Triarthrus
Les sutures de jonction se présentent le plus souvent sous la forme de branches jumelles, et dans ce cas, elles correspondent ordinairement à la station marginale ou rostrale <Je la grande suture. Dans Homalonolus , seulement, et dans le groupe de Cheirurus yibbus, insigms <fcc. elles coexistent par exception, avec la station faciale de ce joint. — Par opposition, nous voyons ordinairement la suture de jonction médiane correspondre à la station faciale de la grande suture. Dans le seul groupe de As. lyrannus, la station marginale de celle-ci coexiste avec une ligne médiane de jonction. D’ après ces observations, il est clair que les branches jumelles sont presque toujours tracées complètement sur la doublure sous frontale, et que la ligne médiane de jonction apparait occasionnellement, sur la paroi supérieure de la tête.
SUTURES DE LA TÊTE DES TRILOBITES
,§'. 7. Suture sub - oculaire.
Nous avons cité dans l’ aperçu historique les documens d’ après lesquels nous admettons F existence de ce joint: d’abord la remarque du ProU Beyrich au sujet des yeux béans de Calymene , et puis les observations directes du Prof.r Kulorga. Ce dernier savant a décrit et figuré la suture sub-oculaire, sous le nom de aussere Augennaht, pour les espèces suivantes: Illaen. tauricornis, III. crassicauda, Proet. concinnus, deux espèces de Cheirurus non nommées, des environs de St. Pétersboüg, et un Phacops indéterminé de F Esthonie. D’après ces faits, il existe à la base de la paroi visuelle une suture qui, par suite de la décomposition, lui permet de se séparer de la joue mobile, à laquelle elle est soudée. La suture sub-oculaire parcourt la moitié inférieure du périmètre de la surface réticulée, tandisque la branche faciale de la grande suture en contourne la moitié supérieure. Il y a nécessairement deux points de contact l’un à l’avant, l’autre en arrière, entre ces deux sutures. On pourrait donc admettre, comme Font indiqué plusieurs savans, que la paroi visuelle est intercalée dans un hiatus de la branche faciale, qui se bifurque et forme une sorte de grande maille, dans laquelle la surface réticulée se trouve comme encadrée. Celte manière de voir nous semble suffisamment justifiée par la conformation observée dans Deiphon Forbesi et décrite ci-après, (p. 814.)
L’ état de conservation des Trilobites de Bohême ne nous permet pas d’ étendre le nombre des faits constatés par le Prof.r Kutorga. Nous apercevons, il est vrai, au pied de la surface visuelle de Cheir. insignis , un sillon très-faiblement marqué, mais nous n’oserions affirmer, que c’ est la suture en question. Un grand nombre de nos Phacops et Dalmaniles ont conservé leurs yeux, sans que leur base nous permette de voir la moindre trace d’un joint, sur la superficie intacte du test. On sait d’ailleurs, que dans ces deux genres et surtout dans le premier, le cours des branches faciales de la grande suture elle même est souvent difficile à reconnaitre. B ne serait donc pas étonnant, que la trace de la suture sub-oculaire fût souvent insaisissable. Dans les genres Bronteus, Proelus , Acidaspis, Cheirurus, Illaenus ÿc. SiC. dont la grande suture est au contraire toujours très-apparente, nous ne pouvons cependant apercevoir aucun vestige d’un joint sous l’oeil. Il n’est pas rare de trouver la joue mobile des espèces de ces genres, isolée de la tête et portant la paroi visuelle parfaitement conservée. Ce fait induirait à croire, que leur suture sub-oculaire, si elle existe, s’ouvrait beaucoup moins facilement que dans les Calymene. Nous avons même recueilli la joue mobile de Calym. pulchra , conservant encore la surface réticulée de l’œil, et nous l’avons figurée PI. 19. Fig. 6. Il parait donc que la soudure de F œil sur sa base offrait une solidité très-variable dans les divers genres , et que les circonstances dans lesquelles a eu lieu la décompositon des Trilobites, a aussi exercé une grande influence sur la séparation plus ou moins complète des diverses pièces constituant leur carapace.
§. 8. Suture anomale.
Nous avons ainsi nommé la suture indiquée d’ abord par le Profr. Lovén , dans F angle rentrant entre la surface de la glabelle et le limbe des Harpes. Nous avons déjà exposé cidessus le peu de connaissances que nous avons pu acquérir jusqu’à ce' jour sur ce joint, qui parait exister uniquement dans le genre que nous venons de nommer.
§. 9. Nombre des pièces constituant ta carapace céphalique des Trilobites.
Ce que nous avons déjà dit sur la position instable du sommet de la grande suture, et sur les sutures de jonction, tantôt nulles, tantôt jumelles, tantôt concentrées en une branche médiane, suffit pour faire concevoir, que le nombre des pièces qui composent la carapace céphalique des Trilobites doit être variable. Le chiffre de ces pièces oscille entre 1 et 5, dans
1’ ensemble de la tribu. Le tableau suivant expose le nombre et la nature de ces élémens dans la tête des divers genres ou espèces. En général, le chiffre des pièces reste constant, dans un même genre, mais nous trouvons cependant quelques exceptions à cette règle, notamment dans le genre Acidaspis } dont deux espèces déjà citées (p. 12 5.) sont dépourvues de la grande suture, (voir les groupes IL et X. du tableau ci-dessous.)
Le lecteur remarquera, que nous établissons onze groupes distincts, pour avoir égard, soit aux diverses combinaisons des sutures, soit au nombre différent des pièces constituant la tête. Ces onze groupes ne comprennent ensemble que 31 genres sur 4 5 que nous embrassons dans nos études. Il en reste donc 14 qui ne sont pas classés dans notre tableau, parceque nous ne possédons pas des documens suffisans sur leurs sutures; ce sont ceux dont les noms suivent:
Aeglina.
Hydrocephalus.
Peltura.
Arethusina.
Liclias.
Phillipsia.
Griffithides.
Olenus.
Sao.
Harpides.
Sphaerexochus.
Staurocephalus.
Telephus.
Triarthrus.
Sutures coexistantes.
Genres et espèces.
Pièces constituant la tête.
Observations.
Aucune suture?
Agnostus.
1 seule pièce?
L’hypostôme est inconnu dans ce genre.
Suture hypostomale, seule. |
Placoparia.
Acidaspis. (pars. voirX.) Verneuili.
vesiculosa.
Dindymene. |
1 pièce dorsale.
1 hypostôme.
L’ hypostôme de Dindymene étant inconnu, son existence est admise par analogie.
Suture hypostomale, grande suture. Stat. I. <
Remopleurides. !
Phacops.
'Dalmanites. ^
iNileus.
Symphysurus. i
1 pièce centrale (glabelle et joues fixes.)
1 pièce externe, (joues mobiles unies, avec leur doublure.)
1 hypostôme.
Nileus et Symphysurus sont réunis à ce groupe, d’après les figures données par Angelin (Pal.
Suec. PL 16. Fig. 5. c.
et 4. b.)
Suture hypostomale, grande suture, Stat. IL
Trinucleus.
Dionide. y
Ampyx?
1 pièce dorsale (glabelle, joues et | limbe.)
1 doublure du limbe.
! 1 hypostôme.
Aucune suture de jonction n’a été constatée jusqu’ ici sur Ampyx.
Suture hypostomale, grande suture, Stat. IL suture anomale. |
Harpes. i
1 pièce centrale (glabelle et joues)
| 1 limbe.
1 doublure du limbe.
1 hypostôme.
Suture hypostomale, grande suture, Stat. II.
Paradoxides. \
1 pièce centr. (glab. et joues fixes).
2 joues mobiles isole'es, chacune avec sa doublure.
1 hypostôme.
SUTURES DE LA TÈTE DES TRILOBITES
Sutures coexistantes.
Genres et espèces.
Pièces constituant la tête.
Observations.
Suture hyposlomale, grande suture, Stat. I.
sut. de jonction, médiane.
' Asaphus ( pars . voir. VIII.) | expansus, exlenuatus.
nobilis.
platycephalus.
(Encrinurus.
Cromus ?
Suture hypostomale, Asaphus (pars, voir VII.)' grande suture, Stat. IL < tyrannus.
sut. de jonction^ méd.
ingens.
Suture hypostomale, grande suture, Stat. I.
sutures de jonction, jumelles.
Suture hypostomale, grande suture, Stat. IL sutures de jonction, jumelles.
Suture hypostomale, grande suture, Stat. III.
sutures de jonction, jumelles.
tCheirurus {pars, voir!.) insignis.
gibbus.
JHomalonotus.
Acidaspis {pars, voir II.) I ICheirurus (pars, v oir IA.) claviger.
Sembnitzki.
jDeiphon.
fOgygia. ( pars .)
Buchi.
Fortlocki.
1 Amphion.
Arionellus.
i Bronteus.
Calymene.
/Conocephalites.
Cyphaspis.
jEIlipsocephalus.
(Illaenus.
Proetus.
i Zethus.
1 pièce centrale (glabelle et joues fixes).
2 joues mobiles, isolées, chacune avec sa doublure.
1 hypostôme.
1 pièce centr. (glab. etjoues fixes).
2 joues mobiles, chacune avec sa doublure.
1 hypostôme.
1 pièce centr. (glab. etjoues fixes).
2 joues mobiles, isolées, avec leur doublure.
1 pièce sous-frontale.
1 hypostome.
1 pièce centrale (glabelle etjoues fixes.)
2 joues mobiles isolées, chacune avec sa doublure.
1 pièce sous-frontale.
1 hypostôme.
1 pièce centrale (glabelle etjoues fixes).
2 joues mobiles isolées, chacune avec sa doublure.
1 pièce sous-frontale.
1 hypostôme.
La suture médiane de jonction est admise par analogie, dans Cromus.
Les sutures de jonction n’ayant pas été observées directement sur Ogyg.Buchi et Portlocki, il peut rester un doute sur ce groupe et à plus forte raison sur celui de Ogyg. dilatata.
§. 10. Valeur des caractères fournis par les diverses sutures de la tête des Trilobites.
— 1. La grande suture, ainsi que nous l’avons déjà indiqué ci-dessus, établit un lien de famille entre les genres, surtout si on considère la station des extrémités postérieures (ai w) de ses branches faciales. Cependant, ce caractère n’est point exclusif, car nous reconnaissons comme familles indépendantes des groupes dans lesquels cette suture présente un semblable cours, comme la famille
des Paradoxidesj celle des Acidaspis, celle desLichas ÿc 2. Saufles anomalies signalées, (p. 12 9)
la grande suture restant constante dans un même genre, doit puissamment contribuer à circonscrire les limites des types génériques. Elle ne saurait néanmoins prédominer sur 1’ ensemble des caractères fondés sur tous les autres élémens du corps , puisqu’ elle n’ offre aucune variation notable, dans des genres essentiellement distincts, tels que ceux que nous venons de nommer.
— 3. La suture hypostomale ne peut avoir qu’ une valeur très-secondaire dans la détermination des Trilobites, d’abord parcequ’il est rare de pouvoir l’observer, et en second lieu, parcequ’ étant comprise dans le contour de l’hypostôme, elle se trouve appréciée avec cette pièce, qu’ on rencontre le plus souvent isolée.
— 4. Les sutures de jonction jumelles offrent si peu de variété, qu’elles ne peuvent fournir presque aucun moyen de distinction entre les Trilobites. Leur réunion, sous la forme d’une seule ligne médiane, devient un caractère générique important, mais limité a quelques types cités.
— 5. La suture sub-oculaire , si l’on admet son existence seulement dans une partie des Trilobites, devient un caractère utile, mais très-difficile à constater. Si 1’ on reconnaît que cette suture est commune à toute la Tribu, son importance s’ évanouit.
— 6. La suture anomale n’étant indiquée jusqu’ici que dans le genre Harpes , resterait un fait isolé, même s’il se confirme.