‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 73 sur 469 · PL 2 A. 2 B · texte numérisé non relu

PL 2 A. 2 B

Les sutures définies jusqu’ à ce jour ont été nommées d’ après la position qu’ elles occupent sur la surface de la tête. Nous constaterons d’abord le sens attaché à leur nom, par les paléontologues qui nous ont devancé, ou par nous même. 1. La suture faciale (sutura facialis Daim an}, la plus apparente et la plus facile à observer, est tracée sur la paroi céphalique supérieure ou dorsale. Elle se compose de deux branches, qui, vers l’arrière, aboutissent toujours a des points différens et symétriquement placés sur le contour, soit latéral, soit postérieur de la tête. Vers l’avant, ces deux branches sont tantôt réunies autour de la glabelle, comme dans Asaphus, Pliacops, Dalmanites, Homalonotus, Arc.; tantôt au contraire, elles restent isolées, et coupent le contour frontal en des points également distans de l’axe, comme dans Illaenus j Paradoxides , Proetus , &c. (Burmeister? Beyrich etc.)

2. La sutur e marginale ( Randnaht , Beyrich) est tracée sur I’ arête saillante du contour, c. a. d. sur la ligne plus ou moins nettement déterminée, qui forme la limite entre la paroi supérieure et la paroi inférieure, ou doublure de la tête, comme dans Trinucleus, Harpes A :. ( 1. 2 B.) Sui les figures, cette suture se confond avec la ligne qui forme le contour céphalique.

3. La suture rosir ale ( Schnautzennaht , Burmeister, Beyrich) est placée à une distance variable au dessous de l’ arête saillante du contour, sur la doublure sous-frontale, qu’ elle divise en deux zones concentriques. On peut 1’ observer sur Calymene , ConocephalUes , Bronleus et Illaenus (PL 2 B.).

4. La suture hypostomale sépare 1’ hypostôme de la doublure sous-frontale. Elle occupe, P31’ rapport au bord frontal, une position plus reculée que celle des sutures marginale ou rostrale, avec 1 une desquelles elle coexiste dans certains genres. On voit la suture hypostomale sur presque tous les Trilobites et elle est figurée dans les Phacops, Dalmanites, Remopleurides, A:c. (PI. 2 A. 2 B. 3.)

Les sutures marginale, rostrale, et hypostomale, sont à peu-près concentriques au contour frontal.

5. Sutures de Jonction. Nous nommons ainsi les joints qui unissent les sutures faciale, marginale ou rostrale avec la suture hypostomale. Lorsque ces lignes de jonction sont au nombre de deux, symétriquement situées par rapport à l’axe, sur la doublure sous frontale, comme dans Proetus , ConocephalUes, Calymene A c. (PI. 2 B.) nous les distinguons par le nom de sutures ou branches Jumelles.

Dans quelques genres, les deux branches de jonction sont représentées par une seule ligne ingee suivant I axe, et unissant la suture faciale avec la suture hypostomale, comme dans Asaphus, et Encrinurus. Dans ce cas, nous nommons celte branche unique suture médiane.

6. La suture sub-oculaire ( üussere Augennaht , Kutorga) sépare la paroi visuelle de sa base. (Beyrich.) Elle est donc toujours tracée sur la paroi supérieure de la tête.

7. Suture anomale. Nous désignons provisoirement par ce nom un joint qui parait exister uniquement dans le genre Harpes et qui suit l’angle rentrant ou ligne de séparation entre le pied du talus de la tète et le limbe perforé qui 1’ entoure. (PI 2. B.) iLovén 1845. ofv .)

D’ après les noms et définitions qui précèdent, on voit, que les diverses sutures portent des dénominations qui leur assignent une position particulière et exclusive, sur la carapace céphalique, et qui semblent constater leur mutuelle indépendance. Cette nomenclature est le résultat naturel et inévitable des découvertes successives et partielles faites par divers savans, sur un nombre plus ou moins limité de Trilobites. C’ est la marche habituelle de toute science d’ observation, où 1’ établissement des faits isolés conduit peu à peu aux vues générales. Etant pourvu de beaucoup plus de matériaux et de documens que nos doctes devanciers, nous allons rechercher, s’il ne serait pas possible de réduire le nombre des sutures considérées jusqu’ici comme indépendantes les unes des autres. Cette réduction se trouvera effectuée, en établissant, que les sutures dites faciale, marginale et rosir ale ne sont que les diverses parties d’ un seul et même joint, dont les branches et le sommet subissent différentes évolutions. Nous nommerons ce joint, considéré dans son ensemble: grande suture des Trilobites. En constatant ce fait, nous aurons occasion d’observer que les autres sutures, savoir: les sutures de jonction, la suture hypostomale et la suture sub-oculaire , restent indépendantes, aussi bien de la grande suture, que l’ une de 1’ autre. — Tel est le sujet du paragraphe qui suit. Le lecteur nous suivra aisément dans nos considérations, s’ il veut bien ne pas perdre de vue les définitions qui précèdent, et les figures tracées sur nos planches 2 A. 2 B. et 3. Les explications placées en regard de chacune de ces planches contiennent la nomenclature et indiquent la signification des diverses lettres et notations au moyen desquelles nous déterminons le coins des sutures sur la tête des Trilobites.

g. 3. Affinités et indépendance réciproque des sutures.

I. Le genre Remopleurides nous présente, dans 1’ espèce Bohême Rem. radians, une combinaison de sutures qui nous paraît la plus simple de toutes, et que, pour ce motif, nous choisissons comme point de départ. Sur la surface supérieure de la tête de ce Trilobite (PI. 2 A. fig. 1.), on voit la grande suture sous la forme la plus concentrée que nous connaissions. Elle suit le contour immédiat de la glabelle, et figure parconséquent une courbe o\ alaire . piesque complètement fermée, car les extrémités postérieures des deux branches, (les points ®, ») tombant chacun dans 1’ un des sillons dorsaux, ne sont séparés que par la largeur de 1’ axe , sur 1 anneau occipital. Si nous observons maintenant la surface inférieure de la tête (PL 2 A. fig. 2) nous y trouvons une seule suture, la suture hypostomale. Dans ce cas on pourrait diie, que la grande suture et la suture hypostomale sont antipodes, sur le disque céphalique. Elle correspondent verticalement l’une à T autre par leur sommet, car 1’ hypostôme est soudé au contour antérieur de la glabelle. En considérant la distance de ces deux sutures à traders la tète , elles ne sont séparées que par 1’ épaisseur du limbe , puisque 1 une est tracée sur la paroi dorsale de ce limbe, et l’autre sur la paroi de sa doublure. Mais si on mesure la distance entre les sutures sur la superficie céphalique, comme nous devons le faire pour les considérations qui suivent, les sommets opposés des deux sutures en question sont encore a une grande distance, comparativement à celle que nous constaterons dans d autres Trilobites. Cette distance se compose de la double largeur du limbe frontal, l’une sur la surface supérieure, lautie sur la doublure. — Aucune suture de jonction n’ ayant pu être observée jusqu’ ici entre les deux sutures comparées, dans Rem. radians, nous sommes fondé à croire qu’ une semblable jonction n’ existe pas réellement.

Ces faits nous semblent suffisamment démontrer la complète indépendance de la grande suture, et de la suture hypostomale. Cette indépendance fondée sur leur coexistence et leur

SUTURES DE LA TÈTE DES TRILOBITES

isolement réciproque dans 1’ exemple choisi et dans beaucoup d’ autres qui vont suivre , nous empêche de pouvoir jamais les confondre en une seule. Lorsque, dans certains genres, nous les recontrons accidentellement tracées sur une même courbe et coïncidant sur tout ou partie de leur étendue, nous ne devons pas perdre de vue leur distinction virtuelle, que nous venons de reconnaître.

II. Le second groupe que nous observerons, se compose des genres suivans, dont chacun est représenté par un ou deux types sur la planche 2 A.

Nil eus.

Symphysurus

IInmalonotus

Encrinurus.

Cromus.

Pliacops.

Dalmanites.

Nous choisissons ces genres, parceque leur grande suture, bien que très-diverse dans ses apparences, conserve un important caractère, témoignant son identité avec celle de Remopl. radians ; qui nous a servi de point de départ. Ce caractère consiste en ce que le sommet de cette courbe se maintient dans sa station faciale , c. à. d. sur la surface supérieure de la tête.

Cette uniformité, non dans la forme , mais dans la station faciale du sommet de la grande suture, contraste avec la diversité que nous montre le tracé de ses deux branches, sur la surface céphalique et la position de leurs extrémités postérieures (M a>) sur le contour de la tête, dans les 7 genres considérés. L’ ordre suivant lequel nous avons nommé ces types est fondé sur f écartement croissant des points œ « à partir du sillon dorsal, limite extrême où nous les avons vus, dans Remopl. radians. A mesure que les deux branches de la suture divergent entr’ elles, les points m M sont d’abord placés sur le bord postérieur de la tête, dans Nileus et Symphysurus ; puis, franchissant l’angle gênai D, dans Homalonotus, Encrinurus et Cromus, ils s’élèvent sur le bord latéral, vers le front, jusqu’à peu de distance du point L. c. à. d. de la projection latérale du centre de l’œil, dans Pliacops et Dalmanites. ■ —

Parmi les 7 genres qui nous occupent, il existe une suture médiane de jonction, entre le sommet de la grande suture et la suture hypostomale, dans Encrinurus et peut-être dans Cromus. Nous croyons reconnaître, comme le Prof». Bronn, des sutures jumelles de jonction sur Homalonotus (Dipl.) Dekayi. Les genres Phacops et Dalmanites sont totalement privés de ces sutures, et il paraît que Nileus armadillo et Symphys. (Nil.) palpebrosus sont dans le même cas, suivant les figures données par Angelin (Pal Suec. PL XVI.).

Ces observations confirment d’ abord l’ indépendance réciproque de la grande suture et de la suture hypostomale, aussi isolées l’une de l’autre dans ce groupe, que dans Remopl. radians. En second lieu, l’existence des sutures de jonction dans certains genres, et leur manque complet dans d’ autres démontre leur indépendance par rapport au deux sutures entre lesquelles elles sont occasionnellement tracées. — Enfin, les grandes variations qu’éprouvent, dans leur forme et leur position, les branches de la grande suture, nous disposent à concevoir, que le sommet de la courbe à laquelle elles appartiennent, pourrait bien aussi être soumis à une évolution particulière, sur la surface céphalique.

III. Examinons maintenant les genres: Asaphus , Oyyyia et Cheirurus. (PI. 2 A.)

Dans Asaphus, les diverses espèces considérées sous le rapport de la forme et de la position du sommet de la grande suture, se rangent en 3 groupes dont les tjqies sont:

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