RAPPORT DU CAPITAINE W.V PETTIT
J'ai quitté Pétrograde le 31 mars. Durant |. is dernières semaines, j'ai traversé le frontière de Finlande six fois e. . ai été à peu près deux semaines à Pétrograde. J'ai rencontré Tchitcherin, Litvinov et plupart des personnages les plus importants € gouvernement communiste de Pétrograde. (Y inclus Bill Shatov, chef de police).
En peu de mots, mon opinion sur la situation russe est la suivante: A Pétrograde, je présume que le gouvernement communiste actuel est soutenu par la majorité des ouvriers, mais il y a ps moins
e la moitié de la population totale qui soit membre: du parti communiste.
oi qu’il en soit, mes conclusions sont basées, nor: seulement sur des conversations que j’eus avec les communistés, mais aussi sur -celles que j'eus avec des adversaires du governement communiste, des membres de l'aristocratie, des hommes d’affaires et des étrangers, et je suis persuadé que si on leur donnait le choix entre les deux alt:rnatives de la révolution ou de l'interve” = étrangère, la grande majorité de la population de
TE AT BA RUES os cum mme = des
Pétrograde choisirait sans hésiter le gouvernement actuel. L'intervention étrangère souleverait tout la population contre elle et aurait pour effet a su ne actuel. La nn se ee er chaos. (Il n’y a nulle pa e groupe russe auquel le peuple, à qui j’ai parlé, a confiance. Kolchak, Denikin, Yudenvitch, Trepov, la misérable bande d’émigrés russes qui hantent le Grand Hotel de Stockholm, la Socithans House de Helsingfors, les bureaux de la commission de la paix à Paris, et qui jonglent entre eux sur les moyens de résoudre la situation
s russe, aucun d'eux n’a de partisans à Pétro e.) Ceux avec qui j’a: parlé, reconnaissent que la révolution, si elle réussissait à établir un gouvernement fort, aurait pour résultat d'amener la terreur blanche, telle que celle de la Finlande. En Finlande, notre consul a noté 12,500 exécutions dans une cinquantyine de districts, E y parmi les quelques 500, et ce, par la Garde Blanche. A Pétro: e, on m'a maintes fois assuré que le total des exécutions rouges, à Pétrograde et à Moscou, et autres villes, était de 3,200 au maximum.
Cela semble quelque peu incompatible, pour la bourgeoisie russe, de supposer à l’intervention alliée et en même temps de ne pas donner leur plein support au gouvernement actuel. Ils justifient leur attitude par le fait que lorsque les deux grands problêmes de la nourriture et de la paix seront résolus, toute la population pourra se mettre à aider le régime actuel à établir un gouvernement stable et efficace. Ils font remarquer les nombreux changements qui ont déja été faits À 3 le gouvernement communiste actuel, l’admission des erreurs qui ont é commises, la facilité avec laquelle on peut arriver à des moyens de construction sous le présent régime. Tous ces faits ont engagé plusieurs personnes du monde pensant, avec lequel j'ai conversé, à regarder le gouvernement actuel, peut-être sous une forme quelque peu modifiée, comme étant le salut de la ussie.
Aujourd’hui, la situation est mauvaise. La Russie met toute son énergie à créer une armée pour combattre la Garde Blanche qui l’encercle. Que cette armée soit efficace, ceci est démontré par le territoire qu’occupent actuellement les troupes soviettes, qui ont eu à combattre la Garde Blanche russe soutenue par des sommes énormes d'argent, de munitions et même de soldats de la part des alliés. Naturellement le transport est inefficace; il était horrible dans les dernières années du régime du Czar. La séparation absolue du reste dy monde, ajoutée aux conditions chaotiques a ont existées depuis la révolution de 1917, plus le sabotage qui jusqu’à récemment était assez général: parmi la classe intellectuelle, y compris les ingénieurs, a produit une diminution du fonds roulant. Le transport de l'immense armée qui a été recrutée, a limité le nombre de chars utilisables pour le transport d'aliments. L’isolement de la Sibérie, de la Finlande, des provinces de la Baltique, et jusqu’à récemment de l’Ukraine, a rendu nécessaire l'établissement de nouvelles voies pour le transport d'aliments. Conséquemment, il y a eu de grandes souffrances à Pétrograde. Sur une population de un million, il yen a deux cent mille qui sont rapportés comme malades par le bureau de santé, dont cent mille sérieusement dans les hôpitaux et chez eux, et l’autre cent mille, aux membres affectés, mais pouvant cependant se rendre aux cuisines communes. Toutefois, les rapports, que les gens meurent dans les rues, sont faux. Ce qu’il y a de nourriture est équitablement distribué, et il y a des cuisines communes où n'importe qui peut
récevoir un assez bon repas pour 3 roubles et demi.
Pour de l’argent, chacun peut obtenir beaucoup de luxe. Les enfänts, dont quelque 50,000 ont été logés, sont admirablement traités, et hors du manque de lait, ont fort peu à se plaindre. Dans les écoles publiques, des repas gratuits sont donnés aux enfants, et l’on voit, sur la figure de la jeune génération, peu des indices de souffrance que les personnes plus agées ont endurée et endurent encore. La condition alimentaire s’est récemment améliorée, per suite de la suspension des trains à passagers, et de la reprise de l'Ukraine où la nourriture est abondante. Il est arrivé quodidiennement de 60 à 100 chars d'aliments à Pétrograd depuis le 18 révrier.
Peut-être est-il futile d'ajouter que ma solution du problême russe est en quelque sorte la reconnaissgnce du gouvernement actuel, la création de rapports économiques et lenvoi de tout secours possible au peuple. J'ai été reçu d’une façon merveilleuse par les représentants communistes, bien qu’ils savaient que je n'étais pas socialiste et bien que j'aie admis, devant leurs chefs, que mes habits civils étaient un déguisement. Ils ont une forte amitié pour l'Amérique, ont confiance au Président Wilson et ils sont convaincus que nous venons à leur secours, et, qu'avec nos ingénieurs, nos aliments, nos professeurs et nos fournitures, ils vont créer un gouvernement, en Russie, qui mettra en force les droits du peuple comme aucun autre gouvernement ne l’a jamais fait. Je suis tellement convaincu de la nécessité À am nous de faire immédiatement des démarches
ur mettre fin à la souffrance de ce peuple merveilleux, que je suis prêt parier tout çe que j’ai sur la conversion de 90 pour cent des hommes d’affaires que je pourrais amener à Pétrograde pendant deux semaines.
Il est inutile pour moi de vous dire que la plupart des histoires qui sont venues de Russie sur les atrocités, les horreurs, l’immoralité, ont été fabriquées à Viborg, Helsingfors ou Stockholm. Les horribles massacres, qui devaient avoir lieu au mois de novembre dernier, n’ont été connus à Pétrograde que par les journaux de Helsingfors. Que quiconque ait jamais cru, même pour un moment, à la nationalisation des femmes, semble une impossibilité pour n'importe qui à Pétrograde. Aujourd’hui Pétrograde est une ville d’ordre—et c’est probablement la seule ville : monde, par sa grandeur, qui n’a pas de police. Bill Shatov, chef de police, et moi étions à l'opéra l’aure soir pour entendre chanter Chaliapine dans Boris Gudnov. Il s’est absenté de bonne heure, en disant qu'il y avait eu un vol la nuit précédente, par lequel un homme avait perdu 5,000 roubles, que c'était la premier vol depuis plusieurs semaines, qu’il soupçconnait quel en était l’auteur et qu’il s’en allait arrêter cet homme, cette nuit-là même. Personnellement, je crois que Pétrograde est plus sûr que Paris. La nuit il y a des automobiles, des sleighs-voitures à patins- et du monde dans les rues, à minuit, en bien plus grand nombre qu'il y en avait à Paris, quand j'ai quitté il y a cinq semaines. Le
Le plus étonnant, c’est de voir que la grande foule des prostituées est : disparue. Je n’ai pas vu une femme de mauvaise vie 2 que je suis parti pour Pétrograde, et les étrangers qui ont été là durant ces trois dernier mois, disent la même chose. La po itique du gouvernement actuel, m'a-t-on dit, a eu pour effet de faire disparaitre de la Russie cette excroissance de la civilisation moderne.
La mendicité a diminué. J’ai demandé d’être conduit dans les quar-
tiers les plus pauvres de {a ville pout voir comment vivait le peuple dans ces bouges, communistes comme bourgeois m'ont dit, en levant les mains: “mais vous ve comprenez donc pas qu'il n'existe plus de tels endroits?” Il y a de la pauvreté, mais elle est divisée entre ceux des
ens pauvres ou des anciens riches qui ne purent s'adapter aux conditions actuelles qui veulent que chacun fasse quelque chose.
Le régime de la terreur est fini. Depuis des mois il n'y RE rs eu d'exécution, m’a-t-on dit, et il est certain que le monde va au tre, à Ppiee et sur les rues, autant qu’il pourrait le faire dans n'importe quelle
le
du globe, ; RAPPORT DE LINCOLN STEFFENS. =
° 2 avril, 1919.
Politiquement, la Russie a atteint l'état de stabilité à l’intérieur, au Moins, pour le présent.
Je crois que la révolution Ï est finie, qu’elle a suivi son cours et qu'il va y avoir du changement. 1 peut se produire des poussées; il y aura certainement des réactions, mais elles seront régulières, je crois; elles seront politiques et économiques, mais parlementaires. Un nouveau centre de gravité semble avoir été trouvé.
Il est certain que la phase destructive de la Révolution en Russie est passée. La phase constructive est commencée.
Nous en avons vu l'évidence partout. Nous avons vu l’ordre régner, et, dans nos recherches, nous n’avons entendu parler d'aucun désordre. La prohibition est universelle et absolue. A Pétrograde, les vols ont été réduits à moins du chiffre normal des grandes villes. Avertis du danger, avant notre arrivée, nous nous y sommes sentis en sûreté. La prostitution et sa clientèle sont disparues, ayant été chassées par la loi: “Pas de travail, pas de nourriture,” mise en force par le besoin général et le système de carte de travail. Le chômage du travail, le sabotage par les directeurs, les chefs, les experts et les commis de la classe supérieure, ont été surmontés. La Russie s’est remise au travail.
La forme soviette* de gouvernement qui a surgi d’une manière si spontanée par toute la Russie, ‘est définitivement établie.
L: n’est pas une chose sur papier, ni une invention. N'ayant jamais été conçue, elle n'a pas même encore été écrite sous forme de loi. Elle n'est pas même uniforme. Elle est remplie de fautes et de difficultés; elle est grossière et, en fin de compte, non démocratique. Le Gouvernement Russe actuel est le gouvernement le plus qe ue-je n’ai
amais vu. Lenin, chef du gouvernement soviet, est a loigné du » a que ne l'était le Tsar ou que ne l’est aucun potentat actuel de urope.
Les gens d’une boutique ou d’une industrie sont un soviet. Ces simples petits soviets élisent un soviet local, lequel élit des délégués au soviet de la ville ou de la région (communauté), et ces derniers élisent des délégués au soviet du ee ge (d'état). Les soviets du gouvernement élisent ensemble des délégués au Grand Soviet de Russie, lequel élit es Commissaires (ce qui correspond à notre, Cabinet, où à une minorité européenne). Et, finalement, ces Commissaires élisent Lenin. Ce dernier se trouve donc éloigné du peuple de cinq ou six dégrés. Pour avoir une idée de sa stabilité, de son ind pendance et de son pouvoir, il faut songer
aux procédés que devrait prendre le peuple pour le déplacer et élire un successeur. Le personnel ou l'opinion de la majorité de tous les soviets de la Russie devrait être changée, rappelé ou amenée de quelque façon à reconnaitre et à representer le changement d'opinion du peuple.
Aucun adepte de gouvernement n’aime le soviet tel qu’il s’est formé. Même Lenin ne l’aime pas. 11 l'appelle une dictature et il s’y est d’abord
cpposé. Quand ue en Russie aux jours de Milyoukov et de Kerensk ; Lenin et les Bolsheviks demandaient l'élection générale de l’Assemblée Constituante. Mais les soviets existaient alors, ils avaient le pouvoir; j'ai vu les ambassadeurs étrangers s’y tromper, et le monde a vu Milyoukov et Kerensky tomber, en partie parce qu’il ne voulaient pas ou qu'ils ne pouvaient pas comprendre la nature du soviet, comme Lenin l’a finalement fait, à l'encontre de sa théorie, lorsqu'il adhéra au soviet, montra la répudiation populaire de la Constituante, et qu'il se mit au travail avec les soviets, pouvoir actuel de Russie. L'assemblée constituante, élue par le peuple, représentait la classe supérieure de l’ancien régime. Le Soviet, représente la classe inférieure. . x
Au fond, le Soviet est une simple assemblée de tvailleurs, ou de Paysans, choisis dans leur milieu habituel de travail, au lieu de l'être, comme chez nous, dans des divisions géogra hiques artifcielles,
Les unions de travail et les compagnies de soldats forment les soviets, des villes; à l'auberge du village, de pauvres paysans et des soldats furent les premiers soviets de la cam agne; et, au commencement, il y a deux ans, ces délégués de la basse classe m'ont répété souvent que les “paysans riches” et les “gens riches” avaient leurs propres assemblées et leurs propres lieux d’assemblée, L'intention générale n’était pas alors d’exclure les classes supérieures du gouvernement, mais seulement de les exclure des soviets, qui, dans le temps, n’était pas encore le seul gg Mais les soviets, une fois en existence, se sont absorbés . dans 18 tâche et les problêmes de leur propre classe, que la classe supérieure avaient ignorés ou qu’elle n'avait pe voulu comprendre ou résoudre. Ils onblièrent simplement le Conseil de l’Empire et la Duma. Alors, ils s’aperçurent ou plutôt leurs chefs s’aperçurent qu’ils avaient: tout le pouvoir. Tout ce que Lenin et les autres chefs socialistes eurent. à faire pour mettre en pratique leur théoré de lutte de classe, fut de reconnaitre l'existence de ce pouvoir et d'enseigner aux soviets de continuer à ignorer les assemblées et les institutions des classes supérieures, qui, avec leurs gouvernements, leurs ministres et leurs assemblées locales,
evinrent bientôt impuissants, à cause de leur négligence.
Le gouvernement soviet a surgi ou est sorti des coutumes, de la psychologie et de l’état du peuple russe. Illeur convenait. Ils le com-. ge Ils trouvent qu'ils peuvent le faire fonctionner et ils l’aiment.
out effort pour mettre quelqu’autre chose à sa place (y inclus celui de, Lenin), a fait faillite. Il devra être modifié, je crois, mais non essentielle ment, et il ne peut être mis tout à fait de côté. Le Tsar lui-même, s’il pouyait revenir, devrait conserver le Soviet russe et s'arranger de. manière à gouverner par lui. . :
Le parti Communiste (dit “Bolshevik”) est actuellement au pouvoir dans le gouvernement soviet. Je crois qu’il va y rester longtemps. Ce: que j’ai montré du rouage est une garantie de la domination communiste. Il y a aussi autre chose.
Me
Toute opposition au gouvernement communiste a pratiquement cessé à l’intérieur de la Russie. , . . Toute la Russie s'est mise au travail de la reconstruction. ge a ne Pa des plans proposés pour l’avenir,
on.
ruction fut un plaisir pendant quelque temps pour un uple Cependant, tait pas
le russe, quand il est sobre, est un
gentil peuple. Un de leurs poiles ; désigne: “Cette gentille bête, le
le russe.” Et j'ai
La violence est venue plus tard, avec le bolchévisme, après plusieurs tentatives de contre-révolution, et avec le vodka. Les chefs bolshévistes regrettent et ont honte de leur terreur . Ils ne l’excusent pas. Ce fut d’autres personnes, on s’en souvient, ont dirigé les pires atrocités russes et la terreur elle-même vers l'adoption pe es contre-révolutionnaires de la méthode de meurtre (tel qu’arriv à Lenin et à d’autres), et surtout vers le saccage, par la foule, des caves de vins et des distilleries de vodka. Il bien connu des juifs, des ré-actionnaires et des russes eux-mêmes, que le russe ivre et le russe sobre sont deux bêtes tout-à fait différentes. C'est D 2 ce peuple, - dernièrement, a non-seulement obéi, mais il a mis en orce, avec vigueur, les décrets révolutionnaires de la prohibition, dans toutes les parties de la Russie connues et inconnues,
L'esprit de destruction satisfait, épuisé ou dofniné, a terminé son travail. Les chefs de tous les partis l’avouent.
Il existe un lien étroit entre le peuple russe et les nouveaux chefs russes au pouvoir ou en dehors. Les nouveaux hommes politique sont généralement jeunes, jean fs et représentatifs. Ce sont ces derniers E tempèrent et modèrent l'enthousiasme et l’idéalisme des légishateurs.
n Russie, tous les législateurs sont jeunes et nouveaux. C’est comme si nous élisions aux Estats-Unis tout un ‘nouvel assortiment d’hommes dans tous les bureaux, à partir de la plus basse position du comté jusqu’à la plus haute du Fédéral, et comme si cette élection avait lieu lors d’une pe crise, alors que … gens sont pleins d’espérance et de foi.
nouveaux chefs des sovièts locaux de Russie étaient et sont encore réellement des gens du peuple. C'est là une des raisons pourquoi leur dictature autocratique est acceptable. Ils ont senti et partagé la passion de la foule pour la destruction, mais dans leur idée, ils avaient une certaine chose à détruire. chefs soviets se sont servis de la révolution pour détruire le système économique de la Russie.
Pendant que la foule brisait les vitrines, détruisait les caves de vins et pillait les maisons pour exprimer sa rage, ses chefs faisaient tous eurs efforts pour mettre à néant tout le système. Ils mirent à bas le
sar et ses officiers; ils abolirent les cours de justice dont on s'était servi pour les opprimer; ils fermèrent les boutiques, arrètèrent toutes nr affaires en général, surtout les affaires de concurrence et de spécula-
on; et ils s'emparèrent de toutes les grandes industries, les monopoles, les concessions et les ressources naturelles. Tel était leur but. Telle était leur religion. . C’est ce que la basse classe intelligente avait enseigné tranquillement au monde entier depuis cinquante ans, à savoir, que ce
re pécr
LE Fe.
il faut changer, mais bien tout ce et les chemins de fer, les boutiques, les ploités pour la spéculation et le profit, voi la pauvreté et des ri , d d de la , Le pes les tra
économique. boutique, de manufacture et d'affaires. Le bolehévisme est l'interprétation li rale, l’application réelle de cette théorie, de cette poli ou de ce programme, C'est rquoi, lors de la période destructive de la révolution russe les chefs bolshévistes ont induit le ple à détruire le vieux système dans ses racines et ses branches, de m que dans ses fruits et ses fleurs. Et apparemment, c'est ce qui a été fait. Les rangées de pos de détail fermés et cloués, que nous avons vues à Moscou et à P trograde, n’en étaient qu’un indice. Lorsque nous avons revu ces devan et que nous fumes plus informés du travail de la convaincus que les Russes avaient littéralement et leur dessin. C'est ça qui nous a choqués. C’ ça l'univers; ce ne sont pas les atrocités de la révolution, elle-même,
L'organisation de la vie, ou le système économique, tel que nous le connaissons en Amérique, en Europe et dans le reste de l’univers, est aboli et détruit de fond en comble en Russie,
révolution n’en est l’auteur. Le gouvernement du Tsar l’a pourri. La guerre en.a brisé le rouage. La révolution, finalement, l’a simplement mis au rancart.
L'effet, c’est la faim, le froid, la misère, l’angoise,
mort pd des milliers de personnes. Mais pis que cel a
a été la confusion d’esprit parmi les bien- rtants et 1 de nous réalise—même ceux et nos habitudes
r vieux régi pervers et dangereux, fance. Ils pouvaient
angers dans leur propre pays.
Cette Cire de la transition a été prévue par les chefs de la en et ils ont pourvu aux besoins actuels dans les plans de recon- . Struction.
Lenin a de l'imagination. C’est un idéaliste, mais c’est aussi un savant et un farouche réaliste. Lenin était un statisticien de profession.
Îi a cherché longtemps à prévoir l'avenir de la société sous le socialisme et il a définitivement un ceux des rouages et des institutions existants sous l’ancien de dont on pourrait se servir dans le nouveau. 11 y avait encore le vieux système russe des terres de la commune, en voie de disparaitre, mais qui existait encore à certains endroits avec ses paysans qui y étaient habitués. Ceci devait être maintenu; c'est sa solution du prob ême de la grande propriété. Elle ne doit pas être divisée, mais
ravaillée en commun par les paysans. Puis il y avait la Grande Société coopérative Russe (du commerce), avec ses 11,000,000 de familles avant la guerre et mair.'enant avec ses 17,000,000 de membres. Il a conservé cela. Il y avait conflit; cette coopérative était entre les mains de la bourgeoisie, mais elle était aussi une partie essentielle du système de distribution projeté; alors Lenin a fait un pr, et aujourd’hui, la Russie communiste la posséde. Lenin avait déjà les chemins de fer, le télégraphe et le téléphone; les ouvriers ont saisi les manufactures, les soviets locaux ont pris les mines; et le Soviet pan-Russe s’est emparé des banques.
nouveau gouvernement a ouvert des magasins—un dans chaque arrondissement—où l'on distribue pour de l'argent, sur présentation de la carte de travail, n'importe quel aliment, combustible et vêtement que ce monopole complet du gouvernement a à distribuer. Il n'y a pas de marchandage, pas d’étalage, pas d'annonce et pas de spéculation. Tcu: ce qu’un individu a droit d'acheter par son travail, à la coopérative ou dans les magasins soviets, est à prix fixe, bon marché, donnant un certain profit {trop petit) pour le gouvernement ou les membres de la Coopérative.
On doit abolir l'argent graduellement. Aujourd’hui l'argent ne compte pas beaucoup. Le capital privé a été confisqué, la plupart des riches ont laissé la Russie, mais il y a encore beaucoup de gens qui ont caché leur argent ou leurs valeurs et qui en vivent, sans travailler, Il: pouvent acheter des vivres et des objets de luxe, mais seulement d’une manière illégale, en achetant des paysans et des spéculateurs, à de. taux très hauts et au risque d’être punis. Ils pores aussi acheter aux magazins du gouvernement, à bas prix, mais ils ne peuvent qu’y obtenir leur ration, et seulement sur leur carte de classe ou de travail. Cette distinction de classes, bien que transitoire et temporaire, (le but c’est de a ag qu’une seule classe), voilà la clef de l'idée de tout le nouveau système.
: Il y a trois classes. La première peut acheter, par exemple, une livre et demi de pain par jour; la deuxième, trois-quarts de livre; la troisième, seulement qu’un quart de livre, quelque soit le montant d’argent qu'on puisse avoir. La première classe comprend les soldats, les travailleurs de la guerre et d’autres industries essentielles, les acteurs, .les professeurs, les auteurs, les experts et toute espèce d'employés du gouvernement. La seconde classe comprend toutes les autres sortes de travailleurs. La troisième classe comprend tous les gens qui ne travaillent pas—la classe du loisir. Leur ration, sous les circonstances actuelles, ne leur suffit pas pour vivre, mais 11 leur est permis d'acheter, en secret, des spéculateurs; d’après la théorie que le total de leur capital sera bientôt épuisé, et pe l'intérêt, la rente et les profits, et toute sorte d'argent non-gâgné, sont abolis, ils seront bientôt forcés d’aller au travail.
Le malaise et la-confusion qui découlent de cet étrange état de chose, furent et sont encore douleureux pour plusieurs, non seulement pour lé
riche. Pendant mécontentement au sujet de ce nouveau DE paysans les ouvriers per t “ ge de la rareté à
matière première r les
aussi été prévu pir … esprit et cette
du d'Etat, du
teurs révolution-
n'avons plus, ni les ils
. Les gens plus à l'aise se t. Leurs amas sont saisis par le même : La classe No. 1.
les oeufs, les fruits,
g nt; ils reçoivent cela école où “Même l'enfant Et les enfants,
aux bailets, aux gal-
leries des arts,
Les bolchevistes—et tous les partis russes—regardent l'attitude des communistes envers les enfants comme le symbole de leur nouvelle civilisation.
“C'est pour le bien de l'humanité et non des affaires’’ comme le disait l’un d'eux, un Américain, “et les enfants représentent l’avenir. Notre génération n’aura que le travail, 11 mg et la misère de la lutte. Nous n’aurons aucun des bénéfices matériels du nouveau système, et probablement que nous ne le comprendrons et ne l’aimerons jamais. ais les enfants, c’est pour eux et leurs enfants que nous nous battons, de sorte que nous leur en donnons le meilleur de suite et leur enseignons à le recevoir d’une manière toute naturelle. Ils en recoivent l'idée. Ils seront nos nouveaux Propa teurs. , ,. .”
Et c’est ce qui fait demander la paix à Lenin et à son gouvernemont communiste modéré. Ils croient qu'ils ont, r la première fo. conduit une révolution vers une solution logique. Toutes les autres révolutions se sont arrêtées alors qu'elles avaient passé de la phase politique à la phase démocratique. Celle-ci a aussi passé de la phase économique à la démocratie économique, à l’autonomie dans la manufacture, la boutique. et sur la terre, et elle a jeté la base du partage univereal du profit, du partage universel de la nourriture, des habits et de tous les biens, d’une manière équitable pour*tous. .Et ils croient que leur civilisation marche
sur cette base. Ils veulent du temps 2 construire plus haut et mieux. Ils veulent répandre leur civilisation dans le monde, mais seulement telle qu’elle fonctionne. Comme ils nous ont dit, lorsque nous leur avons rappelé que le monde craignait leur be an ae 2
“Nous en avons fini des arguments de la vieille propagande, Tout ce que nous voulons maintenant, c’est de nous laisse1 prouver, par des exen.les de choses bien faites ici, en Russie, que le nouveau système est bon. Nous sommes si certains de réussir, que nous sommes prêts à n’en plus parler, à ne plus argumenter, à ne plus discourir, à arrêter toute cette vieille rengaine. Et surtout, nous sommes fatigués de la Lg ru par l'épée. Nous voulons arrêter le combat. Nous savons que chaque pays doit conduire sa révolution suivant ses propres dispositions et désirs. Il n’est ni socialiste, ni démocratique, ni scientifique de l’y améner par la guerre. Et aujourd’hui nous combattons seulement pour nr1s défendre. Nous arrêterons de nous battre lorsque vous le voudr : Nous rappelerons nos troupes si vous voulez retirer les vôtres. Nous démobiliserons. Nous avons besoin, pour nos manufactures, nos boutiques et nos fermes, de nos organisateurs et de nos ouvriers de choix qui sont maintenant à l’armée. Nous aimerions pouvoir les rappeler pour faire tout l’ouvrage exigé-et nous servir de leur wagons pour distribuer nos marchandises et nos moissons, mais seulement à la condition que vous rappelliez vos soldats et que vous cessiez votre support moral, financier et matériel à nos ennemis et aux ennemis de notre idéal. Que chaque pays en lutte, sur nos bords, choisisse lui-même sa propre forme de gouvernement et sa propre allégéance. .
“Mais vous ne devez pas nous traiter comme une nation conquise. Nous ne sommes pas conquis. Nous sommes prêts à nous mêler à une guerre civile révolutionnaire par tout l’Europe et l'univers, s’il faut que
ce” "ne chose soit faite par cette mauvaise voie de la force. Mais ” ( nc fèrerions avoir du temps et dépenser notre énergie au travail, afi ous assurer que notre jeune affaire est réellement bonne. Nous
AVUs. JTOUVÉ que nous pouvons endurer la misère, la maladie et la pauvreté; c’a été un bien pour nous d’avoir enduré ces choses, et nous espérons pouvoir partager la richesse de la Russie, au fur et à mesure que nous la développerons. Mais nous n’en sommes pas certains. Laissez-nous, russes, payer le prix de l’expérience, faire le plus gros du travail, nous y sacrifier, ensuite votre peuple pourra nous suivre, lentement, à mesure qu’il décidera de lui-même, que ce nous avons est digne d’être possédé.” C’est là le message que vous apportez, M. Bullitt. C’est votre devoir de le livrer, mais c’est aussi le mien de le seconder par mon opinion sur la situation, telle qu’elle est en Russie et en Europe aujourd’hui.
s £ : aus ARR D TR 2 GA DOM AND LOT DE SU me MR mepeserm ee ce OR =
Sans doute on a “à teinarquer les contradictions de détails tant entre le memorandum de M. diärtens &* le rapport des trois commissaires, qu’entre les trois com missaires eux-rnèmes. Ces contradictions, à mon sens ne font que confirr :er }’ensemble.
Ces rapports :léjusés avec les dépositions assermentées de leurs signataires, lors de ‘‘"1:.1êt« tenue par le Comité des Affaires Etrangères du Sénat Américain, ainsi que ies dépositions de ces témoins, n’ont jamais été contredits. £
Ces rapports et dépositions démontrent triomphalement que la bourgeoisie, par ses divers organes de propagande, n’a pas dit la vérité.
Mais, cela ne me satisfait pas encore: de ce qu’on dit des mensonges, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’on a menti: colporter l'erreur n’est pas mentir. Aussi j’entends établir que la bourgeoisie a faussé la vérité sachant, voulant et entendant mentir, avec un but déterminé. et qu’elle persiste encore aujourd’hui à mentir.