dilatation de l'aorte abdominale
10 1.730 32 — quelques zônes d’épaississement de l'aorte.
Six autres traités de la même façon ne présentaient aucune lésion
macroscopique.
Baylac et son élève Amouroux (06) employèrent comparativement les infusions et les macérations de scaferlati ordinaire à 10 °/, en injections sous-cutanées (2 à 4 cc) intra-veineuses (1 à 3°cc) et intra-stomacales
quotidiennes ; voici le résumé de leurs expériences :
1° série: — JInjeclions intra-veineuses
Lapin 1 2.300 gr. 1/2 cc infusion r0o°/, (pendant 15 js), 1 cc (13 js) enfin 1 1/2 cc(28 js) nombreuses plaques d’athérome et dilatations anévrysmales. :
Lapin 2 2.000 gr. '/2 cc. infusion 10 */, pendant 15 js), 1 ec. (13 js) enfin 1 1/2 cc (18 js) lésions analogues au précédent.
Laoin.351 2.000 gr. 1 CC'umacération ro (15Ms) NcCATSNS)ENCE (12 js) = lésions nettes.
Papin "4 e;5o0 gr 1 cc-macétationtio (ris) 20cC AC MSNERCCE (24 js) = aorte normale.
2° série. — Jnjections sous-cutanées.
Eapin 52-300 er N22cc-Mnfusioneron/# TMS) Sec es Ace. (13 js) = lésions no nbreuses.
Lapin 6 2.200 gr. 2 cc: infusion 10°/, (15 js), 3 cc. (13 js), 4 cc: (6 js) — lésions nombreuses.
Lapin 7 2.100 gr. 4 cc. macération ro °/, (14 js), 6 cc. (13 js), 8 cc. (18 js) — lésions nettes.
Lapin 8 ‘2.000 gr. 4 cc. macération 10 °/, (14 js), 6 cc. (13 js), 8 cc, (15 js) — aucune lésion,
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3° série. — Jnjections intra-stomacales.
4 lapins qui avaient reçu 4 à 10 cc. d’infusion à 10./, moururent dans les 24 heures.
Gouget (06) utilisa l’infusion à 10 °/, par voies stomacale, veineuse ou mixte et n'obtint des lésions que chez un des animaux en expérience, qui avait recu 11 ini. intra-veineuses de 1/2 à 1 cc. et Go cc. en 4 inj. intrastomacales.
Lesieur reprit en 1907 la technique de Baylac et obtint de l’athérome chez le lapin avec du scaferlati ordinaire et avec des tabacs anglais.
La même année Lœper et Boveri, obtiennent un cas d'athérome chez un lapin auquel ils avaient fait ingérer en 54 jours 18 doses de 1 gr. 5 de tabac en pilules ; Ball a des résultats très inconstants à la suite de l'emploi d'infusions de nicotiana tabacum et de scaferlati ordinaire par diverses voies.
Gébrowsky (07 et o8) expérimente sur une grande quantité de lapins et se sert, soit de la fumée de tabac en nature (1° lot) donnée en inhalations, soit de dissolutions de fumée d’un tabac russe de qualité inférieure (makhorka), soit enfin de dissolutions de fumée d’un tabac de qualité supérieure (3° lot).
Parmi les lapins du 1° lot, deux sont morts spontanément au bout de 57 et 66 jours et ne présentaient que des altérations microscopiques, deux autres sacrifiés le 120° et 180° jour avaient des lésions de l'aorte visibles à l'œil nu; pour le 3° lot l’auteur donne les détails suivants :
Dissolution de la fumée de 100 gr. de tabac supérieur
dans 1oo cc. de sérum physiologique ; injections
intra-veineuses de doses croissantes de o cc. 05 à 5 cc.
Lapin 1 94 inj. de 0,4 à 0,5 en 180 js (22 cc. au total) — lésions très
accentuées de la crosse de l’aorte.
Lapin 2 88 inj. de o,3 à 0,5 en 167 js (19 cc.) — lésions nombreuses
de l’aorte abdominale.
Lapin 3 74 inj. de 0,5 à 0,5 en 134 js (23 cc., 6) — lésions nettes. Läpin 4 22 inj. de 0,4 à 0,5 en 26 js (5 cc., 1) = aucune lésion.
Tout récemment enfin MM. Guillain et Gy (juin o$) ont repris cette étude et employé la plupart des techniques que nous avons exposées ci-dessus : sur 33 lapins en expérience, ils n’ont observé que dans trois cas de l'athérome aortique (deux fois avec du scaferlati ordinaire). Nous avons fait également, avec notre maître Lesieur, quelques essais dans cette voie, et nous avons pu obtenir assez facilement l’athérome de laorte chez le lapin et même chez le cobaye ; nous rapportons ici deux de nos observations :
Observation I. — Lapin neutre de 2.370 gr. nourri avec du son et des légumes. On lui a fait, du 22 juillet o7 au 22 mai o8, soit dans l’espace de 10 mois, 109 injections SOuscutanées de macération de tabac scaferlati ordinaire à 20 °/,, donc une injection tous les trois jours environ ; la dose qui était de 1 cc. au début, a été rapidement élevée et maintenue à 2 Cc., ce qui porte à 200 cc. la quantité de macération reçue par l'animal (cette quantité représente 65 grammes de tabac sec).
A partir du 14 juin, c'est-à-dire après huit jours de repos,
nous avons fait des injections intra-veineuses :
1e Juin : 1/2 cc. crise pseudo-épileptique, sans phase paralytique.
5 juin : 1 cc. crise violente avec phase de parésie durant 5 minutes.
10 juin : 1 1/2 cc. grande crise suivie d’une lassitude extrême et persistante.
16 juin : 2 cc. mêmes phénomènes, dyspnée et stertor.
22 juin: 3 cc. l'animal meurt au cours de la crise convul-
sive.
Autopsie : poids 2.500 — adipose généralisée.
Aorte. — Une grande plaque d’athérome sur l'aorte thoracique, à 5 centimètres de la naissance de l'artère; cette plaque mesure 2 centimètres de long sur 1 centimètre de large environ, elle est déprimée à la façon d’une dilatation anévrysmale, et la paroi est en ce point plissée, blanchâtre et amincie; une seconde plaque analogue, mais plus petite et moins déprimée, jaunâtre et dure sans cependant être cassante, siège au début de l'aorte abdominale.
Cœur gros, congestionné, pas de lésion visible au niveau des coronaires. L
Bronches. — La gauche est reliée à l'artère pulmonaire par une forte bride fibreuse.
Poumons. — Coloration uniforme rouge brique, pas d'emphysème, adhérences pleurales nombreuses dont certaines sont anciennes et très résistantes.
“ Foie. — Présente de grands placards bourrés de granulations jaunâtres de sclérose visibles sur les deux faces.
Capsules surrénales volumineuses ; une à droite, deux à gauche complètement distinctes ; le tout pèse 1 gr. 20.
Les autres viscères, y compris le cerveau, ne présentent que de la congestion; nous parlerons plus loin des lésions
histologiques.
Observation II. — Cobaye, traité d’abord par les
almosphères de fumée.
La dose de tabac {scaferlati ordinaire) était de 2 gr. et nous la renouvelions 2 fois par séance :
Les phénomènes observés étaient ceux que nous avons décrits à propos de l’intoxication aigüe : agitation de l'animal qui présente d'abord de l'apnée, puis dypsnée et angoisse, et la respiration, après avoir atteint le chiffre de 90 à la minute, tombe à 40 et au-dessous ; l'animal se couche sur le flanc et paraît s'endormir, laissant tomber sa tête qui suit les mouvements saccadés de la respiration.
Remis à l'air libre, le cobaye se comporte comme s'il était ivre et ne reprend son aplomb et une respiration calme qu'au bout de quelques minutes.
Au bout de 10 séances, nous avons traité l’animal par des insufflations sous-cutanées de fumée de saferlati ordinaire : il se produisait aussitôt un gonflement dur généralisé, le cobaye immobilisé poussait des cris de douleur au moindre attouchement, sa respiration devenait stertoreuse et un tremblement généralisé se déclarait. La mort est survenue à la suite de la 3e insuffation.
Il est évident que la toxicité de la fumée n'était pas en cause.
Autopsie : Peau décollée à peu près entièrement : les extrémités seules étaient respectées. Congestion pulmonaire très accentuée, gros infarctus à la partie moyenne du poumon droit.
L'Aorte présentait une petite plaque dure, jaunâtre, placée au fond d'une dilatation anévrysmale.
Nous avons parlé, jusqu'à présent, de l'athérome aorlique expérimental du lapin sans le définir, et on
pourrait croire que toute la question se borne à la constatation de cette lésion ; mais le problème est plus complexe :
1°) Tout d'abord l'athérome obtenu par les divers
auteurs est-il bien dû à l’intoxication tabagique ? L'in-
constance des résultats a fait dire à plusieurs qu'il pourrait bien n'y avoir là que de simples coïncidences, et la question de l’athérome spontané a été aussitôt mise sur le tapis :
MM. Guillain et Gy ont fait, en juin dernier,une communication sur ce sujet à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris ; ils ne l’ont rencontré qu'une fois sur 60 lapins. |
M. Sicard, n’en a noté aucun cas sur 300 aortes de lapins, Josué en cite un seul sur un grand nombre de lapins examinés ; von Rzentkowsky et Kaiserling en ont vu chacun un cas, Thévenot {Thèse Lyon o7) un cas également, sur 18 lapins examinés ; Kalamkarov la noté 3 fois sur 30 lapins neutres, Giovanni Quadri 2 fois sur 25 lapins neutres n'ayant jamais été en expérience ; Johnston et Miles citent 20 cas.sur 56 lapins supposés normaux, Lucien et Parisot l'ont relevé 10 fois sur 200 lapins (7 fois des lésions discrètes, 3 fois des lésions accentuées, identiques à celles qu'on produit avec le tabac). On peut ajouter à ces observations celles d'Erb et d'Orlowsky qui ont trouvé des lésions avancées, l’un chez un lapin ayant recu une seule injection de nicotine 14 jours avant sa mort, l’autre chez un lapin mort à la 2° injection.
Nous concluerons immédiatement avec Gouget : les
statistiques publiées jusqu'ici sur la fréquence de l'athérome spontané du lapin donnent une moyennede 3,7 ,/° alors que celles de l'athérome expérimental donnent une moyenne de 31,86 ,/°. Il est bon cependant, pour se mettre à l'abri de cette cause d’erreur : a) de surveiller l'alimentation des lapins en expérience et de la mentionner dans les observations (Josué, Lœper et Boveri, Von Koranyi ont montré en effet que l’alimentation peut avoir une grande influence sur la production de l’athérome, notamment lorsqu'elle est riche en sels de chaux ; b) d'employer plusieurs témoins de la même
race et du même âge que ceux en expérience.
2° L'athérome expérimental du lapin est-il analogue à l’aortite chronique athéromateuse de l’homme ? Cette seconde question est plus délicate à résoudre, et il est bon d'exposer rapidement l'anatomie pathologique de l’athérome du lapin. Un point cependant nous parait. acquis (1), c'est que l’athérome spontané est identique chez cet animal à l’athérome expérimental, lequel est toujours le même quel que soit l’agent provocateur,
tabac, adrénaline et ses associations).
Les lésions macroscopiques sont de deux sortes, plus ou moins superposées :
a) Des plaques jaunâtres, tantôt molles et mal limitées, tantôt calcifiées et à bords nets ; la paroi est épaissie à
leur niveau.
(1) Consulter les thèses de Feuillié (Lyon 1905) et de Rembert (Paris 1907).
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b) Des dilatations anévrysmales, faisant saillie à la surface externe de l'aorte, allongées parallèlement à la direction de l'artère ; la paroi est épaissie à leur pourtour ; quant à la dilatation elle-même, sa paroi est blanchätre, épaissie et rigide ou au contraire amincie et plissée, suivant qu’il y a ou non coexistence à ce point d’un dépôt calcaire.
Les lésions histologiques débutent par la tunique moyenne de l'artère : les fibres élastiques (d'après Josué, Braun ; Scheidemantel, Pic et Bonnamour) seraient atteintes primitivement de nécrose et remplacées par des cellules conjonctives et des dépôts calcaires. D'autres auteurs (Klotz, Adler et Hensel) pensent au contraire que la lésion primitive est une nécrose des fibres musculaires qui sont remplacées par des dépôts calcaires ; les fibres élastiques ont dans ce cas un rôle exclusivement passif : elles s'allongent ou s’effritent suivant que la dégénérescence des cellules contractiles et les dépôts calcaires affectent une disposition circonscrite ou diffuse.
La tunique interne de l'artère est peu altérée, étant réduite normalement à une seule rangée de cellules.
C’est sur ce dernier fait que Josué s'appuie pour expliquer la différence apparente, mais non réelle, entre l’aortite de l’homme et celle du lapin: puisque la tunique interne n'existe à peu près pas, 1l est naturel que les lésions chez le lapin se localisent dans la tunique moyenne, dit-il, et d'autre part l’athérome humain envahit de bonne heure la tunique moyenne, effaçant simplement la limite plus théorique que réelle qu'est la lame élastique interne. Nous penchons pour l'opinion
SM De
de cet auteur, bien qu'il soit presque le seul de son avis, et nous nous contentons de faire remarquer en sus que les lésions du lapin sont reproduites très exacte-
ment par l’aortite syphilitique de l’homme.
3° Par quel mécanisme l'intoxication tabagique produit-elle l'athérome ? On ne peut faire à ce sujet que des hypothèses. Or nous avons constaté, à la suite de nombreux auteurs, (entre autres Baylac et Amouroux, Ball) un fait assez particulier : l’hypertrophie des capsules surrénales, qui nous a paru constante. Comme l'examen histologique ne décèle aucune lésion dans ces organes, nous en sommes venus à nous demander si le tabac n’agit pas tout simplement par l’intermédiaire de l'adrénaline.
Nous laissons la question posée. La nicotine pourrait très bien, en dehors de cette supposition, avoir une action spécifique sur la nutrition de la paroi artérielle, analogue à celle qu’on accorde à l’adrénaline et indépendante comme pour celle-ci de l’action vaso-motrrce TT
Appareil respiratoire. — On ne trouve à noter que quelques cas d’endartérite, parfois très accentuée et allant jusqu’à la thrombose des artérioles pulmonaires.
(1) Koranyï et Boveri, Klieneberger, Læœper et Boveri, Lortat-Jacob et Sabaréanu, Lortat-Jacob et Laubry, Scheidemantel, Thévenot.
ERA ue
Appareil digestif. — Peu d'auteurs se sont occupés des lésions de cet appareil. | Calcaterra, de Gênes, a démontré par des expériences faites in vitro, que la fumée ou les infusions de tabac diminuent la rapidité d'action du suc gastrique. Gébrowsky a noté l'augmentation de poids des lapins intoxiqués par les macérations et l’amaigrissement rapide de ceux qu'il soumettait aux inhalations de fumée. Des expériences comparatives [ui ont montré, du reste, que n1 la nicotine, ni même les bases pyridiques n'étaient en cause et que l'amaigrissement est dû à une substance inconnue qui a des eflets paralysants. MM. Guillain et Gy ont décrit récemment des lésions de sclérose du foie ; nous en avons eu un bel exemple chez le lapin dont nous avons donné l’obser-
vation.
Appareil génito-urinaire. — Nous ne parlerons pas des expériences de Decroix et de Wright sur la prolificité. MM. Guillain et Gy ont réussi à faire avorter des lapines et des cobayes femelles pleines en les intoxiquant à l’aide de macérations ou de solutions de fumée.
Gébrowsky a décrit, chez des animaux intoxiqués chroniquement par la fumée, des lésions de néphrite parenchvmateuse avec cylindres hyalins.
Système nerveux et organes des sens. — Peu de choses à signaler : Gébrowsky a décrit des lésions cytologiques des ganglions nerveux du cœur (dégénérescences vacuolaires, chromatolyse et contraction des
noyaux dans les cellules nerveuses). MM. Guillain et
Gy ont noté des lésions analogues des cellules nerveuses corticales.
Infections et intoxications. — L'action bactéricide de la fumée de tabac a été démontrée in vitro sur Îles cultures de streptocoque.
En opposition avec ce que nous avons dit au sujet de la dothiénentérie, Leva a trouvé une diminution des anticorps lyphiques chez les fumeurs. Tous ces points mériteraient une étude plus détaillée. Il en est de même en ce qui concerne la {uberculose ; elle nécessiterait les
expériences suivantes :
Tuberculose par voie intestinale etingestion de tabac;
Tuberculose par inhalation et atmosphères de fumée;
Tuberculose par inoculation et injections sous-cutanées de macération.
Nous pouvons rapporter une expérience personnelle portant sur deux cobayes mâles de même taille :
Inoculation à chacun sous la peau de la cuisse droite d’une culture de bacille de Koch à la date du 2 juin ; puisle'n° 2 est gardé comme témoin et nous traitons le n° 1 par les atmosphères de fumée de tabac répétées tous les trois jours.
Le 17 juin, le n° 1 présente au point d’inoculation une trainée dure aboutissant à un gros ganglion inguinal droit, le n° 2 a un petit ganglion roulant sous le doigt.
Le 26 juin, le n° 1 est très abattu au cours de l'expérience et nous cessons de l’intoxiquer par la fumée ; le n° 2 présente un gros ganglion à droite et un petit à gauche.
Le n° 1 est trouvé mort le 8 octobre, avec des lésions nettes