C. Impressions auxiliaires de la glabelle
Nous remarquons sur la glabelle de divers Trilobites des impressions plus ou moins profondes, qui se présentent toujours symétriquement par rapport à l’axe lorsqu’elles existent, et qui
semblent avoir une origine analogue à celle des sillons latéraux. Ces impressions ne se montrent
cependant que dans une partie des espèces de certains genres. Ainsi, presque toutes les Dal-
mania ont sur leur lobe frontal, au moins un cavité placée vers l’arrière de ce lobe. D’autres en
portent trois disposées en triangle. Dans quelques unes, nous trouvons jusqu’à cinq cavités de cette nature. On les reconnaîtra aisément en jetant un coup d’oeil sur les Planches (24 à 27) qui représentent ce genre.
Parmi les Proetus , dont les sillons latéraux n’ont ordinairement presque aucune profondeur, les impressions auxiliaires se manifestent aussi par une teinte foncée, ou l’absence, des ornemens du test, qui fait reconnaître le cours des sillons (PL 15 à 17). Nous en avons reconnu de semblables
dans Pr. Bohémiens, et Pr. neglectus, mais seulement dans les fragmens les mieux conservés, car
la moindre détérioration de la surface les fait disparaître. Bront. viator. porte également une impression auxiliaire de chaque côté de l’axe, vers la base de la glabelle (PL 47).
D. Direction des sillons latéraux de la glabelle.
Si l’on suit les sillons latéraux, à partir du flanc de la glabelle vers l’intérieur de celle-ci, on les voit ordinairement inclinés de l’avant vers l’arrière. Cette inclinaison varie suivant les genres, et nous ne la trouvons pas constante dans les espèces congénères. Ainsi Cheirurus elaviger a les 2 sillons antérieurs inclinés à partir du sillon dorsal, d’avant en arrière, ainsi que la plupart des espèces congénères ; mais Ch. gibbus a ces mêmes sillons perpendiculaires à l’axe. Cet exemple suffit pour montrer quelles variations peuvent avoir lieu, dans la direction des sillons (PL 40 à 42).
E. Etendue des sillons latéraux de la glabelle.
Tantôt les sillons correspondans de chacun des flancs de la glabelle restent séparés les uns
des autres par un certain intervalle, tantôt leurs extrémités intérieures se touchent, de sorte que
les deux sillons d’une même paire en se réunissant, forment une seule rainure transversale, plus ou moins brisée au milieu , en forme de chevron, dont le sommet se trouve sur l’axe. Quelquefois au lieu d’un chevron, on voit une rainure en ligne droite.
Le genre Cheirurus nous montre toutes les variations qui peuvent se voir sous ce rapport. Dans Ch. claviger, Ch. globosus &c. les sillons des trois paires restent complètement séparés sur le milieu de la glabelle. Nous voyons dans Ch. insignis la paire postérieure réunie sur l’axe ; dans Ch. Sternbergi et Ch. gibbus, les trois paires sont dans le même cas. Parmi les Paradoxicbes, toutes les espèces ont les deux sillons postérieurs confluens ; et lorsqu’il existe deux paires antérieures, elles restent divisées, comme dans Parad. spinosus. Boeck. D’après ces exemples et d’autres que nous pourrions ajouter, on peut remarquer que la réunion des sillons n’a jamais lieu pour la paire antérieure seule, les autres paires restant isolées. Cette réunion procède au contraire de l’arrière vers l’avant.
$. 3. Lobes latéraux de la glabelle.
Les lobes étant toujours déterminés par les sillons dont nous venons d’analyser les formes, nous n’aurons que peu de mots à ajouter à leur sujet. Lorsque les sillons ont peu de profondeur, les lobes ne sont qu’indiqués. Quelquefois même cette indication ne s’opère que par des lignes, qu’on soit à peine sur la surface du test, comme dans les Phacops du groupe de Pli. latifrons , et dans divers Proetus. Mais lorsque les sillons sont profonds comme dans les Calymene, les lobes se détachent par leur relief, sur chacun des flancs de la glabelle, et ils forment des protubérances plus ou moins arrondies.