. Nous trouvons cette prévision clairement exprimée dans le Silurian System p. 308, au sujet des fossiles trouvés dans les calcaires de Bala. Cette question de limites, devait être résolue aussitôt qu’on aurait examiné et décrit les fossiles trouvés dans les grandes masses schisteuses, qui dans le Nord du pays de
) Les résultats des premières découvertes de Sir Rodéric Murchison sont consignés dans les Proceedinqs of the geol. soc. London. '1851, 1852, 1855, 1854. La dénomination de Système Silurien a été annoncée dans le Philosophical Magazin. 1855. Enfin l’ouvrage principal, tlie Silurian System, contenant tous les documens géognostiques et paléonlologiques a été publié en 1859.
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Galles s’élèvent en stratification conforrnable , de dessous les types Siluriens déjà décrits Ces masses inférieures nommées Cambrien inférieur par le Profil. Sedgwick, qui s en était le plus occupé, restèrent durant un certain temps dans l’obscurité. Mais a la fin, es collections rassemblées par le Prof:. Sedgwick, par M.ML Phillips, E. Forbes et Ramsay charges du geological Survey sous la direction de Sir Henri De la Beche, ainsi que celles qui avaient ete recueillies en Irlande par MM Portlock, Griffith et Mac Coy, prouvèrent, qu’à l’exception dun petit nombre d especes nouvelles les fossiles des couches inférieures étaient identiques dans leur ensemble et surtout pour les ' Orthis et Trilobites, avec ceux que Sir Rodéric Murchison avait déjà publies comme types Siluriens. Après quelques mémoires insérés dans le Geolog. journal par Sir Rodenc Murchison et le Prof:. Sedgwick, la dénomination de Silurien inférieur, étant la première proposée et la première fondée, a été reconnue renfermer celle de Terrain Cambrien, qui en dépit de toutes les espérances de ces deux Savans n’a réellement fourni aucune Faune caractéristique.
Pendant ce temps, Sir Rodéric Murchison avec ses doctes collaborateurs, M. M. de Verne ml et le Cf. Keyserling, avait résolu la même question, par l’examen des formations de la Russie e de la Scandinavie. Trouvant partout dans ces régions les mêmes types du Silurien inferieur, existans dans les couches les plus basses qui présentent des vestiges^ organiques il exprima 1 opinion que ces fossiles devaient être considérés comme les premiers representans de la vie sur globe.
’ Les recherches des géologues du Nord de l’Amérique, suivies par celles de ML de Verneuil et de Sir Charles Lyell sur le même continent, ont pleinement confirme cette généralisation.
En classifiant les roches de Russie et de Scandinavie, Sir Rodéric Murchison appliqua le terme Azoique à toutes les roches au dessous du Silurien inferieur, sans prétendre affirmer qui n’existait aucun être à l’époque où ces masses avaient été formées, mais pour indiquer simplen le fait, que jusques là- on n’avait découvert dans leur intérieur aucun fossile reconnaissable.
C’est ainsi que le Système Silurien de Sir Rodéric Murchison est devenu la base fondamentale et distincte, sur laquelle repose toute la série verticale des formations.
L’éminent service rendu à la Géologie par cette classification, a été hautement apprécie par tous ceux qui cultivent cette science et surtout par les personnes qui comme nous, se sont vouees à l’étude de quelque partie des terrains anciens *). Dans le cours de cet ouvrage nous aurons souvent occasion de constater l’exactitude avec laquelle tous les traits principaux, par lesquMs Si Rodéric Murchison a caractérisé son Système Silurien, se retrouvent en Boheme. Cette harm n entre notre terrain et les régions Siluriennes déjà explorées avait ete reconnue par ce savant, dans l’introduction au grand ouvrage sur la Géologie de la Russie et de lOura (p. ), ■
d’une visite dont il nous avait honoré en 1843. Une nouvelle exploration faite en 1847 par Sir Rodéric Murchison, M. de Verneuil et le Cf. Keyserling, sur une grande partie de notre bassin, confirma et étendit les rapports avec le type du Système. (Jamesons new Philos. Journ. Tan. 1848 et Jahrb. fur Miner. 1. Hej't 1848.)
Etendue géographique du terrain Silurien du centre de la Bohême.
Le terrain qui nous occupe forme un bassin bien déterminé dans ses oontours, et qu’on peut comparer à un ovale alongé, dont le grand axe est dirige a peu-pres du Nord-Est au Sud- Ouest. Vers le Nord-Est, cet axe traverse la Moldau a environ / kilométrés au Sud de Prague, près de Gross-Kuchel, et il aboutit à la limite du bassin de Transition, un peu a lEst de Chwala. Prolongé à travers les formations Crétacées, il coupe l’Elbe a Czelakowitz et passe pai î . .
Vers le Sud-Ouest, l’axe traverse Bischof-Teinitz, et il atteint les terrains granitiques des montagnes du Bohmerwald, à la distance de 2 milles géographiques Allemands (15 kilom.) au Sud-Ouest de cette ville, à peu de distance de la frontière de la Raviere.
*1 En mémoire de la fondation et de l’extension du Système Silurien, la Société Royale de Londres a décerné à Sir Rodéric Murchison le grand prix de 1850, c. à d. la médaillé de Copley, destinee ho norer les mérites scientifiques . les plus éminens.
ESQUISSE GÉOLOGIQUE
La longueur de cet axe principal du bassin est d’environ 20 milles géographiques Allemands, ou 14-8 kilomètres.
La largeur du bassin augmente d’une manière presque régulière, en allant du Nord-Est vers le Sud-Ouest. Son minimum au Nord-Est ne dépasse guères 4 milles (50 kilom.); son maximum vers le Sud-Ouest atteint près de 10 milles. (74 kilom.)
Le contour du bassin offre un développement d’environ 55 à GO milles, sur lesquels 16 à 18 seulement sont occupés vers le Nord-Est et le Nord, par le Nouveau grès rouge, le Quader- Sandstein, le Planerkalk ou les formations Carbonifères du cercle de Rakonitz, qui reposent sur le terrain de Transition, et dérobent à l’oeil la base primitive qu’on croirait peu éloignée, d’après la conformation générale du bassin. Sur tout le reste du périmètre, c. à cl. sur plus des deux tiers du contour, le terrain Silurien a pour base immédiate le Granit, ou les roches cristallines primordiales, Gneiss, Micaschiste &c.
Dans le bassin ainsi défini, on peut aisément reconnaître d’autres bassins à peu-près concentriques, dont les contours correspondent aux limites des formations Siluriennes successives dans l’ordre des âges, et dont les diamètres se réduisent rapidement. Chacune de ces formations recouvre une formation plus ancienne, en laissant cependant autour de sa base un assez grand espace à découvert, pourqu’on puisse suivre chaque bassin sur son contour, et établir ainsj l’identité des couches correspondantes de chaque côté de l’axe.
Les formations Siluriennes sont accessibles à l’observation sur presque toute leur étendue. Quelques petits bassins Carbonifères, ou quelques lambeaux isolés des terrains Crétacés sont il est vrai, dispersés comme des îlots sur leur superficie, mais ils n’en occupent tous ensemble qu’une très-petite fraction, et n’empêchent nullement de distinguer tous les traits caractéristiques du terrain qui fait l’objet de nos études.
Direction et inclinaison des couches.
Si l’on considère l’axe longitudinal dirigé du Nord-Est au Sud-Ouest, il divise la surface du bassin Silurien en deux parties un peu inégales , l’une au Nord-Ouest, l’autre au Sud-Est de ce diamètre principal.
Dans ces deux parties, la direction des couches reste à presque constante dans son ensemble, quoiqu’on observe beaucoup de variations locales. On peut considérer la direction moyenne comme étant Est + 15° Nord, prise à la Jmussole.
L’inclinaison des couches offre une particularité très-remarquable, savoir: que dans chacune des deux moitiés du bassin , elle est dirigée vers l’axe principal. Cet axe pourrait donc être regardé comme synclinal, par rapport à l’ensemble de toute la surface du terrain Silurien. Em d’autres termes: dans la moitié Nord-Ouest du bassin, les couches inclinées ont leur pied vers le Sud-Est; au contraire dans la moitié Sud-Est, les couches ont leur pied vers le Nord-Ouest. Cette circonstance tend à compléter l’idée de bassin, ou mer intérieure que fait naître la forme géographique de notre terrain. Il est cependant bien loin de notre idée, de supposer que ce bassin fût complètement fermé et sans communication avec les autres mers Siluriennes, mais nous ignorons en quels points cette communication avait lieu. En indiquant ce fait général, nous faisons abstraction des exceptions locales qui se présentent partout où il existe à la surface du sol, un pli ou une ride, dans l’étendue desquels il doit y avoir des surfaces d’une inclinaison opposée, soit anticlinale, soit synclinale. Nous aurons à citer beaucoup d’exemples de ce genre, dans des localités bien circonscrites, mais nous devons mentionner ici l’exception la plus notable qui a lieu sur les bords opposés du bassin. De chaque côté, dans le voisinage des contours, sur une largeur variable, les couches prennent une inclinaison inverse de celle que nous venons de signaler. Ce fait déjà constaté par Gumprecht et le Profil. Zippe," sur le côté Sud-Est du bassin, se représente aussi le long du contour Nord-Ouest; mais il ne peut être considéré que comme local, car nous voyons çà et là les couches reprendre leur inclinaison normale, synclinale vers l’axe.
L’intensité de l’inclinaison est très-variable, mais généralement très-grande. Des parcelles à peu-près horizontales peuvent être signalées çà et là, comme des exceptions de très-peu d’étendue. Les couches sont ordinairement inclinées de 30° à 45°, souvent à 70°, et il n’est pas rare de les voir verticales.
Ordre de Succession verticale.
Les formations qui constituent le bassin Silurien du centre de la Bohême, sont superposées les unes aux autres. Cette superposition évidente pour tout géologue qui a étudié le terrain, est un de ces faits qui n’exigent et ne souffrent aucune démonstration.
D’après ce que nous avons déjà dit, relativement à l’inclinaison synelinale des couches vers l’axe longitudinal du bassin, et auparavant sur la forme concentrique des formations, on conçoit aisément que chacune d’elles recouvre celle qui la suit, lorsqu’on marche à partir de taxe vers le contour du Terrain, et que chacune est parconséquent recouverte par celle qui la limite, en allant dans le sens opposé, c. à d. du contour extérieur vers l’axe.
Le fait de la superposition une fois admis, il devient la base principale de toutes les coupes à établir dans le sens vertical, soit pour faciliter l’étude du terrain, soit pour faire ressortir la concordance et l’harmonie des caractères géologiques de cette contrée, comparée aux autres régions Siluriennes du globe. Mais nous trouvons encore, soit dans l’absence de toute trace organique dans les formations , soit dans la nature et la variété des fossiles animaux qu elles renferment, soit enfin dans les apparences des roches qui constituent chacune d’elles, de nouveaux élémens de distinction.
En un mot: les coupes que nous admettons sont fondées: 1. Sur la superposition, 2. sur les caractères paléontologiques , 3. sur les caractères pétrographiques des formations. Ces trois moyens de distinction ne peuvent laisser aucun doute sur l’ordre établi, et nous pourrions même dire, que par une sorte d’exception, notre terrain est peut-être celui où chacun de ces trois moyens considéré isolément, pourrait le plus aisément conduire à séparer les formations en groupes successifs, c. à d. en étages superposés.
Ces étages, considérés dans leur série verticale, nous permettent de les classer en deux grandes masses que nous appélerons d’après les dénominations classiques de Sir Rodéric Murchison : A. B. 0. D. division inférieure L g silurie„
E. F. G. H. division supérieure ,
11 résulte de ce que nous avons dit ci-dessus, au sujet de 1 inclinaison des couches sur toute la surface du bassin, que nos divisions et nos étages présentent tous une stratification concordante, dans la - hauteur entière de la série.
Division Silurienne inférieure.
Notre division inférieure occupe soit en superficie, soit dans le sens vertical, une étendue incomparablement plus considérable que la division supérieure, ainsi quon peut le voir sur le croquis topographique et le profil ci-joints, (entre les p. 56 et 57.)
Il n’est pas douteux qu’en Bohême, si on part du Granit, on trouve immédiatement au dessus des schistes talqueux, chloritiques et autres, qui dans certaines localités, telles que Zampach sur les bords de la Sazawa, ont l’air d’alterner avec lui. Ce fait indiqué dans notre ISotice préliminaire (p. 3 et 5) est confirmé par plusieurs géologues tels que Gumprecht et le Profil. Zippe, dont nous avons analysé les travaux ci dessus. Ce dernier savant a aussi observé comme nous, que les schistes cristallins dont nous venons de parler, passent insensiblement, ou par des alternances, au schiste argileux dit Urthonschiefer. Si l’on continue à s’élever, on voit ce schiste argileux primordial , se transformer à son tour en des couches, que nous considérons comme des conglomérats schisteux de diverse apparence. Ils sont composés tantôt de grains fins de quartz,
ESQUISSE GÉOLOGIQUE
tantôt de cailloux et de débris plus grossiers, plus ou moins roulés, déposés sous les eaux, et ensuite unis par un ciment, soit argileux soit siliceux. Le passage insensible du Thonschiefer au conglomérat est si frappant, qu’il a été remarqué en 1790 par Miessl von Zeileisen. (Voir p. 17.)
Telle est la série de toutes les roches que nous trouvons régulièrement superposées à partir du Granit, jusqu aux couches fossilifères les plus anciennes. Toutes ces roches montrent une telle concordance dans leur gisement, et une telle connexion dans leur nature pétrographique, qu’il est impossible de trouver l’horizon qui doit les séparer, soit les unes des autres, soit leur ensemble des schistes fossilifères superposés. La concordance parfaite qui persiste à se manifester dans cette dernière superposition, prouve assez qu’aucune révolution physique n’a établi une démarcation en Bohême, entre les roches antérieures à la vie organique, et celles qui sont postérieures à la première création animale.
Les roches azoiques doivent-elles leur origine à une même cause, et leurs apparences diverses à des métamorphoses ou modifications postérieures? C’est une question que nous n’avons pas à discuter ici. Il nous suffit d’avoir bien constaté que les apparences sont très-différentes, si on considère les points extrêmes de cette série verticale de couches, entre le Granit et la plus ancienne formation renfermant des fossiles. Vers le bas il n’y a que des roches cristallines, sans aucun conglomérat; vers le haut au contraire, les conglomérats et les schistes argileux restent seuls, les couches cristallines ont disparu.
Etages Azoiques A et B.
Afin de conserver dans notre groupement des formations , un souvenir de ces contractes
entre les points extrêmes de la série azoique , nous avons cru devoir la diviser en deux étages
A et B. 8
/ L’étage A comprend la partie inférieure cristalline; tandisque l’étage B renferme la partie supérieure principalement composée de schistes argileux et conglomératiques, entièrement analogues à ceux qui renferment les débris organiques.
Il résulte assez clairement de ce que nous avons déjà dit, que ces deux étages ne sont pas sépares d une manière tranchée. C’est une sorte d’inconvénient que nous, avons à signaler entre tous les étages de nos deux divisions.
Les étages A et B peuvent indifféremment être réunis en un seul, ou resfb^ séparés, pour la facilité de l’étude. Dans tous les cas, en considérant leur ensemble comme la base azoique du système Silurien, nous reconnaissons la connexion intime déjà expliquée entre toutes les roches superposées, et nous fondons sur l’absence ou la présence des traces de la vie, une distinction
tranchée, la seule qui puisse être admise en Bohême, dans la série verticale des formations.
Il est bien certain que cette masse azoique comprend le terrain schisteux primordial ( schiefnge Urgebirge) des géologues Allemands. Mais à cause des transitions insensibles entre les roches cristallines, les schistes argileux et les conglomérats, cette dénomination ne nous offrant aucun caractère exclusif, nous serions dans le plus grand embarras, pour assigner d’une manière précise, la poi tion de la sene verticale des roches qu’elle doit designer. Le terme azoique nous dégage au contraire de toute incertitude à cet égard. Le but de cette notice , nous dispense d’entrer dans les détails purement géognostiques que nous aurons à présenter ailleurs sur les roches qui constituent les etages A et B. Nous nous bornerons donc à quelques indications sur leur ensemble.
La surface topographique occupée dans notre bassin par la masse azoique A et B se compose dun corps principal situé à 1 extrémité Sud-Ouest, et de deux bras alongés, parallèles à l’axe, qui enceignent toute la masse fossilifère composée des étages C. D. E. F. G. H.
L étage A comprend principalement les roches schisteuses cristallines ou sémi-cristallines dont nous avons fait mention ci-dessus. En les classant ainsi, nous ne prétendons rien préjuger ni sur le mode de leur formation, ni sur leur âge relatif par rapport au Granit sur lequel elles reposent.
Nous les considérons ici comme la base de toutes les autres formations, avec lesquelles elles se lient par des passages insensibles et par une stratification conformable.
Leur développement vertical est beaucoup moins considérable que celui des roches azoiques, non cristallines, que nous comprenons dans l’étage B, immédiatement supérieur.
La roche dominante dans l’étage B est le schiste argileux, soit pur, sous la forme de Phvlla Je, dans laquelle l’oeil ne distingue aucun grain, soit sous une forme plus ou moins conglomératique. Nous remarquons que la première forme est plus répandue dans la surface Sud-Ouest du bassin, où nous avons indiqué sa plus grande étendue topographique. Dans ces^ schistes argileux, sont intercalées des masses plus ou moins puissantes de schistes siliceux ( KieselschieferJ dont la stratification est plus ou moins apparente, et qui forment ordinairement des saillies abruptes au dessus du sol, en suivant toujours la direction des couches du schiste argileux.
Outre les roches schisteuses plus ou moins conglomératiques, déjà signalées dans cet étage, i! existe de véritables conglomérats à ciment tantôt argileux, tantôt siliceux.
Les fragmens dont ils sont composés sont souvent très-petits, au dessous de la grosseur d’un pois, et quelquefois ils atteignent le volume du poing. Ce sont des débris plus ou moins roulés de Quartz, diversement colorés, de schistes argileux, et de schistes siliceux.
La position topographique occupée par ces conglomérats, et la configuration des principales masses qui en sont formées, peuvent donner lieu à quelques considérations intéressantes que nous ne pouvons qu’indiquer en passant.
1. Nous remarquons d’abord, que les grands dépôts de conglomérat n’occupent que la partie moyenne du bassin dans le sens de la longueur, soit dans l’étage B qui nous occupe spécialement, soit dans les étages G et D qui lui sont superposés. Ils sont aussi beaucoup plus développés au Sud-Est, qu’au Nord-Ouest de l’axe. Dans la partie Sud-Est, ils dominent presque à l’exclusion de toute autre roche, sur une étendue équivalente environ au cinquième de la longueur totale du bassin. Ce sont les conglomérats siliceux qui occupent presque toute la surface du pays entre Rokitzan, Horzowitz, Przibram et Dobrzisch. Ils constituent les montagnes dites frzemoschna, et une partie considérable de celles du Brdi-Wald.
2. La forme topographique de ces dépôts, toujours en relation directe avec leur puissance verticale, est constamment beaucoup plus développée vers leur extrémité Sud-Ouest, et s’amincit rapidement en se .prolongeant vers le Nord-Est. La puissance des couches et celle du dépôt total, suivent la même loi de décroissement, en allant dans le même sens.
3. Si l’on parcourt la tranche des conglomérats, en marchant du Sud-Ouest vers le Nord- Est, on est frappé du décroissement successif dans le volume des fragmens dont ils sont composés. On pourrait même dire, que sur le tiers Nord-Est du bassin, il n existe réellement aucun conglomérat, car les roches en se prolongeant sans discontinuité dans cette direction, se transforment insensiblement en grès siliceux très-fins, ou en quartzites.
Ces trois considérations peuvent nous induire à attribuer l’origine des conglomérats en question, et peut-être celle des autres roches subordonnées, à des courans à peu-près parallèles à l’axe de notre bassin, et débouchant par l’extrémité Sud-Ouest dans la mer Silurienne. C’est ce qui nous semble indiqué par le grand développement soit horizontal, soit vertical, des dépôts conglomératiques vers le Sud-Ouest, et leur décroissance vers le Nord-Est,, coincidant avec la diminution dans le volume de leurs élémens. La nature elle- même de ces élémens semble confirmer cette manière de voir, car ils consistent en débris de quartz, de Schiste argileux, et de schiste siliceux, dont la région Sud-Ouest du bassin nous présente des masses abondantes.
Le calcaire ne se présente dans les étages A et B que comme remplissage de quelques filons, ou en amas lenticulaires très-rares, et insignifians.
En terminant ces indications sommaires sur notre étage B, nous rappélerons que deux des districts métallifères les plus importans de la Bohême, sont situés sur sa surface. Le plus con-
ESQUISSE GÉOLOGIQUE
sidérable est aux environs de Przibraîn, vers le milieu de la longueur, et près de la limite Sud- Est. du bassin. Les filons de plomb argentifère qu’on y exploite principalement , traversent les schistes argileux, et les conglomérats à grains fins ou moyens, connus dans la contrée sous le nom de Grauwacke. Ils sont plus rares dans les conglomérats plus grossiers qui forment les monts Trzemoschna, et qui dominent à la partie supérieure du même étage.
L’autre district métallifère est celui de Mies, sur la partie opposée ou Nord-Ouest du bassin, par rapport à l’axe. Ce sont les schistes argileux qui composent presque exclusivement le sol de cette contrée. Ils s’étendent vers le Nord-Est sous les bassins houillers du cercle de Pilsen, et ils se prolongent sous les formations Carbonifères et Crétacées du cercle de Rakonitz, pour reparaître vers, l’extrémité Nord-Est du bassin Silurien, dans la contrée de Jung-Brezan et de Kletzan. Ils renferment dans toute cette étendue, de nombreux dépôts de Kieselschiefer, intercalés dans leurs couches.
Etage des Schistes protozoiques C.