‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 51 sur 469 · Ilydrocephalus. Barr · texte numérisé non relu

Ilydrocephalus. Barr

I 7. Agnostus. . . Brongn.

ESQUISSE GÉOLOGIQUE

Ce tableau nous fait voir, que le nombre total des genres de cet étage est de sept. Le maximum des formes spécifiques est atteint par le genre Paradoxides, qui en offre 12. Quelques espèces ont été très-prolifiques, comme Par. Bohémiens, Par. spinosus, Conoc. Sulzeri, Ellips. Hoff. Les autres sont représentées par un moindre nombre d’individus.

Les Trilobites de cet étage se distinguent, en général, par la prédominance du nombre de leurs segmens thoraciques, et par l’exiguilé de leur pygidium, assez fréquemment réduit à 2 segmens, et à une petite surface. Ils constituent presque à eux seuls la Faune primordiale de Bohême, dans laquelle nous n’avons découvert que de rares représentans d’un petit nombre d’autres classes, savoir:

1. Un Ptéropode, que nous avons nommé Pugiunculus primus. — 2. Un seul Brachiopode: Orthis Romingeri. — 3. Enfin, trois fossiles de formes diverses, qui nous paraissent également appartenir à la famille des Cystidées. L’un d’eux est Lichenoides prisons , que nous avons déjà signalé en 1846. Un autre semble se rapprocher du genre Sphaeronites. Tous ces fossiles, quoique très-rares, se trouvent cependant sur chacune des deux bandes de Ginetz et de Skre}r.

Rapports entre la Faune de l'étage C et celle de l'étage superposé D.

Il n’existe aucune espèce commune entre la Faune primordiale et la Faune seconde de Bohême. Ce fait s’explique très-aisément, lorsque l’on considère la masse des porphyres qui s’est déversée sur le fond de notre bassin, et qui a du anéantir, d’un seul coup, tous les êtres qui peuplaient cette mer, pendant le dépôt des schistes protozoiques. Les seuls rapports que nous ayons à indiquer entre les Faunes des étages C et D, consistent dans la réapparition de quelques uns des genres. Parmi les Crustacés, le seul type Agnostus réparait dans l’étage D, non vers sa base, comme on pourrait le supposer, mais seulement vers son couronnement, où il produit une seule espèce. Pugiunculus, qui ne présente qu’une seule forme dans l’étage C, se développe beaucoup dans la Faune seconde. — Le genre Orthis offre une marche semblable. Enfin, parmi les trois formes que nous rapportons à la famille des Cystidées, l’une nous semble appartenir au genre Sphaeronites, dont nous aurons à signaler de grands amas dans l’étage D. — En somme , les Faunes primordiale et seconde ne sont liées l’une à l’autre, en Bohême, par aucune connexion spécifique, mais seulement par la propagation des types génériques.

Rapports entre la Faune primordiale de Bohême et celle des contrées étrangères.

Il existe jusqu’ici peu de régions, dans lesquelles on ait découvert des Trilobites représentant notre Faune primordiale.

1. Suède. C’est la contrée où la Faune primordiale a été le plus anciennement signalée. Elle a fourni aux premiers paléontologues, Linné, Wahlenberg &c. les Paradoxides , Olenus et Agnostus, décrits sous divers noms. Depuis peu d’années, les laborieuses recherches de M. Angelin ont étendu très-considérablement le nombre des fossiles de cette première Faune. D’après ce que nous en connaissons, par la publication de la première livraison de la Palaeontologia Suecica, il semblerait, que la Suède est encore plus riche que la Bohême, en espèces trilobitiques de cette époque. Si l’on excepte Paradoxides Tessini, qui est extrêmement rapproché de Par ad. Bohémiens , et qu’on pourrait peut-être considérer un jour comme identiques, toutes les autres formes appartenant aux deux contrées sont distinctes spécifiquement les unes des autres. Les rapports entre les Faunes primordiales de ces deux pays se réduisent à l’identité des genres: Paradoxides , Agnostus et Conocephaliles. Ce dernier a été décrit par Angelin sous le nom de Calymene. On doit remarquer, que le genre Olenus r, si rapproché de Paradoxides, qu’il est difficile de tracer entr’eux une limite tranchée, est extrêmement développé en Suède, tandisqu’il manque complètement en Bohême. Au contraire, le genre Paradoxides, dont nous avons recueilli 12 espèces dans notre bassin, est réduit à 3 dans la Scandinavie. Outre les 3 types signalés comme communs aux deux régions comparées, chacune d’elles en possède un certain nombre d’autres , qui lui sont propres , mais qui ne fournissent, généralement, qu’un petit nombre d’espèces, comme on peut le remarquer sur la Planche 51. Les Trilobites de la Faune primordiale Suédoise, considérés dans leur ensemble, portent le caractère distinctif de cette époque, savoir, un thorax très-développé et un pygidium trèsréduit. Nous ignorons jusqu’à présent, quelles sont les autres familles avec lesquelles sont associés les Crustacés. B est probable, qu’elles sont aussi en petit nombre; mais elles pourraient fournir quelque nouvelle connexion avec la Faune de Bohême, lorsque M. Angelin nous les fera connaître.

Il est à remarquer, qu’en Suède, les Trilobites dont nous venons de parler, sont distribués dans deux étages distincts, que M. Angelin nomme, Regiones A et B. Il paraît même, qu'il n’existe aucune espèce commune entre ces deux étages. La Regio A, la plus basse des deux, se compose des schistes alumineux A'Andrarum , depuis longtemps connus, tandis que la Regio B est constituée par une formation calcaire, superposée à ces schistes. Nous considérons ces deux étages locaux comme représentant ensemble notre étage des schistes protozoiques C. L’espèce, Farad. Tessini, que nous venons d’indiquer comme presque identique à Par ad. Bohemicus, caractérise la Regio A de Suède. Comme les mêmes genres reparaissent presque tous dans les deux Regiones A et B, nous ne croyons pas, que l’absence d’espèces communes entr’eux puisse empêcher de reconnaître une même Faune primordiale. La différence dans la nature des roches constituant chaque étage, suffirait, peut-être, pour faire concevoir la diversité qui existe dans les formes spécifiques qui les caractérisent.

Les Regiones A et B de Suède reposent immédiatement, ainsi que notre étage C, sur des roches azoiques, et Sir Bod. Murchison avait déjà énoncé en 1845, après une exploration de cette contrée, que les êtres dont les dépouilles sont renfermées dans ces formations, constatent la première apparition de la vie sur le globe.

Il parait qu’en Suède, comme en Bohême, il n’existe aucune espèce commune entre la Faune primordiale et la Faune seconde, caractérisant l’ensemble des deux Regiones C et D d’Angelin. Tous les rapports entre ces deux Faunes se réduisent à la propagation de quelques genres, dont le nombre nous est encore inconnu.

ESQUISSE GÉOLOGIQUE

2. Norwége. Quelque imparfaitement que nous soit indiquée la Faune paléozoïque de ce pays, nous savons cependant, d’après le mémoire de Chr. Boeck, inséré dans la Gaea Norwegica, ainsi que par des documens reçus de la bouche de ce savant, qu’il y existe des Olenus et aulres formes trilobitiques analogues. Ce fait suffit pour nous faire admettre la présence de la Faune primordiale dans cette contrée. De plus, en considérant la proximité géographique de la Suède, et la grande affinité entre tous les Trilobites décrits de ces deux paLties de la Scandinavie, il nous semble, qu on peut s attendre à trouver une grande ressemblance parmi les êtres représentant les premières formes animales, dans chacune d’elles.

3. Angleterre. A l’époque où Sir Rod. Murchison a publié le Silurian System, (1839) aucune forme trilobitique de la Faune primordiale n’avait été signalée dans cette contrée. Pour la première fois, en 1848, le Professeur Phillips a fait connaître quelques espèces d 'Olenus, qu’il venait de découvrir dans les Black Shales des collines de Malvern, où ils ne sont accompagnés par aucun autre fossile quelconque. Peu de temps après, les géologues chargés du Geological Survey , ont recueilli Olenus micrurus Sait, dans des schistes appartenant au Trappean group du pays de Galles, et qui contiennent en outre Lingula Davisi, depuis longtemps connue comme caractérisant les couches fossilifères les plus anciennes, (Lingula beds) de cette région. Les mêmes couches fournissent encore, d’après M. Salter, une espèce de Phyllopode, Hymenocaris vermicauda, et deux autres fossiles de nature assez problématique, qu’il nomme: Cruziana semiplicata et Chondrites, espèce indéterminée. Dans le même Trappean group , mais dans un horizon plus élevé que celui dont nous venons de parler, on a aussi trouvé un fragment d’un Paradoxides, très-analogue à Par. spinosus de Bohême. Voilà, jusqu à ce jour, à quoi se réduisent tous les fossiles à nous connus, comme provenant des formations fossilifères les plus basses d’Angleterre. Quelque réduite que soit cette liste, en comparaison de celles que fournissent la Bohême et la Suède, il nous semble cependant, que les genres Paradoxides et Olenus , caractérisant exclusivement la Faune primordiale dans ces deux dernièios contrées, sans reparaître dans la Faune seconde, on peut les considérer, jusqu’à plus ample information, comme une preuve suffisante, qu’ils représentent en Angleterre une Faune correspondante à celle que nous nommons primordiale.

La présence de Lingula Davisi dans la couche renfermant Olenus micrurus , ne nous semble pas devoir infirmer notre conclusion, lors même que cette espèce, traversant tout le Trappean group, se propagerait jusques dans la Faune seconde. Ce fait, s’il venait à se confirmer, établirait seulement une connexion spécifique entre les Faunes primordiale et seconde, qui, en Bohême, et en Suède, ne sont lieés l’une à l’autre que par la présence de quelques genres, cités ci-dessus: Agnoslus , Pugiunculus , Orthis Sec. Le genre Cruziana, des Lingula beds du pays de Galles, s’ajoutant à ceux que nous venons de nommer, ne trouble nullement l’ordre des faits connus.

Il est fort à regretter, que dans la contrée classique d’Angleterre, les circonstances n’aient pas encore permis de rappeler au jour un plus grand nombre de représentons de la Faune primordiale, qui, probablement, n’y manquent pas plus qu’en Bohême. 11 faut espérer, que le zèle éclairé qui a déjà prodiùt tant de grands résultats, sur cette terre native de la géologie, ne laissera point perpétuer les ténèbres qui voilent encore cette partie de la science.

4. Amérique septentrionale. Les seuls ce jour sur la question qui nous occupe,

documens positifs qui nous soient parvenus jusqu’à viennent de nous être transmis par M. Salter. Ce

savant nous annonce, qu’il a sous les yeux un fragment roulé de grès, provenant de l’Etat de Géorgie aux Etats Unis, et portant l’empreinte très-distincte d’un nouveau ïrilobite, qud nomme Conoceph. anliquatus. Le croquis qu’il nous donne de ce fragment, consistant dans la tête et 1 1 segmens du thorax, ne laisse aucun doute sur 1 exacte détermination du genre. Nous ajouterons meme, que cette espèce Américaine, est tellement rapprochée de Conoceph. striatus de Bohême, qu’on serait tenté, au premier coup d’oeil, d’admettre leur identité. Resterait à bien constater la provenance de ce fragment de grès, et le gisement de la couche d’où il a été détaché. C’est une tâche que les géologues Américains se chargeront sans doute d’accomplir avant peu. En Angleterre, en Bohême et en Suède, la Faune primordiale étant uniquement ensevelie dans des roches schisteuses ou calcaires, le seul tait d’une espèce de Conocephalites renfermée dans un grès, indique un nouveau gisement et nous donne 1 espoir de voir dûment confirmer sa découverte dans le Nouveau monde.

On voit dans diverses collections et notamment dans celles de 1 Ecole des Mines à Paris, et du British Muséum à Londres, sous le nom de Par ad. Harlani, des Etats Unis, un moule de Trilobite qui nous a paru identique avec Farad, spinosus, de grande dimension, tel qu on le trouve à Skrey en Bohême. — Un autre moule, provenant du même pays, sous le nom de Asaphus tetragonocephalus Green, ressemble extrêmement à Olenus gibbosus, ainsi que Burmeister l’a déjà remarqué. Si ces moules représentent réellement des fossiles de l’Amérique septentrionale, ils confirmeraient l’existence de la Faune primordiale, sur ce continent. Cependant nous n’osons considérer ce fait comme démontré, parce que J. Hall ne fait aucune mention des deux Trilobites que nous venons de nommer, dans le volume I de la Paleonlology of New York , dans lequel il décrit les fossiles de la division Silurienne inférieure. Nous sommes donc obligé d’attendre de nouveaux documens, avant de fixer nos croyances relativement à ce point important. Les autres contrées dans lesquelles la division Silurienne inférieure est plus ou moins développée, comme la France, l’Irlande, l’Ecosse, la Russie, l’Espagne et le Portuo-al n’ont encore fourni aucun vestige de la Faune primordiale. Le genre Agnosius est cependant représenté en Russie et en Irlande, mais dans la Faune seconde.

ESQUISSE GÉOLOGIQUE

Etage des Quartzites D.

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