‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 72 sur 469 · PI. 2 A. 2 B · texte numérisé non relu

PI. 2 A. 2 B

La carapace céphalique des Trilobites est sillonnée par des sutures ou joints , qui lui permettent de se décomposer en diverses pièces. Le nombre et le tracé de ces sutures variant entre certaines limites, offrent des caractères utiles et plus ou moins tranchés, pour la distinction des types génériques, et aussi quelquefois pour celle des formes spécifiques. Elles doivent

donc attirer toute notre attention. — Nous avons figuré sur les planches 2 A — 2 B 3. toutes

les sutures observées dans les 45 genres de Trilobites que nous considérons dans nos études. ]Nous prions le lecteur, en lisant ce chapitre, de consulter ces planches, ainsi que les explications qui les accompagnent.

Comme on n observe aucune suture dans l’enveloppe des Crustacés vivans, on est réduit à des conjectures pour expliquer leur existence dans les Trilobites. Le Profil. Burmeister pense, qu elles étaient destinées à laciliter un léger mouvement entre les diverses parties de la tête lorsque 1 animal s’enroulait, afin qu’il put couvrir plus aisément toutes les parties molles, telles que les pattes branchiales, natatoires &c. enfermées entre la tête et le pygidium. ( Or y. d. Trilob. p. 26.) Peut-être pourrait-on penser avec autant de vraisemblance, que les sutures n avaient d autre but, que celui de faciliter la mue. Cette question rentre dans le domaine de la zoologie, à laquelle nous la livrons.

Le sujet des sutures donnera lieu aux études suivantes:

§. 1. Aperçu historique sur les diverses sutures.

§. 2. Définition des noms jusqu’ ici employés.

§. 3. Affinités et indépendance réciproque des sutures.

§. 4. Grande suture des Trilobites, comprenant les sutures dites: faciale, marginale et rosir ale.

§. 5. Suture hypostomale.

§. 6. Sutures de jonction, jumelles et médiane.

§. 7. Suture sub-oculaire.

§. 8. Suture anomale.

§. 9. Nombre des pièces constituant la carapace céphalique des Trilobites.

§. 10. Valeur des caractères fournis par les diverses sutures.

§. 1. Aperçu historique sur les diverses sutures.

1810. La plus ancienne observation que nous connaissions de cette suture , se trouve sur la figure de Entomol. paradoxus donnée par Blumenbach. ( Abhild . Naturh. Gegensl. pl. ôO.)

1821. Wahlenberg a indiqué la suture faciale dans son principal travail sur les pétrifications de la Suède, imprimé en 1818. Il s’est borné à la tracer sur la tête de quelques espèces, telles que Entomol. spinulosus , sans y attacher grande importance, car son texte en fait à peine mention. Dans un mémoire additionnel, qui a été publié avec le premier en 1821, il s’est principalement attaché à décrire ce qu’il nomme: line a ocularis, dans six ïrilobites divers de la Suède, et il a ainsi introduit réellement F observation de ce caractère dans la science. (Nov. act. Ups. VIII. p. 294.)

1822. Alex. Brongniart a également observé et figuré la suture faciale sur plusieurs espèces et notamment sur Ogygia Guettardi et Asaph. cornigerus. Cependant, il n en a tiré aucun parti pour la classification des genres et espèces. Il a aussi reconnu la suture rostrale dans les Calymènes, mais il lui a donné une fausse interprétation. ( Crust . foss.)

1822. Ch. Stokes figure une tête de As. plalycephalus (Isol gigas ) sur laquelle on reconnaît la suture hypostomale et la suture médiane de jonction qui F unit avec la suture faciale. ( Trans . geol. Soc. vol. I. sér 2 p. 208. PI. 27 .)

1825. Le Profit. Eichwald nous paraît avoir été le premier, qui a employé la suture faciale comme caractère générique, en définissant le genre Cryplonymus , depuis lors abandonné. (Geo g. Zool. A de Trïlob. observ. p. 44.)

1826. Dalman, dans ses définitions terminologiques, reconnaît toute F importance de la ligne faciale, pour distinguer entr’ elles les especes. Néanmoins, il n’ en fait aucun usage comme caractère générique. (Palaeaden p. 12.)

1830. Pander fait ressortir la différence résultant de la suture faciale, dans la conformation des Asaphus et des Illaenus , et il considère les pièces latérales de la tête, comme des mâchoires plus ou moins mobiles, dans ces deux genres. (Beilr. %ur Geogn. Russl. p. 124.)

1839. Emmrich , dans sa dissertation sur les Trilobites, énonce en principe, que la suture faciale diffère dans les divers genres, et il employé ce caractère dans la définition de la plupart des types qu’ il admet. (De Trilob. dissert.) Dans un second mémoire (Jahrb. 1845) le même savant décrit isolément le cours de chacune des parties de la suture faciale, en avant et en arrière de l’oeil, dans divers genres. En comparant ces élément, il est amené à considérer le cours de la partie postérieure comme offrant le caractère le plus important.

1840. Le Profit. Broun décrit et figure la suture faciale d’un Ilomalonotus (Dipleura) des Etats-Unis d’Amérique, et il observe les branches qui semblent la prolonger sous la partie antérieure de la tête. (Jahrb. p. 449.)

1843. Portlock définit la suture faciale et analyse les opinions émises à ce sujet, par les paléontologues antérieurs. (Geol. Rep. p. 250.)

1843. Le Profit. Burmeister étudie en détail les sutures des Trilobites. Il décrit le cours de la suture faciale dans les genres les plus connus, et il signale la suture rostrale (Sclmaulzennahl) dans Illaenus comme dans Calymene. Nous avons déjà indiqué le but qu il suppose aux sutures dans les Trilobites. (Organ. der Trilob. p. 23.)

1845. Le Profit. Lovén considère la suture tracée sur F arête externe du limbe des Trinucleus comme représentant la suture faciale des autres Trilobites et il indique une nouvelle suture entre la glabelle et le limbe des Harpes. (Ofv. af Kong!. Vel Ac. Fôrh. p. ,104.)

1846. Le Profit. Beyrich exprime des vues opposées à celles du Profit. Lovén sur la suture des Trinucleus . qu’il nomme marginale (Randnahl) et qu’il admet comme différente delà suture faciale. ( Uni. üb. Trilob. II. SI. p. 29.) Dans le même mémoire (p. 17.) F existence

SUTURES UE LA TÊTE DES TRILORITES

d une suture sub-oculaire est indiquée par le savant auteur, au sujet des yeux béans, tels que ceux de Calymene, Arc.

1847. Le U o et,!. A. de Volborth observe la suture faciale de Ampyx nasutus, c. à. d. d’un Trilobite dépourvu d’yeux. ( Verh . d. k. Min. Ges. S1. Péter sb .)

1848. Le Prof... Kutorga signale la présence de la suture sub-oculaire ( âussere Augen— natlï), dans divers Trilobites des genres: Illaenus , Asaphus, Cheirurus, Proetus, et Phacons. (Verh. d. k. Min. Ges. S1. Pelersb.)

1850. Le Prof„ MacCoy anafyse la tête des Trilobites et considère la suture faciale comme la ligne de séparation entre le premier et le second segment céphalique , analogue à la division entre deux segmens consécutifs du thorax. (Massif. of. Brit. Crust. — Ann. and Maq. Nul. hist. Ser. 2. vol. IV. p. 396.)

S- 2. Définitions.

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