‹ Systême silurien du centre de la BohêmeChapitre 9 sur 469 · II · texte numérisé non relu

II

Cord.

Barr.

Barr.

Barr.

généralités.

Barr.

Bohemicus

Boeck.

sp.

Sacheri

Barr.

spinosus

Boeck.

sp.

llàl3

rotundatus

Barr.

inflatus

Cord.

imperialis

Barr.

1 carens

1 |hirsuta

orphanus

pusillus

rugulosus

desideratas

Lyelli

expectans

Barr.

Barr.

Cord.

Barr.

Barr.

Gem e Hydi ocephalus. Bdrrsnde. — générantes

Barr. | 377 | 49 || 2|Saturnoides Barr.

Genre Sao. Barrande. — généralités. . .

Barr. I 384 I 7 ||

SSSt Famille.

Genre Paradoxides. Brongniart. - généralités.

Page

Planche

XYÏ

Genre Arionellus. Barrande. — généralités .

Page 1

Planche 1

l|ceticephaliis Barr.

llHoffi

Genre Ellipsocephalus. Zenker. — généralités

Sclilot. sp. | 413 | 10

Genre Conoceplialiles. Zenker. — généralités .

Sulzeri

Sclilot. sp.

coronatus

Barr.

striatus

Emmrichi

ÏY:. Famille.

1 [seul p tu s 2 Ryckholti.

frontalis superstes myops unguloides orbitatus retroflexus micropygus Ascanius lljserus 12jlusor 13jgracilis

14 inaequicostatusBarr.

15 fallax Barr.

16|latens Barr.

17 heteroclytus Barr.

ISiBohemicus Cord.

Corel.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Corrl.

Cord.

Barr.

Barr.

Barr.

sp.

neglectus

tuberculatus

Lovéni

Memnon

natator

bisons

m o estas

eremita

curtus

complanatus

intermedius

lepidus

venustus

décoras

Astyanax

Archiaci

planicauda

striatus

Emmr.

Barr.

généralités

Barr.

Barr.

Barr.

Cord.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Cord.

Barr.

Barr.

Barr.

l | parabola

Genre PMllipsia. Portlock. — généralités

Barr.

Genre Cyphaspis. Bunneister. — généralités

1 Halli

Barr.

2 Burmeisteri

Barr.

3 Barrandei

Cord.

4 Cerberus

Barr.

5 Davidson i.

Barr.

convexa

novella

humillima

depressa

Cord.

Barr.

Barr.

Barr.

Genre Arethusina. Barrande. — généralités

1 jKonincki Barr. | 495 |18 || 2 1 niti da Barr.

V “e Famille.

Genre Phacops. Emmrich. — généralités

cephalotes

Cord.

Sternbergi

Cord.

intermedius

Barr.

Boecki

Cord.

fecundus

breviceps

Bronni

miser

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Page

Planche

signatus

Cord.

Page

Planche

Honinghausi

Barr.

emarginatus

Barr.

Volborthi

Barr.

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Glockeri

trapeziceps

buliiceps

Barr.

Barr.

Barr.

Genre Dalmanites. Emmrich. — généralités

Hausmanni

Brongn. sp.

auriculata

Daim. sp.

spinifera

Barr.

Réussi

Barr.

rugosa

Cord. sp.

cristata

Cord. sp.

Fletcheri

Barr.

MacCoyi

Barr.

Hawlei

Barr.

Deshayesi

dubia

socialis

solitaria

Phillipsi

Morrisiana

orba

Angelini

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Vis Famille.

Geni e CalymaiB. Bi’ongnisrt. — généralités .

Blumenbachi

Brongn.

diad emata

Barr.

incerta

Barr.

interjecta

Cord.

5 declinata

Cord.

parvula Baylei tenera p ii 1 ch r a

Barr. • Barr.

Barr.

Barr.

Genre Homalonotus . Koenig. — généralités .

lj Bohémiens Barr. | 580 |34 || 2|rarus Cord. sp.

Vils Famille.

Genre LicJias. Dalinan.

scabra

palmata

Barr.

Haueri

Barr.

— généralités.

ambigua Barr.

heteroclyta Barr.

simplex Barr.

VIIIs Famille.

Genre Trinucleus. Lïiwyd.

généralités

Bucklandi

Barr.

ornatus

Sternb. sp.

l|Portlocki

1 |formosa

dfussi Barr.

mus Barr.

Geni e yln ij )\j Balman. — généralités.

Barr. | 636 |30 || 2|Rouaulti Barr.

Genre Dionide. Barrande. — généralités

Barr. I 641 142 II l

1 1 nobilis

IV Famille.

Genre Asaphus. Brongniart.

Barr. | 657 |3 1. 32. 35. |j 2|ingens

généralités

Barr.

Page | Planche

ljrediviva

2|speciosa

X?; Famille.

Genre Aeglina. Barrande. — généralités .

3 pachycephala Cord sp.

Barr.

Cord. sp.

Page

Planche

Page

Planche

XI? Famille.

Genre ïllaenus. Dalman. — généralités

Hisingeri Barr.

Panderi Barr.

Wahlenbergianus Barr.

Salteri Barr.

5jdistinctns

6 transfuga

7 Bouchardi 8[tardus

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

XII? Famille.

Genre Acidaspis. Murchison. — généralités

jprimordialis Keyserlingi tremenda Verneuili vesiculosa Buchi Leonhardi , Hoernesi i Geinitzûana i Roemeri Dormitz,eri ; minuta i pectinifera t derelicta i ruderalis 5 propinqua

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Beyr. sp.

Barr.

Barr.

Barr.

Cord. sp.

Barr.

Cord. sp.

Barr.

Barr.

Barr.

Cord. sp.

Barr.

mira

Prevosti

Dufrénoyi

Portlocki

tricornis

solitaria

lacerata

truncata

subterarmata

radiata

monstrosa

Laportei

Grayi

desiderata

rebellis

Hawlei

Barr.

Barr.

Barr.

Cord. sp.

Barr.

Barr.

Barr.

Cord. sp.

Barr.

Goldf. sp.

Barr.

Cord. sp.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

XIII? Famille.

Genre Cheirurus. Beyrich.

généralités

claviger

globosus

insocialis

Beyr.

Barr.

Barr.

tumescens

Barr.

scuticauda

Barr.

insignis

obtusatus

Beyr.

Cord.

Hawlei

Beyrichi

Barr.

Quenstedti

gibbus

Sternbergi

Cordai

pauper

bifurcatus

minutas

neglectus

Barr.

Beyr.

Boeck. sp.

Barr.

Barr.

Barr.

1 |Zippei

1 mirus

Genre Placoparia. Corda. - généralités

Boeck. sp. | 803 1 29 I! I

Genre Sphaerexochus. Beyrich. — généralités

Beyr. | 808 1 42 || I

TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES

Genre Staurocephalus. Barrande. -

généralités

1 IMurchisoni Barr.

Page I Planche

Genre Deiphon. Barrande.

1 |Forbesi Barr. | 814 |39 ||

XIV Famille.

Genre Dindymene. Corda.

1 JFriderici Augusti Cord. | 818 (43 ||

XVf. Famille.

Genre AmpJiion. Pander.

1 ILindaueri Barr. | 820 ( 30 ||

Genre Cromus. Barrande.

— généralités

— généralités 2|Haidingeri Barr.

— généralités

Beaumonti

Barr.

Barr.

Bohemicus

transiens

généralités

Barr.

XVIf. Famille.

Genre Bronteus. Goldfuss.

elongatus

Sieberi

thysanopeltis

campanifer

Dormitzeri

Zippei

caelebs

formosns

oblongus

Kutorgai

transversus

viator

furcifer

palifer

simulans

planus

généralités

Barr.

Cord.

Barr.

Beyr.

Barr.

Barr.

Cord.

Barr.

Cord.

Barr.

Cord.

Beyr.

Barr.

Cord.

Brongniarti

tenellus

Partschi

angusticeps

Haidingeri

nuntius

spinifer

umbellifer

Edwardsi

porosus

brevifrons

infaustus

Richteri

pustulatus

Hawlei

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Beyr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Famille indéterminée. Genre Telephus. Barrande. — généralités

1 |fractus Barr. | 890 j 10 il i

Page

Planche

SecÜOll H. Trilobites dans lesquels la conformation de la tête est peu distincte de celle du pygidium.

XVIIî Famille. Page Planche

Genre Agnostus . Brongniart. - généralités soi

Page

Planche

integer

Beyr. sp.

nudus

Beyr. sp.

bibullatus

Barr.

rex

granulatus

tardus

Trilobites de genre indéterminé.

inchoatus Barr.

musca Barr.

infaustus Barr.

mutilas

férus

orphanus

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Barr.

Additions à divers genres.

Harpes Naumanni Barr.

Paradox. Lyelli Barr.

Paradox, expectans Barr.

Dalmanites Angelini Barr.

Cheirurus neglectus Barr.

Acidaspis desiderata Barr.

Acidaspis rebellis Barr.

Acidaspis Hawlei Barr.

Tableau des localités ou gîtes fossilifères du bassin Silurien du centre de la Bohême • 921 Liste chronologique des auteurs qui ont écrit sur les Trilobites, et dont les ouvrages ^ sont cités dans ce volume.

„it: rræjr&r»

Tn ’d.’Y. 'planche 5o““ ^ * >■ "t”

lobites, dans les six elages fossilifères de notre bassin. en in(li(|„ant pour chacun d’eux la

on est dispensé de rec°Urir

à la table analytique placée en tête du texte.

Avant-propos.

Cet ouvrage est le fruit de recherches dont la première origine remonte à 1833, et qui ont plus particulièrement absorbé notre temps depuis 1840, c. à d. depuis l’époque, où la lecture du Silurian System récemment publié par Sir Rodéric Murchison, a imprimé à notre esprit une nouvelle impulsion, vers un but plus nettement défini.

Nous proposant d’exposer l'ensemble coordonné de nos observations géologiques et paléontologiques , nous avons cru devoir commencer par ces dernières, dont les résultats constituent l’un des principaux élémens de nos travaux, et doivent servir de prémisses à nos conclusions. Les deux premiers volumes de cet ouvrage et une partie du troisième seront donc consacréé à la description de nos fossiles. A l’aide de ces études préliminaires et des données qu’elles nous fourniront, il nous sera plus aisé d’établir les faits qui sont l’objet de nos observations stratigraphiques , et nous arriverons aux considérations géologiques générales, vers lesquelles tendent nos elforts. En adoptant cet ordre d’exposition, qui nous parait le plus logique, nous sentons, que pour l’intelligence de nos indications relatives au gisement des fossiles, il est indispensable de donner au lecteur une connaissance générale des masses physiques, qui constituent notre terrain. Tel est le but de V Esquisse géologique > placée en tête de ce volume, immédiatement après V Introduction historique. Cette esquisse reproduit, avec de nouveaux développemens et toutes les rectifications que le temps et l’étude nous ont indiquées, la substance de notre Notice préliminaire > publiée en 1846. Un croquis topographique et une section idéale, placés en avant de notre Esquisse géologique , complètent les documens nécessaires, pour donner toute la clarté désirable à nos descriptions paléontologiques.'

Nos observations confirmant de plus en plus la distinction des étages locaux, établis dans notre Notice préliminaire , nous maintenons ces subdivisions comme très-utiles, non seulement pour l’étude particulière de notre bassin, mais encore pour toutes les recherches relatives à la succession et à la propagation des êtres paléozoiques , sur la surface du globe. Comme données pouvant servir à résoudre ces questions, nous constaterons ici, en quelques mots, les faits généraux qui nous semblent également établis par nos travaux en Bohême, et par les observations publiées sur les autres régions Siluriennes.

1. Par suite de circonstances locales, les formations fossilifères du Système Silurien présentent, dans chaque contrée, une suite d’étages distincts et caractérisés, soit par la nature des roches qui les composent, soit par une Faune particulière, plus ou moins tranchée.

2. Ces étages locaux, considérés individuellement, n’offrent, en général,, aucune correspondance complète ou constante, si on cherche à établir entr’eux un parallèle, en comparant des contrées éloignées les unes des autres. En d’autres termes, les étages locaux des divers pays diffèrent entr’eux^ soit par leur nature pétrographique, soit par la composition zoologique de leurs Faunes, soit par l’ordre de succession de celles-ci. Cependant, on ne peut méconnaître, qu’il existe toujours des rapports très-multipliés , entre les formes animales qui constituent l’ensemble de ces Faunes locales, même aux plus grandes distances géographiques.

3. Si l’on groupe les étages locaux dans chacune des régions Siluriennes, suivant l’ensemble des analogies que nous venons de signaler, entre les fossiles de toutes les classes qu’ils renferment, et en particulier, d’après la succession des formes génériques et spécifiques de la tribu Trilobitique (PL 51), on retrouve partout trois grandes masses physiques, semblables une à une et superposées dans- le même ordre. Ces masses ou groupes, sont caractérisés par autant de Faunes générales, c. à d. dont l’étendue embrasse le monde Silurien et qui offrent entr’elles une frappante harmonie, sous le double rapport de leur composition zoologique et de l’ordre uniforme de leur succession, partout où on a constaté leur présence. Nous distinguons ces trois Faunes générales Siluriennes, par les noms de Faune primordiale , Faune seconde et Faune troisième. Les deux premières se partagent inégalement la hauteur géologique de la division Silurienne inférieure, tandisque nous comprenons provisoirement, sous le nom de Faune troisième, tous les êtres ensevelis dans la division supérieure. (Voir le chapitre de la distribution des Trilohites. p. 2 81.)

L’indépendance réciproque des trois Faunes générales Siluriennes nous semble suffisamment constalée par les faits aujourd’hui connus. (Yoirp. 288c.) Cependant, comme nous ne sommes pas en état de pouvoir apprécier les connexions qui peuvent se manifester entr’elles, dans les contrées insuffisamment explorées, nous sommes loin de prétendre, que celte indépendance doit être partout aussi absolue qu’elle l’est, par exemple, en Bohême et en Suède, entre les Faunes primordiale et seconde. Nous serions, au contraire, très-porté à espérer, que le temps dévoilera successivement des rapports qui nous échappent encore, et qui relieront d’une manière plus intime toutes les Faunes partielles, successives, qui caractérisent la grande période Silurienne. Notre espoir, sous ce rapport, se fonde surtout sur un fait, que nous recommandons à l’attention des savans et qui consiste dans l’apparition sporadique et pour ainsi dire anticipée de notre Faune troisième, durant l’existence de notre Faune seconde. (Voir p. 72 et 73). Ce fait, que nous qualifions par le nom de Colonies , n’est pas unique dans la science, bien qu’il ne soit nulle part aussi nettement tracé que dans les étages Siluriens de la Bohême. Il nous enseigne, que des connexions inattendues peuvent tout à coup se manifester, pour indiquer une coexistence, au moins partielle, entre des Faunes qui, au premier abord, semblent être très-tranchées, et successives dans l'ordre des temps. Le phénomène des colonies, lorsqu’il aura subi l’épreuve des investigations qu’il nous semble mériter, doit être compté comme un des élémens importans à considérer, quand il s’agit de la distinction et de la succession des Faunes, sur lesquelles peut se fonder, à notre point de vue, l’établissement des époques géologiques, depuis l’apparition de la vie animale sur le globe, jusqu’à nos jours.

AYANT -PROPOS

L Introduction historique qui précède notre Esquisse géologique , a pour but de constaer tous les travaux antérieurs à nos recherches, et de reconnaître les mérites acquis envers

. P“ ““ qui n0US 0nt deva,lcé- L’élendue nous donnons à cette introduction

e 1 analyse detaillee que nous faisons de chacun des ouvrages ou mémoires cités, nous ont

ete imposées, par notre qualité d’étranger en Bohème, et surtout par la publication de M. Corda, sous le titre de: Prodrom emer Monographie der bôhmischen Trilobiten. Cet ouvra-e écrit avec la plus grande précipitation, et sous l’influence fâcheuse de sentimens, que le temps et la reflexion auraient probablement modifiés, si l’auteur avait vécu, renferme de nombreuses assertions, soit historiques, soit scientifiques, qui n’ont d’autre fondement que l’imagination de M. Corda Le but de ces assertions étant d’ébranler la confiance accordée aux résultats de nos recherches et de rapetisser autant que possible le champ de nos découvertes, en les attribuant arbitrairement a nos devanciers, nous avons jugé nécessaire de rétablir les faits, en mettant sous les yeux du lecteur les documens authentiques défigurés dans le Prodrom.

D’après ces documens, les fables historiques de M. Corda s’évanouissent, et il reste à chacun. de ceux qui ont contribué d’une manière quelconque à la connaissance des formations

paléozoïques du centre de la Bohème, la juste part de mérite qui lui est assignée par ses travaux reels. ° *

Abstraction faite de V Introduction historique et de V Esquisse géologique , dont nous venons e parler, tout ce volume est exclusivement consacré à l’étude et à la description des i « les. om de toute prétention d’écrire une monographie de cette famille, travail qui exigerait des matériaux beaucoup plus complets que ceux qui sont à notre disposition, nous avons cependant expose, sous le nom A’ éludés générales , nos observations relatives à l’organisation de ces anciens Crustacés. D’après la nature des fossiles, ces observations sont limitées aux formes de la carapace ou tégument extérieur, seuls élémens du corps qui sont conservés. Nous nous sommes attache a etudier séparément chacun de ces élémens, en comparant les diverses apparences qud présente dans 45 genres, c. à d. dans la presque totalité des types admissibles. Notre but est d apprécier, autant que possible, la valeur relative des caractères fournis par chacune des parties constituantes du corps, pour la classification de cette tribu. La Bohême nous ayant présente une grande variété d’espèces nouvelles, et un bon nombre d’exemplaires de la pupart dentr elles, entres-bon état de conservation, nous avons pu rectifier, ou réduire à leur juste valeur, les vues qui tendaient à établir comme lois générales de l’organisation des Trilobites, les résultats d’observations moins étendues que les nôtres.

Ce fait nous indique suffisamment par lui même la circonspection avec laquelle nous devons apprécier les fruits de nos propres études. A nos yeux, les formules et conclusions qui semblent denver des faits nombreux que nous avons rapprochés, ne sauraient être considérées comme 1 expression definitive de la science. Il est, au contraire, très-probable, qu’au jour où on pourra reunir et comparer les riches matériaux recueillis et élaborés en ce moment, sur divers points du globe, il s’ouvrira de nouveaux points de vue, plus étendus et plus vrais que ceux qui se présentent à nous aujourd’hui. . Dans cette ferme' conviction, nous désirons que les savans regardent l’ensemble de nos travaux sur les Mobiles, comme un cadre provisoire, dans lequel viendront se ranger successivement les nouvelles observations.

. (.flL,étendue qUe n°US donnons à cette première partie de nos études paléontologues , est justifiée a nos yeux, par le rôle que joue la tribu Trilobitique aux premiers âges des cré-

jjjy SYSTÈME SILURIEN DU CENTRE DE LA ROHÊME.

ations animales, soit dans la contrée isolée qne nous étudions, soit, en général, dans le monde paléozoique.

Si nous considérons en particulier le bassin Silurien de la Bohême, l’importance des Tnlohites indépendamment de leur haut degré d’organisation, par rapport aux autres classes, se fonde sur deux faits: — 1. Ils constituent presque exclusivement les Faunes de nos étages C et D c. à d. la Faune primordiale et la Faune seconde, qui se partagent toute la hauteur verticale de notre division inférieure. - 2. Si l’on embrasse l’ensemble des classes diverses constituant les Faunes de nos deux divisions, les Trilobites occupent l’un des premiers rangs, sous le triple rapport du nombre des genres, de la variété des espèces, et de la fréquence des individus. — Afin que le lecteur puisse mieux apprécier ce fait, nous mettons sous ses yeux les chiffres approximatifs, indiquant les proportions numériques des genres et espèces de notre terrain, qui sont réunis dans notre collection particulière.

Sous-

Embranchemens.

Classes.

Genres.

Espte.

Vertébrés.

Poissons . . •

(Trilobites

Articulés.

Crustacés? Cythérinides

(divers

/Céphalopodes .

VPtéropodes

1 Gastéropodes .

Mollusques.

XBrachiopodes .

/Acéphales . .

\ Bryozoaires

tEchinodermes .

Rayonnés.

/Polypiers . .

Ensemble, environ 1200 espèces Siluriennes de Bohême. On voit par ce tableau, qu'à l’exception des Céphalopodes, aucune classe n’est représentée dans notre bassin par un nombre Pl- élevé, que ce, ni qc’.ïre la T* 1» M.bUe, Le chiffre des genres de cette tribu est d’ailleurs plus que triple de celui des types génériques des mollusques Céphalopodes Comme ces derniers sont presque tous concentrés dans notre etage calcaire inferieur E, landisque les Trilobites sont répartis entre tous nos étages, il est évident, que ces Crustacés nous sont plus utiles pour la détermination de nos étages locaux, que la classe la

plus puissante des Mollusques.

Si nous embrassons toute la surface du monde paléozoique, les Trilobites appelent partout notre attention, parades considérations analogues à celles que nous venons d’exposer. En effet, ils se montrent, dès l’apparition de la vie animale, avec un nombre de genres et pèces, supérieur à celui de toutes les autres classes coexistantes, composant a eux seuls la

AVANT-PROPOS

presque totalilé de la Faune primordiale, dans les contrées où elle offre la plus grande extension, c. à d. en Suède comme en Bohême. En second lieu, la tribu des Trilobites ayant joui de la diffusion la plus égale et la plus générale sur le globe, aux temps Siluriens et Dévoniens, tandisque le développement de chacune des autres classes est limité à certaines contrées, fournit, par ce motif, les plus puissans et parfois les seuls élémens paléontologiques, pour l’établissement des grands horizons géologiques, étendus sur la surface des deux hémisphères. Ainsi, les savans pourront remarquer, que les Trilobites, par la succession de leurs formes

génériques et spécifiques, contribuent beaucoup plus que toute autre classe quelconque, soit

parmi les Mollusques, soit parmi les animaux rajonnés, à la distinction des Faunes générales que nous nommons: primordiale, seconde et troisième, dans le Système Silurien et qu’ils

concourent aussi, plus ou moins fortement, à caractériser les Faunes Dévonienne et Carbonifère.

Ces considérations font concevoir le vif intérêt que les géologues ont depuis longtemps manifesté pour les Trilobites, intérêt qui est devenu plus éclairé et qui s’est grandement accru, depuis que Sir Rodéric Murchison a montré le grand parti qu’on pouvait en tirer, pour l’étude des terrains paléozoïques, dans l’étendue verticale desquels se trouve concentrée l’existence entière de cette remarquable tribu. (PL 51.)

Outre les services rendus à la science géologique, les Trilobites ne peuvent manquer d’exciter, à un haut degré, l’altention et l’intérêt de la Zoologie, puisqu’ils constituent la classe jouissant du degré d’organisation le plus élevé, non seulement à l’époque de la première apparition de la vie animale sur le globe , mais encore pendant la majeure partie de la longue période Silurienne. Nous nous exprimons ainsi dans la conviction , que l’existence des poissons, c. à d. des plus anciens représentans du sous-embranchement des vertébrés, n’a pas été constatée, d’une manière absolue, avant le dépôt de la division supérieure du Système Silurien. Cette opinion ne préjuge rien sur la nature des fossiles découverts par le docteur Pander, aux environs de St. Pétersbourg, dans la division inférieure, et que ce savant considère comme des Ichthyodontes. Il en est de même des indications que M. Salter a récemment publiées sur des traces de Coprolites de la même classe, dans l’étage de Llandeilo, au pays de Galles. Lors même que ces faits auront reçu une pleine confirmation, le rôle géologique des Trilobites, aux premiers âges de la vie, n’en sera point amoindri. En effet, les traces de poissons auxquelles nous venons de faire allusion, ne se trouvant qu’en peu de contrées, où elles sont relativement rares ou peu distinctes, par rapport à celles des Crustacés, ne pourraient pas fournir, comme ces derniers, les moyens de déterminer des horizons étendus sur la surface terrestre.

Nous espérons que l’fhtèrêt zoologique, qui existe depuis longtemps pour les Trilobites, sera encore plus excité par le grand nombre et la variété des faits nouveaux observés sur les espèces de la Bohême. La grande fréquence des anomalies que nous constatons dans la conformation de la plupart des élémens du corps de ces anciens Crustacés, comparée à la régularité des lois reconnues dans l’organisation des Crustacés modernes, présente un important sujet de méditations et ne peut manquer d’être prise en considération, lorsqu’il s’agit de la grande question du développement graduel et successif des créations animales.

Nous recommandons à l’attention des zoologues le fait de la métamorphose des Trilobites. Ce fait est constaté dans ce volume, pour 2 6 espèces de Bohême, dont nous avons observé les variations de forme, entre des limites plus ou moins étendues, qui s’élargissent chaque

année, par de nouvelles découvertes. Il nous semble donc solidement établi dans la science. Nous n’ignorons pas, que nos premières communications, sur ce sujet, n’ont pas réussi à porter la conviction dans l’esprit de tous les savans. L’hésitation à croire, manifestée par plusieurs en cette occasion, nous honore en la prenant du bon côté, car elle prouve, que la découverte des métamorphoses était complètement inattendue, surtout par ceux qui, d’après Dalman, la déclaraient impossible. Nous ne nous sommes donc nullement ému , lorsque l’expression plus ou moins directe de ces doutes nous est parvenue, et nous n’avons cessé de jouir d’une parfaite quiétude, en nous disant: on croit à Prague , donc, tôt ou tard , on croira partout. Il existe d’ailleurs, en notre possession, un assez grand nombre de doubles des individus constatant la métamorphose de certaines espèces, telles que, Arethusina Konincki et Trinucleus ornatus. Des séries plus ou moins complètes de ces doubles, que nous sommes trèsdisposé à communiquer aux savans, contribueront puissamment à porter dans les régions éloignées la conviction qui ne manque jamais de se manifester, devant les tiroirs de notre collection.

Les matériaux qui ont servi de base à nos descriptions et à nos figures^ nous appartiennent presque tous. Nous n’avons pas négligé, cependant, de consulter toutes les autres collections que nous connaissons, et notamment celles de M. le Kreisbauptmann Ilawle, de M. le Stadthauptmann Chevalier de Sacher-Masoch et celle du Musée Bohême. Toutes les fois que nous y avons rencontré quelque exemplaire, soit unique, soit mieux conservé que les nôtres, soit plus approprié à notre but, nous l’avons fait figurer sur nos planches, et nous avons indiqué cet emprunt dans l’explication des figures. Ainsi, pour chacun des fossiles décrits ou représentés dans cet ouvrage, les savans seront exactement informés du lieu où se trouve l’original, afin qu’ils puissent le consulter au besoin. Nous les prions de remarquer, que tous les morceaux pour lesquels il n’est donné aucune indication, font partie de notre collection particulière.

Cette collection renfermant, à elle seule, presque tous les élémens de nos descriptions, et notamment les matériaux très-étendus, qui nous étaient nécessaires pour constater le fait des métamorphoses dans 2 6 espèces de Trilobites, il ne sera peut-être pas sans intérêt de dire quelques mots, sur les moyens que nous avons employés pour la rassembler.

Nous avons d’abord consacré plusieurs années à l’exploration de la superficie de notre bassin, pour reconnaître, autant que possible, l’étendue de la partie fossilifère. Durant ce temps, nous avons recueilli et noté partout, soit dans les carrières exploitées, soit dans les ravins, soit sur la surface dénudée des roches, toutes les traces organiques quelconques, qui tombaient sous nos yeux. Ayant ainsi jugé quelles couches et quelles localités nous promettaient une récolte de fossiles, nous avons organisé une exploitation régulière, pour suppléer à l’insuffisance de nos bras et de notre marteau. Cette organisation remonte à 1840, époque où la publication récente du Silurian System par Sir Rodéric Murchison, jetant une vive lumière sur le terrain de transition, objet de nos recherches, nous a rempli d’une nouvelle ardeur. Dans divers districts, nous avons successivement établi des ouvriers, les uns isolés, les autres réunis en ateliers, suivant la difficulté du travail, pour fouiller le sol, pour ouvrir et exploiter des carrières.

Ces ouvriers, munis de tous les outils nécessaires et pratiquement instruits en travaillant avec nous durant quelque temps, ont bientôt acquis les connaissances indispensables pour distinguer, au premier coup d’oeil, toute trace organique, objet de nos éludes. Sous ce rapport, nous avons eu souvent l’occasion d’admirer l’intelligence des Bohèmes, même de ceux qui ap-

AVANT-PROPOS

XXYII

partiennent à la classe la plus humble. Quelques uns d’entr’eux, employés à nos recherches depuis 10 à 12 ans, ont acquis une remarquable habileté, comme chercheurs de fossiles. Ils sont habitués à recueillir et a rassembler les plus petits fragmens appartenant à un exemplaire brisé en ouvrant la roche; ils se servent de la loupe pour saisir les traces fugitives des embrjons les plus exigus, et ils savent très-bien distinguer toute forme rare ou nouvelle, dans le distiict ou ils sont attachés. Une sorte de nomenclature improvisée par eux, dans la langue Bohême, nous à sert leur désigner, soit les espèces, soit les formations où elles se trouvent. INous pouvons ainsi diiiger nos travaux de loin, pendant nos voyages, ou durant le temps consacré à l’étude, dans notre cabinet. Pendant longues années, nous n’avons cessé de nous tenir au milieu de nos travailleurs, et de parcourir constamment notre terrain, pour diriger les fouilles et en recueillir les produits. Depuis que les soins de notre publication nous retiennent beaucoup à Prague, on vient chaque semaine nous apporter la récolte faite et prendre nos instructions.

Cette méthode d’exploiter un terrain ne consiste, au fond, que dans l’emploi des moyens les plus simples, qui ont été ou qui peuvent être actuellement usités dans tous les pays. Si ces moyens ont produit en Bohême des résultats si satisfaisans , cela tient en partie à la ri- • chesse relative de notre bassin, mais plus encore à la persistance et à l’étendue des recherches, sur tous les points accessibles de la surface. En voyant la multitude des exemplaires de nos espèces, on pourrait être porté à supposer, qu’il n’est rien de plus aisé que de les recueillir. Pour la plupart d’entr’elles, ce serait cependant une erreur, surtout, si l’on entend parler des individus complets, soit des Trilobites, soit des Céphalopodes. Pour faire concevoir ce qu’il faut de temps et de peines, pour rassembler les matériaux relatifs à la plupart de nos espèces importantes, nous citerons comme exemple, Dalmanites socialis. CeTrilobite, l’un des plus communs en Bohême, est connu de tous les paléontologues. (PI. 2 6.) Il caractérise notre étage des quartzites D, sur la surface entière duquel ses traces sont répandues. Certains bancs, placés à diverses hauteurs et dans différentes formations de cet étage, sont remplis de ses débris, comme dans le ravin de Wesela, sur les monts Diabow, <fcc. Cependant, il nous a fallu plusieurs années, pour découvrir des couches renfermant des individus entiers, qui manquent totalement dans celles que nous venons d’indiquer. Nous en avons d’abord rencontré sur les hauteurs entre Wesela et Chrustenitz, mais l’exploitation de cette localité ne pouvait nous satisfaire, car les exemplaires qu on y trouve par centaines sont trop mal conservés, pour servir à nos études. C’est une autre localité, sur les monts Drabow, qui nous a fourni, un peu plus tard, des individus propres a ce but. Jusque là, nous ne connaissions néanmoins que des exemplaires dont le corps est étendu. En continuant à faire des fouilles sur ces montagnes, nous sommes tombé sur un nouveau gite, dans lequel on ne trouve presque que des individus enroulés. Nous avons ainsi constaté tardivement pour celte espèce, une faculté importante, que nous avions à peine soupçonnée jusqu’alors. Huit années s’étaient déjà écoulées dans ces recherches, et bien que des milliers d exemplaires ou fragmens de Daim, socialis eussent passé sous nos yeux, nous n avions observé que des adultes. Il n’existait encore pour nous que des traces incertaines du jeune âge. C’est seulement en 1850 que nous avons obtenu, pour la première fois, des individus bien conservés, qui nous ont permis de reconnaître les métamorphoses de cette espece. Ces fossiles proviennent presque tous de certaines couches, faisant partie de la formation des schistes noirs feuilletés, et principalement d’une même localité, dans le ravin situé entre liubin et Irubska. Quelques ouvriers avaient travaillé à diverses époques dans ce ravin,

sans y découvrir le strate si intéressant, dont nous parlons, et qui a été reconnu et fouillé par un nouvel atelier. C’est un banc de schistes, verticalement peu distant de ceux qui avaient été longtemps exploités. Il est le seul qui renferme les jeunes individus de Daim, socialis, et de Trinucl. ornalus, dont les autres couches ne présentent que des exemplaires ou fragmens de l’âge adulte. Par une singulière bisarrerie, les embryons des 2 ou 3 premiers degrés de Daim, sodalis sont relativement beaucoup plus communs que ceux des degrés suivans, et il en est de même de Trinucl. ornalus. Nous avons donc eu la plus grande peine à compléter la série des développemens de ces deux espèces, dont les individus sont d’autant plus rares, qu’ils se rapprochent davantage du nombre complet de leurs segmens thoraciques. Peut-être ces formes, si difficiles à trouver, sont-elles ensevelies en grand nombre, dans quelque autre gite, que les obstacles physiques ont dérobé jusqu’ici à nos

yeux.

Ces détails feront concevoir comment il se fait, que l’un des Trilobites les plus communs de la Bohême n’a pu être décrit et figuré complètement, qu’après plus de 10 années de recherches sans interruption, dans les localités où on rencontre ses traces, pour ainsi dire a chaque pas. Il en est de même pour un grand nombre d’autres espèces. Ce qui vient d’etre dit, au sujet des fouilles dans le ravin entre Trubin et Trubska, montre qu’il est utile d’exploiter successivement une même localité, par des mains différentes. Nous avons éprouve les heureux effets de cette substitution, dans divers autres endroits. Ainsi, les collines qui s’étendent entre Luzetz, Bubowitz, Sedletz et Lodenitz nous avaient fourni, pendant longues années, principalement des Brachiopodes et relativement peu de fossiles des autres classes. De nouveaux travailleurs, transportés sur ce point, ont complètement laissé de côté les carrières ouvertes, et parmi les milliers de strates qui forment ces collines, ils ont eu le bonheur d en attaquer quelques uns très-riches en Trilobites, et au contraire très-pauvres en Brachiopodes. Ces bancs, nous livrant de très-nombreux exemplaires de Acidaspis Roemeri, Arelhusina Konincki, Bronteus planus, &c. nous ont permis de compléter la description de ces espèces, de constater les métamorphoses de la première, et d’étendre les limites du développement de la seconde, entre 2 et 22 segmens au thorax, tandisque les exemplaires réunis de toutes les autres localités ne les montraient qu’entre 12 et 22 segmens.

Nous serions trop long, si nous voulions énumérer tous les bons effets de la patience et de la persistance , dans les recherches paléontologiques. Ces heureux résultats se manifestent, non seulement dans l’exploitation d’un bassin étendu, mais encore dans celle d’une carrière, lors même que sa superficie est très-limitée par les circonstances locales. Comme exemple, nous citerons Butowitz, où nous avons fait des fouilles plus ou moins actives, pendant plus de 10 ans, dans un lambeau de notre étage E, complètement enveloppé dans une masse de Trapps et composé de schistes à Graptolites et de sphéroïdes calcaires, riches en Céphalopodes. Durant les 3 premières années, nous avons successivement recueilli un certain nombre d’espèces de ces Mollusques. Ce nombre est ensuite resté stationnaire pendant près de 7 ans, durant lesquels nous n’avons obtenu que des exemplaires nouveaux des formes déjà connues. Au moment où nous allions abandonner cette carrière, non faute de patience, mais faute de matériaux à exploiter, nous y avons découvert une nouvelle espèce de Phragmoceras, que nous nommons Phragm. perversum et qui est pour nous d’un grande importance, parcequ’ elle a le siphon dorsal et constitue un passage entre ce genre et les Gomphoceras. Par une rare coïncidence, la même espèce sJest présentée à nous, durant le cours de la même année 1850,

AVANT-PROPOS

dans deux autres localités, savoir: Hinter-Kopanina et Lochkow, également exploitées depuis 8 a 10 ans, sans que nous y eussions rencontré ses traces.

Puissent ces faits inspirer à tous les paléontologues la longanimité que nous souhaitons vivement a chacun d’eux, pour l’avancement de la science et pour leur satisfaction personnelle.

e Prof. Loven a dit quelque part, que l’âge d’or pour recueillir des Trilobites en Suède, était le temps ou on creusait un canal, à travers le terrain de Transition de cette contrée. N’étant favorise dans nos recherches par aucun travail public, nous avons avisé, ainsi que nous venons de le dire, aux moyens de faire naître, en Bohême, ce précieux âge d’or pour la géologie. Des mains plus habiles et plus puissantes que les nôtres eussent sans doute produit de plus grands résultats, si elles eussent exploité cette Californie Silurienne. Pour nous nous sommes tics heuieux du lot qui nous a été accordé, et que les savans pourront apprécier, apres deux faits constates dans ce volume. — 1. Durant tout le temps antérieur à nos recierches et jusqu en 1840, on a découvert et introduit successivement dans la science, 22 espèces de diverses classes, provenant du terrain de Transition de la Bohème. On ne connaissait de ces especes, que des individus rares et la plupart très-incomplets. ( Voir le Résumé histori¬

que p. oo.) - 2. Le meme bassin, exploité par nos recherches, nous a fourni environ 1200 especes, constituant notre collection et représentées, pour la plupart, par de nombreux et beaux exemplaires. Nous ajouterons, que ces 1200 êtres sont nouveaux pour la science, bien que quelques uns d entr’eux se retrouvent, sons une forme identique ou très-analogue, dlns d’autres pays Cette accumulation de fossiles paléozoiques dans la Bohême donne heu de penser, que es p us anciennes créations, quoique dépourvues des classes les plus élevées dans la série animale, ne le cédaient guères aux créations modernes, sous le rapport de la variété des formes, dans les familles alors appelées à représenter la vie sur le globe. Ce fait devient encore

plus frappant si 1 on remarque, que la surface fossilifère de notre terrain équivaut à peine à «« de la superficie de la mer Adriatique.

La publication de ce premier volume a éprouvé de longs retards, bien que les travaux qui y sont relatifs aient ete continués sans interruption, durant le cours des six dernières années. Ce long espace de temps a été nécessaire à un habile artiste, M. Fetters, assisté d’aides temporaires, pour graver sur pierre les planches comprenant uniquement nos Trilobites. La précision et la nettete que nous avons exigées pour les figures de ces fossiles, dont les formes sont assez compliquées expliqueront en partie, aux connaisseurs, la durée du travail. Nous ajouterons, que notre but étant de mettre sous les yeux du lecteur, des documens qui puissent pour ainsi dire, tenir heu des originaux matériels que nous décrivons, nous nous sommes imposé le devoir de traiter nos figures comme des portraits, c. à d. de les faire retoucher, jusqu’à ce que la ressemblance nous parût parfaite. En second lieu, nos recherches marchant toujours et nous fournissant de temps en temps, tantôt des faits importuns et nouveaux, tantôt des exemplaires plus complets que ceux qui se trouvaient déjà gravés, nous n’avons pas hésité à effacer çà et là beaucoup de figures et même un assez bon nombre de planches entières, pour les reproduire dune maniéré plus conforme à nos désirs. Ces corrections et améliorations ont été faites avec

le soin necessaire, pour qu’il n’en reste aucune trace. C’est un avantage qui tient à la gra-

vure et qui nous a fait préférer ce mode à tout autre, pour représenter nos Trilobites.

On conçoit, que notre texte a dû éprouver aussi de nombreuses modifications, en harmo¬

nie avec celles de nos planches. La plupart de ces rectifications partielles n’ont laissé aucun

vestige, pour le lecteur. Nous désirons, au contraire, lui faire remarquer, qu’environ 250 pages, "réimprimées immédiatement avant la publication, sont reconnaissables par des types typographiques notablement différens de ceux qui ont servi pour le corps entier de ce volume. Ce Témoignage de réimpression nous a semblé utile, afin de constater quelles sont nos observations les plus récentes, au cas oùles savans rencontreraient quelque divergence, entre les diverses parties de notre texte, dont le passage sous la presse a duré trois ans. Il était impossible de faire disparaître ces incohérences, souvent très-peu importantes, à moins de refaire le volume entier. La plupart d’entr’elles sont rectifiées dans V errata et nous recommandons à l’indulgence du lecteur intelligent, celles qui sont restées inaperçues par nos yeux fatigués et malades. Persuadé, que les hommes de science auront égard aux circonstances que nous venons d’exposer, nous ne chercherons pas à exciter inutilement leurs sympathies, par le récit des graves accidens qui nous ont contrarié dans la publication de ce volume.

S’il est vrai, que dans les ouvrages d’imagination, le fruit de la première inspiration est ordinairement le meilleur, c’est presque toujours le contraire, quand il s’agit de recherches et d’observations relatives à des objets matériels, surtout dans le domaine de la paléontologie, où les faits semblent ne se révéler à nous, pour ainsi dire que par fragmens. Nous ne nous sommes donc pas lassé de refaire partiellement notre travail, toutes les fois que nous avons cru pouvoir en améliorer le produit. L’unité d’intention résultant de l’identité de l’auteur et de l’éditeur dans notre personne, nous a permis de suivre cette méthode, qui ressemble plus à celle de Pénélope, qu à celle de maint éditeur. Nous n’aurions pas cessé sitôt de 1 appliquer à ce volume, si nos recherches nous promettaient quelque prochaine ou importante déconverte, relative aux Trilobites. Mais, depuis assez longtemps, nous ne voyons rien venir de nouveau, et bien qu’à nos yeux, les trésors de la Bohême ne soient pas épuisés, il nous semble que le moment est venu, de livrer au public le fruit tardif de nos observations. Nous serons amplement dédommagé de tous nos efforts, si les savans veulent bien reconnaître, que nous avons consciencieusement accompli nos devoirs, en qualité de simple chercheur de faits. Ce rôle est celui qui nous parait dévolu aux observateurs placés comme nous et qui pensent, qu’un fait éprouvé est plus utile à la géologie , qu’une théorie éphémère.

Un jour viendra, où quelque homme de génie, saisissant l'ensemble des données que notre âge parait destiné à rassembler, en fera jaillir, sur la science de la terre, toute la lumière que Newton, muni des observations des siècles antérieurs, a jetée sur la science des cieux.

Prague 15. Septembre 1852.

J. Barrande.

Introduction historique, ou analyse de tous les travaux antérieurs.

Tl.

Li existence d’un terrain de transition en Bohême , et notamment aux environs de Prague a, été. signalée depuis longtemps. Bien que l’étude de ce terrain considéré dans son ensemble,’ nait jamais été entreprise par aucun géologue, plusieurs de nos devanciers nous ont transmis des observations partielles., soit géologiques, soit paléontologiques sur les formations que nous nous proposons de décrire. Ces documens nous ont été de peu de secours dans nos recherches, d’abord a cause de leur étendue très-limitée, et ensuite parcequ’ils datent pour la plupart d’une époque a laquelle la science était fort peu avancée, surtout en ce qui concerne les époques paléozoiques. Nous croyons cependant qu’il est de notre devoir de constater la nature et l’étendue de tous les travaux antérieurs à nos recherches. Nous aurons ainsi l’occasion de reconnaître tous les mérites acquis envers la science , par ceux qui nous ont devancé et qui ont déposé leurs observations dans des recueils peu connus du public savant. En présentant une analyse exacte de chacun des mémoires relatifs à notre terrain, nous fournirons à ceux qui prennent un intérêt spécial à la Bohême, les élémens nécessaires pour mesurer le degré de confiance qu’ils doivent accorder aux assertions fabuleuses que ML Corda a substituées à l’histoire, dans son ouvrage intitulé: Prodrom einer Monographie der Bôhmischen Trilobiten.

Liste Chronologique de tous les auteurs qui ont contribué à la connaissance des formations paléozoiques du centre de la Bohême, et dont les travaux sont analysés ci-après.

Auteurs.

1770. Fr. Zeno . .

1772. Chevl. de Born 1775. Comte Kinsliy .

Chevl,. de Born 1782. J. A. Er lâcher

1785. Cari de Sandberg Adaukt Voigt .

1786. Irasek . .

Joh. Mayer

1787. Jos. Mayer

1791. J. Th. Lindacker

Id.

1792. C. Ant. Rôssler .

Objet du travail.

décrit quelques fossiles des environs de Prague.

énumère cinq formes de Entomolithus.

découvre Entomolithus paradoxus, près de Ginetz.

fait des observations sur la découverte du C. Kinsky.

décrit les minéraux et roches des environs de Ginetz.

| chacun d eux énumère les ouvrages alors existans sur l’histoire i naturelle de la Bohême.

décrit les seigneuries de Zbirow, Tocznik et Kônigshof. analyse les Trapps de Kuchelbad.

même objet.

décrit les mines de Mies.

fart quelques observations sur les houillères des environs de Pilsen.

décrit la montagne dite Wolfsberg.

décrit deux formes de Trilobites de Prague.

indique la nature de quelques roches des environs de Prague.

fÊÊÊÊÊÊÊUÊÊÊÊÊÊ^ÊÊÊtÊÊÊÊÊ^

J. D. Preysler . .

J. Th. Lindacker .

\ décrivent quelques formations sur la route de Prague à Pilsen.

J. K. Hoser . . .

Fr. Ambr. Renss . .

décrit les seigneuries de Stiahlau, Nebilau et Kosteniiz.

Id. . .

fait des observations géognostiques aux environs de Prague.

Fr. Wil. Schmidt

énumère quelques pétrifications.

Al. Miessl de Zeileisen

décrit les mines de Przibram.

Fr. Ambr. Reuss .

décrit les seigneuries de Kônigshof et Tocznik.

Prof. Riepl . . .

décrit les houillères de la Bohême.

Al. Rrongniart

décrit Asaph. Hausmanni des environs de Prague.

Schlottheim . .

énumère plusieurs Trilobites de Bohême.

0». Gasp. Sternberg .

décrit tous les Trilobites alors connus, de la Bohême.

Dalman .

énumère les Trilobites de Bohême.

Ch. Roeck ....

décrit les Trilobites de Bohême.

Dr. Streinz . .

indique divers gîtes de pétrifications.

Fr. Holl ....

reproduit les descriptions des Trilobites de Bohême.

F. X. M. Zippe . .

découvre une Encrinite à Kuchelbad.

CT. Gasp. Sternberg .

croit avoir observé les pieds des Trilobites.

F. X. M. Zippe . .

applique à la Bohême la classification des Terrains de Al. Brongniart.

Zenker . . . . .

décrit divers Trilobites et une Encrine de Bohême.

CT. Gasp. Sternberg .

fait la revue de tous les Trilobites alors connus de la Bohême.

Id. . .

décrit le Wolfsberg.

Léop. de Ruch

décrit la première Térébratule connue de la Bohême.

H. G. Rronn . . .

énumère quelques Trilobites et autres fossiles de Bohême.

T. E. Gumprecht . .

observe le contact du Granit et des Schistes aux environs de Nebilau etc.

CT. Gasp. Sternberg

décrit un Orthocératite des environs de Béraun.

A. J. G. Corda . .

décrit un polypier de la même contrée.

T. E. Gumprecht . .

trace la limite entre le Granit et le côte Sud-Est du bassin de Transition de la Bohême.

Aloys Mayer . .

présente aux Naturalistes réunis à Prague la carte géognostique contenant le terrain de Transition de la Bohême.

A. Quenstedt . . , .

clarifie quelques uns des Trilobites connus de ce terrain.

F. X. M. Zippe . .

présente un aperçu géognostique sur les environs de Prague.

G. A. Goldfuss . .

décrit quelques fossiles paléozoiques de la Bohême.'

H. Fr. Emmrich .

décrit deux nouvelles espèces de Trilobites de cette contrée.

CT. Munster .

énumère quelques fossiles des environs de Prague.

Mïlne Edwards .

classifie les Trilobites déjà connus de la Bohême.

F. X. M. Zippe .

publie une Notice sur les houilles de la Bohême.

And. Preininger .

présente à la Société géologique de France une carte géologique, inédite, de la Bohême.

H. Rurmeister

décrit les Trilobites déjà connus de la Bohême.

J. K. E. Hoser . .

décrit le vallon de la Scharka près Prague.

INTRODUCTION HISTORIQUE

F. X. M Zippe .

présente de nouvelles idées sur la constitution des terrains du centre de la Bohême.

Ernst Beyrich

. décrit divers nouveaux Trilobites de la Bohême.

J. Barrande . .

. classifie les formations Siluriennes du centre de la Bohême et en décrit les principaux Trilobites.

Ernst Beyrich

. décrit quelques Trilobites du même terrain.

J. Barrande .

décrit les Brachiopodes Situriens de la Bohême.

Jan Krejci

. publie une description géognostique des environs de Prague.

A. J. C. Corda

. publie le Prodrôme d’une Monographie des Trilobites de la Bohême.

F. X. M. Zippe .

. décrit succintement les roches du cercle de Béraun, dans la Topographie de Sommer.

1770. Les premiers travaux de nature scientifique qui ayent été tentés sur les environs de Prague, sont dus au P. Jésuite Franz Zeno, professeur de mathématiques à l’université de la capitale de la Bohême. Ils consistent en deux mémoires publiés en 1770 dans le premier volume d’un recueil intitulé: Neue Physikalische Belustigungen c fc. Prag.

Ce volume a paru en deux livraisons, dont chacune contient l’un des deux mémoires en question.

Le premier mémoire intitulé: Von Seeversteinerungen und Fossilien, welche bey Prag zu fmden sind (1. Abth. p. 65) nous présente un intérêt particulier parce qu’il constate le désir qu’avait l’auteur de faire servir la connaissance des pétrifications à l’avancement des sciences. Dans son prélude, il signale l’erreur de ceux qui ont considéré les fossiles comme un jeu de la nature, et il montre quil conçoit leur véritable origine et par conséquent le parti qu’on peut tirer de leur observation. Aux manifestations de son zèle scientifique, il joint celle de ses sentimens patriotiques, dans le passage suivant: Ce serait impardonnable pour notre nation, si nous attendions à notre honte, que peut-être des étrangers décrivent les trésors fossiles de notre pays, encore plus clairement que cela n’est arrivé jusquà ce jour.

Ces dernières paroles montrent que des indications sur les richesses fossiles de la Bohême avaient déjà été données à cette époque, par des étrangers, mais nous ne savons pas à quels ouvrages le P. Zeno voulait faire allusion.

Les matériaux qui ont servi de base à ce premier mémoire appartiennent en partie aux formations paléozoïques, et en partie aux formations crétacées; mais les uns et les autres paraissent avoir été fort peu nombreux et fort peu variés.

Les fossiles paleozoiques décrits se réduisent à trois formes dont la nature générique est aisée à reconnaître d’après les figures données par l’auteur.

1. Cacadu ou Kàfermuschel est le nom par lequel le P. Zeno désigne un pygidium isolé appartenant à 1 une des espèces du groupe de Asaph. Hausmanni. Brongn. Ce fossile est considéré comme une coquille univalve tres-minee, et dont la forme est très-analogue à celle d’un insecte. L’auteur est conduit à cette opinion parcequ’il ne trouve aucune trace du muscle d’attache qui réunit ordinairement les coquilles bivalves.

2. La seconde forme décrite est une tête de Phacops appartenant à l’une des espèces du groupe de Phac. latifrons. Le P. Zeno la considère comme pouvant appartenir aux Echiniles, ainsi que d’autres fragmens qu’il indique, sans les figurer, et sans les décrire.

3. Enfin nous reconnaissons dans la ol. figure un fragment de Orth. Bohemicum que le P. Zeno range parmi les Turbinites.

Outre les trois fossiles figurés et décrits, le P. Zeno indique l’existence d’autres formes qu’il désigne par les noms de: Orthoceratites Belemnites, Tubulites, Dentalites , Neritites, Tellinites et Pectiniles, dont il réserve la description pour une autre époque.

Tous ces fossiles avaient été recueillis par l’auteur aux environs de Prague, à une petite lieue au Sud-Est de Wischerad, c. à. d. dans les carrières que nous désignons par les noms des villages voisins: Dworetz et Branik.

Tous les autres fossiles décrits dans ce mémoire provenaient des formations crétacées situées au Nord-ouest de Prague; l’auteur ne paraît pas se douter que les pétrifications de ces diverses localités pouvaient appartenir à des époques distinctes.

Après avoir terminé les descriptions, le P. Zeno se pose cette question à résoudre : d’où proviennent ces produits marins ?

Il expose en quelques mots l’opinion de Lazaro Moro suivant lequel la croûte de la terre

aurait été brisée bientôt après la création, et soulevée par Faction du feu intérieur, de sorte que

le fond des mers élevé au dessus des eaux formerait actuellement la terre ferme composée de couches sédimentaires renfermant des coquilles.

En admettant l’air de vraisemblance de cette doctrine, qui ferait aisément concevoir la présence des corps marins sur le sommet des montagnes et dans l’intérieur des couches, le P. Zeno

la combat et cherche à la détruire par une série d’argumens:

1. Il existe dans certains dépôts de coquilles fossiles des environs de Prague, une odeur résineuse marine (harziger GeruchJ, qui n’a pas existé dès l’origine dans les eaux de la mer, mais qui s’y est formée peu à peu, par la dissolution des substances résineuses. Les dépôts de coquilles qui présentent cette odeur plus ou moins prononcée ne peuvent donc pas provenir du premier jour de la création, où les eaux marines n’en étaient pas encore imprégnées.

2. Comment les coquilles auraient-elles pu être déjà ensevelies dans les sables et soulevées

avec le fond de la mer au second jour de la création, puisque les animaux marins n’ont été créés

que le cinquième jour?

3. On trouve des coquilles de toute grandeur depuis le jeune âge, jusqu’à l’âge adulte, ce qui ne permet pas de supposer qu’elles ont été ensevelies dès les premiers temps de la création.

A. 11 serait difficile d’admettre en Bohême un soulèvement dans les temps postérieurs, et

analogue à celui qui a fait paraître une île nouvelle dans la méditerranée en 1707, car on n’a

jamais oui dire que la Bohême ait été sous les eaux, quoique les documens historiques sur ce pays remontent à 600 ans avant J. C. La grande élévation de la Bohême au dessus des mers rend d’ailleurs cette opinion très-peu vraisemblable.

5. Enfin on sait que chaque espèce de coquille vit isolée dans la mer, de sorte que sur les rivages on ne trouve que rarement les diverses espèces mêlées. Or dans les localités décrites, on rencontre en un point, sur un espace de quelques pas, plus de 20 espèces distinctes, et 10 sur un autre point.

Après avoir ainsi combattu, le système de Lazaro Moro, le P. Zeno a recours au déluge pour expliquer la présence des fossiles. Suivant lui, la force des eaux a entraîné à la fois le sable et les coquilles-, et lorsque leur vitesse a diminué, il s’est formé ça et là des dépôts de ces ma-, tériaux. De cette manière il conçoit pourquoi les sables présentent encore aujourdhui 1 odeur du sel marin et de la résine, car jusqu’au déluge les eaux avaient eu le temps de s’en imprégner. L’auteur termine sa discussion en réfutant quelques objections faites contre 1 explication par le déluge.

Les opinions énoncées dans ce mémoire furent l’objet d’une critique insérée dans un recueil périodique intitulé Prager gelehrte Nachrichten (2. Stück. p. 27.) 1771.

L’auteur de cette critique reprochait au P. Zeno ses théories chimiques et son explication de la présence des pétrifications attribuées exclusivement au déluge.

Le second mémoire du P. Zeno est intitulé : Beschreibung des bey Prag vor dem Wischerader Thore gelegenen Steinbruches; mit seinen Seeversteinerungen und andern Fossilien. 11 est inséré dans la seconde livraison du recueil cité (p. 362), et il a paru la même année 17/0.

INTRODUCTIOM HISTORIQUE.

L’auteur réfute d’abord les objections provoquées par les doctrines énoncées dans sa première publication. Il se plaint du peu de zèle que montrent ses compatriotes pour l’étude des richesses du sol, et il leur propose pour exemple la France ut la Saxe. Il fait cependant allusion à diverses collections commencées par des personnes de la noblesse parmi lesquelles il distingue le Prince de Fürstenberg.

Entrant en matière, le P. Zeno décrit la contrée où sont les carrières qui lui ont fourni ses fossiles, au Sud-Est à peu de distance de la porte de Wischerad, le long de la Moldau. Ce sont évidemment les environs des villages aujourd’hui nommés Dworetz et Branik. Le nom de Cisorz qu’il donne à un petit village de la même contrée, paraît n’être plus employé de nos jours.

La coupe de la carrière décrite présente:

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