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I. Caractères géognostiques

La dénomination detage des Quartzites que nous donnons à ce groupe de formations, ne signifie pas que les roches de cette nature le constituent à elles seules. Elles en forment le trait le plus caractéristique, en ce qu’elles composent la masse principale de sa base, et se représentent ensuite dans toute la hauteur, par de fréquentes alternances avec les formations schisteuses, jusqu’à la partie' supérieure qn’elles couronnent par une dernière apparition.

Dans le sens horizontal, l’étage D figure un ovale alongé dont la largeur maximum est d’environ 18 kilomètres, et dont la longueur dépasse 80 kilom. L’extrémité Sud-Ouest de cet ovale est aux environs de Rokitzan, tandisque son extrémité Nord-Est disparaît sous les formations Crétacées ou les alluvions,^ avant d’atteindre le cours de l’Elbe. La partie centrale de cette surface est occupée par les étages calcaires formant la division Silurienne supérieure, complètement isolée, et entourée de tous côtés par les formations de l’étage D. La partie visible de cet étage figure donc une surface annulaire alongée.

Dans le sens vertical, 1 étage D a une très-grande hauteur. Sa limite inférieure est nettement

tracée dans toute l’étendue des bandes de l’étage C, et principalement au Sud-Est de l’axe, où

les schistes argileux protozoiques sont en contact immédiat avec les quartzites superposés. Au Nord-Ouest de l’axe, la séparation entre ces deux étages n’est pas aussi absolue, mais nous l’avons placée au dessus des grandes masses de porphyre, pareeque nous voyons reparaître à cette hauteur, les formations siliceuses qui constituent la base de l’étage D de l’autre côté du bassin.

Dans toute la partie du contour où l’étage C ne se trouve plus représenté, l’étage D repose immédiatement sur les formations azoiques de l’étage B. La limite de ces deux groupes nous est indiquée presque sur toute l’étendue de leur contact, par la nature très-différente des roches

qui les constituent,^ car les schistes argileux de l’étage B contrastent avec les quartzites qui for¬

ment la base ^de 1 étage D. Cette facile distinction ne peut être' employée sur une partie du contour, où 1 étage B présente des masses de conglomérat siliceux, liées par des passages aux roches les plus basses de l’étage D. C’est ce qui a lieu sur le côté Sud-Est du bassin, vers les deux extrémités de la bande des schistes protozoïques de Ginetz , d’un côté dans les montagnes de Trzemoschna, et de l’autre dans celles du Brdi-Wald. Cette incertitude dans la limite des deux étages est purement locale, et elle n’infirme aucune de nos considérations. D’ailleurs la fréquence avec laquelle les traces de la vie organique se présentent sur la surface de l’étage des quartzites D, ne laisse pas une grande latitude aux hésitations de l’observateur.

. La Iimite supérieure de l’étage D est extrêmement distincte. Elle est formée par une masse continue de schistes à Graptolites alternant avec des Trapps, et constituant la base de l’étape calcaire inférieur E. 8

Entre les deux limites que nous venons d’indiquer dans le sens vertical, sont comprises les diverses formations de l’étage D, dont l’ensemble donne lieu à cette observation générale: que es roches de nature siliceuse dominent vers la base, tandisque les roches schisteuses tendent à se développer de plus en plus dans la partie supérieure. Nous comprenons sous la dénomination de roches siliceuses : L Le schiste siliceux (Kieselsehiefer) qui se montre en masses considérables sur le côté Nord-Ouest par rapport à l’axe, et principalement au dessus des porphyres de l’étage C. Cette roche reparaît encore à diverses hauteurs, mais surtout sur le même côté, tandisqu’elle est rare sur le côté opposé. 2. Les conglomérats siliceux analogues dans leur composition avec ceux que nous avons signalés à la partie supérieure de l’étage C. Ces roches, par opposition au Kieselsehiefer ont leur plus grand développement sur le côté Sud-Est par rapport à l’axe Elles se transforment en quartzites à mesure qu’on s’élève dans la série verticale. 3. — Les quartzites varient beaucoup dans leur apparence. Tantôt ils sont composés de grains de quartz plus ou moins distincts et cimentés par la silice, soit pure, soit plus ou moins mêlée d’argile. Tantôt a texture devient si fine, et la roche prend un aspect si vitreux et si brillant, qu’on la croirait

g g SYSTÈME SILURIEN DU CENTRE DE LA BOHÊME.

formée par une action chimique, plutôt que par un simple dépôt mécanique. Les bancs varient d’épaisseur depuis quelques centimètres jusqu’à deux mètres, et sont le plus souvent sépares par de petites couches argileuses ou schisteuses. Les diverses apparences que nous offrent ces roches, leur ont fait donner par nos devanciers les noms de Quarzfels, feinkornige Grauwacke, Sandstein, Sandsteinschiefer Sec. Nous remarquerons que le Mica se présente fréquemment en paillettes brillantes soit blanches, soit jaunâtres, dans la pâte des quartzites; mais il est ordinairement accumulé 'en plus grande abondance sur la surface des lits et des joints. Les roches Siliceuses se sont déposées avec diverses intermittences, plus ou moins marquées par des dépôts schisteux qui les séparent. Ces intermittences ont . été assez longues pour donner lieu à l’un des traits caractéristiques de cet étage, qui consiste dans des bandes siliceuses concentriques au contour, et étendues d’un bout à l’autre du bassin dans le sens de sa longueur. Elles sont toujours plus larges et plus puissantes à l’extrémité Sud-Ouest, et vont en s’amincissant vers le Nord-Est, . comme nous l’avons déjà observé au sujet des conglomérats de l’étage C. Nous aurons occasion plus tard de décrire chacune de ces bandes, mais en ce moment nous nous bornerons à indiquer la plus importante pour notre but actuel. C’est la bande qui forme les monts Ürabow, au Nord- Ouest de l’axe, et qui nous présente les traces de la vie presque les plus anciennes dans cet étage. Wesela est un des gîtes situés sur sa surface.

Les roches schisteuses de l’étage D, alternant avec les roches siliceuses, ont pour base l’argile contenant plus ou moins de silice, très-peu de calcaire, et mélangée de mica en proportions variables. Nous distinguons dans la hauteur de l’étage cinq masses schisteuses, qui méritent d être remarquées. La première peu élevée au dessus de la base de l’étage , du côté Sud-Est par rapport à l’axe, a peu de développement au milieu des conglomérats et quartzites entre lesquels elle est intercalée. Mais elle présente les premiers vestiges organiques .dans l’étage D aux environs de Hlawa près Komarow. La seconde aussi voisine de la base de l’étage, au Nord-Ouest de l’axe, se compose de schistes argileux plus ou moins fins et quelquefois satinés, dans les quels sont intercalés les schistes siliceux, (Kieselschiefer) mentionnés, ci-dessus. Ils ne nous ont fourni jusqu’ici aucun débris organique, et ils sont verticalement placés au dessous de la bande des quartzites des monts Drabow. Immédiatement au dessus de cettè bande siliceuse et alternant avec ses couches les plus élevées, se présente la troisième masse schisteuse, que nous nommerons Schistes noirs feuilletés. Cette dénomination indique assez l’apparence de cette roche, qui se délité très-aisément à l’air et se désaggrège dans l’eau. On aperçoit dans la pâte de petites paillettes de mica blanc. Cette masse schisteuse et les suivantes sont toutes fossilifères.

Si nous traversons en nous élevant une bande- de .quartzite qui recouvre généralement les schistes noirs feuilletés, nous atteignons le quatrième dépôt schisteux, que nous nommons pistes très-micacés. Cette masse est la plus considérable des cinq que nous indiquons. Elle est composée de schistes terreux, extrêmement chargés de mica. Leur pâte est de couleur gris- once, passant au noir; ils renferment beaucoup de couches isolées de quartzite plus ou moins impur, et on peut souvent observer le passage d’une roche à l’autre. Ces schistes très-nncaces ont ete ordinairement désignés par nos devanciers sous le nom de Grauwackenschiefer.

En continuant notre marche ascendante, nous trouvons en contact avec les schistes très-micacés et alternant avec eux, des schistes gris jaunâtres constituant le cinquième dépôt. Ils sont très-friables, d’une pâte très-fine, contenant très-peu de mica, et se divisant en très-minces feuillets.

Les schistes gris jaunâtres portent le couronnement très-caractéristique de 1 étage des quartzites 1). Il Consiste dans quelques bancs très-épais de cette roche, qui semblent le dernier produit des sources siliceuses, peu à peu épuisées, ^

Les diverses formations de l’étage D que nous venons d’esquisser, sont tres-apparentes, et la moindre étude du terrain peut les faire reconnaître au géologue que aurait lu nos indications. On peut les suivre sur presque tout leur contour, en se laissant guider soit par la nature des roches, soit par la forme des fossiles qu’elles renferment. Les formations calcaires qui occupent le centre de toute la surface, servent en même temps de points de repère.

ESQUISSE GÉOLOGIQUE

L’agglomération vers le sommet de l’étage I), des schistes gris jaunâtres, des schistes très-micacés, et des schistes noirs feuilletés, constitue une masse dont la puissance n’est pas moindre en général de 1000 mètres, et qui ne contient que des bandes peu développées de quartzite. Tous ces schistes étant d’une nature peu résistante, ont cédé facilement aux actions atmosphériques, et toute leur surface a subi une forte érosion, à laquelle ont résisté çà et là les bandes siliceuses intercalées. Il est résulté de cette érosion une grande dépression du terrain, ou une sorte de vallée qui suit la forme annulaire alongée de cette partie interne de l’étage D. Cette dépression est indiquée sur notre profil général, (p. 56 — 57.) A l’intérieur s’élève le massif calcaire, comme une île centrale, dont le relief atteint 100 mètres et au delà. Vers l’extérieur, au Nord-Ouest de l’axe, la bande puissante des quartzites des monts Drabow, a opposé une vive résistance aux dénudations, et sert de limite à la dépression. La limite opposée au Sud-Est, est formée par les montagnes du Brdi-Wald, dont le versant Nord-Ouest est aussi constitué par une bande de quartzite, que nous considérons comme symétrique à celle des monts. Drabow, par rapport à l’axe.

Avant de terminer cette esquisse géognostique de l’étage D, nous devons faire observer au lecteur que nous n’avons signalé l’existence d’aucune formation calcaire, ni dans ce groupe, ni dans les groupes inférieurs C. B. A. Le manque de cette roche est un trait caractéristique de toute notre division inférieure, et peut servir à expliquer en partie, les contrastes que présente sa Faune avec celle des formations de la même périodp, dans diverses autres régions Siluriennes. Cependant nous devons constater dans l'étage D, l’apparition du calcaire un peu plus abondante que dans les groupes déjà décrits. D’abord, dans les formations schisteuses que nous avons nommées : schistes noirs feuilletés , schistes très-micacés, et schistes gris jaunâtres, nous rencontrons çà et là aux environs de Béraun, Praskoles, &c. des sphéroides plus ou moins volumineux, qui contiennent souvent une forte proportion de Carbonate, de chaux. Nous remarquons que d’autres sphéroides entièrement semblables par leur forme et leur gisement, sont complètement dépourvus de cette substance. Mais il existe deux dépôts très-remarquables de sphéroides calcaires, intercalés au milieu de la hauteur des schistes très-micacés, et placés symétriquement l’un de chaque côté de l’axe, comme pour attester leur origine contemporaine. Ces deux dépôts se trouvent à Ta dis tance d’environ 6 kilomètres au Sud-Ouest de Prague, et sont l’un et l’autre logés dans une masse de schistes à Graptolites, entièrement semblables à ceux qui forment la base de la division supérieure. Chacune de ces masses a la forme d’une grande lentille, longue de quelques centaines de mètres, mais en partie cachée sous le sol. L’un de ces dépôts est presque parallèle à la route de Prague à Béraun, et se voit aisément près du village de Mottol, au Nord de la chaussée. Il est accompagné par une masse de Trapp, dans toute son étendue longitudinale. Dans ces dernières années il a été entamé par une tranchée, sur le nouvel embranchement qui unit cette route au Weissenberg, près de l’auberge dite Béranha. Ces travaux nous ont fourni l’occasion de briser un assez grand nombre de sphéroides calcaires, qui nous ont fourni divers fossiles exactement semblables à ceux qui caractérisent notre étage calcaire inférieur E.

L’autre dépôt de même genre, est beaucoup moins accessible, et nous ne le connaissons que par une coupe transversale que nous présente le côteau escarpé qui s’étend parallèlement à la Moldau, à quelques centaines de mètres en amont de Gross-Kuchel, le long du chemin de Badotin. Ici les sphéroides calcaires atteignent un diamètre qui dépasse souvent 60 centimètres. Ils contiennent les mêmes fossiles que ceux des environs de Mottol, mais beaucoup plus rares.

Enfin nous rappélerons qu’une couche mince de calcaire, mentionnée dans notre Notice préliminaire (p. 25.), a été observée par le Prof». Zippe, au milieu du même étage D, dans les tranchées de la route de la Bruska, dans l’enceinte de Prague. Ce calcaire dont les fragmens ont été conservés, contient aussi des fossiles semblables à ceux de l’étage calcaire inférieur E. Nous allons revenir sur ce sujet en indiquant les rapports de l’étage E avec les étages contigus D — F.

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